Cet article présente l'histoire du rugby à Perpignan avec l'Association sportive perpignanaise, l'Union sportive perpignanaise et l'Union sportive Arlequins perpignanais.
De 1902 à 1914 : l'Association sportive perpignanaise thumb|left|L'équipe de l'ASP lors de la saison 1913-1914
Le rugby arrive à Perpignan en avec le club de l’Union athlétique du collège de Perpignan (l'UACP). Le premier club civil, le Stade roussillonnais est fondé en 1896.
Le , un groupe de jeunes notables de PerpignanGeorges Martre, Charles Parent, Jean Payra (l'aîné), Antoine Payra, Jean Payra (le jeune), Georges Maderon, Marcel Pic, Jules Grando, Félix Barbe et messieurs Ponchon, Denamiel, Sirach, Barrau et Marthe fondent l'ASP le 13 septembre 1902. créé lAssociation sportive perpignanaise (ASP). En , l’ASP bat l’École vétérinaire de Toulouse pour le titre de champion du Sud de deuxième série suivi, en 1904, du titre de champion du Roussillon (6 à 0 face à l'UACP). De 1905 à 1911, le club remporte tous les titres de champion du Languedoc.
Fin 1906, l'ASP fusionne avec le Stade roussillonnais (sous l'impulsion, notamment, de Marcel Laborde) puis, toujours sous l'impulsion de Marcel Laborde et de Jean Payra, avec quatre autres clubs perpignanais (le Perpignan sportif, le Football Club, la Colombe sportive, et le Rugby club) en 1909.
Sur le plan des différents championnats, lors de la saison 1907-1908, l'ASP bat le Stade des étudiants de Montpellier 3 à 0 en finale du championnat du LanguedocLe Cri catalan - 11 février 1911 mais est ensuite éliminé par le Football Club Vélo auscitain (7 à 3) dès le premier match du champion de France de deuxième série.
La saison suivante (1908-1909), après avoir conservé le titre de champion du Languedoc, l'ASP s'incline de nouveau dès le premier match du championnat de France de deuxième série disputé contre l'US Montauban (3 à 0).
Durant de la saison 1909-1910, l'ASP remporte le championnat du Languedoc face à Lézignan (6 à 4)Le Cri catalan - 5 février 1910. Le premier match du championnat de France de deuxième série l'oppose au champion du Littoral : l'Association sportive arlésienne. Ce match disputé à Arles est une formalité pour les catalans qui passent 79 points (dont 23 essais) aux provençauxLe Cri catalan - 5 mars 1910. Le match suivant face au FVC Auch à Perpignan est plus disputé et se termine sur la victoire de l'ASP 7 à 4Le Cri catalan - 12 mars 1910. En demi-finale, l'ASP s'incline à Auch 13 à 3 face à l'Aviron bayonnaisLe Cri catalan - 26 mars 1910.
Lors de la saison 1910-1911, l'ASP s'impose 3 à 0 contre le RC Narbonne en finale du championnat du Languedoc puis élimine successivement le Toulouse Employés Club (champion des Pyrénées) 13 à 0 sur le stade des Ponts Jumeaux à ToulouseLe Cri catalan - 18 mars 1911, le CA Brive (champion du Limousin) 3 à 0 à PerpignanLe Cri catalan - avril 1911 et, en demi-finale, l'Union athlétique libournaise 13 à 3 sur le terrain de CarcassonneLe Cri catalan - 15 avril 1911. Le l'ASP devient champion de France de deuxième série (le deuxième niveau national à l'époque) en l'emportant, au stade de Colombes, 20 à 5 sur l'US DoleLe Cri catalan - 29 avril 1911. Dans cette équipe évoluent les deux centres Gilbert Brutus (capitaine) et Félix Barbe ainsi que Fernand Vaquer à l'ouverture et Maurice Gravas en seconde ligne.
