La SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler » ou la division « LSSAH » (appellations allemandes successives : la Leibstandarte SS Adolf Hitler (LSSAH), puis la SS-Panzergrenadier-Division „Leibstandarte SS Adolf Hitler“ et enfin la 1. SS-Panzer-Division „Leibstandarte SS Adolf Hitler“) est l'une des de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale. L'unité était souvent désignée par le sigle LSSAH ou encore LAH (pour « Leibstandarte SS Adolf Hitler »). La LSSAH a tenu le double rôle d’unité de protection du Führer et d'unité de combat. À ce titre, elle a été présente sur tous les théâtres d’opérations de la Seconde Guerre mondiale sur le territoire européen.

Comme son nom le suggère, la « Leibstandarte » est née aux débuts du parti nazi, en tant que garde personnelle d’Hitler, composée uniquement de membres de la SS. Ensuite, la Waffen-SS a été créée (sous son premier nom de Verfügungstruppe, ou SS-VT) pour que des SS puissent incorporer des unités destinées à combattre. La Leibstandarte se développa à fur et à mesure jusqu'à devenir une division blindée (en allemand Panzerdivision) : elle reçut sa désignation finale le . Un détachement de la LSSAH resta toutefois en permanence avec Hitler pour assurer sa sécurité.

L'emblème de la division représente un passe-partout de serrurier en l'honneur de son premier chef Josef « Sepp » Dietrich (en allemand Dietrich veut dire passe-partout).

Connue pour s'être illustrée à de nombreuses reprises sur le plan militaire, la division l'est également pour sa brutalité, ses nombreuses exactions et crimes de guerre : son nom reste notamment associé au massacre de Baugnez-Malmedy, et au massacre de Wereth en 1944.

Histoire Création

thumb|250px|Hitler, en compagnie de « Sepp » Dietrich, passant en revue une formation de la Leibstandarte dans la caserne de Berlin-Lichterfelde en 1935.

La LSSAH est officiellement fondée le par l’officier SS « Sepp » Dietrich, garde du corps personnel d’Adolf Hitler, sous le nom de SS-Stabswache Berlin.

En effet, le , dix ans après l’échec du « putsch de la Brasserie » de Hitler en , les soldats de deux kommandos de la garde personnelle du Führer du parti nazi font individuellement le vœu de toujours le servir, et reçoivent officiellement l’appellation de « Leibstandarte Adolf Hitler ».

Le blason de la Leibstandarte Adolf Hitler représente un passe-partout, qui se dit Dietrich en allemand.

Le quartier général de la 1.SS Panzer-Division Leibstandarte Adolf Hitler est situé à Berlin, dans le quartier de Lichterfelde, où elle occupe les locaux de l’ancienne Hauptkadettenanstalt, l’école d’officiers la plus prestigieuse de Prusse, fermée en 1920 après l'application du traité de Versailles , supprimant l'école de formation des officiers de l'armée allemande et abritant aujourd'hui et ce depuis 1950 les archives fédérales allemandes (Bundesarchiv).

La Leibstandarte occupe aussi une autre caserne au Berghof dont elle est également chargée de la protection personnelle d'Hitler et de ses invités.

L’élimination de la SA et la montée en puissance de la LSSAH thumb|200px|Troupes de la Leibstandarte en 1939. Le , Himmler, le Reichsführer-SS renomme la « Leibstandarte Adolf Hitler » en « Leibstandarte SS Adolf Hitler », pour marquer sa différence des unités militaires (de la Reichswehr) et de la SA.

Le vendredi , deux compagnies de la LSSAH sous le commandement de Jürgen Wagner et d’Otto Reich sont envoyées à Munich, en préparation de l’élimination de dirigeants de la SA, et arrivent vers minuit.

