Les Neornithes (en français, les néornithes) sont les vertébrés qui forment la sous-classe des oiseaux modernes.

Les espèces d'oiseaux existantes, soit approximativement espèces reconnues, sont toutes des néornithes, et elles se répartissent sur l'ensemble de la planète. Leur histoire est un sujet très discuté. Durant les années 1990, on estimait leur apparition il y a entre 60 et 90 Ma, en se basant sur la morphologie des fossiles Feduccia, A. 1999. « The Origin and Evolution of Birds ». 2nd edition. Yale University Press: New Haven ou sur l'analyse génétique Sibley, C. G. and Ahlquist, J. E. 1990. « Phylogeny and classification of birds: a study in molecular evolution ». Yale University Press, New Haven Hedges, S. B., Parker, P. H., Sibley, C. G., and Kumar, S. 1996. « Continental breakup and the ordinal diversification of birds and mammals ». Nature 381: 226-229. Des fossiles de néornithes confirmés datant du Crétacé sont découverts, tels que Tytthostonyx (-66 Ma), Teviornis (-70 Ma), et éventuellement Polarornis (-72 Ma). D'autres fossiles tels que Cimolopteryx (-75 Ma), Austinornis lentus (-85 Ma) ou un specimen non nommé "PVPH 237" de -90 Ma sont de possibles néognathes et néoaves. En 2024, une étude de Wu & co. estime l'apparition des néornithes à -130,4 Ma avec une diversification lente et progressive, l'extinction K-Pg ayant peu d'impact sur leur diversité phylogénétique. En réponse, Claramunt & co. considèrent plutôt une apparition plus récente, au maximum de 86,5 Ma, avec une radiation très rapide autour de l'extinction K-Pg, en considérant une mauvaise calibration et un mauvais choix de fossiles sur l'étude préalable. D'après les auteurs Wu & co. de la première étude, ils critiquent leurs détracteurs en expliquant leurs problèmes de méthodologie, notamment un calibrage se basant sur Waimanu pour établir une limite de date minimale en ignorant des fossiles de néornithes bien plus anciens, ils expliquent aussi leur impossibilité à reproduire les résultats de leurs détracteurs via la méthode de datation par horloge moléculaire standard. Une étude de la même année tente de réconcilier l'état du registre fossile avec les datations par horloge moléculaire, qui proposent généralement au moins 110 Ma jusqu'au delà de 130 Ma, avec une divergence entre les espèces de paléognathes actuels à environ -80 à -100 Ma, alors que les néornithes confirmés du registre fossiles ne sont pas aussi anciens. Ils proposent une date de -100,1 Ma pour l'apparition des premiers néornithes. Enfin, d'autres études considèrent une apparition vers -100 Ma à -90 Ma avec une radiation rapide des néoaves approximativement à l'extinction K-Pg. Cependant, une critique de Kieren J. Mitchell & co. sur ce point de vue, décrit notamment que les dates limites d'apparition maximale sont artificiellement trop basses, car des néornithes aquatiques déjà spécialisés sont connus aux alentours de l'extinction K-Pg et plusieurs millions d'années plus tôt, comme des néognathes tels que Vegavis (-69 Ma) ou Anatalavis (-66 Ma), et même des néoaves possibles comme Polarornis (-72 Ma, possiblement proche des plongeons), 9 autres possibles gaviiformes non nommés (-72 Ma), Cimolopteryx (-66 Ma) et des néoaves certains comme un manchot nommé Waimanu manneringi (-62 Ma) ou encore Pujatopuli (-66 Ma), un autre Aequornithe. Ce haut niveau de spécialisation aquatique et plongeur de néoaves, apparus après les paléognathes et néognathes, suggèrent une certaine radiation des néornithes au cours du Crétacé et leur apparition au plus tard vers -90 Ma via une approche prudente selon Kerryn E. Slack & co. Des analyses tentant d'expliquer l'état du registre fossile des néornithes dans le mésozoïque, relèvent une incomplétude récurrente des fossiles en comparaison des autres clades aviaires, et que tous sont concernés par une baisse de qualité dès le Campanien. De plus, des biais d'échantillonnage, tels qu'une origine des néornithes dans un milieu peu propice à la fossilisation, une abondance limitée jusqu'au Campanien ainsi que l'ambiguïté du classement des fossiles même en raison de leur état de conservation, sont des explications avancées pour le manque d'évidences. Ils ajoutent que Polarornis est un des fossiles qui s'aligne avec les datations par horloge moléculaire (donc une origine des néornithes reculée dans le mésozoïque) s'il s'avère être un gaviiforme, et que Vegavis, un proche cousin des ansériformes, soutient isolément aussi des datations plus anciennes, mais pas obligatoirement autant que celles soutenues. Enfin, ils indiquent que malgré les problèmes méthodologiques d'une datation par horloge moléculaires avec datations "récentes" proposée par Per. G.P Ericson & Co., un registre fossile ambigu vis à vis des néornithes est attendu avec ces dates. Anatalavis rex (env. -66 Ma) et Conflicto antarcticus (-65 Ma) sont des ansériformes contemporains de l'extinction K-T avec des apomorphies avancées. Selon ces éléments, Asteriornis (-66 Ma) qui vivait sensiblement au même moment et qui possède des caractères intermédiaires entre les ansériformes et les galliformes, ne peut pas être aisément un proche parent direct à leur radiation évolutive, ce qui tend aussi à repousser dans le temps l'origine des néognathes.

Taxonomie Ce taxon a été décrit par Gadow, 1893.

Phylogénie

Voir aussi Articles connexes Histoire des oiseaux Archaeornithes Asteriornis Références externes

Notes

Catégorie:Aves Catégorie:Oiseau décrit en 1893 Catégorie:Sous-classe d'oiseaux (nom scientifique)