La , abrégée par la suite en pour facilité de lecture, également connue sous le nom de ou , était une formation de volontaires collaborationnistes russes pro-nazis dirigée par Bronislaw Kaminski.

Fondée en par Konstantin Voskoboïnik, l’unité était principalement composée de membres issus des territoires soviétiques occupés et a servi comme milice et force de maintien de l’ordre, mais aussi comme force de répression participant à des exécutions massives.

Au fur et à mesure de la progression des troupes soviétiques et face aux différents coups de boutoir des contre-offensives de l’Armée rouge, la Brigade Kaminski a été intégrée à la en .

La a participé à plusieurs campagnes brutales, la plus connue étant la répression de l’insurrection de Varsovie en , où elle s’est illustrée pour ses atrocités, similaires à celles de la (aussi appelée ).

La a été utilisée par l’Allemagne nazie dans sa guerre contre les partisans soviétiques et les forces de résistance. Toutefois, elle était mal équipée et indisciplinée, ce qui a conduit à des conflits internes et à une réputation justifiée de violence effrénée.

Kaminski a lui-même été exécuté par les Allemands, accusé (entre autres) de pillage. Les nazis ont fait passer cette exécution pour un acte des résistants ou partisans soviétiques.

Après la mort de Kaminski, l’unité a été dissoute et ses membres dispersés au sein d’autres unités collaboratrices, principalement l’Armée Vlassov.

Escouade de milice publique

Contexte de la collaboration

En , à la suite de l’, la repousse les troupes soviétiques, et la région de Lokot est rapidement sous occupation allemande.

Face à la désorganisation de l’Armée rouge, les unités qui n’ont pas suivi la déroute se retrouvent dispersées dans la région et ses forêts.

Elles se regroupent en diverses troupes de partisans, et mènent des actions de sabotage et de harcèlement contre les forces allemandes dans les campagnes environnantes.

C’est dans ce contexte que Rudolf Schmidt, commandant de la , découvre l’accueil favorable des autorités locales, dirigées par Voskoboïnik et Kaminski, à la création d’un gouvernement autonome pro nazis. Ces éléments marquent le début officiel de la collaboration approfondie de la république de Lokot et de sa milice, l'Armée de libération nationale russe (, „”).

Création de l’unité

Les prémices de l’Armée de libération nationale russe, une escouade, sont fondées en dans l’entité administrative de Lokot (aussi appelée république de Lokot). de l’oblast de Briansk, sous occupation allemande.

L’enclave, d’une taille approximative de , autonome, avec une administration collaborationniste locale dont le siège administratif est situé dans la ville éponyme, a pour but d’établir une entité russe servant de base pour un futur État russe antisoviétique sous influence allemande. Son premier « gouverneur » est Konstantin Voskoboïnik.

L’unité est composée à ses tout débuts d’une petite vingtaine d’hommes. sous le nom d’« Escouade de milice publique » (appellation utilisée jusqu’au début de l’automne , ou « Union des volontaires de Lokot » pour les Allemands).

La dénomination évolue par la suite pour devenir, en , la « Brigade de défense populaire » (). Ce changement de nom indique une montée en puissance des forces collaborationnistes sous un « format militaire » pour la lutte contre les partisans soviétiques et les résistants..

L’escouade apporte un appui logistique aux occupants (la , et plus particulièrement la ) et est dirigée par son fondateur, Voskoboïnik, secondé par Bronislaw Kaminski, adjoint au « gouverneur de la république de Lokot ». Dans la gestion, ils sont rejoints par Stepan Mosin et Roman Ivanin (qui devient « chef de la police de Lokot », et par raccourci de la „”).

