Laffaire de Tarnac des sabotages de caténaires commence le , lorsque Julien Coupat est arrêté par la police antiterroriste avec neuf autres personnes et mis en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le sabotage coordonné de plusieurs lignes de TGV du .

Les personnes arrêtées sont désignées par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie comme appartenant à un groupuscule dit de « l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome« Sabotages: Trois suspects libérés » - Maud Pierron, Le JDD, 2 décembre 2008 ». Thierry Fragnoli est le juge antiterroriste chargé du dossier.

Lors des différents procès, la charge de terrorisme est abandonnée, les différents prévenus relaxés de tous les motifs de mise en examen à l'exception de celui de « refus de se soumettre à un prélèvement biologique » pour Julien Coupat et Yildune Lévy, peine dont ils sont dispensés. Le jugement de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris est motivé par la phrase suivante : « L’audience a permis de comprendre que le groupe de Tarnac était une fiction ».

L'affaire de Tarnac est considérée comme un fiasco judiciaire.

Chronologie Le , Julien Coupat est mis en examen« Sabotages à la SNCF : le responsable présumé de la “cellule invisible” mis en examen et écroué » - Le Nouvel Observateur, 15 novembre 2008 pour « direction d'une structure à vocation terroriste », « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Il est placé en détention provisoire avec quatre autres suspects, tandis que quatre autres personnes sont remises en liberté sous contrôle judiciaire. Trois des personnes arrêtées en même temps que Julien Coupat sont remises en liberté le « Sabotages SNCF : trois suspects remis en liberté » - Le Monde, 2 décembre 2008.

D'après un article du magazine L'Express, se référant à un arrêt de la chambre de l'instruction de Paris du , la voiture de Julien Coupat et de sa compagne, Yildune Lévy, filée par la police dans la nuit du 7 au , se serait arrêtée vingt minutes à Dhuisy, en Seine-et-Marne, à l'aplomb de la voie TGV où un fer à béton coudé, accroché à la ligne de contact de la caténaire provoque un court-circuit au passage une heure plus tard du premier TGV de la journée, à cinq heures du matinEric Pelletier et Anne Vidalie, Tarnac, les sept clés de l'enquête - L'Express, 16 décembre 2008. Ces informations sont contenues dans un rapport de la police antiterroriste daté du Rapport de la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire au procureur de Paris - 15 novembre 2008, sur le site de Mediapart .

Le , le juge des libertés et de la détention ordonne la remise en liberté de Julien Coupat, mais, mesure exceptionnelle, le parquet dépose aussitôt un appel suspensif via une procédure rarement employée : le référé-détention« Un pas vers la liberté pour Julien Coupat » - Libération, 20 décembre 2008 ; la demande est ensuite rejetée le par la Cour d'appel de Paris« SNCF : la demande de libération de Julien Coupat rejetée » - Le Monde, 23 décembre 2008, puis le « Sabotages à la SNCF : Julien Coupat maintenu en détention » - Le Monde, 26 décembre 2008 (un référé-détention du parquet bloque également la libération de sa compagne Yildune Lévy« Le juge ordonne la libération de Yildune Levy » - Libération, 14 janvier 2009, libération qui a lieu le sur décision de la cour d'Appel« Sabotages SNCF : Yildune Levy, libre » - Le Figaro, 16 janvier 2009). Le , le , le et le , les demandes de remise en liberté de Julien Coupat sont toutes rejetées par la cour d'appel« Coupat : La charge explosive de la cour d’appel » - Bakchich, 30 janvier 2009« Affaire Tarnac : Julien Coupat reste en détention » - Le Monde, 13 mars 2009.

Le quotidien Le Monde, dans son éditorial du , souligne qu'en l'absence de flagrant délit, d'aveux, et même d'indices, « la justice et les enquêteurs se doivent [de] répondre rapidement. Sauf à accréditer le sentiment croissant que cette affaire est artificielle, effectivement absurde, donc profondément choquante« Terroristes ? », Le Monde, 17 mars 2009.. » Le , le quotidien Libération parle de « fiasco judiciaire« La fabrique d’un présumé coupable », Libération, 16 avril 2009. ». Le , Le Monde affirme : « Aucun élément indiscutable n'est venu étoffer un dossier d'instruction qui ne contient ni preuve ni aveu« Tarnac, le point sur un dossier aux zones d'ombre troublantes », Le Monde, 25 mai 2009.. » Les avocats des prévenus ont déclaré vouloir obtenir un non-lieu pour leurs clients« Tarnac : les avocats des prévenus réclament un non-lieu », Le Monde, 29 mai 2009.« Le camp Coupat soigne son droit », Libération, 30 mai 2009..

Le , Julien Coupat est libéré« Julien Coupat remis en liberté cet après-midi », Le Figaro, 28 mai 2009. et soumis à un contrôle judiciaire strict : . Il doit également acquitter une caution de euros. Le Figaro précise que Julien Coupat possède en fonds commun de placement la somme de euros (courant )Information d'« une source proche du dossier » reprise dans l'article du Figaro, « Une caution de euros pour sortir de la Santé » (édition du 29 mai 2009, Rubrique France/Société, page 9)..

