est un sculpteur japonais né le à Kyoto et mort à AptExposition rétrospective Mizui, musée de la Tour des Échevins, 70300 Luxeuil-les-Bains, du 7 au ..
Biographie Yasuo Mizui est un sculpteur sur pierre. En 1944, il entre à l'École supérieure des sciences de Kōbe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille comme technicien. Bien que désorienté dans l'après guerre, il termine sa thèse sur le moulage des grands bouddhas de bronze (fin d'études de technologies). Il est fasciné par ces statues. Il change alors d'orientation pour devenir artiste. Il affirme que les beaux-arts sont sans frontières, sans guerre et qu’ils favorisent la paix dans le monde. Après cette décision, il reprend ses études à l'université des arts de Tokyo. Puis il obtient une bourse du gouvernement français et s'inscrit à L’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il étudie, notamment sous la direction d'Alfred Janniot et Marcel Gimond, de 1953 à 1958.. Il se lie d'amitié notamment avec le sculpteur Georges Delahaie.
À partir de l'été 1954, il devient l'assistant du sculpteur espagnol Apel·les Fenosa et le reste jusqu’en 1958. Mizui passe tous ses après-midis à l’atelier de Fenosa. Celui-ci lui demande de produire, dans l’attente de son arrivée à l’atelier, un petit modelage d'argile chaque jour. Cette expérience de labeur quotidien deviendra, pour Mizui, le ressort de sa création et de sa carrière. Il est invité à 11 symposiums de sculpture, notamment en Yougoslavie, Autriche, Israël, Grenoble, au Japon et en Tchécoslovaquie. En France, divers établissements publics lui demandent des sculptures au titre du 1 % artistiqueYasuo Mizui, 50 ans de Sculpture, , 2003..
Jeux olympiques au Japon et en France Il réalise Les Murs des fossiles(1964, granit, , Yoyogi National Gymnasium) pour les Jeux olympiques de Tokyo en 1964, et Microcosme et macrocosme pour les Jeux olympiques d'hiver de Grenoble en 1968.
Le Yoyogi National Gymnasium est un palais des sports situé dans le parc Yoyogi à Tokyo, au Japon. Il a été conçu par Kenzō Tange et construit entre 1961 et 1964. Le grand relief de Mizui a été aménagé à l'intérieur de ce bâtiment. Ce relief abstrait, qui décore un couloir de de longueur totale, est composé de 408 blocs de granit de et . Ces blocs proviennent du Kitagishima, aussi appelé île de pierre, préfecture d'Okayama. Le poids total atteint plus de . Mizui reçoit une commande de Kenzō Tange en qu’il commence à réaliser à partir de jusqu'en juillet de la même année avec l'assistance de dix personnes à Kitagishima. Ce granit sculpté a été transporté, composé à Tokyo et achevé à la fin août, puis présenté à la presse étrangère en septembreYoyogi National Gymnasium artiste.. Sa concepiont exprime, en dix paysages, l'implication profonde dans l’expérience de la vie et de la nature. Mizui a puisé dix images dans la pierre comme une mémoire des fossiles : Voyage, Flamme, Poids, Parfum, Obsession, Eau, Sagesse, Son, Temps et Lumière. Comme toujours, l'artiste a travaillé tous ces éléments à la main, taillant la pierre avec la pointe, la gradine, de grands et petits marteaux sans utiliser de machine« Le concept du relief aux Jeux olympiques », Geisei, Japon, ..
Macrocosme et Microcosme (pierre, , Grenoble, village olympique). est composé de deux murs de où s'expriment les notions de maximum et de minimum du monde. « Le maximum » symbolise la vie de la nature au-delà de l'individu, tels que la forêt, la montagne, la mer, la rivière, tandis que « le minimum » symbolise le conflit intérieur propre à l’être humain. Mizui exerce une réflexion sur le monde de la nature et de l'homme« Repeindre cité antique », Asahi Shinbun, .. Sous la présidence de Charles de Gaulle, le ministre d'État chargé des Affaires culturelles et grand connaisseur des arts, André Malraux, visite le monument et exprime son admiration à MizuiTakemoto Tadao, « L'activité créative à âme d'artiste dans 1 % artistique en France », Asahi Shinbun, ..