L'effectif de l'unité connait une expansion très rapide dès sa création. Initialement modeste, l'Union des volontaires de Lokot s'étend rapidement pour atteindre dans les premiers jours suivant sa formation. Dès , l'Escouade de milice publique compte environ , et jusqu'à à la mi-, comprenant à la fois des volontaires et des individus enrôlés sous la contrainte. Cette croissance se poursuit jusqu'à ce que l'unité atteigne approximativement hommes, un développement encouragé par les forces d'occupation allemandes. Premières tueries

L’assassinat de Konstantin Voskoboïnik par les résistants et partisans, premier gouverneur de la Région administrative autonome de Lokot, le ., constitue un tournant décisif dans la radicalisation de la collaboration russo-allemande dans les territoires occupés.

Bronislav Kaminski, jusqu’alors adjoint de Voskoboïnik à la tête de la république, marque un moment stratégique dans la politique répressive locale en prenant la tête du territoire, le tout réalisé avec l’approbation des occupants qui laisse à ce nouveau « gouverneur » les illusions d’être « l’Hitler local ».

L’élimination de Voskoboïnik consolide aussi l’autorité de Kaminski sur l’Union des volontaires de Lokot qui intensifie systématiquement les opérations de contre-insurrection et anti-partisans. La stratégie de Kaminski se caractérise par des représailles brutales, cruelles et sadiques contre les populations civiles suspectées de sympathies soviétiques, ciblant aussi les communautés juives et les zones présumées de soutien aux partisans..

Ces manœuvres de répressions brutales transforment au fil des jours la République de Lokot, ainsi que les territoires qui seront bientôt sous l’emprise de Kaminski, en un territoire de collaboration militaro-idéologique russo-allemande, instituant un modèle de violence dans les territoires occupés. L’idéologie est soutenue par les compagnies de propagande de l’Union des volontaires de Lokot soutenant le programme du parti politique formé au début entre Voskoboïnik et Kaminski, le Parti socialiste populaire de Russie « Viking » ().

Montée en puissance vignette|282x282px|Un membre d’équipage de char appartenant à la Brigade Kaminski en 1942.

vignette|220x220px|Un véhicule blindé soviétique BA-10 capturé et utilisé par la Brigade Kaminski ( la mention sur la tourelle). Le début de l’année voit la montée en puissance de l’Union des volontaires de Lokot, engagement et « embrigadement » battent leurs pleins, pour atteindre entre et . A côté des campagnes de recrutement se déroulent encore les actions anti-partisans, de plus en plus nombreuses, accompagnées de nombreuses exactions.

Les effectifs de l’Union des volontaires de Lokot atteignent approximativement ceux d’un régiment. Le recrutement, qui se déroule tant dans les camps de prisonniers soviétiques, parfois dans des camps de travail, que dans la population civile, est supporté par l'occupant nazi.

Bien que l’occupant fournisse une partie de l’équipement, l’Union des volontaires de Lokot emploie des armements soviétiques obsolètes, de tenues hétéroclites tant civiles que de l’Armée rouge (pour ceux qui sont recrutés dans les camps de prisonniers) et occasionnellement de quelques tenues vert de gris fournies par les Allemands.

La fin de l’année , début , verra arriver une trentaine d’officiers, sous-officiers qui pallieront dans l’urgence le manque d’encadrement..

Brigade de défense populaire

vignette|220x220px|Deux chars T-34 de la Brigade quelque part dans la région de Bryanks, dans la République de Lokot. C’est sous la forme d’une brigade composée d’une quinzaine de bataillons sous cinq régiments que l’année ouvre ses portes aux horreurs des hommes de la désormais nommée Brigade de défense populaire, composée de .

Cette montée en puissance, toujours accompagnée par les Allemands, est précédée par l’étendue du pouvoir de Kaminski qui se voit confier la gestion de plusieurs districts supplémentaires (districts appartenant aux oblasts d’Orel et de Koursk).

