Savigny est une commune suisse du canton de Vaud, se trouvant dans le district de Lavaux-Oron, située entre 715 à 906 mètres d'altitude entre Lavaux et le Jorat consulté le 9 décembre 2014. Le territoire de la commune de Savigny, qui est de , occupe la partie occidentale du plateau supérieur du district. Il constitue en quelque sorte la charnière entre Lavaux et le Jorat, ce Jorat dont il a les traits principaux.
Toponymie Savigny « domaine (fundum) du clan de Sabinius » dérive du nom de personne latin Sabinius, avec le suffixe toponymique celtique -acum. Ce nom appartient à la grande famille de toponymes dérivés d’un nom latin qui se terminent soit en -y, soit en -ier.
Parmi les plus anciennes mentions : Savignie (1224) ; Savinie (1228) ; Savigny (1453).
Héraldique Coupé de gueules et d’argent à trois sapins de sinople brochants, mouvant chacun d’un coupeau de sable. Ce territoire a été défriché et peuplé des avant le , mais n’est devenu commune indépendante qu’en 1823. Jusqu’alors, il relevait du territoire de l’ancienne grande communauté de Lutry. Llels armoiries ont été créées en 1923. Lels couleurs évoquent celles des armes de Lutry, les sapins et les mont rappellenet le Jorat, en grande partie couvert de forêts.
Population
Gentilé et surnom Les habitants de la commune se nomment les Savignolans.
Ils sont surnommés les Bon-Ozî (soit les bons oiseaux, nom des éperviers en patois vaudois).
Démographie
Histoire Moyen Âge La paroisse Selon le Dictionnaire historique du canton de Vaud, Savigny a été défrichée car en 1228 elle constituait déjà une paroisse. Au , on ne trouve là qu'une chapelle qui dépendait à la fois du prieuré et de l'église paroissiale de Lutry. Par l'échange du , le prieur Jean et le curé Bovon se partagèrent les revenus par moitié ou par tiers suivant qu'il s'agissait de recettes ou d'aumônes.
Lors d'une visite paroissiale de Savigny en 1453, on voit par des actes qu'elle était dédiée à sainte Marie-Madeleine. Le , Jaques, le fils de Nicod Montheux, notaire de Lutry, fit don d'une pièce de terre et bois au couvent des religieux du tiers-Ordre de Saint-François qui desservait la chapelle. Ce petit couvent de Savigny avait été fondé le par Pierre de Roseto, du diocèse de Genève, moine et vicaire des tertiaires de saint François avec l'aval de l'évêque de Lausanne Benoit de Montferrand. On conserve aux archives de Lutry la procédure d'un conflit juridique entre son successeur l'évêque Sébastien de Montfalcon et les religieux du tiers-Ordre de Saint-François, en cours épiscopale de Bâle qui dura du au . Le , Guillaume Sinexdis, gardien et procureur de cette maison religieuse, a cédé tous les biens à la confrérie du Saint-Esprit de Lutry et la communauté. Dès la reforme et jusqu'à la fin du la chapelle a été desservie par le diacre de Lutry. Après la fin du moyen âge, en 1598, elle fut constituée en paroisse autonome. Elle comprenait également Forel.
La création de la commune Avant leur séparation de 1825, Lutry et Savigny ne formaient qu'une seule et unique commune. Lutry faisait partie des villes les plus riches du Pays de Vaud dû aux pâturages et aux forêts et l'extension du vignoble renforça la solidarité des bourgeois envers Lutry et poussa certains à acquérir des biens sur les Monts. Mais en interdisant au bétail les endroits réservés aux vignes, il fallait trouver des pâturages sur les Monts. L'exploitation de la forêt devint aussi obligatoire pour la construction des pressoirs et celles des fûts de chêne, de sapin ou de frêne. Savigny et les Monts sur Lutry était apte à pouvoir répondre à la demande des bourgeois de Lutry: ce qui leur permettrait leur développement viticole. Savigny profitait peu de la prospérité de Lutry et cette différence a pris de l'ampleur durant la période bernoise où Savigny n'avait aucune part à l'administration.
