Un dewezh 'barzh 'gêr - Journée à la maison est le dixième album original d'Alan Stivell et son huitième album studio, paru en 1978. En 1988, il est édité pour la première fois en CD chez Disques Dreyfus sous le titre anglais A Home-coming. Sur le plan musical, c'est un album plus acoustique utilisant des instruments occidentaux, orientaux et celtiques qui s'expriment bien souvent librement, dans un esprit convivial.
Démarche artistique 150px|droite Enregistré chez lui à Langonnet et à Paris, en compagnie de quelques amis, Alan Stivell chante sur ce disque avec l'accent de LangonnetCulture et Celtie, dossier Stivell. Journée à la maison semble ainsi être une suite logique à E Langonned, pourtant, Alan Stivell n'était pas dans le même esprit : Erwan Le Tallec, Discographie commentée, Paroles et Musiques , février 1983
Il s'agit là d'une petite pause acoustique, d'un album méconnu mais très réussi, intéressant par le côté improvisé inédit de près de la moitié de ses titres. Une journée reposante pour se ressourcer, parmi des airs traditionnels et un air familier, avant les grands événements qui l'attendent (ses tournées internationales à venir, son œuvre ambitieuse intitulée Symphonie celtique : Tír na nÓg à paraître en 1979). Dans Racines interdites, à propos de ce disque, le musicien déclara qu'il était N'ayant jusque-là jamais utilisé l'accordéon dans ses musiques, qui se basent principalement sur les gammes non tempérées, il l'emploie sur un titre en duo avec un violoncelle, , assure-t-il..
Parutions et réception Le disque paraît en 1978 chez CBS (futur Sony Music) et la même année en Australie chez Philips sous le titre A Day at Home, en Espagne chez Guimbarda Zafiro sous le titre Una jornada en casa, en Allemagne chez Metronome (Warner), en Italie chez PDUDiscographie internationale, Harpographie.fr. En 1988, il est édité en supports CD et cassette par son nouveau label Disques Dreyfus, avec une nouvelle pochette et le titre anglais A Home-coming, sous-titré en français Journée à la maisonNotice bibliographique A Home-coming, catalogue du site de la Bibliothèque nationale de France (catalogue.bnf.fr).
En 1978, dans la revue Rock & Folk, le journaliste Jacques Vassal en parle ainsi : . L'artiste confirme ce constat, en déclarant dans la revue Rock Hebdo en , qu'. Quant à Vincent Elvrett du journal Rock en stock, il écrit qu'
Caractéristiques artistiques Description des morceaux
Trinquons nos verres Air traditionnel de Haute-Bretagne qui appelle à la bonne humeur et à la paix. La répétition du thème par le dédoublement de la bombarde est survolée par la flûte traversière, qui donne une couleur « jazzy »"Trinquons nos verres", musique mise en ligne sur YouTube par KBBZH. thumb|upright|Ravi Shankar en 2009, maître du sitar (1920-2012).
Ar Wezenn avaloù (« Le Pommier ») Cet air traditionnel bien connu en Haute-Cornouaille (Kernev-Uhel), démarre a cappella par la voix du barde – à laquelle se mêlent des sonorités de sitar et de tampura sur les couplets suivants – Un certain Yann ar zoner (Jean le sonneur) se plaint de la disparition d'un pommier, qui donnait... un si bon cidreParoles de "Ar Wezenn awalou" (Le pommier) sur le site Culture & Celtie.
Henchou kuzh (« Chemins invisibles ») Improvisation musicale où la harpe répond aux instruments extrême-orientaux à cordes (sitar et tampura) et aux percussions assurées par Hayward.
Tabud Kemper (« Manifestation à Quimper ») Chanson politique et sociale en kan ha diskan interprétée avec Yann-Jakez Hassold, qui évoque en breton les manifestations paysannes des années 1960 : « Ils voulaient montrer aux gens du gouvernement / Combien la vie est cruelle pour le pauvre paysan […] D'une année à l'autre les choses empirent / C'est pourquoi à Quimper il y avait des jeunes au sang chaud ». Il conclut par « Je pense que le jour viendra où la Bretagne sera dirigée / Par les Bretons eux-mêmes, et ce sera normal. / Ce jour-là, le travailleur dans les champs ou en ville / Fera ses lois lui-même dans une grande maison de Quimper. »
Warlec'h koan (« Après-dîner ») Autre improvisation, qui achève la première face du disque, à la fin de laquelle Stivell dialogue en chantant avec la flûte de Chris Hayward.