Les troupes allemandes, dirigées par Rudolf Schmidt, continuent d’apporter un soutien matériel important à la Brigade de défense populaire ; notamment en lui fournissant 24 chars T-34 capturés à l’ennemi., deux chars de type KV-1. D’autres matériels complètent cette panoplie d’armements, particulièrement avec la création d’un bataillon d’artillerie de campagne (36 pièces) mais aussi de quelques véhicules d’infanterie (BA-10, BA-20).

Ordre de bataille de la Brigade de défense populaire

L’unité, bien qu’ayant une organisation militaire avec des bataillons d’artillerie, d’infanterie et de blindés, se distingue non par ses capacités opérationnelles ou tactiques sur un champ de bataille classique, mais par sa cruauté sans bornes, devenant un instrument de terreur sous couvert d’une organisation formelle.

Cette transformation cache sous une apparente discipline militaire une systématisation des crimes de guerre des différents bataillons. La structure de l’unité, sur le plan de l'ordre de bataille, peut s’apparenter à la suivante : sous l'égide d'une compagnie de commandement se retrouvent trois régiments de grenadiers volontaires (repris sous les numéros 72, 73 et 74), un régiment composite (comprenant un bataillon de communication, un bataillon de génie, un bataillon de réserve et un bataillon logistique d'approvisionnement), un bataillon de chasseurs de chars (composé de trois escadrons blindés) et un régiment de volontaire d'artillerie (composé de trois bataillons d'artillerie) ; le tout est complété par un bataillon de fusillers sous commandement allemand .

Ces différents apports renforcent sa puissance de frappe contre les partisans soviétiques, eux aussi de mieux en mieux équipés, mais contribuent aussi à sophistiquer les exactions, les pillages systématiques et les campagnes répressives dans la région de Briansk.

De Lokot à Lepel

L’année voit le début des premiers revers significatifs pour les forces allemandes sur le Front de l’Est, notamment avec la capitulation de Paulus lors de la bataille de Stalingrad, marquant un tournant décisif dans la guerre. Sous la pression des offensives soviétiques, notamment dirigées par Vassili Tchouïkov et consorts, les lignes allemandes reculent, parfois s'effondrent, contraignant de nombreuses armées à battre en retraite.

vignette|220x220px|Kaminski et l’Ordnungspolizei pendant l’, opération antipartisans dans la région de Polotsk, Ouchatchy, mars-avril .

L’enfoncement du front force la Brigade de défense populaire à un redéploiement pour se retrouver casernée à Vitebsk et Lepel, dans l’oblast de Vitebsk.. Le secteur de Lepel, qui regorge de partisans et qui a la population civile acquise à la cause soviétique à la suite des nombreuses exactions précédentes, est mis à rudes épreuves avec l’arrivée de la brigade spécialisée dans les actions anti-partisanes (ainsi que ce qui l’accompagne : exactions, pillages et répressions…).

Face aux défaite imminentes, entre autres dues aux retraites successives des différentes armées sur le front, le moral au sein de la brigade se dégrade rapidement et un nombre croissant de volontaires ou de conscrits réquisitionnés sous la contrainte désertent pour rejoindre les partisans soviétiques.

La discipline au sein de divers bataillons s’effondre encore et il est constaté une révolte d’environ 200 soldats d’un bataillon, aboutissant à l’assassinat de leur commandant et du chef d’état-major. Kaminski lui-même semble échapper à plusieurs tentatives d’assassinat orchestrées au sein de ses propres troupes, révélant une montée des dissensions internes.

Vers la Haute-Silésie

Les défections ainsi que le manque de discipline et de coordination compromettent sa mission principale, la lutte anti-partisans dans plusieurs opérations locales. Ces difficultés forcent les autorités nazies à déplacer la brigade vers la région de Haute-Silésie début pour une restructuration en profondeur.

Mais c’est aussi face à l’enfoncement des fronts et au manque d’hommes, qu’Heinrich Himmler ordonne que la brigade soit incorporée dans la sous le nom de Brigade d’assaut „” (), ou « Armée de libération nationale russe » au sein de la brigade.