, abrégé en japonais en , en anglais Japan Future Party ou JFP, était un parti politique japonais social-libéral et environnementaliste classé au centre gauche, fondé le par Yukiko Kada, gouverneur de la préfecture de Shiga et ancienne sociologue environnementale ayant milité au Parti social-démocrate (PSD). Le parti présente une plateforme nettement anti-nucléaire, en vue des élections législatives de 2012. Il a été rejoint dès sa formation par 61 députés et 12 conseillers, une grande partie d'entre eux provenant du mouvement Priorité à la vie du peuple (PVP) d'Ichirō Ozawa et tous étant des dissidents de la majorité PDJ-Nouveau Parti du peuple-PSD arrivée au pouvoir en 2009Le PSD a quitté cette coalition dès 2010.. Ayant réalisé une contre-performance aux élections législatives du , en ne gagnant que neuf députés, il perd vite la plupart de sa représentation parlementaire : Ichirō Ozawa et ses partisans (soit 7 représentants et les 8 conseillers restant) partent créer le Parti de la vie (PDV) le et officialisent leurs départs du PFJ le lendemain, et Shizuka Kamei rejoint alors le Vent vert. L'ancienne sociale-démocrate Tomoko Abe reste alors pendant un jour la seule élue au sein de la Diète du PFJ, qui se dissout toutefois immédiatement en tant que parti politique.

Formation

La « déclaration Biwako »

Le , Yukiko Kada prononce un discours devant le Biwako, le plus vaste lac du Japon situé au cœur de sa préfecture de Shiga, en compagnie de Tetsunari Iida, une figure nationale de la promotion des énergies renouvelables et un ancien collaborateur de Tōru HashimotoLOWER HOUSE ELECTION 2012 / Ishin, Mirai trade blows in negative campaign, Yomiuri Shimbun 6/12/2012., annonçant la création d'un nouveau parti en course pour les élections législatives du suivant. Cette vise alors à rassembler les forces favorables à une sortie du nucléaire civil rapide, en réaction à l'accident nucléaire de Fukushima de 2011. Elle déclare à ce sujet : « Le plus important risque d'un autre accident nucléaire se trouve dans la zone de la baie de Wakasa de la préfecture de Fukui, qui est proche de la préfecture de Shiga et du lac Biwa et où il y a une grande concentration de centrales atomiques vieillissantesAutour de la baie de Wakasa, sur la côte nord de Honshū, se trouvent la centrale nucléaire d'Ōi, dont les deux réacteurs les plus récents, les 3 et les 4, datant respectivement de 1991 et 1993, ont été les premiers à être remis en service après la catastrophe de Fukushima, et celles de Tsuruga (réacteurs de 1969 et 1986), de Mihama (réacteurs de 1970, 1972 et 1976), de Takahama (réacteurs de 1974, 1975 et deux de 1985) et de Monju (réacteur de 1994, arrêté à la suite d'un accident de 1995 à 2010, a subi d'autres incidents en 2012).. Le lac Biwa fournit de l'eau potable à 14,5 millions de personnes, et si moi, en tant que gouverneur, je n'envoie pas un message au gouvernement central, j'aurai déçu ceux qui m'ont fait confiance pour avoir protégé le lac Biwa » E. JOHNSTON, « Shiga's Kada readies party; Ozawa joins », The Japan Times, 28/11/2012.

Kada et Iida positionnent immédiatement leur formation en opposition à l'Association pour la restauration du Japon (ARJ, ou Nippon Ishin no kai), créée plus tôt par une autre figure politique locale du Kansai, le maire d'Ōsaka Tōru Hashimoto, positionné à droite sur l'échiquier politique japonais. Celui-ci avait aussi fait de la sortie du nucléaire civil un de ses chevaux de bataille avant de devoir abandonner cette position pour permettre la fusion avec le Parti de l'aube de l'ancien gouverneur de Tokyo, Shintarō Ishihara, pour sa part nettement favorable à l'énergie nucléaire. Concernant Hashimoto, Ishihara et leur parti, Yukiko Kada déclare : « Il y a deux différences entre mon parti et le Nippon Ishin. Premièrement, le Nippon Ishin est basé en milieu urbain, à Ōsaka et à Tokyo, alors que je suis implantée à Shiga, une région plus rurale avec des intérêts différents. Deuxièmement vient l'importance du rôle donné aux femmes et aux enfants dans notre plateforme ».

