de Laval ou encore Nicolas de Laval-Montfort, (né le - mort le André Duchesne, Histoire de la maison de Montmorency, .) fut comte de Laval, baron de Vitré, vicomte de Rennes, baron de La Roche-Bernard, baron d'AcquignyIl rend aveu au roi pour cette baronnie le 22 janvier 1529. Guillaume de Chalenge s'intitule : Garde du scel aux obligations des châtellenies d'Acquigny et de Crèvecœur, pour haut et puissant seigneur, Monsieur le comte de Laval, seigneur et baron du dit lieu et de Crèvecœur, dans des lettres des 24 novembre 1503, 20 juin 1515 et 10 janvier 1519. et de CrèvecœurCette baronnie de Crèvecœur, qui resta longtemps unie à celle d'Acquigny, avait son chefmois situé sur la rivière d'Eure, près de La Croix-Saint-Leufroy, seigneur de Montfort, de Gaël, baron de QuintinPar Jeanne du Perrier, sa mère., du Perrier, seigneur d'Avaugour (en Plésidy), de Beffou, de Belle-Isle, châtelain de La Bretesche, seigneur de La Roche-en-Nort, de Laz, seigneur de Tinténiac, de Bécherel et de Romillé, seigneur de Lohéac, de BréalIl en rend aveu le ., et de La Roche-en-Nort, seigneur de La Roche-d'Iré, de chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, gouverneur et lieutenant-général en Bretagne, capitaine de Rennes, amiral de Bretagne.
Biographie Garde vignette|droite|200px|Anne de Bretagne par Jean Bourdichon. Jean de Laval, son père, fils cadet de , était toujours resté fidèle à la cause de son seigneur, dans les guerres que le duc de Bretagne, , avait soutenues contre son suzerain, le roi de France, à qui avait pourtant prêté serment (hommage) par deux fois en 1459 et 1461.
À l'âge de trois ans, il avait perdu son père et sa mère. Sa tutelle avait été confiée à l'oncle dont il devait recueillir l'héritage. Son enfance se passa dans la maison de son aïeul maternel. Il tomba donc successivement sous la garde de , son aïeul, et sous celle de , son oncle.
Pour l'Art de vérifier les datesChronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, t. II, ., son père avait été constamment attaché au service de de Bretagne, duc de Bretagne. Ce fut ce qui mérita au fils l'affection de la duchesse-reine Anne de Bretagne, fille de François, qui, l'ayant fait venir auprès d'elle, le considérait et le distinguait entre tous ses parents.
Le fils unique de était mort encore jeune : la succession revenait à Nicolas de Laval. En conséquence, Nicolas de Laval est chargé, par un acte du , de l'administration des terres de . En 1499, eut une attaque de paralysie, dont il demeura perclus d'esprit et de corps. Nicolas veut profiter de l'ensemble de l'héritage et se trouve en conflit avec Catherine, femme de , qui lui dispute tant que vit son mari. Il n'eut pas du reste à en attendre long-temps la pleine et entière jouissance. meurt au Château de Laval le . Catherine, la veuve de , meurt en 1505 au château de Montjean.
Ung blanc Il existe une lettre de François Lesné, tuteur de Nicolas de Laval, adressée à Jeanne de Laval, tante de son pupille, reine de Sicile et de Jérusalem, dans laquelle il le lui recommande et prie cette généreuse dame de venir en aide au jeune écuyer qui voulait, en juin 1493, suivre le roi dans une campagne et n'avait pas « ung blanc » pour s'équiper et pas d'espoir du côté de la courLettre de François Lesné à Jeanne de Laval, veuve du roi René, pour lui donner des nouvelles de son neveu, le sire de la Roche-Bernard, énumérer les grandes dépenses qu'il doit faire pour se maintenir à la cour, et chercher à obtenir de la bonne et riche tante l'argent nécessaire à leur paiement, d'autant plus que le roi ne l'a pas encore appointé comme il l'avait promis. Paul Marchegay, Recueil de lettres du , Revue de l'Anjou et de Maine et Loire, 1861, .
