, né le à Béziers (Hérault), est un homme politique français.
Membre de la Ligue communiste révolutionnaire de 1993 à 1997, il est ensuite militant du Parti socialiste jusqu'au congrès de Reims de 2008, après lequel il devient secrétaire national du Parti de gauche. Il est premier adjoint à la maire socialiste du , Michèle Blumenthal, de 2001 à 2014, et conseiller de Paris entre 2008 et 2014.
Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon et de son parti, La France insoumise, pour l'élection présidentielle française de 2017, il est élu député dans la septième circonscription de la Seine-Saint-Denis lors des élections législatives qui suivent, puis est réélu en 2022 dans le cadre de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale.
Il prend par la suite ses distances avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, dont il ne reçoit finalement pas l'investiture lors des élections législatives de 2024 mais obtient le soutien des autres partis du Nouveau Front populaire. Il conserve son siège avant de fonder L'Après avec les autres dissidents du mouvement Insoumis.
Parcours professionnel Alexis Frédéric Marie Corbière est titulaire d'une licence d'histoire obtenue à l'université Paris-Diderot et du certificat d'aptitude au professorat de lycée professionnel (CAPLP) de lettres-histoire. Étudiant-stagiaire à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Saint-Denis, entre 1994 et 1995, il devient en 1995 professeur de lettres et d’histoire-géographie en lycée professionnel.
Au , il est affecté au sein du musée de l’histoire de l’immigration par une mise à disposition du rectorat de l'académie de Paris. Il est rattaché à la fonction de président du Conseil d'orientation de l'établissement concernéTract syndical diffusé le par CFDT Culture-CNHI. Extrait du texte :..
Parcours politique Origines, jeunesse, études et débuts comme militant trotskiste Fils d'un père agent EDF et d’une mère au foyer, cousin de Jean-François Corbière, futur conseiller départemental du canton de Béziers-2, Alexis Frédéric Marie Corbière anime en novembre et dans son lycée la grève contre le projet de loi Devaquet. Il débute là son engagement politique dans l’organisation trotskiste du Parti communiste internationaliste (lambertiste) (PCI) de Pierre Lambert ; celle-ci vient alors d’être affaiblie par le départ d'une grande partie de ses militants étudiants vers le Parti socialiste sous l’impulsion du futur député socialiste Jean-Christophe Cambadélis.
Étudiant en philosophie puis en histoire (Paul-Valéry à Montpellier et Paris 7), Alexis Corbière devient l’un des animateurs nationaux de la petite organisation de jeunesse « lambertiste », l’Alliance des jeunes révolutionnaires (AJR), dont il est l'un des secrétaires nationaux.
En 1988, il s'engage dans la campagne présidentielle de Pierre Lambert (candidat sous son vrai nom, Pierre Boussel), présenté par le Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT), qui ne recueille que 0,38 % des suffrages.
vignette|left|Alexis Corbière (à droite) avec Pierre Lambert (à gauche) à Montpellier, en février 1988. De 1987 à 1990, il milite dans le milieu étudiant de Montpellier. En , à la demande de Pierre Lambert, il vient vivre en région parisienne, pour aider au développement national de l’AJR et de son journal L’Étincelle. Pour cela, il est élu membre du Comité central du PCI.
Lorsqu'il en est un des secrétaires nationaux, les campagnes de l’ sont tournées contre le travail précaire dans la jeunesse, pour la fermeture des Centres de rétention administratifs (c’est à cette occasion qu’il rencontre l’avocat Gilbert Collard., député FN de 2017 à 2022, mais qui milite à l'époque pour le droit d'asile et la défense de l'immigration), contre la Guerre du Golfe et pour la solidarité avec les peuples de l’Est qui se soulèvent contre les bureaucraties staliniennes (il se rendra en Roumanie et en Pologne)
Des désaccords l’opposent progressivement à l’orientation du PCI, qu’il juge dans sa construction du Parti des travailleurs (PT). Pierre Lambert ne veut plus d’une organisation de jeunesse indépendante et préfère un réseau, Paroles de Jeunes. Lors d’un Comité central du PCI de , une résolution exigeant la fin de l’AJR et l’arrêt de la publication du journal L'Étincelle est adoptée à l’unanimité, moins la voix d’Alexis Corbière. Quelques jours plus tard, un groupe de lycéens adhérents du PCI publient une feuille nommée L’Étincelle du Val-de-Marne. Tous ceux qui ne condamnent pas cette publication sont exclus, soit plus de dont Alexis Corbière et trois autres membres du comité central du PCI.. Avec Pedro Carrasquedo, Corbière fonde alors le Groupe La Commune..
