La négation du massacre de Nankin est un point de vue qui conteste le fait que les forces impériales japonaises ont assassiné des centaines de milliers de soldats et civils chinois durant la seconde guerre sino-japonaise, épisode très controversé dans les relations sino-japonaises. Malgré la popularité du négationnisme au Japon, elle est considérée comme un point de vue négationniste et n'est pas acceptée dans le principal courant universitaire, même dans les universités japonaises. La plupart des historiens acceptent les résultats du tribunal de Tokyo sur l'étendue et la nature des atrocités commises par l'armée impériale japonaise après la bataille de Nankin. Au Japon, toutefois, il existe un débat passionné sur l'étendue et la nature du massacre de Nankin. Parce que la négation du massacre est perçue comme une partie de la réticence globale de la part du Japon à admettre et à s'excuser pour son agression, le débat sur le massacre complique les relations entre le Japon et la Chine .. Les estimations sur le nombre de victimes varient énormément. Plusieurs chercheurs ont accepté le nombre d'approximativement , qui est devenu emblématique de la tragédie en Chine. Les estimations sur le nombre de morts varient toutefois, notamment avec les négationnistes et les activistes japonais, qui soutiennent parfois que chiffre est trop élevé, ou que les évènements ont été imaginés et n'ont jamais eu lieu . .. Ces positions révisionnistes sur le nombre de morts sont devenues la base du discours des nationalistes japonaisYoshida, .
Au Japon, l'opinion publique sur le massacre varie et seulement une minorité nie complètement les atrocités. Certains journalistes et sociologues japonais, comme Tomio Hora et Katsuichi Honda, ont joué un rôle important dans l'historiographie négationniste dans les décennies qui ont suivi le massacre. Cependant, les opinions négationnistes comme celle de Shudo Higashinakano ont souvent créé la controverse, qui a résonné dans l'ensemble des médias, en particulier en Chine et dans d'autres pays d'Asie orientale .. Le massacre de 1937 et sa couverture dans les manuels japonais d'histoire affecte également les relations sino-japonaises.
Le massacre de Nankin comme composant de l'identité nationale thumb|Selon le Mainichi Shinbun, cette photo représente des citoyens de Nankin portant un brassard à l'effigie du drapeau japonais et soutenant les militaires japonais le jour de la cérémonie d'entrée dans Nankin, le 17 décembre 1937 ..
Takashi Yoshida affirme que
Japon Au Japon, l'interprétation du massacre de Nankin pose la question de l'identité nationale japonaise et des notions de "fierté, honneur et honte". Takashi Yoshida décrit le débat japonais sur l'incident de Nankin comme Dans certains cercles nationalistes au Japon, parler de massacre de grande ampleur à Nankin est vu comme un (quand c'est un point de vue étranger) ou d' (quand c'est un point de vue japonais) ..
Chine David Askew caractérise l'incident de Nankin comme ayant Selon Askew,
Problèmes de définition Le point de vue le plus conservateur est que la zone géographique de l'incident doit être limitée aux quelques kilomètres carrés que constituent la Zone de sécurité de Nankin où les civils se sont réfugiés après l'agression japonaise. Plusieurs historiens japonais, comme Higashinakano Shudo, prennent pour argument le fait que, selon les rapports de John Rabe, il n'y avait que à citoyens à Nankin pour contester l'estimation du gouvernement chinois de ..
Toutefois, de nombreux historiens incluent une zone plus large autour de la ville, dont le district de Xiaguan (la banlieue nord de Nankin, d'une superficie d'environ ) et d'autres zones en périphérie de la ville. La population de la région de Nankin était d'environ à civils et militaires juste avant l'occupation japonaise .. Certains historiens incluent également six contés autour de Nankin, qui faisaient partie de la municipalité spéciale de Nankin.
La durée de l'incident découle donc directement de sa géographie : plus tôt les Japonais entrent dans la zone, plus la durée est longue. La bataille de Nankin prend fin le , lorsque les divisions de l'armée japonaise passent les murs de la ville fortifiée de Nankin. Le Tribunal des crimes de guerre de Tokyo estime que le massacre a été perpétré dans les six semaines suivantes. Des estimations plus conservatrices disent que le massacre a débuté le , lorsque les troupes sont entrées dans la Zone de sécurité et qu'il a duré six semaines. Les historiens qui estiment que le massacre a commencé lorsque les Japonais sont entrés dans la province du Jiangsu repoussent le début de l'incident à mi-novembre ou début décembre (Suzhou tombe le ), et étendent la période du massacre jusqu'à la fin .
Écoles de pensées
Regain d'intérêt international pour le massacre de Nankin Le livre d'Iris Chang, Le Viol de Nankin relance l'intérêt général sur le massacre de Nankin. Le livre s'est vendu à plus d'un demi million d'exemplaires lors de sa première édition aux États-Unis et selon The New York Times a reçu une acclamation général de la part de la critique .. The Wall Street Journal écrit qu'il s'agit du et que Chang . The Philadelphia Inquirer écrit que le livre est
Le texte toutefois n'est pas exempt de controverse. Le récit de Chang s'appuie sur de nouvelles sources pour apporter un nouveau terrain à l'étude de cette période, mais contient également plusieurs erreurs dans les faits et de mauvaises légendes sur des photographies, qui ont servi aux ultra nationalistes japonais de preuve selon laquelle le massacre de Nankin n'est qu'une invention destinée à
Affirmations du massacre contre négation du massacre Takashi Hoshiyama caractérise l'opinion japonaise sur le massacre de Nankin comme
Prise en otage du débat par des activistes profanes David Askew affirme que le débat sur le massacre de Nankin a été pris en otage par
Les Chinois ont été réduits en une voix unique et homogène et dépeints comme des tornades sinistres et manipulatrices de la vérité, alors que les Japonais sont dépeints comme le mal unique, comme cruels et assoiffés de sang et comme des négateurs de vérités historiques largement admises.