Une « troisième force » nationale

Mais c'est véritablement le ralliement d'autres petites formations de création récente, emmenées par d'autres figures politiques locales ou nationales et aux positions politiques proches, qui donne au PFJ la base parlementaire nécessaire à sa reconnaissance officielle comme un parti politique (et même le troisième du pays, en nombre de représentants et de conseillers lors de sa création officielle, le ). Il s'agit de : Priorité à la vie du peuple (PVP, 48 députés et 12 conseillers lors de sa dissolution annoncée le ) d'Ichirō Ozawa : ce parti avait été créé le par 37 députés et 12 conseillers ayant quitté le PDJ au pouvoir, à la suite du vote à la Chambre des représentants d'une réforme fiscale et de la sécurité sociale préparée par les Premiers ministres démocrates successifs Naoto Kan puis Yoshihiko Noda et prévoyant surtout un doublement progressif de la taxe sur la consommation. Le PVP, dont le nom reprend le slogan de campagne du PDJ en 2009, dit vouloir revenir aux principes du programme électoral des précédentes législatives (plusieurs promesses ayant dû être abandonnées depuis, notamment la gratuité des péages autoroutiers, le gel de certains grands travaux ou le déménagement de la base américaine de Futenma hors de la préfecture d'Okinawa voire hors du Japon) et former une coalition nouvelle sur le modèle de L'Olivier Italien des années 1990. Le PVP absorbe le le Parti Kizuna, créé le par neuf députés du PDJ opposés aux projets du gouvernement Noda de rejoindre les négociations du partenariat économique stratégique trans-Pacifique (ou Trans-Pacific Strategic Economic Partnership dit TPP, projet de zone de libre-échange intégrée autour de l'océan Pacifique) et d'augmenter la taxe sur la consommation. Enfin s'y étaient ajoutés les 20 et deux autres députés dissidents démocrates, Takatane Kiuchi ( de Tōkyō) et Osamu Nakagawa ( de la préfecture d'Ōsaka). Ichirō Ozawa, ancien président du PDJ de 2006 à 2009 et considéré comme l'un des principaux artisans de la victoire des élections législatives de 2009, surnommé le « Shōgun de l'ombre » pour son influence jugée forte sur le processus de décision politique sans avoir à être ministre ou président de parti (surnom surtout porté entre 1993 et 1994 et de 2009 à 2010) ou encore le « Destroyer » pour avoir participé à la création puis présidé à la dissolution de quatre parti depuis 1993 (le Shinseitō de 1993 à 1994, le Shinshintō de 1994 à 1997, le Parti libéral de 1998 à 2003 et finalement le PVP en 2012), était le principal opposant interne à Naoto Kan puis Yoshihiko Noda au sein du PDJ depuis 2010. Ayant le soutien de nombreux nouveaux députés élus en 2009 et une assises politique plus que forte dans la préfecture d'Iwate (étant lui-même le député du de ce département, le gouverneur, Takuya Tasso, est un proche et 4 autres parlementaires du PVP sont issus de ce parti : un député sur les trois autres titulaires de circonscription, un autre député pour sa part élu à la proportionnelle, un des deux conseillers élus au vote unique non transférable et un autre membre de la chambre haute élu à la proportionnelle nationale), il dispose néanmoins d'une image controversée au sein de l'opinion publique japonaise en raison de son influence jugée occulte et de quelques affaires politico-financières qui ont touché son organisation de financement politique (ce qui lui a valu une mise en examen en 2011, pour être finalement acquitté en première instance puis en appel en 2012). Beaucoup d'observateurs ou de médias se demandent si Ozawa, bien qu'il n'en ait pas pris la présidence qu'il laisse à Yukiko Kada et malgré la présence d'autres personnalités politiques fortes, n'est pas devenu le nouveau dirigeant de facto du PFJ T. SEKIGUCHI, « Japan’s ‘Destroyer’ Eyes Comeback With Party No. 7 », The Wall Street Journal, 