La politique étrangère de la Syrie regroupe l'ensemble des relations diplomatiques entretenues par la Syrie depuis son indépendance en 1946.
À partir de 2011, en raison de la guerre civile syrienne, un grand nombre d'États essentiellement arabes et occidentaux décident de rompre leurs relations diplomatiques avec la Syrie, suspendue de la Ligue arabe la même année..
Le , Walid Moallem, chef de la diplomatie syrienne depuis , décède à l'âge de .. Les jours suivants, aucune information concernant son successeur n'est donnée par le régime syrien, mais plusieurs noms circulent comme Bouthaina Chaaban, Bachar Jaafari et Fayçal al-Meqdad.. C'est ce dernier qui est finalement désigne nouveau ministre des Affaires étrangères de la Syrie le ..
Le , le régime Assad est renversé au bout de plus de douze ans de guerre civile en Syrie. Le 12, huit ambassades reprennent leurs activités à Damas avec le gouvernement de transition syrien qui les remercie : l'Égypte, l'Irak, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, Bahreïn, Oman et l'Italie. De son côté, le Qatar annoncé son intention de rouvrir bientôt son ambassade dans la capitale syrienne. Deux semaines plus tard, le gouvernement syrien de transition annonce la nomination d'Assaad Hassan el-Chiban au poste de ministre des Affaires étrangères. Le , pour la première fois de l'Histoire de la Syrie, le nouveau président syrien Ahmad al-Chareh se rend à Washington où il est reçu par son homologue américain Donald Trump à la à la Maison-Blanche.
Chronologie des relations République arabe unie vignette|Nasser et le président syrien, Choukri al-Kouatli. Le , l'Égypte et la Syrie s’unissent, créant la République arabe unie, ce qui entraîne, , l’interdiction des partis politiques syriens.
Mais l’union cesse rapidement d’exister. Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le , la Syrie faisant sécession, et rétablit la République arabe syrienne.
République arabe syrienne Les dix-huit mois suivants seront marqués par une grande instabilité politique, avec divers coups ou tentatives de coup d’État. Le , un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amine al-Hafez. Ce conseil est constitué d’un groupe de militaires et de civils, tous socialistes, qui ont assumé les fonctions exécutives et législatives. Le coup d’État est l’œuvre du parti Baas, et la majorité des membres de ce conseil étaient membres du Baas.
Gouvernement baassiste vignette|217x217px|Salah Jedid, instigateur du coup d’État du 23 février 1966. En , le président Amine al-Hafez promulgue une constitution temporaire prévoyant l’établissement d’un Conseil national de la révolution (CNR), des parlementaires désignés composés de travailleurs, de paysans et de syndicalistes.
Le , un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amine al-Hafez. Celui-ci est emprisonné. Le nouveau gouvernement dissout le CNR, abroge la Constitution, et chasse les fondateurs historiques du parti Baas de Syrie (Michel Aflak, Salah Eddine Bitar et Akram Hourani), ce qui leur permet d’avoir une politique régionaliste et non plus panarabe comme le voulait le parti Baas. Les chefs du coup d'État parlent alors de « rectification » des principes du parti. Mais la guerre des Six Jours, perdue par les Égyptiens et les Syriens, affaiblit du même coup le gouvernement de Salah Jedid. Le , profitant de l'impasse due à l'implication de l'armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir), le ministre de la Défense Hafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.
Dynastie el-Assad vignette|Bachar el-Assad, président de la Syrie entre 2000 et 2024.|221x221px Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs où il est chaque fois l'unique candidat. Il est, après le roi Hassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait du verrouillage complet de la vie politique. Il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieuse alaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de son appareil de sécurité omniprésent. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposaient et opposent la Syrie aux États-Unis, à Israël et à l’Irak de Saddam Hussein.
Bachar el-Assad succède à son père le , après une modification de la constitution qui abaisse l'âge minimum pour la candidature à la présidentielle de 40 à 34 (âge de Bachar)... Seul candidat, il est élu par référendum.. Les Syriens évoquent alors une « république-monarchie » pour qualifier la république héréditaire.. Certains, et en particulier les militants pour les droits de l’homme espèrent cependant alors une certaine libéralisation du pays, de même que l'espèrent de nombreux responsables politiques étrangers ; c’est ce que l’on appelle le printemps de Damas.
Ce premier printemps ne dure pas longtemps : il se termine en , lorsque les services de sécurité gèlent l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, et avec la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011.
