L'hôtel des Trois Couronnes est un hôtel cinq étoiles situé au bord du Léman, dans la ville vaudoise de Vevey, en Suisse.

Historique Originellement, le bord du lac où se trouve de nos jours l'hôtel était occupé par un château des « Belles Truches » ou « Belletruches », du nom de la famille qui l'occupait. C’est Gabriel Monnet, propriétaire de l’auberge appelée « Trois couronnes », située à la rue du Simplon, qui achète ce bâtiment 1830 avec pour objectif d’agrandir son petit hôtel en un établissement plus grand, luxueux et confortable. Les autorités veveysannes se montrent enthousiastes à l’idée, considérant qu’un grand hôtel ne pourra qu’attirer un vaste public étranger, c’est une réelle source de profitACVevey, Aa 84, Registre des procès-verbaux de la Municipalité, 14 novembre 1838, p.500. Ce bâtiment est détruit pour laisser la place à un hôtel construit par Philippe Franel et inauguré le sous le nom d'hôtel des Trois Couronnes, ou hôtel Monnet du nom de son propriétaire.La construction reste encore aujourd’hui assez énigmatique. Aucun plan n’a été retrouvé et le financement des travaux reste flou. Les travaux débutent en 1840ACVevey, Aa 86, Registre des procès-verbaux de la Municipalité, 1er octobre 1840, p. 283. C’est un des premiers grands hôtels de Suisse. L’hôtel est composé d’un bâtiment central accompagné de chaque côté d’un corps symétrique plus petit et légèrement en retrait. Il jouit également d’un accès direct au lac.

Gabriel Monnet acquiert également « l’Hôtel du Faucon », établissement bien plus petit, où logera le personnel des Trois CouronnesACV Dss 15/10 fol. 10, Vente Dreyer à Monnet. L’hôtel connait un grand succès dès son ouverture et apparaît dans de nombreux guides touristiques suisses dès 1844, soit deux ans après l’inaugurationCédric HUMAIR, Tissot Laurent (éd.), le tourisme suisse et son rayonnement international (). Lausanne et Montreux n’ayant pas encore construit leurs hôtels du même prestige, les Trois Couronnes devient une destination incontournable.

En 1857, Gabriel Monnet cède la gestion de l’Hôtel à son beau-frère Jules Monnerat, ancien syndic de VeveyACVevey, Aa 107, Registre des procès-verbaux de la Municipalité, 3 novembre 1856, pp. 25-26. En 1860, l’Hôtel est racheté par un Allemand du nom de Frédéric Schott et son partenaire financier, Grégoire de NasakinACV GF 348/11 : ACV Dss 15/11 fol. 21, n. 2808 et fol. 124-128, n. 2893-4 Le bâtiment perd l'accès au lac en 1863 avec la construction du quai.

Un puits nommé « la Pesse » se trouvait à proximité de l’Hôtel. En 1873, il a été remplacé par une fontaine en marbre blanc, elle est l’œuvre du marbrier David Doret, selon les plans des architectes Burnat et NicatiNEUENSCHWANDER-FEIHL Joëlle, « Vevey… », p.494. En 1880, une étape cruciale est franchie dans la modernisation de l’Hôtel. Des éclairages au gaz sont installésFeuille d’avis de Vevey, 26 juillet 1880. En 1887, l’Hôtel des Trois-Couronnes comptent parmi un des premiers clients de la Société électrique de Vevey-Montreux (SEVM) fondé deux ans auparavant, ils installent donc des éclairages électriquesLAPOINTE-GUIGOZ Julie, « l’utilisation de l’énergie…, p. 156. L’installation complète d’éclairages électriques sera finalisée en Journal de Vevey, 19 juillet 1892.

Frédéric Schott remet l’établissement en 1886 dû à son état de santé faibleFeuille d’avis de Vevey, 25 mai 1885. Jakob Schaer, propriétaire de l’Hôtel du Lac aussi à Vevey, reprend la direction des Trois Couronnes entre 1885 et 1886ACVevey, 95.01, Correspondances d’hôtels. Schaer a pour but d’agrandir et moderniser l’Hôtel, il rachète la pension du château et ses dépendances et des édifices qui longent la rue des Trois Couronnes. En 1893, deux annexes sont ajoutées au corps principal : une salle des fêtes à l'ouest et une aile d'habitations à l'est. La salle des fêtes de l’aile latérale ouest des Trois Couronnes est un exemple de la prouesse architecturale de l’établissement.

En 1895, l’Hôtel des trois couronnes est vendu à une société hôtelière. Aucune source ne permet de connaître le raisonnement de cette vente soudaine. La société sera présidée par Emile Guaudard, avocat veveysan, pendant près de TISSOT Laurent, « Emile Guaudard », Dictionnaire historique de la suisse (DHS), [en ligne], 2007HUMAIR Cédric, Système touristique…, p.152 et base de données BioLemano. La société engage Alexandre Hirschy comme nouveau directeur de l’Hôtel, il commence son activité en Archives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 9 novembre 1895 et Assemblée constitutive, séance du 1er août 1895, assemblée du 30 octobre 1895. L’eau chaude ainsi que des sanitaires privés (toilettes, douches, bains) sont progressivement installé dans chaque chambre de l’établissement, basé sur le modèle américain de la chambre avec une salle de bain privée. C’est l’architecte Charles Coigny qui se voit fournir cette tâche de maintenanceArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 27 octobre 1907.