28/11/2012. Genzei Nippon - Parti anti-TPP, anti-nucléaire (9 députés à sa disparition) : parti créé quelques jours seulement avant sa disparition dans le PFJ, plus exactement le , dans l'une des étapes des tentatives de repositionnement politiques menées par les petits partis de la Diète dans le but d'aboutir à la constitution d'une capable de concurrencer le Parti libéral-démocrate (PLD, centre droit, au pouvoir de sa création en 1955 à 1993 et de 1994 à 2009 et principale force d'opposition depuis 2009) et le PDJ. Il est né de la fusion de deux mouvements et a été rallié par la suite par un neuvième député : le Genzei Nippon, ou littéralement « moins d'impôt au Japon » (6 députés au moment de sa dissolution) : créé le par le maire de Nagoya, et ancien député sous les couleurs du PDJ, Takashi Kawamura, en association avec d'autres élus locaux de la préfecture d'Aichi initialement, afin de relayer sa politique de tendance conservatrice sur le plan fiscal (baisse des impôts, directs ou indirects, et baisse des dépenses) et populiste. Un député jusqu'ici libéral-démocrate, Hideaki Ōmura, le rejoint et se fait élire sous cette étiquette gouverneur de la préfecture d'Aichi le avec 49,2 % des suffrages exprimés contre des candidats soutenus par les grands partis nationaux. Par la suite, Genzei Nippon voit les ralliements de plusieurs députés issus du PDJ au fur et à mesure que le projet de hausse de la taxe sur la consommation se précise : la première est, le , Yūko Satō ( de la préfecture d'Aichi) ; Kōki Kobayashi (bloc proportionnel de Tōkyō, ancien député PLD du de 1996 à 2005, « rebelle postal » ayant rejoint le NPP en 2005 puis le PDJ en 2009) et Toshiaki Koizumi ( de la préfecture d'Ibaraki) le ; Atsushi Kumada ( de la préfecture d'Ōsaka) et Tomohiko Mizuno (bloc proportionnel du Sud-Kantō) le ; Ben Hashimoto (bloc proportionnel du Tōkai, implanté dans le de la préfecture de Gifu) le . Le Genzei Nippon a d'abord envisagé de s'allier avec le Parti de l'aube (PDA) de Shintarō Ishihara, mais ce rapprochement a finalement été rendu impossible par la fusion de ce dernier dans l'Association pour la restauration du Japon le . le Parti anti-TPP, anti-nucléaire, pour le gel de la hausse de la taxe sur la consommation (créé le ), au programme explicite, comprenait deux députés, tous d'eux d'ancien ministres issus de la majorité en place. Tout d'abord, Masahiko Yamada ( de la préfecture de Nagasaki), ancien ministre de l'agriculture en 2010 et ferme opposant à l'adhésion du Japon aux négociations du TPP, ce pourquoi il a quitté le PDJ le (Yoshihiko Noda, qui vient à cette époque de faire connaître son intention de dissoudre la Chambre des représentants, a annoncé l'intégration de ce projet dans le programme législatif de son parti). Ensuite, Shizuka Kamei ( de la préfecture de Hiroshima), ancien poids lourd du PLD jusqu'en 2005, un des principaux opposants internes à Jun'ichirō Koizumi entre 2001 et 2005 et l'un des chefs de file des « rebelles postaux » (opposants au projet de privatisation de la poste japonaise proposée par Jun'ichirō Koizumi) en 2005, il a participé alors à la création du Nouveau Parti du peuple (NPP) qu'il a présidé de 2009 à 2012, a été ministre des services financiers (défendant alors plus de régulation des marchés et du système bancaire) et de la réforme postale (préparant la révision du projet de privatisation) de 2009 à 2012. Il a quitté le NPP, et la majorité, le , par opposition à la hausse de la taxe sur la consommation. Tairō Hirayama ( de Tōkyō) rejoint ce parti le . Élu pour la première fois en 2009 sous les couleurs du PDJ, il le quitte le par opposition au vote de la hausse de la taxe sur la consommation mais reste dans un premier temps dans la majorité en s'associant au groupe parlementaire du NPP, puis en adhérant à ce mouvement de manière éphémère d'octobre à .