Maison de Tarente Convention du mariage La princesse Anne lui donna pour femme, Charlotte d'Aragon, princesse de Tarente, fille du roi de Naples (1496-1501), et petite-fille par sa mère Anne de Savoie, du duc et d'Yolande de France, fille du roi . Les conventions du mariage furent arrêtées à Vierzon, le 1500, v.s., 27 janvier, Vierzon. — Contrat de mariage de Nicolas de Laval avec Charlotte d'Aragon ; celle-ci reçoit en dot un capital de cent mille francs (Copie, dom Fonteneau, xxvi, 561 ; B.N,, latin 18401 561, français 11450, 125)..
Lyon Ayant accompagné la princesse Anne et le roi , son époux, en 1500, au voyage de Lyon, il fut du tournoi qui s'y donna en l'honneur de leurs majestés, et fut le chef du parti de la reine. Le L'année commençait à Pâques, qui, en 1500, se trouvait le 19 avril., le mariage fut célébré dans l'église Sainte-Croix de Lyon. Et à ce mariage, dit Bertrand d'ArgentréHistoire de Bretagne. Édition de 1618, ., furent faicts d'étranges tournoys, et les lices tendues de draps de soye en la place de Grenette.
Alliance Cette alliance mêlait le sang de la maison de Laval avec celui des maisons de France, d'Espagne, d'Aragon et de Savoie.
Ce mariage pouvait promettre beaucoup à GuyVoir le contrat de mariage inséré dans le mémoire présenté à par la famille de la Trémoille, imprimé à Paris chez des Hayes, 1648, in-folio, ayant pour titre : De regni Neapolitani jure pro Tremollio duce.. Par le contrat de leur mariage, s'engagea à verser à son gendre les livres de la dot de sa fille ; et, tout en exigeant l'engagement pour elle et ses ayants droit de respecter les droits successifs de ses héritiers mâles, Frédéric reconnut pour la postérité de Charlotte le droit d'hériter du trône de Naples à son tour, à défaut des mâles.
Néanmoins, Frédéric, père de Charlotte, chassé de ses États, vint mourir en France. Il avait perdu son trône et sa fortune. Il ne resta au sire de Laval que l'honneur d'une alliance qui le rattachait à toutes les maisons royales d'EuropeNicolas ne reçut qu'un beau cheval, nommé le Coreador, et un diamant de grand prix, seuls débris des richesses de cette famille déchue du trône. Charles Maucourt de Bourjolly, Histoire manuscrite de Laval.. Les chances qu'avait Charlotte d'occuper le trône de Naples étaient nulles ; et, Nicolas en l'épousant ne dut pas les faire entrer en ligne de compte. Sans doute, épouser la fille d'un roi, une petite fille de , la favorite de la reine Anne de Bretagne, et compter sur une dot de cent mille livres, était bien suffisant à ses yeux pour constituer une alliance.
Héritage Nicolas se trouvait dans sa vingt-sixième année quand le décès de son oncle, , advenu le , fit de lui l'héritier du riche patrimoine des Laval sous le nom de .
Mais ce patrimoine si considérable, il ne le reçut pas dans son intégrité : le domaine de Gavre, hérité de Béatrix de Gavre, soumis à la coutume de Flandre échappa à ses mainsC'est par représentation des droits de son père, Jean de la Roche-Bernard, que Nicolas de Laval fut héritier de ; le domaine de Gavre, hérité de Béatrix de Gavre, soumis à une coutume qui n'admettait pas l'usage de ce droit, échappa à ses mains, pour venir dans celles de l'ainé de ceux des fils de qui étaient alors vivants, François de Laval-Chateaubriant. pour aller à son oncle paternel François de Laval-Montafilant-Châteaubriant.
Pour A. de BroussillonA. Bertrand de Broussillon, La Maison de Laval 1025-1605, étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, 1900, t. IV, ., il est difficile d'expliquer l'absence des jeunes époux le jour des obsèques faites à Laval pour de Laval le La chose est d'autant plus singulière pour lui que dès le 20 février et Charlotte d'Aragon étaient à Laval et que la nouvelle comtesse y faisait ce jour-là son entrée solennelle, tandis que y pénétrait à son tour, mais sans aucune cérémonie. Il souligne que Guillaume Le Doyen, dans ses Annales est si minutieusement exact qu'il est difficile d'admettre qu'il n'eût pas mentionné la présence des nouveaux seigneurs à la cérémonie du 15 février. Il faut donc admettre que ceux-ci n'y ont pas pris part. Malgré le peu de distance qui sépare Laval de Vitré, ils attendirent jusqu'au 10 mai pour faire leur entrée solennelle dans cette dernière ville.. Comme baron de Vitré, il est chargé, le Essai sur l'histoire de la ville de Vitré et de ses seigneurs, Louis François Du Bois, de convoquer les Etats de Bretagne à Vannes où il institua pour son procureur Robert de Saint-Gilles, son cousin.