Avec des unités de la Landespolizeigruppe de Hermann Göring et des SS-Totenkopfverbände, elles participent à la nuit des Longs Couteaux, ordonnée par Hitler, pour déjouer un prétendu complot de la SA, monté de toutes pièces par Göring, Himmler, Heydrich et Reichenau. Le samedi alors que le jour n’est pas encore levé, Hitler, venu de Berlin dans la nuit, rejoint Dietrich et un détachement de la « Leibstandarte » pour se rendre à Bad Wiessee et commander personnellement l’arrestation de Röhm, le chef de la SA : Röhm est assassiné par Theodor Eicke trois jours plus tard, le lundi , dans la prison de Stadelheim de Munich. Les unités de la LSSAH participent activement à la répression qui fait entre cent cinquante et deux cents victimes, au cours du week-end.

En récompense de son action, la dimension de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » est augmentée et devient celle d’un régiment, disposant par ailleurs d'une unité motorisée.

La LSSAH assure la garde d’honneur de la chancellerie du Reich à Berlin, du Berghof près de Berchtesgaden ainsi que de tous les lieux où se rend le Führer lors de ses déplacements, nombreux à cette époque de même que lors des grands rassemblements du parti nazi à Nuremberg ou Munich.

Elle participe à la remilitarisation de la Rhénanie, puis à l’Anschluss, à l’invasion du territoire des Sudètes et à celle de la Tchécoslovaquie.

En , elle organise le Leibstandarten-Ball au zoo de Berlin. Josef Dietrich y accueille des artistes célèbres comme Hans Albers, Heinrich George et Käthe von Nagy et l’invité d’honneur en est le commandant en chef de l’armée de terre, Walther von Brauchitsch.

Quand Hitler ordonne la formation de divisions SS à la mi-1939, la « Leibstandarte » garde sa spécificité et n'est donc pas réorganisée.

Campagne de Pologne

La LSSAH est intégrée à la d'infanterie du d’armée, au groupe d’armées Sud, la 10e armée (Allemagne). Elle est composée de quinze compagnies motorisées, environ . Le , elle est stationnée à Breslau.

Elle combat aux côtés des troupes de la Wehrmacht, mais aussi de celles de la SS-Verfügungsdivision (SS-VT), la future division SS « Das Reich ».

En , elle entre en Pologne. Le , elle atteint Łódź.

Dans la nuit du 18 au , ils organisent le où le SS-Obermusikmeister Hermann Müller-John ordonne de fusiller . Le Generalleutnant Joachim Lemelsen apprenant cela, rapporte ces faits à ses supérieurs et le General Walter von Reichenau arrête Müller-John pour le traduire devant la justice militaire. Quelques jours plus tard, Adolf Hitler met les troupes SS sous une juridiction séparée à la demande de Heinrich Himmler et la procédure contre Müller-John est arrêtée...

Campagne des Pays-Bas

La Leibstandarte est à nouveau engagée dans la campagne de . Elle se compose de , motorisées, une compagnie de panzers de reconnaissance, d'une compagnie de motocyclistes et d'une compagnie d'artillerie composé de de .

Le , sans déclaration de guerre, les troupes allemandes envahissent le territoire des Pays-Bas. La surprise est totale et l’armée néerlandaise ne peut opposer qu’une résistance désespérée mais héroïque. La LSSAH reçoit pour objectif de s’emparer du port de Rotterdam ; le celui-ci est bombardé par la Luftwaffe, malgré la reddition de la ville quelques heures auparavant.

Le , le général Kurt Student et le lieutenant-colonel Dietrich von Choltitz traversent la ville de Rotterdam et négocient la capitulation de la ville avec l'armée néerlandaise dans la mairie ; pendant ce temps, la LSSAH débouche sur la place et tire sur une centaine de soldats hollandais alors que la capitulation vient d'être signée. Kurt Student est accidentellement blessé à la tête par un tir d'unités SS.

