La (en occitan : plaça de Sant Jòrdi) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La place Saint-Georges est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Georges.

Elle forme un pentagone irrégulier qui reçoit au sud la rue Boulbonne, à l'ouest la rue de la Pomme, au nord la rue Saint-Antoine-du-T., au nord-est la rue Paul-Vidal et à l'est la rue Alexandre-Fourtanier. Au nord de la place, le square Jean-Calas est occupé par une aire de jeux pour enfants.

La chaussée qui fait le tour de la place compte une seule voie de circulation en sens unique, de la rue Boulbonne vers les autres rues. Sur le côté ouest, elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. En revanche, sur les côtés sud, est et nord, elle appartient à une aire piétonne où la circulation est limitée et réglementée, et la vitesse limitée à 6 km/h.

Voies rencontrées La place Saint-Georges rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue Boulbonne Rue de la Pomme Rue Saint-Antoine-du-T Rue Paul-Vidal Rue Alexandre-Fourtanier

Transports La place Saint-Georges est traversée et desservie directement par la navette . Elle se trouve par ailleurs à proximité des stations Capitole et Esquirol de la ligne et de la station François-Verdier de la ligne du métro. Les arrêts de bus les plus proches sont desservis par les lignes de Linéo et par les bus .

Une station de vélos en libre-service VélôToulouse se trouve à proximité, dans la rue Paul-Vidal : la station (19 rue Paul-Vidal).

Odonymie vignette|gauche|Plaque de rue en occitan. Le nom de la place Saint-Georges lui vient d'une petite chapelle placée sous la dédicace de saint Georges, qui se situait à l'origine au milieu de la place, avant d'être reconstruite à l'angle de la rue Saint-Antoine-du-T (actuel ). Plusieurs fois remaniée et agrandie au cours des siècles, elle fut finalement démolie en 1808Chalande 1927, ..

À l'origine, la place portait le nom de place de Montaygon. Les premières mentions dans des actes latins, à la fin du , portent le nom de ce personnage, qui y possédait plusieurs immeubles. Au , les appellations de Montaygon et de Saint-Georges se retrouvent ensemble : la chapelle est elle-même désignée comme la chapelle Saint-Georges ou la chapelle de Montaygon, ou même la chapelle Saint-Georges de Montaygon. En 1794, pendant la Révolution française, la place prit le nom de Calas, à cause de Jean Calas, qui y avait été exécuté le , mais le nom ne subsista pas. En 1933, la place reçut l'appellation de place Paul-Vidal, en hommage au compositeur toulousain Paul Vidal, mort à Paris le . Mais ce changement provoqua des contestations, particulièrement de l'association des Toulousains de Toulouse, qui s'opposait à la disparition des noms anciens. Quelques années plus tard, le conseil municipal du changea à nouveau le nom qui redevint Saint-Georges, tandis que le nom de Paul Vidal était attribué à la rue Saint-Georges voisine...

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la place Saint-Georges appartient au capitoulat de Saint-Étienne. Au centre de la place s'élève une croix de bornage, qui marque la limite du claustrum de la cathédrale Saint-Étienne, c'est-à-dire le territoire placé dans la dépendance du chapitre de Saint-Étienne.. Un oratoire, dédié à saint Georges, existe également sur la place. Les origines de cet oratoire sont obscures, mais il est attesté au milieu du . Il est reconstruit plus tard à l'angle de la rue Saint-Antoine-du-T (emplacement de l'actuel ), près de deux hôpitaux, l'hôpital Saint-Georges et l'hôpital de Notre-Dame-du-Puy, fondé en 1359 (emplacement de l'actuel et 17). En 1515, le chœur de la chapelle est reconstruit par les maîtres maçons Jean Faure et Raymond Caraben.