Guerre civile syrienne
Début 2011, le printemps arabe atteint la Syrie. Des manifestations en faveur de la démocratie et pacifiques ont lieu dans tout le pays contre le régime baasiste du président Bachar el-Assad.. Ces manifestations sont réprimées brutalement par le régime et peu à peu, le mouvement de contestation se transforme en une rébellion armée.
De nombreux belligérants participent au conflit. L'Armée syrienne libre, nationaliste, est le premier mouvement à mener la rébellion mais à partir de 2013, elle est supplantée par des groupes islamistes sunnites comme Ahrar al-Cham, Jaych al-Islam ou le Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda. Les groupes rebelles sont soutenus principalement par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite. De son côté, le régime syrien se maintient grâce à l'aide de l'Iran et de la Russie. L'Iran déploie en Syrie des forces du Corps des Gardiens de la révolution islamique dès le début du conflit, par la suite des dizaines de milices islamistes chiites parrainées par Téhéran gagnent à leur tour la Syrie ; comme les Libanais du Hezbollah, les Afghans hazaras de la Division des Fatimides ou les Irakiens de l'Organisation Badr et du Harakat Hezbollah al-Nujaba. De son côté la Russie intervient militairement en et commence une campagne de frappes aériennes en soutien du régime.
Venu d'Irak, l'État islamique (EI) apparaît en Syrie en 2013, initialement allié aux groupes rebelles syriens, il entre en conflit avec ces derniers à partir de . Depuis , l'EI est la cible d'une campagne de frappes aériennes effectuée par une coalition menée par les États-Unis.
De leur côté, les Kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD) et sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG), liés au PKK, combattent pour l'autodétermination du Rojava.
De à , le conflit a fait de à d'après les estimations de diverses ONG et de l'ONU. De nombreux massacres, crimes de guerre et crimes contre l'humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et l'État islamique. Le camp loyaliste est responsable de la majorité des victimes civiles de la guerre, souvent par le fait de bombardements aériens. Entre et ont disparu dans les prisons du régime, au moins à y ont été torturées à mort. Des armes chimiques ont également été employées. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit et entre cinq et six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.
Fin 2019, dans le but de régler la guerre civile, le Comité constitutionnel syrien est créé sous l'égide de l'ONU.
En , face à une crise économique nationale, le président Assad démet de ses fonctions le Premier ministre Imad Khamis pour le remplacer par Hussein Arnous.
Vers une réintégration diplomatique du régime Lors de la session de l’Assemblée générale des Nations unies en , pas moins de dix ministres des Affaires étrangères de pays arabes ont rencontré leur homologue syrien Fayçal al-Meqdad, une première depuis dix ans.. Les gains de Damas dépassent le cadre arabe, comme le montre la réintégration annoncée fin septembre de la Syrie au sein du système d’échange d’informations d’Interpol, dont Damas avait été exclu en 2012.
En , alors que le front syrien se stabilise, un séisme dévastateur secoue le nord de la Syrie et le sud de la Turquie, faisant au total plus de . En dépit de son caractère tragique, cette catastrophe est perçue comme une opportunité par le régime de Bachar el-Assad pour sortir de son isolement diplomatique, tablant sur le fait que ses adversaires seront forés de se montrer magnanimes vu l'urgence humanitaire à laquelle son pays est confronté..
En , tandis que Damas normalise ses relations diplomatiques avec Tunis., neuf pays arabes se réunissent à Djeddah en Arabie saoudite pour débattre d'un retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, avant le prochain sommet prévu le dans le royaume.. Cette réunion intervient au lendemain d'une visite surprise du ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal al-Moqdad, en Arabie saoudite, pour la première fois depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. À ce stade, le seul opposant au retour de la Syrie dans la Ligue arabe est le Qatar, mais ce dernier est prêt à changer de position s’il y a un consensus arabe, un consensus qui peu à peu prend forme, selon le chercheur Randa Slim.. Selon le chercheur Aron Lund : .
La mois suivant, le , la Syrie est officiellement réintégrée dans la Ligue arabe., et est officiellement présente au sommet de la ligue de Jeddah le .. À noter, même si c'est plus anecdotique, que la Syrie est dans la foulée invitée par le président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane à participer à la COP28 (sommet international de lutte contre le changement climatique) prévue à Dubaï en .
Pour le spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche, c'est une victoire diplomatique pour le régime syrien, car il n'y a . À noter que si le Qatar, membre de la Ligue arabe, ne s'est pas opposé à la réintégration de la Syrie dans cet fédération, Doha a réaffirmé son refus catégorique de normaliser ses relations diplomatiques avec Damas..