Campagne de France thumb|250px|droite|Himmler inspectant un char de la Division, Metz (). Lors de la campagne de France, des membres de la LSSAH assassinent 85 prisonniers britanniques à Wormhout dans le Nord en . Au mépris de la Convention de GenèveConvention de Genève du relative au traitement des prisonniers de guerre., les SS enferment les prisonniers dans une grange et y jettent des grenades. Seuls une quinzaine de prisonniers en réchapperont. La division se rassemble ensuite à de Cambrai, le . Elle atteint Soissons le , et Villers-Cotterêts le . La division poursuit sa percée vers Nevers. Le , elle atteint Moulins dans l'Allier. Le , dans la ville de Pont-du-Château, des membres de la LSSAH assassinent un tirailleur sénégalais, Jean Guildine, qui finit enterré sous un tas de fumier. La Leibstandarte prend Clermont-Ferrand. Elle se dirige ensuite vers Saint-Étienne; sur son chemin, elle est stoppée le 23. à La Fouillouse, son dernier accrochage sanglant. avant l'armistice. Le , l'armistice est conclu entre le allemand et la France. Une parade militaire est prévue à Paris mais le projet est bientôt abandonné..

La Leibstandarte SS Adolf Hitler stationne à Metz, en Lorraine annexée, à partir du . La division SS, dont les pertes s'élevaient à près de : selon l'auteur, les pertes de la division s’élèvent à , et le . (environ et ), est réorganisée à Metz. Elle est renforcée de quelques bataillons et compte alors : un (un régiment d'artillerie), un (un bataillon du génie), une (un groupe de reconnaissance), une (une compagnie de transmissions), un (un bataillon SS). La division reçoit un nouvel étendard le , au fort de Plappeville sur les hauteurs de Metz, en présence de Sepp Dietrich et du Reichsführer-SS Heinrich Himmler : Ansprache des Reichsführers SS aus Anlass der Übergabe der Führer-standarte an die Leibstandarte 'Adolf Hitler', Metz, Fort Alvensleben, am 7. September 1940, RFSS/T-175, 90/2612641ff.).. Des éléments du régiment reçoivent un entraînement spécial dans le cadre de l'opération Lion de Mer (en allemand : Unternehmen Seelöwe). La division s'entraîne dans la vallée de la Moselle et sur les coteaux alentour. Une fois cette opération annulée, la Leibstandarte est dirigée au début de vers un autre théâtre d’opérations, en l'occurrence les Balkans.

Campagne des Balkans

L’opération Marita débute le . Son objectif est d’aider l'armée italienne, qui n’est pas parvenue à conquérir la Grèce, bien que Mussolini l'ait jugée comme un adversaire de seconde zone. Non seulement les Grecs ont résisté, mais ils sont passés à l’offensive et ont ainsi menacé de conquérir l'Albanie, ce qui aurait été une catastrophe militaire et politique pour Mussolini.

L’Obersturmbannführer Kurt Meyer se fait remarquer lors de cette campagne par la prise de Patras et son avancée éclair dans le Péloponnèse au sein du bataillon de reconnaissance.

Après la campagne des Balkans, la LSSAH est à nouveau réorganisée pour atteindre une taille équivalente à celle d'une brigade.

Opération Barbarossa

Le marque le début de l’opération Barbarossa. Le régiment progresse sur près de à travers le territoire soviétique, en atteignant et s’emparant de Rostov à la . L’hiver russe l’oblige à se replier et à abandonner la ville qui est à nouveau reprise par la Wehrmacht au .

Formation de la division

Le , la LSSAH est à nouveau réorganisée et renommée « SS-Division (mot.) Leibstandarte SS Adolf Hitler ». Avec ordre du et effet du , la division est à nouveau renommée en « Panzergrenadier-Division Leibstandarte SS Adolf Hitler ». Au contraire des divisions de ce type de la Wehrmacht, la LSSAH avait après cette réforme l'organisation d'une division blindée à trois régiments avec toutes les troupes de support, habituelles à ce type de formation. Bataille de Kharkov & Belgorod

Lors de la troisième bataille de Kharkov, après une résistance acharnée et malgré un ordre de Hitler, la Leibstandarte se replie mais parvient à reprendre Kharkov un mois plus tard.

Bataille de Koursk - Bataille de Prokhorovka En , la Leibstandarte est engagée dans la bataille de Koursk. Sur le flanc sud du saillant, elle participe notamment à la bataille de Prokhorovka le , au cours de laquelle elle est la principale unité allemande engagée par la 5e armée blindée de la garde soviétique, à laquelle est inflige de très lourdes pertes.

Campagne d’occupation du Nord de l’Italie