La période bernoise Les Monts de Lutry et la région de Savigny offraient ce dont les bourgeois de Lutry avaient besoin pour développer leur économie viticole, mais Savigny n'en faisait pas profit. La différence entre les deux régions n'a fait que s'accentuer durant la période bernoise. Les Savignolans n'avaient aucune part dans l'administration. Le pasteur Jaccaud dit même que .
La Révolution vaudoise La Révolution vaudoise laissa à Savigny, en 1798, un agent national et en 1803 une règle administra la bourse des pauvres. La Commune de Savigny comptait alors 1 045 habitants.
Le fut présenté, au Conseil de l'Etat du Canton de Vaud, par les habitants des Hauts, une pétition demandant la création de Savigny, en commune autonome. Le Grand Conseil du canton de Vaud donnait légalement naissance à la commune de Savigny. Après deux années de difficiles discussions sur le partage des biens communaux, Lutry et Savigny parvenaient à un accord et l'acte de séparation fut signé le .
La commune de Savigny au
La vie quotidienne à l'aube du Longtemps les Savignolans ont vécu d'un peu d'agriculture, de l'élevage de leurs troupeaux et de l'exploitation des forêts. Mais, la situation du plus grand nombre d'entre eux était précaire. L'hiver était rude, comme a été le cas durant la fameuse année de misère (1816-1817) que le nombre de familles dans le dénuement se comptait par dizaines. Il fallait même ordonner des mesures spéciales et efficaces pour leur venir en aide et créer des comités de secours pour activer les collectes en leur faveur. L'introduction de l'artisanat qu'on cherchait à développer par divers moyens et surtout, dès le second tiers du , l'amélioration des voies de communication ont eu d'heureux effets sur le sort des Savignolans. La construction de la ligne du tramway a achevé de les sortir de leur isolement, en même temps qu'elle a permis aux Lausannois de découvrir l'une des plus belles régions du Jorat.
C'est comme cela que Savigny a abordé le temps des grands changements. La commune a veillé à son équipement, à la mise en valeur de son patrimoine, au développement de son économie, au point que l'on pouvait écrire, au début de ce siècle qu'elle avait acquis une certaine aisance économique inconnue jusque-là. L'automobile allait encore rapprocher Savigny de la ville et permettre à beaucoup de citadins d'y habiter. Depuis le temps où l'on a considéré que les Savignolans étaient des bourgeois ou simplement habitants comme les serfs du vignoble. Une lente accession à l'autonomie locale, a donc permis la patiente construction d'une petite communauté entre Lavaux et le Jorat.
Déboisement de la région . C'est comme cela que le doyen Bridel décrivait en 1815, Savigny. Son climat âpre, sa nature sombre présentaient un contraste remarquable avec la ville de Lutry qui est situé au bord du lac et presque entièrement entourée de vignobles.
Et pourtant, moins de six kilomètres séparent Savigny de Lutry qui ont eu pendant des siècles un destin commun et que des vocations différentes ont amené à se quitter lorsque l'occasion s'est présentée. La nature a dans ces lieux une vigueur sauvage, un caractère couvert et une sombre beauté.
Jusqu'alors, la paroisse puis la commune de Savigny vivait repliée sur elle-même. Son sol nourrissait mal une population dont Henri Monod, membre du Conseil d'État lors de la séparation de Savigny et de Lutry, disait qu'elle était misérable et tellement barbare qu'elle renfermait des personnes qui se livraient au brigandage.
La région de Savigny a vite été défrichée. Des colons, venus des bords du lac, ont gagné les Monts où leur bétail allait paître dans les forêts. Ils ont construit des chalets pour travailler le lait des vaches et des chèvres, ont cultivé les terres arrachées aux bois avant de s'installer là à demeure. Cette lente colonisation explique la dissémination des habitations. À côté du village même de Savigny, du Martinet et de la Goille,il y a beaucoup de maisons en bordures de forêt. par exemple Mollie-Margot, La Crogne, Nialin, Les Richardes, La Claie-aux-Moines, La Méguettaz, Gremaudet et bien d'autres.
