Mes idées politiques est une anthologie d'articles du journaliste et homme politique français Charles Maurras, directeur de L'Action française, publiée en 1937. L'ouvrage est composé durant la période de détention de l'auteur à la prison de la Santé du au pour menaces de mort à l'encontre de Léon Blum. Le texte est établi par Pierre Chardon, pseudonyme de Rachel Legras, ancienne maîtresse de Maurras dans les années 1910, qui se chargea de compiler plusieurs articles de Maurras en vue de synthétiser sa penséeLa pensée politique de Maurras par Martin Motte dans . Pour le spécialiste Stéphane Giocanti, il s'agit d'un « véritable spicilège des idées politiques de Maurras ».

Présentation Bien qu'anti-doctrinaire et basant sa pensée sur l'expérience du réel et le « bon sens », Charles Maurras consent en 1937, la majeure partie de sa carrière déjà derrière lui, à la rédaction d'un ouvrage récapitulatif de ses différentes prises de position politiques. La plupart des textes de Mes idées politiques sont repris d'anciennes publications de Charles Maurras, notamment au sein du journal de L'Action française, corrigés et ordonnés par leur auteur en vue de proposer au lecteur une vision globale et cohérente de sa pensée, et ce privés de toute référence à l'actualité afin de donner aux textes originaux une portée plus générale. À ce corpus, Charles Maurras ajoute une introduction originale nommée « La politique naturelle » qui constitue, par sa défense du principe de hiérarchie et d'« inégalité bienfaisante », une approche de l'ensemble de l’œuvre de l'auteur.

Pierre Chardon raconte la conception du livre dans le journal L'Action française en 1938. L'idée d'une compilation est proposée par Jean Fayard en .

Préface vignette|Rachel Legras, surnommée Pierre Chardon, fut la maîtresse de Charles Maurras et à l'origine de Mes idées politiques. La préface intitulée La Politique naturelle constitue l'un des textes les plus importants de Charles Maurras. Dans ce texte, l'auteur développe son anthropologie à contre-courant des principes individualistes de 1789 : . Chez Maurras, les individus ne naissent pas non plus égaux en dehors des dons naturels de la raison, du sens moral et de l'aptitude à la liberté. De plus, Maurras réfute l'idée d'une opposition de la nature et de l'homme car la société serait la nature de l'homme. La société est censée reposer sur une anthropologie naturelle, à commencer par l'hérédité qui désigne . Maurras s'inscrit dans le réalisme aristotélico-thomiste et pense que la politique doit dès lors se fonder sur le droit naturel.

La question sociale tient également une grande place dans cette préface du fait qu'elle est composée au moment du Front populaire. Maurras condamne les idéalismes individualistes d'inspiration libérale et socialiste. La lutte des classes est critiquée péjorativement au motif que tout le monde en sortirait perdant. Maurras y oppose une collaboration des classes prenant la forme d'un régime corporatif. Dans la première édition de l'ouvrage, Maurras ne cachait pas son admiration pour Mussolini et ses réformes. Les trois pages à la gloire du fascisme furent retirées de ses Œuvres capitales (1954) lorsque Maurras constata rapidement les abus commis par le fascisme au niveau du culte de l'État dans son livre Vergers sur la mer publié aussi en 1937. Toutefois, Maurras ne révisa pas les passages antisémites de Mes idées politiques car son antisémitisme d'État se maintint jusqu'à la fin de sa vie.

Plan

Première partie : L'homme Sa vision de l'homme s'oppose autant à l'optimisme des Lumières qu'au pessimisme de Hobbes même s'il admet volontiers que « l'homme est un loup pour l'homme ».

Pour l'historien Martin Motte, Charles Maurras se rapproche de « l'insociable vérité » de Kant et livre sa propre version de la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave.

Deuxième partie : Principes Maurras adjoint et ne conçoit .

Troisième partie : La civilisation vignette|297x297px|Caricature de Charles Maurras en prison lors de la rédaction de Mes idées politiques parue dans Vendredi du 12 juin 1936. L'auteur délimite la civilisation à un cadre strictement gréco-latin et critique à la fois le déclinisme et le fatalisme.

Quatrième partie : La science politique Maurras délivre « une réflexion nuancée sur les rapports de la politique et de la biologie » et rejette l'application dogmatique de la biologie dans les rapports sociaux et politiques. Toutefois, il tolère un « usage heuristique de cette science » en invoquant beaucoup d'analogies. À l'aide de l'empirisme organisateur, il déduit des lois politiques immuables. Maurras emprunte à Montesquieu sa définition de la loi comme .

Cinquième partie : La Démocratie L'auteur s'appuie sur les quatre États confédérés (juif, protestant, franc-maçon et métèque) pour sa critique de la démocratie. Il se réfère aussi aux Lois et à La République de Platon quand il a recours à des catégories ontologiques :Maurras dépeint la démocratie comme il le faisait précédemment dans Anthinéa.

Sixième partie : Les questions sociales Dans cette partie, Maurras tolère l'interventionnisme de l'État en matière de régulation des rapports socio-économiques mais récuse l'idée d'État-providence perçu comme liberticide. Martin Motte relève que pour Maurras . En parallèle, Maurras critique l'égoïsme bourgeois.

Septième partie : Retour aux choses vivantes En conclusion, Maurras livre sa définition de la nation. Maurras prend le soin d'y reconnaître les prérogatives spirituelles de l'Église catholique.

Enfin, Maurras rappelle que la nation française n'est pas une affaire de race, qu'elle n'est pas hermétique à d'éventuelles influences extérieures tout en précisant que la diversité peut être autant une source de richesse que de division. La Monarchie est érigée comme le moyen de préserver la cohésion de la nation.

Réédition L'ouvrage est réédité en 2018 dans la collection « Bouquins » aux Éditions Robert Laffont. Si l'historien Martin Motte estime nécessaire la réédition de l'ouvrage d'un écrivain , notamment pour comprendre le début du , le journaliste Philippe Douroux indique que lors de cette réédition . France info estime à l'occasion de cette réédition que dans cet ouvrage .

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

Lien externe Informations détaillées sur Worldcat

Catégorie:Ouvrage de Charles Maurras Catégorie:Essai français des années 1930 Catégorie:Essai paru en 1937 Catégorie:Livre politique Catégorie:Essai sur la politique Catégorie:Essai sur la politique française