Les deux positions sont des récits de victimisation. L'un dépeint les Chinois comme des victimes sans défense du brute impérialisme japonais dans l'hiver 1937-1938, alors que l'autre dépeint les Japonais crédules, innocents dans les voies du monde, victimes des machinations et propagandes chinoises d'après-guerre.
Trois écoles de pensée L'école du grand massacre n'accepte pas seulement la validité de ces tribunaux et de leurs conclusions, elle affirme que le Japon doit arrêter de nier le passé et parvenir à un accord sur sa responsabilité dans la guerre d'agression contre ses voisins asiatiques. Les membres de cette école ont attiré l'attention du public japonais sur les atrocités commises par l'armée japonaise durant la seconde guerre mondiale en général et durant le massacre de Nankin en particulier ..
L'école des illusions, dans l'ensemble, rejette les conclusions des tribunaux les considérant comme une sorte de Justice des vainqueurs dans laquelle uniquement la vision du vainqueur est acceptée.
Contrairement à ces camps diamétralement opposés décrits par Hoshiyama et Askew, Ikuhiko Hata avance un troisième groupe dont la position se trouve entre ces deux extrêmes. Hata classe les interprétations japonaises de l'incident de Nankin dans trois écoles de pensées en fonction du nombre de victimesHata Ikuhiko 1993 : L'école des illusions (maboroshi-ha) qui nie le massacre et prétend que seulement quelques prisonniers de guerre et civils ont été tués par les militaires japonais à Nankin ; L'école du milieu de la route (chūkan-ha), qui estime à plusieurs milliers le nombre de morts ; et l'école du grand massacre (daigyakusatsu-ha), qui affirme des chiffres entre et massacrées à Nankin.
Questions centrales du débat Les négationnistes du massacre affirment que le massacre de Nankin est une invention et une fausse propagande menées par les nationalistes et communistes chinois. Ils affirment que les agissements des militaires japonais à Nankin sont en accord avec les lois internationales et sont humainesHigashinakano (2005) .
Dans son livre La Fabrication du massacre de Nankin, Masaaki Tanaka affirme qu'il n'y a pas eu de meurtre sans distinction dans tout Nankin et que le prétendu massacre de Nankin est une manipulation du Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient et du gouvernement chinois pour favoriser une propagande anti-japonaise.
Selon Takashi Yoshida, Tanaka affirme que la faction du grand massacre se trompe car ils acceptent des documents et plaintes soumises comme preuves au procès de Tokyo comme fiables, ne distingue pas les morts des combattants et des non combattants, ignore la situation du terrain, ignore le nombre important de victimes côté japonais durant la seconde guerre mondiale, néglige l'illégalité de la tactique chinoise basée sur la guérilla, ferme les yeux sur les atrocité commises par les soldats chinois, ignore le fait que le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient était plus enclin à mener une justice du vainqueur plutôt qu'un procès équitable et oublie l'accentuation exagérée de l'incident de Nankin dans le procès de Tokyo ..
Les négationnistes du massacre avance également d'autres arguments. Il n'y a pas de témoignage direct des supposés massacres, en particulier dans la presse contemporaine. Les photographies le plus souvent montrées ont été trafiquées. Enfin les autorités communistes en Chine n'ont pas dénoncé les massacres avant les années 1980, cette dénonciation tardive servant à contrebalancer l'ouverture du pays à l'influence étrangère, en particulier en provenance du Japon.
Catégorisation des victimes Takashi Hoshiyama présente une analyse des arguments mis en avant par ce qu'il décrit comme étant l'école de l'affirmation du massacre et l'école du déni du massacre. Hoshiyama identifie cinq points centraux en cause : Le meurtre des soldats capturés Le meurtre de soldats habillés et cachés parmi les civils Si le meurtre de civils a été perpétré dans une politique systématique Le meurtre de civils Le nombre total de victimes militaires et civiles
L'historien Masami Unemoto compose une catégorisation des victimes de NankinUnemoto, Masami. Rapport (no. 11) sur la bataille de nankin publié par Kaiko-sha : + Classification des victimes de la bataille de Nankin par Unemoto Catégorie Sous catégories I. Tué au combat 1. Soldats qui sont morts en défendant Nankin2. Soldats abattus durant la retraite ou tentant de fuir la ville 3. Retardataires qui ont été abattus 4. Guérilleros habillés en civils, qui ont été découverts et exécutés II. Tués dans des incidents liés au combat 1. Soldats se rendant individuellement, mais non tués 2. Citoyens qui étaient dans la zone de combat et qui ont coopéré avec l'armée chinoise, ou tués accidentellement 3. Citoyens identifiés à tort comme guérilleros et exécutés III. Tués illégalement 1. Soldats faits prisonniers, qui ont été tués 2. Bons citoyens non résistants (dont des femmes et des enfants) qui ont été tués
Les négationnistes admettent que les soldats japonais ont commis des crimes dans la ville, mais le professeur Bunyu Ko, un historien controversé d'origine taïwanaise de l'université Takushoku à Tokyo, affirme que le taux de crime est bien inférieur à celui de villes occupées par les Chinois ou les Russes . .. D'autres négationnistes affirment que les crimes japonais à Nankin sont similaires à ceux commis par les forces d'occupation américaines au Japon après la fin de la guerre entre les deux pays .. Ko affirme également que le massacre de Nankin est une fiction inventée par les Chinois et qu'aucune chose de la sorte ne s'est produite à Nankin.
Soldats morts au combat Corps du fleuve Yangzi