1 % artistique
En France, la loi du 1 % artistique de 1951 prévoit que 1 % des sommes consacrées par l’État pour chaque construction d'un bâtiment public soit affecté à la réalisation d’une œuvre d’art intégrée au projet architectural. Par la suite, dans le cadre de la décentralisation, ce principe est étendu aux collectivités locales.
La majorité des œuvres de Mizui en France sont des commandes entrant dans le dispositif du 1 % artistique. Ainsi, entre 1968 et 1982, il a conçu 26 sculptures, obtenant donc plus d'une commande publique chaque année. Le Mur qui s'ouvre(1972, béton, , Rambouillet, lycée Louis-Bascan) est un mur de soutènement. L'artiste a utilisé des moules de polyester expansé, matériau qu’il a découpé grâce à une résistance électrique, une technique très personnelle de Mizui, fruit de sa formation scientifique. Lorsque la face vue est dans l'ombre, le second plan visible dans l'interstice central s'éclaire, comme une invitation à la lumière. La force de l'intention et la souplesse de la sensibilité se concentrent dans la vitalité de la pierre sculptée«La mémoire sur la production dans 1% artistique de la France », Sankei Shinbun, ..
Symposium vignette|redresse|Clef d'amour (1962), Berlin. Le Symposium de sculpture est l’occasion d’une nouvelle direction du travail de Mizui dans la perspective de développer et de promouvoir le sens de la monumentalité sculpturale dans la beauté urbaine. C'est aussi une compétition entre les artistes visant à démontrer la capacité de chacun à façonner un même matériau. Ce mouvement a été réalisé depuis 1959, à la Carrière de St.Margarethen, en AutricheSymposium.. La première participation de Mizui en Autriche date de 1960. Il y découvre le charme de travailler à partir de grands blocs de pierre de 4 mètres. En 1962, il réalise l’œuvre Clef d'amour (pierre, ) devant le mur de Berlin, en Allemagne, en reprenant à son compte le slogan de ce Symposium : . Cette œuvre remporte le prix de la critique allemande. Mizui affirme :
Cette œuvre a été déplacée dans le square de BerlinYasuo Mizui, « La fête de la Carrière », Geijyutsushinncho, édition Shinchōsha, Japon, , .. Mizui a participé au Symposium de Manazuru avec le soutien de Asahi Shinbun, en tant que leader, et a également participé à onze autres symposiums dans huit autres paysYasuo Kamon, « L'espoir pour le Symposium de sculpture», Asahi Shinbun, ...
Diagonal Yin Yang
Devant la fontaine de Vaucluse qui se trouve près de chez lui, Mizui affirma : Plus tard, quand il a visité la chute d'eau de Nachi au Japon, son cœur, sa chair tremblaient devant cette cascade, il était convaincu, Sa vie, jusqu'à ses 70 ans , fut partagée entre le Japon et la France. Deux chemins, deux cultures inachevées. Mizui s’interroge souvent sur la place de ces deux extrêmes dans son travail sculptural où il se sent pris entre le marteau et l'enclume. Parallèlement à ces deux réalités qui se côtoient dans son œuvre, l'une subissant l'influence de l'autre, les caractères yin et yang sont également identifiés par Mizui au Japon (yin) et à la France (yang). Cette assimilation prend davantage de consistance grâce au mouvement qui rapproche les deux pays. C’est dans la conversation et l’affrontement entre les aspects yin et yang qui sans cesse s’opposent, se répondent, se repoussent et s'embrassent qu'il découvre, à travers sa sculpture, de nouvelles formes jusque-là encore inconnues. Une montagne, une rivière, une maison ou une femme apparaissent comme des éléments yin, tandis qu'une fleur, un arbre, un animal, un mécène seront en général dotés du caractère yang. Il interroge constamment l’expression de sa sculpture en termes de forces yin ou yang. Il dit lui-même Mizui a appris par son ami Tadao Takemoto, auteur d’André Malraux et la cascade de Nachi, qu'André Malraux a écrit : Diagonal Yin Yang est une série de 40 sculptures en pierre, réalisée au Japon pour l'exposition de 1995 à la galerie Tatuno Hiranomachi, à Osaka. Après cette exposition, toutes ses œuvres ont été transférées en France, dans son jardin de sa résidence à Lacoste. Deux œuvres ont été offertes à l'occasion de l'exposition de Luxeuil-les-Bains en 2013..