La place Saint-Georges est une des importantes places commerciales de la ville. Sous le couvert qui fait presque le tour de la place se tient un marché au vin. Ce marché est particulièrement lucratif. On conserve le souvenir de contestations, en 1205, au sujet du droit de leude, que perçoit un des seigneurs du lieu : le , une déclaration, confirmée par les vingt-deux consuls de la ville, reconnait que la place Montaygon, les maisons et les couverts qui l'entourent sont propriété communale, à la réserve du droit de leude qui appartient à un certain Jourdain de VilleneuveChalande 1927, .. À partir du , un garde attitré est même chargé d'assurer la sécurité des marchands de la placeChalande 1927, .. L'animation et l'attractivité du lieu expliquent que les maisons appartiennent principalement à des aubergistes, des taverniers, des boulangers et à quelques bourgeois et notaires. Les boulangers sont attirés par la proximité du four de Cantegril, les aubergistes et les taverniers par la clientèle du marché au vin. On trouve, en 1550, à l'angle de la rue Vinaigre (actuelle rue Alexandre-Fourtanier), l'hôtellerie du Cerf-Volant, une des seize auberges à enseignes privilégiées de la villeChalande 1927, ..

Période moderne Aux La place Saint-Georges est aussi un lieu de rassemblement pour les grandes assemblées populaires. Pendant le carême de l'année 1518, le cordelier Thomas Illyricus y fait ses prédications, car la foule est trop nombreuse pour tenir dans l'église des Cordeliers. Les capitouls lui font dresser une chaire sur la place Saint-Georges, avec des bancs en amphithéâtre pour toutes les compagnies de la ville. Thomas Illyricus obtient d'eux des ordonnances qui prohibent les jeux de cartes et les jeux de hasard, ainsi que le port de masques dans les rues. C'est enfin à son instigation que les capitouls font placer le monogramme du Christ sur les principales portes de la ville : portes Arnaud-Bernard, Matabiau, Saint-Étienne, du Château et de LisleChalande 1927, ..

À partir du , la place Saint-Georges accueille les peines et les exécutions publiques. Un pilori, placé sur un échafaud de pierre, est construit en 1523 – auparavant, les exécutions se faisaient sur la place Arnaud-Bernard ou sur la place du Salin. En 1544, le pilori est même entouré d'une grille en fer forgé, du ferronnier Guillaume Du Sol. Parmi les condamnés les plus notables, on peut remarquer trois capitouls, Jean de Nos, Jean de Terronde et Antoine Lebrun, qui ont la tête tranchée en 1562 pour avoir pris part aux troubles qui ont provoqué les sanglantes journées de maiChalande 1927, .. Le capitoul Pierre du Cèdre, qui habite une maison de la place (actuel ), s'il n'est pas exécuté, est malgré tout destitué par les ligueurs toulousains le Chalande 1927, .. Le , le protestant Philibert de Rapin, maître d'hôtel de la maison du prince de Condé est exécuté à la hacheL’arrestation et l’exécution de Philibert de Rapin, réunion du 21 avril 2009, sur le site de l'association Histoire et Recherches (consulté le 8 mars 2021).. Enfin, c'est sur le pilori que, le , est suspendu le corps du premier président du Parlement Jean-Étienne Duranti, accusé de sympathie pour les protestants et massacré par les ligueurs, après avoir été traîné par les rues de la ville.

À partir du , les membres de l'élite toulousaine restent peu nombreux, en comparaison avec la population d'artisans et d'ouvriers. En 1595, Guillaume Maran, docteur régent de l'université, célèbre ligueur, est propriétaire d'une maison du côté ouest de la place (actuel ). L'architecte Nicolas Buterne, capitoul en 1696, possède une simple maison en corondage, au débouché de la rue Boulbonne (actuel ). Le philosophe François Sanchez habite la même maison en 1609. Dans une autre maison, à l'entrée de la rue de la Pomme, habite le chirurgien Raimond Godolin, le père de Pierre Godolin (actuel ). La construction la plus prestigieuse reste l'hôtel Bertier, construit pour l'évêque de Rieux, Antoine-François de Bertier, entre la place Saint-Georges (actuels ), la rue Vinaigre (actuel rue Alexandre-Fourtanier) et la rue Boulbonne (actuels )Chalande 1927, ..