En , à l'occasion du référendum, il mène campagne pour le « Non au Traité de Maastricht ». En 1993, il adhère à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). De 1995 à 1997, il siège au Comité central de la et est l’un des animateurs du travail vers les étudiants de cette organisation avec Olivier Besancenot en s’investissant dans le syndicat UNEF-ID dont il est vice-président en pour la Tendance Unité et Démocratie (TUD).
Dans les congrès de l'UNEF-ID, il s'affronte avec Raquel Garrido, qu'il finit par épouser, et qui est comme lui un des piliers du futur Parti de gauche.
En , alors étudiant en lettres-histoire, il est gardé à vue pendant et mis en examen pour par la juge Laurence Le Vert, puis incarcéré durant un mois à la prison de Fleury-Mérogis. Il lui est reproché d'avoir participé, en 1993, à l'hébergement de réfugiés basques espagnols de l'ETA. Il est ainsi empêché de passer l'oral du CAPES.. Il est acquitté lors d'un procès en 1997. Il quitte la LCR en 1997
Parti socialiste
En 1998, il adhère au Parti socialiste, dans la section du , pour renforcer le courant Gauche socialiste animé notamment par Jean-Luc Mélenchon qu'il a rencontré la première fois le au Palais omnisports de Paris-Bercy en marge d’un grand meeting réunissant Lionel Jospin, Robert Hue, Dominique Voynet et Alain Krivine.
Au PS, il participe aux courants animés par Jean-Luc Mélenchon, Gauche socialiste, Nouveau Monde ou Trait d’Union, et à la création du Club Pour la République sociale (PRS) en 2003.
Considéré comme un « proche » de Jean-Luc Mélenchon, il est un de ses « conseillers techniques » de 2000 à 2001 lorsque ce dernier est ministre délégué à l’Enseignement professionnel.
Durant les élections municipales d'avril 2001, il est élu conseiller municipal et devient premier adjoint à la maire du , Michèle Blumenthal (PS).
Il mène campagne pour le « Non au Traité constitutionnel européen » (TCE) lors du référendum du . De février à , il interviendra dans des meetings pour le « Non au TCE », aux côtés de Marie-George Buffet ou d'Olivier Besancenot.
En , il est réélu conseiller municipal du et conseiller de Paris. Il est à nouveau désigné premier adjoint à la maire et est durant un an l’un des vice-présidents du Groupe socialiste et apparentés au Conseil de Paris. Dès les premières réunions, avec Danielle Simonnet, élue du , ils sont en désaccord avec les autres conseillers de Paris socialistes sur de nombreux dossiers. Opposés à la privatisation de la collecte des déchets et à l'octroi de subventions à des crèches confessionnelles, ils rompent la discipline de vote du Groupe socialiste en votant contre publiquement.
Création du Parti de gauche
vignette|Alexis Corbière et Jean-Luc Mélenchon en juin 2012 dans le . En , après le premier tour du Congrès socialiste de Reims, considérant que les courants de gauche du PS ont réalisé un score en recul par rapport aux deux congrès précédents, refusant de participer aux tricheries internes et analysant que le PS ne cesse de continuer sa mue en un Parti démocrate américain, il quitte le PS avec ses camarades pour fonder le Parti de gauche (PG) sous la conduite de Jean-Luc Mélenchon. L’existence du PG permettra de constituer le Front de gauche (FG) avec le Parti communiste français (PCF) et sept autres organisations dès les élections européennes de 2009 et les élections régionales de 2010.