Tournois et joutes Au mois de décembre 1501, après son premier mariage, le sire de Laval était à Blois, et y prenait part aux fêtes que donnait la cour pour la réception de la princesse de Castille. En ce tournoys qui fut faict en la grande cour du château de Bloys, devant le donjon dudict château, estoient tenans Monsieur de Laval, Monsieur de Rochepot et Guyepot : et audict tournoys feusf jousté le premier jour au grand apparat, qui feut chose belle à veoir, les autres jours, hors lices, à l'espée et à la barrière, là où furent faictes plusieurs belles apertises d'armes, et avoit Monsieur de Laval un grand maureUn grand maure. Un cheval noir. Une vieille chanson de la gerbe de Laval dit : faut brider Mauriau et lui bouter la selle. qui le menoit sur les rangsMémoires de Fleuranges. Collection Petitot, série, vol. 16, .. Dès l'année 1499, il avait fait commencer des lices dans la vallée de Panlivard, où il prenait le plaisir des joutes. Des seigneurs étrangers venaient à Laval s'ébattre et courir la lance.
Carrière des armes Charlotte ne vécut que six ans avec son mari, étant morte à Vitré, le , en couche d'Anne de Laval. Ce fut qui apporta dans la maison de Laval, des droits sur la principauté de Tarente, par son mariage.
À la mort de sa femme, reprend le métier des armes. Il fait en 1507 fut de l'expédition du roi en Italie dans son expédition contre la ville de Gênes. Ses mœurs, pendant son veuvage, ne furent pas irréprochables; il eut un fils illégitime, nommé François.
En 1513, il accompagne encore le roi en Flandre, et faisait partie de ceux qui étaient chargés de ravitailler la ville de Therouanne, assiégée par les Anglais. Il réussit à s'échapper, dans l'échec de l'armée française à la bataille de Guinegate, où Longueville est fait prisonnier.
Comté de Laval Le comte de Laval envoie en 1508, pour le représenter à l'assemblée liée à la réforme de la Coutume du Maine, deux commissaires: François de la PommeraieSeigneur du Verger, dans l'actuelle commune de Montigné-le-Brillant., et Jean Hennier, juge ou sénéchal du comté. C'est pour la première fois que l'on voit deux hommes de loi de Laval prendre part aux assemblées de la province. On reprocha à ces commissaires de n'avoir pas soutenu avec assez de force les droits de leur seigneur ; surtout de ne pas s'être opposé à ce que le comté de Laval fût regardé comme susceptible d'être divisé, malgré les privilèges dont il jouissait de toute anciennetéGuillaume Le Doyen n'a pas fait mention de ce fait important qui se passa de son temps, et auquel, comme notaire, il dut cependant prendre de l'intérêt. Charles Maucourt de Bourjolly, qui écrivit, deux siècles plus tard, des Mémoires sur Laval, n'en parle pas non plus..
Grand seigneur féru de la Renaissance italienne, il entreprend la rénovation du Vieux Château de Laval et l'édification du Château-neuf, ancien palais de justice, en cours de rénovation. Il y mène grand train si l'on en croit un état de la maison de Laval qui signale dans son entourage toutes sortes d'officiers que l'on voit chez les princes […] jusques aux trompettes, hautbois, saquebutes, luths, organistes et musiciens (Jehan Daniel).
Funérailles d'Anne de Bretagne Le héraut d'armes d'Anne de Bretagne composa une relation détaillée des cérémonies observées à l'enterrement de la reine Anne de Bretagne en 1514. Ces vers étaient dédiés à de LavalPierre Choque, Lucien Merlet, Max. de Gombert. Récit des funérailles d'Anne de Bretagne. Auguste Aubry, 1858..
Noble comte de Laval, de Quintin et de Montfort, Illustre noblesse de long-temps a estymé, Ouez comme la mort par son cruel effort A prins la royne qui moult vous aymé : Voyés la mort extresme, les pleurs et les plains Que l'on a faict, tant par montz que par plains,