Le Mur de l’Espoir
En 1985, lors d’un projet avec l'homme d’affaires japonais et mécène Seita Onishi, Mizui se passionne pour l’acteur américain James Dean. Ensemble, ils ont pour objectif de créer un Centre James Dean. Ce centre aurait été implanté à Cholame en Californie, aux États-Unis, à proximité du lieu de l’accident de la légende du cinéma. Il travaille sur ce projet pendant trois ans en produisant des croquis, des sculptures, et en réalisant plusieurs voyages aux États-Unis. À la suite d'un désaccord avec le propriétaire des lieux, le projet ne peut aboutir, mais il en subsiste le Mur de l’Espoir, une sculpture monumentale () dédiée à la mémoire de James Dean, réalisée en trois ans et constituée de 150 tonnes de pierres extraites des carrières de Lacoste, où a vécu le sculpteur. Sur l’une des faces du mur, Mizui a sculpté dans la pierre le visage de ce mythe du cinéma. , explique l’artiste. Le Mur de l’Espoir est inauguré en 2006, 51 ans après la mort de l’acteur et, à défaut d’être en Californie, il accueille les visiteurs de ce musée à ciel ouvert qu’est le jardin de l’artiste à LacosteJean Noël Coghe, James Dean Secret, éditions Hugo Dog, 2007, ..
Pierre et ascèse Mizui a affirmé : Jean- Rosenberg, professeur de l'université de Poitiers, raconte à propos de la sculpture de Mizui :
Métagraphie La technique qui consiste à comprimer une couleur entre deux feuilles de papier ou deux autres matériaux donne naissance à des images inattendues de l'ordre du fantastique. L'artiste analyse la causalité des phénomènes susceptibles d'être considérés comme fortuits, afin d'en faire une classification. Autrement dit, il s’agit d’introduire le pouvoir de la volonté dans la création de tels phénomènes, par le développement d'une technique et de sa pratique. Ce processus exprime tout à la fois la réflexion, le changement, la succession, le fait d'aller au-delà, à côté de, entre ou avec. Obtenue par un procédé non-reproductible, la métagraphie implique que l'artiste fasse glisser de la peinture à l'eau sur un papier imperméable, puis laisse le hasard agir sur la matière. Sa propre intervention consiste à trouver le vrai équilibre entre la fluidité de la peinture à l'eau et le temps de pose. Il existe des techniques similaires, comme l'huile pressée, l'amidon pressé, la décalcomanie. Mais la manière et le choix de matière de Mizui sont différents.. Le critique Sakaé Hasegawa écrit en 1984 :
Quatre œuvres Oscillo-complex, 1981 L'oscillo-relief est la forme découpée obtenue par le mouvement d’oscillation verticale et d’oscillation horizontale d’une résistance électrique. Cette forme libre ne résulte pas d’un plan préalable, mais la technique requiert un contrôle précis. L’oscillo-relief est une invention fondamentale de Mizui qu'il applique à la sculpture en 1972. Oscillo-complex(1981, pierre, , musée en plein air de Hakone, préfecture de Nagano, du grand prix Henry Moore). L’artiste a été invité à l’occasion du prix Henry Moore. Cette sculpture de est créée à Nancy et transférée par avion au Japon pour y être installée« La production monumentale en France », Sankei Shinbun, .« Le volant de la pierre sur Mizui Yasuo », GeijyutsuShinchō, Shinchōsha, ..
Cosmos, 1970 Cosmos(1970, pierre, , Villefranche-sur-Saône, Cité Technique) : les 360 dalles de comblanchien de d'épaisseur sont solidement fixées sur le mur. Mizui déclare : La sculpture murale rappelle, sur le plan formel, les Murs des fossiles et Macrocosme et MicrocosmeYasuo Mizui, 50 ans de Sculpture, 2003, ..
Hommage à Néguev, 1960-1971 Hommage à Néguev(1962, marbre, , Néguev, Israël, Symposium) : œuvre réalisée à l’occasion d’un symposium en Israël. À propos de cette expérience, l’artiste déclare :
Zig et Zag, 1973-1974