An Try Marrak (« Les Trois Chevaliers ») Chanson de la Cornouailles britannique douce et tragique accompagnée à la harpe, mettant en scène trois chevaliers aimant une belle dame qu'assassine son frère Jean en la poignardant. La présence du violoncelle et de l'accordéon n'est pas fréquente chez l'artiste. La voix semble aussi épouser les vallons et les côtes rocheuses de cette pointe d'Angleterre où l'on parle cornique : à l'écoute du drame chanté, se dessinent les trois chevaliers – celui tout de blanc vêtu venant vers la jeune fille « comme un soupirant », celui tout de vert vêtu s'offrant à être « son cher compagnon » et le troisième, tout de rouge vêtu, « voulant prendre sa précieuse virginité » – chevauchant à travers les bocages, les prairies que les moutons ponctuent de blanc, avec en arrière-plan ce bleu délicat où se fondent le ciel et l'océan. thumb|Jean-Michel Veillon, joueur reconnu de flûte traversière en bois en Bretagne.
Tal An Tan (« Face à l'âtre ») Ce moment instrumental qui suit permet de prolonger la méditation en suivant l'arpège lancé par Alan Stivell sur le même mode mélodique mais en plus aigu, avec des interventions de Chris Hayward (flûte, percussion) et des cordesChronique de l'album sur nightfall.fr.
An Nighean Dubh (« La Fille aux cheveux noirs ») Traditionnel écossais des îles Hébrides : le narrateur – un marin – y raconte joyeusement qu'il s'est « amusé avec la fille aux cheveux noirs après [s'] être levé le matin ». La flûte traversière est encore bien présente, rejointe par la cornemuse avant que la harpe ne conclueParoles traduites en anglais de The Dark-haired Girl, sur celticlyricscorner.net.
Slán Chearbhallain (« L'Adieu d'O'Carolan ») Reel traditionnel irlandais (O'Carolan's Farewell en anglais) en hommage au célèbre compositeur irlandais, l'harpiste aveugle Toirdhealbhach Ó Cearbhalláin (Turlough O'Carolan en anglais) (1675-1740), contemporain de J-S Bach. Morceau interprété uniquement à la harpeFolk Harp Journal, 1980, p. 4.
Inisi Hanternos (« Les Îles du Nord, de Minuit ») Toujours à la harpe, une improvisation avec des arpèges mais avec un effet sonore « aquatique » intrigant en fondu pour conclure la « journée celtique ».
Pochette et disque
Sur la pochette, Alan Stivell, dont le nom est encore stylisé, est assis sur le seuil de sa maison de pierre, jouant du dulcimer près d'un rosier en fleurs que l'on retrouve au dos de la pochette, en pull noir sur lequel se détache le fameux grand triskell, en jean et espadrilles, cheveux longs et barbe noire.
La démarche du musicien est alors la même que celle, par exemple, de la poète occitane Marcelle Delpastre : être ancré en un lieu précis, mais en faire un centre du monde et donc l'ouvrir à l'universel.
Fiche technique Liste des morceaux Toutes les musiques sont des arrangements ou des improvisations d'Alan Stivell.
Crédits
Équipe artistique vignette|Alan Stivell au low whistle.
Équipe technique Production : Alan Stivell (pour Keltia III) Arrangements : Alan Stivell Enregistrement et mixage : Gilbert Grenier (Studio Aquarium/Geneix, Paris) Gravure : Christian Orsini (Translab) Photographes : Patrice Pascal, Salut, Claude Jarroir Direction d'art : Maximillian Mastering digital effectué à partir de l'enregistrement original par Yves Delaunay et Patrice Decomarmon (Dyam Music, CD Dreyfus)
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
: réédition 2017, Le Mot et le Reste
Articles connexes Liste des collaborations d'Alan Stivell Liste des tournées de concerts d'Alan Stivell Musique bretonne, Musique celtique, Rock celtique
Liens externes
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