Après la libération du jeune homme, le , Jean-Claude Marin, procureur de la République à Paris, déclare : . Ces propos entendent répondre aux critiques qui soulignent combien il est surprenant et inhabituel de remettre en liberté quelqu’un considéré comme le chef d'une cellule terroriste.

En , Julien Coupat et sa compagne Yildune Lévy décident de se marier. Les termes de leur contrôle judiciaire, en particulier l'interdiction pour ces deux personnes de se rencontrer, en sont par conséquent modifiés« Julien Coupat va épouser Yldune Lévy » - Le Monde, 15 juin 2009..

Le , l'enquête est, selon l'expression du Figaro et de Libération, « au point mort », et les avocats de Coupat ont fourni au juge d'instruction le dossier d'une « contre-enquête » remettant en cause plusieurs conclusions de l'enquête de police initiale« Tarnac : une contre-enquête versée au dossier », Le Figaro, 2 novembre 2009.« Tarnac : la contre-enquête qui dérange », Libération, 2 novembre 2009. : ils y stigmatisent des « anomalies » et des « incohérences » de l'enquête. Les avocats observent que contrairement à ce qui avait été affirmé par l'instruction et diffusé par les médiasTarnac : lorsque les éclaircissements policiers jettent le trouble - Le Nouvel Observateur, septembre 2010, . Ils remarquent que les traces de pneus relevées à proximité de la voie sabotée ne « sont pas compatibles » avec la voiture de Coupat. Or, les traces relevées sur les lieux ont montré qu', indique la note.

Le , le juge Thierry Fragnoli se rend en Loire-Atlantique pour entendre comme témoin Jean-Hugues Bourgeois. Cette nouvelle audition avait été réclamée par les avocats de la défense en raison de graves contradictions dans les dépositions successives de l'éleveur de chèvres.

Le , les neuf mis en cause annoncent dans une tribune commune publiée par Le Monde qu'ils cessent de respecter le contrôle judiciaire qui leur est imposé en réaction à la mise en examen, le , d'une dixième personne« Tarnac : “Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires” », Le Monde, 3 décembre 2009..

Début avril 2010, les avocats d'un des mis en examen déposent une requête en annulation de l'intégralité de la procédure, « estimant illégal le dispositif de vidéosurveillance au domicile parisien de Julien Coupat durant l'enquête préliminaire« Tarnac: la défense demande l'annulation des premiers éléments d'enquête », NouvelObs.com, 2 avril 2010. ». Le , la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris rejette la demande d'annulation« Tarnac : demande d'annulation de l'enquête rejetée », 20minutes.fr, 22 octobre 2010..

Le , Le Nouvel Observateur révèle qu'en deux tubes en PVC ont été retrouvés dans la Marne par les enquêteurs à l'aplomb d'un endroit où Julien Coupat et Yildune Levy s'étaient arrêtés peu après avoir quitté le lieu du sabotage dans la nuit du 7 au . D'après la police, ces tubes auraient été assemblés pour constituer une perche rendant possible la pose d'un crochet sur la caténaireAffaire Tarnac : les tubes qui accusent Coupat - Le Nouvel Observateur, 18 février 2011. Le matériel aurait été acheté dans un magasin de bricolage des Hauts-de-Seine un peu plus tôt dans la journée. Le même jour, les avocats de Julien Coupat et ses amis révèlent qu'ils préparent un dépôt de plainte pour faux en écriture publique contre les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT)Tarnac : les avocats préparent une plainte pour faux contre la police - Le Nouvel Observateur, 20 février 2011.

Les avocats de Julien Coupat ont déposé le une « requête en récusation », auprès du premier président de la Cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli, à la suite de la révélation d'un courriel envoyé à plusieurs journalistes où le juge d'instruction, qui précise qu'il parle en « off », alerte ses « amis de la presse libre », c'est-à-dire « celle qui n'est pas affiliée à Coupat/Assous »Quand le juge de Tarnac interloque - Libération, 16 mars 2012.

Le , deux jours après le vote à l'Assemblée nationale du Projet de loi relatif au renseignement, Julien Coupat, Yildune Lévy et une autre femme se voient signifier une demande de renvoi en correctionnelle pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Julien Coupat explique au journal le Nouvel Observateur que le juge d’instruction Thierry Fragnoli, qui accusait ceux de Tarnac, avait donné un non-lieu à l'un des frères Kouachi qui étaient responsables de l'attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015.

Il apparaît que Mark Kennedy, un policier anglais infiltré dans la gauche radicale européenne de 2003 à 2010, y compris le groupe de Tarnac, a joué un rôle très important par les informations plus ou moins exactes transmises à la police française.

Controverse

En réaction à son arrestation, un « Comité de soutien aux inculpés de Tarnac. » est créé par des habitants de Tarnac (dans le département de la Corrèze) et des environs en ., demandant la « libération immédiate » des détenus.

Durant sa détention, son avocate, qui dénonce un « fiasco politico-judiciaire », va demander « que la juridiction antiterroriste soit déclarée incompétente ». Les huit autres mis en examen, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, s'adressant à la police et à la justice, déclarent après avoir expliqué leur position et exprimé leur solidarité avec Julien Coupat : « nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu'à ce que vous le libériez, jusqu'à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu'à ce que vous abandonniez les poursuites« Face à un pouvoir toujours plus absurde, nous ne dirons plus rien » - Le Monde, 16 mars 2009.. »