Mas-Cabardès en occitan Lo Mas de Cabardés est une commune française, située dans le nord du département de l'Aude en région Occitanie.
Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie de la Montagne Noire, un massif montagneux constituant le rebord méridional du Massif central. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Orbiel, le Rieutort et par un autre cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé de quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Mas-Cabardès est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1851. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Carcassonne. Ses habitants sont appelés les Mascabardésiens ou Mascabardésiennes.
Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques : l'église Saint-Étienne, inscrite en 1926, et la croix, classée en 1933.
Géographie Commune de l'aire urbaine de Carcassonne située dans la Montagne noire, en limite du parc naturel régional du Haut-Languedoc en Pays du Cabardès sur l'Orbiel.
Communes limitrophes
Relief À une altitude moyenne de , le village se situe pour partie en fond de vallée le long d'une boucle de l'Orbiel, et pour partie sur les versants. Le territoire communal dans son ensemble est en forte pente et très étiré ; il se prolonge sur les hauteurs de la Montagne noire à plus de d'altitude en bordure du département du Tarn.
Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « Côtiers méditerranéens »., au sein du bassin hydrographique Rhône-Méditerranée-Corse.. Elle est drainée par l'Orbiel, le Rieutort et le ruisseau des Douilhols, qui constituent un réseau hydrographique de de longueur totale..
L'Orbiel, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Mazamet et s'écoule vers le sud. Il traverse la commune et se jette dans l'Aude à Trèbes, après avoir traversé .
Le Rieutort, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune des Martys et s'écoule vers le sud-est. Il traverse la commune et se jette dans l'Orbiel sur le territoire communal, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Aquitaine, Gascogne » et « Provence, Languedoc-Roussillon ». Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune des Martys à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Milieux naturels et biodiversité L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. sont recensées sur la commune. : les « gorges de l'Orbiel à Miraval-Cabardès » (), couvrant du département., et la « vallée de l'Orbiel » (), couvrant du département. et deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. : les « crêtes et pièmonts de la Montagne Noire » (), couvrant dont 24 dans l'Aude et 2 dans l'Hérault. ; la « montagne Noire (versant Nord) » (), couvrant dont 14 dans l'Aude, 2 dans la Haute-Garonne, 3 dans l'Hérault et 18 dans le Tarn..
Urbanisme Typologie Au , Mas-Cabardès est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carcassonne, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (90,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (92,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (79,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (11 %), prairies (5,4 %), zones agricoles hétérogènes (3,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Mas-Cabardès est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Orbiel et le Rieutort. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1992, 1996, 1999, 2005, 2009, 2011, 2018 et 2020, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|upright=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Mas-Cabardès. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 7,3 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (75,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 188 sont en aléa moyen ou fort, soit 99 %, à comparer aux 94 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Mas-Cabardès est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif..
Histoire
Moyen-Âge Les premières informations écrites sur le Mas-Cabardès datent du . En effet c’est à l’époque carolingienne que s’est installée sur le site de l’église actuelle l’abbaye Saint-Étienne de CabaretAssociation Patrimoine et Découverte, Brochure Villages et sites historiques de la Montagne noire : Mas-Cabardès. Cette abbaye, vraisemblablement le premier édifice religieux fondé dans le Haut Cabardès, a eu un rayonnement important sur le territoire environnant en le défrichant et en contribuant ainsi à son occupation par l’homme.
Au , le monastère devint propriété du chapitre Saint-Nazaire de Carcassonne. En 1236 Guillaume Arnaud, chanoine de la cathédrale et futur évêque de Carcassonne, fut nommé prieur du Mas. À cette époque, le Mas est une seigneurie ecclésiastique importante jouxtant les deux seigneuries « laïques » de Cabaret et de Miraval.
Le château du Mas est cité dans des textes du début du . Il est aujourd’hui à l’état de ruine, mais quelques vestiges dominant le village actuel sur une boucle de l’Orbiel subsistent encore.
Temps modernes et époque contemporaine Au , le village est comme toute la région secoué par les guerres de ReligionJuliette et Pierre COSTEPLANE, Mas-Cabardès pendant les guerres de religion. Entre 1560 et 1592, le Mas joue un rôle stratégique important ; il est le siège de plusieurs garnisons et constitue un lieu de passage pour les troupes. C’est ainsi qu’en 1562 le maréchal de Joyeuse y dépêcha Roger de Cahuzac, seigneur de Caux, à la tête de 300 hommes pour empêcher les huguenots venus de Castres et de Mazamet de s’emparer des terres du Chapitre.
De nombreux autres faits d’armes sont signalés durant cette période. On peut relever ceux du capitaine Jehan de Celles, originaire du Mas, qui prit part à de nombreux combats au service du Roi. En 1574, il participa avec 100 hommes de sa compagnie à la reprise de Roquefère qui était tombée aux mains de huguenots. Après 1592, la région connut une période de calme provisoire. La reprise des hostilités en 1621 fut à l’origine de nombreuses atrocités commises dans les fermes et les villages environnants. Mais le Mas semble être resté à l’abri de ces exactions. Il a même constitué un refuge pour les paysans et villageois des alentours. La fin des guerres de religion en 1629 ne déboucha pas pour autant sur la fin des malheurs de la communauté. La guerre contre l’Espagne fut l’occasion de nombreux passages de troupes qui provoquèrent des pillages et des violences contre les habitants. En 1659, le traité des Pyrénées mit fin à la guerre et à cette période troublée.
Durant la Révolution, le Mas connut une intense activité politique. Mais il n’y eut pas d’événement dramatique. Tout en appliquant les lois révolutionnaires, la communauté a fait preuve de mesure et de modérationFoyer culturel et sportif de l'Orbiel, Brochure La vie politique à Mas-Cabardès pendant la révolution.