Municipalité L'élection de la première municipalité Le , M. Deprez, juge de la paix du cercle de Lutry décide de mettre en place un conseil communal à Savigny. François-Abram Daccord est élu à l'unanimité en tant que secrétaire, puis Jean-Noël Cordey comme sergent. Cette élection se fera à bulletins secrets.
Le cercle électoral Le premier député a été Jean-Pierre Décombaz, syndic de Savigny, élu le et réélu en 1857, 1862, 1866. Il a démissionné au début de 1869. Charles Lavanchy, d'abord boursier puis syndic de Savigny, lui a succédé. Il a été élu le et constamment réélu jusqu'en 1909. Charles Bolomey a siégé au Grand Conseil de 1909 à son décès, en . Il a été remplacé par Gustave Muller, élu en 1923 et réélu jusqu'en 1935, date à laquelle il a démissionné à la suite de sa nomination de juge au Tribunal de district. Charles Cordey-Blanc a fait partie du législatif cantonal du à sa mort, survenue le . Jules Crot-Testuz a été élu en remplacement, en , il a démissionné en 1949. Victor Diserens a entré au Grand Conseil en , à la suite du décès d'Hector Bron, vétérinaire. Il y a siégé jusqu'en 1962. Lutry et Savigny ont formé, jusqu'en 1962, un cercle électoral, avec l'élection des députés selon le système majoritaire. Dès 1962, l'élection se fait selon la représentation proportionnelle au niveau du district qui forme un arrondissement électoral. Fernand Cornut, syndic de Savigny a fait partie du Grand Conseil du printemps 1962 à 1974, date à laquelle il s'est retiré.
Carrières L'exploitation de la molasse et du grès En Nialin, à la Roussaz et à la Palaz, on exploitait la molasse. Cette industrie a été un grand progrès dans la seconde moitié du . La carrière de Nialim était la plus importante. Elle occupait 20 à 30 ouvriers. Cette molasse était employée pour les chaînes d'angle, les encadrements de portes et fenêtres, les corniches et les arcades des portes des granges. De nombreuses habitations de la région construites à cette époque sont pourvues d'encadrements faits avec la molasse de Savigny et qui sont encore en parfait état. Le commerce de la molasse s'étendait de Lausanne jusqu'à Montreux.
Aux Meguettes, on travaillait le grès fin. Plus dur que la molasse, le grès servait de pierres de taille pour les murs, les corniches et autres éléments sculptés. Il a été utilisé pour la restauration de la Cathédrale et de l'église de Saint-François, à Lausanne.
L'obélisque, que l'on peut encore voir sur la place de Savigny a été taillé dans ce grès. Il avait été offert à la commune par l'entrepreneur lors du centenaire de l'entrée du canton de Vaud dans la Confédération. En 1903 la carrière des Meguettes employait 20 à 25 ouvriers qui venaient presque tous du Piémont. Elle a été exploitée de 1885 à 1905.
Patrimoine bâti L'église Elle a été ravagée par le feu le , mais elle fut reconstruite au même emplacement en 1554. On changea les matériaux : la pierre remplaça le bois. En 1659 on y installa une cloche (, qui donne le fa et sonne pour les services funèbres). Elle porte l'inscription en latin "aenis ivbis tromentisqve inproelis trvdit neciqve tradit viros insanvs mars savior ars hoc aes ita vovet vt ad acra eos vocet" ce qui donne en français "Mars insensé pousse les hommes aux combats avec des casques et des armes d'airain et les mène à la mort. Un art plus élevé voue cet airain à appeler ces derniers aux choses sacrées". En 1715 le Conseil de Villette nomme le major Davel pour s'occuper de la restauration du temple. 150 ans plus tard en même temps que l’installation d'une autre petite cloche, on installa une horloge. En 1917 juste avant la fin de la guerre, l'église penchait dangereusement. Elle fut reconstruite entièrement et on lui donna une forme beaucoup plus effilée.
En 1953 en installant deux nouvelles cloches, les deux anciennes furent envoyées à la fonderie pour être accordées avec les deux nouvelles.
La cure