Anne de Laval est née en 1385La date exacte est inconnue mais est estimée approximativement à 1385. Ambroise Ledru indique dans sa biographie sur Anne de Laval qu'elle avait environ vingt ans lors de son premier mariage en 1405. Bertrand de Broussillon indique qu'elle est décédée en 1466 à plus de . et morte le au château de Laval, comtesse de Laval, baronne de Vitré, vicomtesse de Rennes, de Châtillon, de GavreGavere est une commune de Flandre-Orientale liée au comté d'Alost, à ne pas confondre avec Le Gâvre, près de Nantes., d'AcquignyPremière moitié., d'Aubigné, Courbeveille, dame héritière de Tinténiac, de Bécherel et de Romillé. Héritière de ces titres par la mort successive et accidentelle de ses deux frères, Guy et François.

Biographie Enfance Anne passe son enfance semble-t-il au château de Laval, qui est la principale résidence de ses parents. On connait peu de choses sur son enfance, et sur son éducation. Elle avait néanmoins dans son entourage, sa cousine Isabelle de Coesmes : pour ce qu'elle estoit jeune… lui fut baillée madame Ysabel de Coïsme, qui estoit de son lignageElles sont petites-filles d'Eustache de Beauçay, épouse d'André de Laval - Ambroise Ledru, Anne de Laval. Anne grandit en compagnie de son frère et des quatre enfants d'Isabelle de Coesmes, dont Guy Turpin.

Héritière Anne devient à la mort de son frère unique l'héritière présomptive de la maison de Laval. Il est donc urgent de la marier. Bertrand de Broussillon indique que c'est le père et non le roi qui choisit Jean de Montfort pour épouser sa fille. Couanier de Launay indique que c'est à la prière du duc ().

Selon le contrat de mariage, Anne ne devait pas être juridiquement responsable de ses terresLedit escuier soit resceu à foy et hommage par les ducs de Bretaigne, d'Angeou et comte du Mayne, tant de sa terre propre que de celle de ladite demoiselle. Elle restait juridiquement mineure. Son mariage lui amenait un nouveau protecteur, et époux. Devenu mère, ses enfants ont esté nourriz à LavalIndiqué dans le procès opposant Anne et Jeanne de Laval à Raoul de Montfort..

de Laval Après son mariage, combat pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons dans le parti du Dauphin (futur ). Pendant l'absence de son mari, on trouve près d'Anne de Laval : Jean de la Jaille, gouverneur de son fils, Jean et Macé de Brée, Jean Boyer et Pierre de Meaulne. Ses demoiselles étaient : Marguerite de Villiers, Jeanne de Chaources, Guillemette d'Orange et Isabeau de Quatrebarbes. Il est indiquéProcès entre Anne de Laval et sa mère, qu'Anne de Laval et se sont bien doulcement gouvernéz ensemble. La mort de en 1412, fait passer Anne au statut d'héritière, et celui de Jean de Montfort de Guy de Gavre à .

Succession de de Laval meurt de la peste à Rhodes à la suite d'un pèlerinage en Terre Sainte. Anne de Laval devient à partir de , seigneur de Laval. Elle va devoir faire face aux tentatives de prise de contrôle de sa mère et de .

Le mariage avec Guy Turpin

Le mariage d'Anne avec Guy Turpin en 1416 n'est pas accepté par sa famille et plus particulièrement sa mère pour plusieurs raisons : Guy était cousin issu de germain d'Anne<ref>Ou 'remuez de germain de la dicte Anne</ref>. Il s'agissait donc d'un mariage consanguin condamnable par l’Église, sans dispense de consanguinitéLa dispense n'était pas encore été accordée, même si Anne et Guy Turpin envoyèrent une demande au pape.. La condition modeste de Guy Turpin par rapport à la famille de Laval puisqu'il n'amène ni fortune, ni prestige. Jeanne de Laval indique que ceste matière touche grandement l'anneur d'elle, de sa fille et de tout l'ostel de Laval Jeanne, sa mère, n'a pas été avertie de ce mariage, pendant qu'elle cherchait un époux à sa fille. Anne reconnaît qu'elle n'a pas averti sa mère : Et selle n'a en ce eu le conseil de sa mère.