À mesure que s'affirme l'importance de la place Saint-Georges dans les activités économiques et les festivités toulousaines, son rôle religieux évolue. En 1594, les hôpitaux Saint-Georges et de Notre-Dame du Puy sont réunis à l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques-du-bout-du-Pont. En 1655, les Augustins déchaussés sont autorisés par l'archevêque de Toulouse, Pierre de Marca, le chapitre de Saint-Étienne et le Parlement à s'installer à Toulouse, sur la place Saint-Georges, à condition de ne pas mendier et de payer les taxes. Les bâtiments des hôpitaux Saint-Georges et de Notre-Dame du Puy leur sont concédés par le chapitre de Saint-Étienne : ils y gagnent le surnom d'Augustins de Saint-Georges. Ils établissent leur église dans leur maison, qu'ils agrandissent par des achats successifs en 1668 et 1683 (emplacement des actuels et 17).

Au Au , les travaux s'engagent autour de la place Saint-Georges, qui lui donnent sa physionomie actuelle, car les capitouls souhaitent l'embellir et l'uniformiserChalande 1927, .. En 1747, ils s'entendent avec Henri Joseph de Lafage, syndic général du Languedoc, pour partager les frais de l'achat de cinq maisons incendiées en 1745, mais aussi de la construction d'un nouvel hôtel particulier, de style néo-classique Louis XV (actuel )Chalande 1927, .. Dans le même temps, les façades des immeubles et des maisons du côté nord de la place sont portées à l'alignement du après 1780, alors que les Augustins déchaussés font rebâtir leur église, qui menace ruine. Les maisons du côté sud sont quant à elles reconstruites à l'alignement de l'hôtel Bertier (actuel )Chalande 1927, ..

En 1732, pour satisfaire le premier président de Bertier, dont les fenêtres donnent sur la place, le vieil échafaud est démoli et remplacé par une croix – en 1751, comme elle gêne la circulation, elle est reconstruite contre le mur du couvent des Augustins déchaussés –, mais la place continue à servir aux exécutions. D'après le chroniqueur Pierre Barthès, 171 exécutions capitales s'y tiennent entre 1739 et 1780. Le plus célèbre des personnages exécutés sur la place est Jean Calas, le ..

La vocation commerciale de la place se perpétue au . En 1752, le marché qui se tient sur la place Royale (actuelle place du Capitole) est transféré sur la place Saint-Georges, pour y rester tant que durent les travaux de reconstruction de la façade de la Maison commune. En 1776, c'est le marché à la volaille, aux œufs et au gibier, qui se tenait à la Daurade, qui est transféré à Saint-Georges, pour y retourner trois ans après, en 1779. La même année, il est décidé que les petits marchands de la place Royale ne peuvent désormais s'installer qu'à Saint-Georges, les lundi, mercredi et vendredi.

Époque contemporaine Au La Révolution française apporte quelques bouleversements. En 1793, le culte catholique est interdit, les congrégations religieuses sont dispersées. Les Augustins déchaussés – qui ne sont plus que douze – quittent leur couvent de place Saint-Georges, tandis que leur église est désaffectée. En 1808, l'église et le monastère sont démolis et remplacés par de nouvelles constructions (actuels )Chalande 1927, ... Le mouvement de déchristianisation touche jusqu'au nom de la place : sur le tableau du 6 floréal An II (), elle devient la place CalasChalande 1927, .. D'ailleurs, le 29 brumaire An II (), une loi ordonnait déjà : « Il sera élevé aux frais de la République, sur la place où le fanatisme a fait périr Calas, une colonne de marbre sur laquelle sera cette inscription : À la nature. – À l'amour paternel. – À Calas, victime du fanatisme. » Le monument ne fut cependant jamais exécuté.