Durant la saison 1911-1912, l'ASP perd son titre de champion du Languedoc face au RC Narbonne (3 à 0)Le Cri catalan - 10 février 1912. La saison se termine prématurément pour le club qui finira la saison avec des matchs amicaux. Lors de l'un d'eux qui se déroula contre le SCUF, le capitaine de l'équipe, Gilbert Brutus, contestant les décisions de l'arbitre, quitte ses partenaires peu avant la mi-tempsLe Cri catalan - 13 avril 1912, suivi un peu plus tard d'Amilhat. Depuis la défaite en finale du championnat du Languedoc, des rancœurs et des jalousies sont apparues et un conflit ouvert éclate au sein du club et aboutit au départ, voire à l'exclusion, de plusieurs membres et joueurs, dont le capitaine de l'équipe, Gilbert BrutusLe Cri Catalan - 20 avril et 4 mai 1912 qui vont alors fonder le le Stade olympien perpignanais (SOP)Le Cri catalan - juin 1912.
Pour la saison 1912-1913, l'arrivée comme entraîneur-joueur du technicien gallois Rowland GriffithsLe Cri catalan - 15 et 26 juin et 7 septembre 1912, tout juste finaliste du championnat avec le Racing club de France, va faire franchir un palier au club. L'ASP redevient champion du Languedoc et s'incline en demi-finale du championnat (3 à 0 le face au SBUC). De son côté, le SOP devient champion de France de deuxième série le en battant l'AS Française sur le score de 14 à 8.
thumb|right|Aimé Giral lors de la saison 1913-1914 Lors de la saison 1913-1914, sous la pluieLe Cri catalan - 25 février 1914, l'ASP bat facilement le RC Toulon, champion du Littoral, 25 à 0 le et se retrouve dans la même poule de qualification que l'Aviron bayonnais (champion de France en titre) et le Stade toulousain, champion deux saisons plus tôt. Le premier match, le à Bayonne, débute par un essai transformé des catalans aussitôt suivi de la réplique basque. 5 à 3 pour l'ASP, mais la blessure (luxation du coude dès le premier quart d'heure)Le Cri catalan - 14 mars 1914 de l'arrière de l'ASP, Estrade, oblige le club perpignanais à se réorganiserLes remplacements n'étant pas autorisés en 1914, l'ASP évoluera à 14 contre 15 pendant près d'une heure. et à évoluer avec 7 avants. À la mi-temps, le score est de 6 à 5 pour l'Aviron. En fin de match, alors que le score est de 12 à 8 pour les locaux, les catalans pensent arracher la victoire avec un essai entre les poteaux de l'ASP injustement refusé par l'arbitre, Monsieur Wooley, malgré l'affirmation de son juge de touche, Monsieur Biraben. Même à 12 à 11 pour les basques, avec la transformation facile à suivre, l'ASP aurait remporté cette rencontre. Cet incident fit l'objet d'une réclamation du club (réclamation qui ne donnera rien). Finalement, l'ASP s'incline 15 à 8. Après avoir facilement battuLe Cri catalan - 21 mars 1914 le Havre AC 27 à 5 une semaine plus tôt, les catalans se défont 13 à 0 du Stade toulousain le à Perpignan. Avec 2 victoires pour une 1 défaite, Perpignan, Toulouse et Bayonne se retrouvent à égalité et le finaliste reste à désignerEn 1914, le goal-average ne rentrant pas en compte dans le classement, l'ASP, l'Aviron bayonnais et le Stade toulousain ont, chacun, 7 points.. On procède alors à un tirage au sort : les catalans et les basques s'affronteront pour désigner l'adversaire des toulousains pour déterminer le second finaliste (le Stadoceste tarbais ayant terminé seul premier de l'autre poule de qualification est déjà assuré de sa place en finale)Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse, 3 mai 1914 - site officiel de la LNR. Le premier match, joué le à Perpignan, est, de l'avis de nombreux journalistes, très âprement disputéLe Cri catalan - 4 avril 1914. Après deux heures de jeu, perpignanais et bayonnais ne peuvent se départager (6-6). Le match doit être rejoué sur terrain neutre. Malgré un accord entre les catalans et les basques de disputer ce match à Bordeaux, l'U.S.F.S.A. décide que cette partie se disputera à Bayonne le . Invaincus depuis deux ans sur leur pelouseLe Cri catalan - 11 avril 1914, l'Aviron bayonnais est battu par l'ASP (3 à 0) qui prend donc sa revanche sur les basques après la première rencontre entre les deux équipes, mais aussi sur l'Union (l'U.S.F.S.A.)Après la décision de l'U.S.F.S.A. de faire jouer cette partie à Bayonne et selon l'édition du Cri Catalan datée du 11 avril 1914, des discussions jusque tard dans la nuit précédant la rencontre opposèrent les dirigeants catalans et ceux de l'Union au sujet, notamment, de la désignation de l'arbitre de la rencontre. et gagne le droit de disputer un dernier match qualificatif à Toulouse face au Stade toulousain. La semaine précédant ce match, l'entraineur de l'ASP, le Capitaine Augistrou, décède accidentellementLe Cri catalan - 18 avril 1914. Cet événement n'empêche pas les joueurs perpignanais de l'emporter 6 (un essai et un coup franc) à 0 qui se qualifient pour la finale. Ce , le public toulousain est hostile aux catalansLe Cri catalan - 9 mai 1914. Très rapidement, les Tarbais se retrouvent à 14 à la suite de l'expulsion du talonneur Fauré puis à 13 après la blessure de leur capitaine Duffour. Pourtant, à la mi-temps le score est toujours de 0 à 0. Dès la reprise, les tarbais inscrivent un essai par Lastagaray et un drop de Gardeix. Le Stadocest mène alors 7 à 0. Le capitaine de l'ASP, Félix Barbe, donne alors pour consigne : "Ouvrez ! Ouvrez !". Malgré deux essais refusés par l'arbitre, les catalans se ruent à l'attaque et, à la minute, François Nauté inscrit le premier essai de son club mais Aimé Giral loupe la transformation facile. À 4 minutes de la fin du match, Félix Barbe inscrit le second essai de son club. "C'est bon, je la passe" affirme alors Aimé GiralLe roman d'Aimé Giral, ce héros sur lindependant.fr qui, du bord de la touche, réussi la transformation et donne le titre à l'ASP. Ce titre est endeuillé par la disparition, au lendemain de la finale, de Rowland Griffiths à MarseilleLe Cri catalan - 16 mai 1914.
Trois mois après la finale débute la Première Guerre mondiale.
Durant la Première Guerre mondiale : les Green Devils thumb|Monument aux morts du Stade Aimé-Giral Dès les premiers jours d', les hommes sont mobilisés. Lors d'un rassemblement entre joueurs et dirigeants de l'ASP au stade de la route de Thuir, les appelés cousent le blason de l'équipe sur la manche de leur capote, se promettant, à la fin du conflit, de servir de nouveau le club. Sept joueurs n'en reviendront pas : Raymond Schuller (le ), Maurice Gravas (le ), François Fournié (le ), Joseph Lida (le ), François Nauté (le ), Aimé Giral (le ) et Joseph Couffe (le ), tous champions de France sous les couleurs de l'ASP en 1914, seront tués pendant le conflit. Aimé Giral donnera son nom au stade du club. Le vice-président du club, Jean Laffon, tombera aussi (le ) et donnera, en 1922, son nom au premier stade du club ainsi que le secrétaire du club, Marcel Mossé (le ). À ces morts de l'équipe première de l'ASP, il faut ajouter ceux du SOP : A. Martre, F. Henric, I. Saillens et L. Schulmeister. Au total, se sont 49 joueurs et dirigeants des deux clubs perpignanais qui seront tués lors du conflit. Un monument aux morts leur est dédié à l'entrée de l'actuel stade de l'USA Perpignan, le stade Aimé-Giral.
Malgré la suspension du championnat de France, les garçons non mobilisés continuent de jouer pour l'ASP sous le nom de Green Devils perpignanais (par respect aux joueurs de l'ASP appelés à défendre la patrieLe Cri catalan - janvier 1916). Managés par Albert Bausil, ils sont champions du Languedoc en 1916 face au SOP qui remporte le titre en 1917.
Les années 1920 : l'Union sportive perpignanaise thumb|left|Équipe de l'US Perpignan championne de France de rugby en 1921 À la reprise, le , les deux clubs perpignanais (l'ASP et le SOP) fusionnent (fusion qui sera ratifiée lors de l'assemblée plénière de fin de saison le ) et créent l'''Union sportive perpignanaiseLe Cri catalan - 10 mai 1919. Pour sceller le changement, et à l'initiative de Jules Chevalier, les dirigeants adoptent le maillot ciel, sur un short blanc et des bas sang et or (mais les joueurs préféreront évoluer en blanc).
En 1920, l'équipe III du club remporte le titre de champion de France (21-0 face à l'Aviron bayonnais). Au cours de la finale, Roger Ramis, âgé seulement de 18 ans, inscrit les trois essais de son équipe.