Eustache de Bauçay x André de Laval │ ├──> Jean de Laval-Châtillon │ │ │ └──> Jeanne de Laval-Tinténiac │ │ │ └──> Anne de Laval │ x Guillaume d'Usages │ ├──> Eustache d'Usages │ │ │ └──> Isabelle de Coesmes │ │ │ └──> Guy Turpin

Le mariage est donc l'objet d'une controverse entre Anne et sa mère, dont il reste un procès-verbal dressé devant le Parlement de Paris en .

Selon Elise James, les faits ne sont pas toujours très clairs :

Anne partage son pouvoir avec Guy Turpin, qui use du titre de seigneur de Laval pendant un temps.

Guy Turpin use du titre de sire de Laval à plusieurs reprises, et même deux fois en compagnie d'Anne. Il semble donc que leur mariage était considéréMessire Guy Turpin, chevalier, et madame sa femme, à cause d'elle. Anne a partagé son pouvoir pendant un temps. Il est également précisé dans la lettre de au profit des religieuses de l'Abbaye Saint-Antoine-des-Champs et contre Anne de Laval et Guy Turpin que l'an mil CCCC et seize ou environ, lesdites suppliantes firent adjourner ou Chastellet de Paris nostre bien amé Guy Turpin, chevalier et sa femmeAnne est propriétaire de la Ferme de la Grange-Batelière dont il est question et il est précisé plus loin, pour l' que lesdits Turpin et sa femme feussent lors détenteurs..

Guy Turpin ne reste pas près d'Anne et se remarie à Agnès Soymans dont il a neuf enfants. Anne ne semble plus revendiquer ce mariage au-delà du procès effectuée par sa mère. À la suite de ce procès, Jeanne ne laisse pas sa fille vaquer seule à son gouvernement mais l'assiste à plusieurs reprises, notamment dans le procès intenté par au sujet de la garde des enfants d'Anne de Laval et de . Cette entente n'est pas pour Elise James toujours des plus calme.

Le sort des enfants Pour l'Art de vérifier les datesChronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, , ., les enfants, à la mort de leur père en 1414, étaient mineurs, il y a procès pour leur tutelle entre , leur aïeul, et Anne, leur mère.

Le , profitant du grabuge apporté par Anne de Laval, fait valoir ses prétentions à obtenir la garde de ses petits-enfants. Il profite de la discorde de la mère et la fille pour la confusion des dites Anne et Jeanne est bon qu'il ait ladite garde, faisant ainsi courir le risque qu'il les éduque et les marie à sa convenance, ou pire, qu'il récupère leur héritage par leur mort accidentelle car ceulz de Montfort seroient leurs héritiers s'ilz estoient mors.

Jeanne et Anne s'allient alors plus ou moins, contre cette menace commune. La garde des enfants était alors confiée à Jeanne de Laval-Tinténiac et le gouvernement de leurs terres héritées de leur père à Louis de LoignyLettres royaulx […] commis la dicte Jehanne à la garde des enffans et messire Loys de Loigny au gouvernement des terres d'iceulx.. Anne est encore alors sous la protection du roi puisqu'elle ne parle pas en son nom propre, mais accompagnée de Guillaume d'Orenge.

Depuis le pourparlé du second mariage, la garde des enfants appartient à Jeanne et c'est à elle avant tout de défendre son statut de tutrice. Anne fait valoir le droit : Dans la coutume d'Anjou et du Maine, un remariage n'empêche pas la garde des enfantsPar la coutstume d'Anjou et du Maine, dont est Laval, la mère ne pert point la garde de ses enfans par soy remarier, comme le conteste Raoul de MontfortIl est précisé que « ne sont pas Turpin et Anne ensemble. Les enfants sont d'abord de Laval avant d'être de Bretagne.

Il est précisé que ladicte Anne emploie ce que dit la dicte dame Jehanne. Anne confirme les dires de sa mère, et rajoute que la dicte requeste ne se doit point adrecier contre elle […] n'a mie la puissance ne la garde de ses dits enfans, mais est enfermée par le fait de la dite dame Jehanne, sa mère.

L'affaire est conclue en faveur d'AnneSans doute avec le soutien de Yolande d'Aragon., car la garde fut adjugée à celle-ci (Anne) par sentence de la justice du Mans, dont il y eut appel au Parlement, qui confirma ce jugement par un arrêt de l'.