Pendant l’élection présidentielle de 2012, il fait partie de l’équipe de campagne du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon qui recueillera 11,1 % des suffrages. Il participe notamment, avec Laurent Maffeis, à la riposte argumentaire contre le Front national (FN).
En , il est candidat aux élections législatives pour le Front de gauche dans la de Paris (située essentiellement dans le ). (En 2007, le PCF avait obtenu soit 2,25 %). Durant sa campagne, il organisera notamment un débat contradictoire avec le candidat de l’UMP, Charles Beigbeder (la candidate socialiste ayant décliné la proposition). Il est battu au premier tour, obtenant soit 7,8 % (en , derrière les candidats du PS et de l’UMP).
En , il est désigné candidat du Front de gauche (FG), tête de liste dans le , pour les élections municipales du 23 et . Sa liste n'obtient que 5,4 % des voix dans son arrondissement ; il n'est pas réélu.
La France insoumise Le , Jean-Luc Mélenchon annonce qu'il « propose sa candidature » à l'élection présidentielle d', lors du Journal de de TF1. Alexis Corbière devient aussitôt son porte-parole durant cette campagne présidentielle. Il est alors très souvent invité des médias pour expliquer les positions de son candidat et de son mouvement. Le , c'est lui qui introduit la première convention nationale de La France insoumise dans la banlieue de Lille.
Pour assurer cette campagne, il se met en disponibilité de l’Éducation nationale, alors qu'il était professeur, à partir d’.. En tant que porte-parole de la campagne, il n’est pas salarié, mais se déclare comme auto-entrepreneur et reçoit une rémunération à hauteur de entre et ...
Il est candidat aux élections législatives de 2017 dans la Seine-Saint-Denis ( : Montreuil et Bagnolet), pour La France insoumise, parti dont il est le porte-parole.. Il se trouve en ballotage au premier tour avec 21,60 % des suffrages exprimés, en , face à la candidate de La République en marche Halima Menhoudj, adjointe au maire de Montreuil (24,7 %). Alexis Corbière est élu député en remportant le avec 57,90 % des voix..
Après six mois de législature, il est le le plus actif selon le classement établi par Capital..
Lors des législatives françaises de 2022, il est réélu au premier tour avec sur soit 28,16 %, et 62,94 % des suffrages exprimés, avec un taux d’abstentions de 54,10 %Ministère des l'intérieur - Accueil législatives 2022 - Seine-Saint-Denis - 7ème circonscription.
Durant cette campagne, le journaliste Aziz Zemouri signe sur le site internet du magazine Le Point un article affirmant qu'Alexis Corbière et sa conjointe Raquel Garrido emploieraient irrégulièrement une femme de ménage, ce qu'ils démentent. Une contre-enquête de Mediapart montre les de l'article mensonger, qui est dépublié le lendemain par le magazine, qui leur présente des excuses.
Absent de la nouvelle direction de LFI dévoilée en , il exprime un « radical désaccord » avec celle-ci. Il regrette l'absence d'élection pour la désigner et demande l'intégration d'une « parité sociale » en son sein.
Lors du renouvellement du bureau du groupe parlementaire en , il refuse de rester seulement vice-président. Il explique sa décision par une volonté d'apaisement et d'arrêt de la « violence politique » dont il dit être victime. Sa démission est annoncée le , divulguée dans la presse le . Son successeur sera choisi la semaine suivante, lors de la constitution du nouveau bureau.
Pour les élections législatives de 2024, La France insoumise refuse l'investiture à cinq « frondeurs » : Alexis Corbière, Raquel Garrido, Frédéric Mathieu, Hendrik Davi et Danielle Simonnet. Le Nouveau Front populaire désigne Sabrina Ali Benali comme candidate dans la septième circonscription de la Seine-Saint-Denis, mais Alexis Corbière, député sortant, décide de maintenir sa candidature.. Il est réélu de nouveau le .., mais la candidate officielle LFI dépose un recours contre son élection..