vignette|Ulysse organisant les funérailles d'Elpénor, estampe deTheodoor van Thulden, 1632-33
Dans la mythologie grecque, Elpénor (en grec ancien ), est l'un des compagnons d'Ulysse lors de son retour de Troie. Il a également donné son nom au syndrome d'Elpénor, qui est un autre nom de l'ivresse du sommeil.
Mythe Elpénor est cité pour la première fois dans une interpolation du chant X de l’Odyssée, X, 551 à 560., lors de l'escale d'Ulysse sur l'île de Circé. Il est décrit comme le plus jeune des compagnons encore vivants à ce moment, et comme un personnage globalement médiocre, peu valeureux au combat et le moins sage au conseil.
Elpénor est le seul compagnon d'Ulysse à périr sur l'île de Circé : s'étant enivré, il tombe de la terrasse du palais de Circé et se tue sur le coup à la fin du chant X. Ulysse le voit ensuite lors de sa visite aux Enfers, quand Elpénor lui réclame les honneurs funèbres pour le repos de son âme, XI, 51 à 80. ; Ulysse les lui rend au début du chant XII (vers 10 à 15). Le philosophe Théophraste explique dans son ouvrage Histoires des plantesLivre V, 8, 3. qu'en son temps, près du mont Circé, on montrait le prétendu tombeau d'Elpénor.
Postérité
Arts Le personnage d'Elpénor a été repris par Jean Giraudoux dans Elpénor, un court roman mythologique publié en 1919, qui réécrit de façon humoristique plusieurs épisodes de l'Odyssée.
Le personnage de Paddy Dignam dans Ulysse de James Joyce est une évocation d’Elpénor.
Le poète grec Georges Séféris évoque ce personnage d'Elpénor, dont , dans le poème intitulé Argonautes, dans le recueil Mythologie publié en 1935 : Créature qui obéit à ses instincts, qui vit dans l'instant et sans réflexion, Elpénor s'oppose à Ulysse dont la capacité de réflexion et d'analyse implique un usage créateur de la mémoireDenis Kohler, Georges Séféris, qui êtes-vous ?, La manufacture, 1989, 150-151, et Georges Séféris, Poèmes, Mercure de France, 1963, 5-6.. Mais en 1946, composant le grand poème intitulé La Grive, Séféris instaure un dialogue entre et une Circé sensuelle mais qui ne s'en laisse pas conter : Elpénor incarne ainsi une âme en peine, pressentant l'existence de la beauté idéale des statues, mais que retient la crainte du remords et de la nostalgie ; seul Ulysse, qui aspire à retrouver sa vraie demeure, saura suivre l'idéal des statues et faire refleurir le rameau initiatique que lui tend ElpénorGeorges Séféris, Poèmes, Mercure de France, 1963, 129 à 133..
Ezra Pound, dans le Chant I de l’Ébauche de XXX Cantos, qu'il compose à la fin du , décrit les circonstances de la mort d'Elpénor et le sacrifice que lui fait UlysseEzra Pound, Les Cantos, Flammarion, 2002, 22..
Ce personnage donne également son nom au poème radiophonique de (1904-1967) mis en musique par Albert Roussel (1869-1937) en 1937 et publié 10 ans plus tard.
Sciences
En 1936, le médecin et psychiatre français Benjamin-Joseph Logre décrit un état qu'il nomme le syndrome d'Elpénor pour qualifier un ensemble de symptômes comprenant des comportements semi-automatiques consécutifs à un réveil incomplet après un sommeil profond.
Notes et références
Bibliographie
Sources (VII, 17). (X, 551-560 ; XI, 51 ; XII, 10).
Voir aussi
Syndrome d'Elpénor
Catégorie:Camp achéen dans la guerre de Troie Catégorie:Personnage de l'Odyssée Catégorie:Mortel de la mythologie grecque