1417-1420 Anne obtint des lettres de délai d'hommage pour Acquigny en 1417Archives départementales de Seine-Maritime, B. 201. Son mari avait rendu hommage en 1412. ; mais il est probable qu'elle fut longtemps sans pouvoir rendre ni hommage ni aveu. Les Anglais, appelés par la faction bourguignonne en 1416, étaient déjà maître de Louviers en 1418.

de Montfort étant mort en 1419, Anne de Laval envoie , son cousin, se saisir des châteaux de Montfort et de GaëlLes biens dont Anne s'était emparée étaient assurés par son contrat de mariage à ses enfants. Charles et Guillaume de Montfort y avaient consenti et avaient eu d'autres terres en partage.. Charles et Guillaume de Montfort, frères de , s'opposent à cette prise de possession, et se viennent assiéger Thibault à Montfort. Pour éviter une guerre, on convint de mettre ces places entre les mains de , duc de Bretagne. Pour rétablir la paix, Thibault leur consent de donner la vaisselle et le mobilier de leur père. Les frères s'engagèrent ensuite à garder eux-mêmes bien et loyaument les dites ville et chastel, au profit de madame Anne de Laval et de messeigneurs ses enfantsPierre Le Baud, Chroniques de Vitré. Bourjolly, Art de vérifier les dates. à la suite de l'intervention de de Bretagne.

confisqua en 1419 le domaine d'Acquigny à Anne de Laval, restée dans le parti des Français contre les Anglais, et le donna à un de ses partisans : Guillaume le MaréchalLorsque les Anglais furent contraints de quitter la Normandie en 1450, Anne de Laval reprit possession de la baronnie d'Acquigny..

Le complot de la maison de Penthièvre est enlevé à Champtoceaux en 1420 sur l'ordre de Margot de Clisson (comtesse douairière de Penthièvre), détenu et menacé de mort. La duchesse Jeanne de France convoque aussitôt les États de Bretagne à Vannes. Anne de Laval s'y fait représenter; un grand nombre de seigneurs, parmi lesquels le comte de Gavre, s'engagent par serment à sacrifier leurs biens et à combattre pour la délivrance de leur suzerain. La guerre éclate aussitôt. Le duc retrouve sa liberté à la suite du siège de Champtoceaux.

Lutte contre les Anglais En 1417, les Anglais, maîtres de la Normandie, entrèrent dans le Maine, où ils font des ravages. Les principales places de la province étaient en état de défense. Yolande d'Aragon, duchesse consort d'Anjou et comtesse consort du Maine, vint en aide, en permettant à Anne de Laval de prendre les deux tiers de la taille qu'on levait en son nom dans les baronnies de Laval, Mayenne et Château-Gontier. Mais bientôt, réduite à ses seules forces, la comtesse d'Anjou, à l'exemple du duc de Bretagne et avec l'agrément du roi, conclut une trêve avec le roi d'AngleterreGerault, Notice sur Evron. Bourjolly. Dom Morice, Histoire de Bretagne, 1. 463, et Preuves, . 958. Dom Lobineau, . 533..

Anne de Laval, ayant mis des troupes sur pied, défait, en 1422, un de leurs partis, composé de quatorze cents hommes, au lieu-dit la Brossinière.

La plupart des places-fortes furent contraintes de subir le joug des Anglais. Le Mans fut pris deux fois ; Mayenne, Sainte-Suzanne, Saint-Célerin, et d'autres, eurent le même sort : Laval resta la dernière. Anne de Laval se voyant menacée, d'un siège, en 1424 manda tous les nobles qui devaient garde à sa ville, de venir faire le service.

Des lettres de Jean de Lancastre, comte anglais de l'Anjou et du Maine, venaient, le , de concéder les baronnir, terre, seigneurie, justice, cens, rentes et autres possessions de Laval-Guyon (détenues par Anne de Laval) à John Talbot, comte de Shrewsbury et de Waterford. La ville de Laval est emportée le (n. st.), et, six jours après, le château fut rendu par capitulation.

Anne de Laval, retirée alors avec Jeanne, sa mère, au château de Vitré, doit payer une somme très considérable pour la rançon d'André de Lohéac, et de la garnison. Cette conquête ne resta pas longtemps entre les mains des Anglais.

L'annelet d'or de Jeanne d'Arc