Le , Jakob Coraï reprend la direction des Trois Couronnes. C’est une période de prospérité économique pour le monde de l’hôtellerie. De nombreuses nouvelles installations électriques sont installés dans l’Hôtel tel qu’un nouvel ascenseur électrique en 1911Archives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 4 mars 19011 et 26 juillet 1911.

Après le début de la première guerre mondiale, l’Hôtel des Trois Couronnes n’a pas connu d’impact économique pendant les premières années du conflitArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 12 octobre 1914. L’Hôtel est même capable d’effectuer des travaux au prix de francs en 1916 grâce à aux intérêts généreux de leur sociétéArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2,14 août 1916. Cependant, la situation financière se détériore en 1917. De plus en plus de locataires ont des retards de paiementArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2,15 février 1917. Le directeur actuel, M. Coraï, reprend la direction du grand hôtel de Territet et nomme Hans Kupfer comme remplacementArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 20 avril 1918. L’hôtel continue à rencontrer des difficultés financières jusqu’en 1922, où les comptes semblent plutôt favorablesArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2,16 août 1922. L’Hôtel décide alors d’entreprendre des travaux, notamment de remplacer l’enseigne historique avec le nom « Hôtel Monnet » par une nouvelle enseigne avec le nom « Hôtel des Trois Couronnes ».

L’Hôtel connaîtra une longue période de problèmes financiers à cause du krash boursier de 1929. Il doit augmenter les prix des chambres, liquider une partie du personnel et minimiser les activités un maximumArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 29 septembre 1932. Malgré ses efforts pour faire des économies, l’Hôtel est contraint de faire de demander de nombreuses avances à la Banque, qu’il peine à rembourser. En 1936, l’Hôtel est placé sous le contrôle financier de la Société fiduciaire Suisse pour l’hôtellerie (SFSH)Archives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 26 février 1936 où il sera révélé que le secrétaire avait longtemps falsifiés les comptes de l’hôtelArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 23 novembre 1936, voir HERMINJARD Marcel, Souvenirs d’un hôtelier Veveysan… p. 41.

En fin d’année 1936, l’Hôtel engage un nouveau directeur : Marcel HerminjardArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 25 novembre 1936. M. Herminjard permet à l’Hôtel d’améliorer ses finances pendant quelque temps avant que la seconde guerre mondiale ne commence. Heureusement, grâce à des publicités et visites réalisées en personne par M. Herminjard en Suisse-alémanique, l’Hôtel trouve un nouveau public lui permettant de tenir bon pendant les années de guerreArchives de l’Hôtel des Trois Couronnes, PV livre 2, 30 septembre 1942 et 25 novembre 1944. L’Hôtel offrira également des services autre que l’hôtellerie afin de gagner quelques bénéfices. Certaines chambres sont transformées en salon de coiffure, librairies ou salle de classe.

Après la guerre, l’Hôtel connait une grande prospérité dans les années 1960. Grâce à ses revenues généreux depuis plusieurs années, les Trois-Couronnes sont capables de racheter l’Hôtel du Lac en 1970. L’achat est finalisé le HERMINJARD Marcel, Souvenirs d’un hôtelier veveysan…, p.76.

Après la vente de l’Hôtel à Lilian von Kauffmann-SalomonsenHotel-revue, 05.02.1987, p. 37 et p.39, une grande rénovation a été effectuée en 1980, déplaçant notamment les cuisines du sous-sol au rez-de-chaussée, plus proche de la salle des fêtesArchives du service de l’urbanisme, 42-555, Atelier d’architecture Pierre Vincent SA, 15 octobre 1985.

L'hôtel est entièrement rénové en 2000 et fait partie, depuis 2003, des hôtels historiques de Suisse. La même année, le bâtiment est classé Monument historique d'importance régionale.

Parmi les nombreuses célébrités ayant séjourné dans l'hôtel, trois têtes couronnées permettent à l'établissement de justifier son nom : il s'agit de la reine Olga de Grèce du maharajah Holkar d'Indore et du roi des Pays-Bas.

L'écrivain Henry James y a situé l'intrigue de sa nouvelle Daisy Miller.

Caractéristiques

71 chambres dont 9 junior-suites et 9 salons de réception Piscine couverte, massages, hammam, jacuzzi, institut de beauté Boutique, service de blanchisserie, voiturier.

Restauration

Restaurant gastronomique Les Trois Couronnes (Cheffe cuisinier : Cécile Fontannaz) Le Bar Véranda.

Notes et références

Annexes

Bibliographie . Audrey Meyer, L'Hôtel des Trois Couronnes à Vevey, Neuchâtel, Alphil, 2025.

Liens externes

Trois couronnes Trois Couronnes Catégorie:Bien culturel d'importance nationale dans le canton de Vaud Catégorie:Bâtiment à Vevey