Macky Sall (), né le à Fatick, est un homme d'État sénégalais. Il est président de la république du Sénégal entre 2012 et 2024.

Membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), il soutient le président Abdoulaye Wade lors de l'élection présidentielle de 2000. Par la suite, il est ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique de 2002 à 2003, ministre de l'Intérieur et des collectivités locales de 2003 à 2004, Premier ministre de 2004 à 2007 puis président de l'Assemblée nationale de 2007 à 2008.

En 2008, après un conflit avec le président, il quitte le PDS et fonde l'alliance pour la République (APR), parti avec lequel il remporte le second tour de l'élection présidentielle de 2012 avec 66 % des voix face au président Wade.

Au pouvoir, il met en place un vaste programme d'infrastructures. Lors de l'élection présidentielle de 2019, il est réélu pour un mandat de cinq ans avec 58 % au premier tour. Il repousse un temps la tenue du scrutin présidentiel de 2024 juste avant l'ouverture de la campagne officielle, ce qui lui vaut des accusations d'autoritarisme, mais sa décision est invalidée par le conseil constitutionnel.

Résident au Maroc après la présidence, il est accusé de malversations concernant la comptabilité nationale et le montant réel de la dette publique. Il mène la campagne de son parti aux élections législatives anticipées de 2024, qui voient son adversaire, le PASTEF, obtenir la majorité absolue. Par la suite, il est candidat pour succéder à António Guterres en 2027 comme secrétaire général des Nations unies.

Jeunesse et formation Macky Sall est par son père d'une famille de Ndouloum-Adji Founebé, propriétaires terriens du Fouta.. Sa mère est issue de la famille des Seebés, guerriers du Fouta.

Au sein d'une famille de cinq enfants, Macky Sall est élevé dans la région de Fatick puis dans le Fouta Toro par son père, Amadou Abdoul Sall, manœuvre dans la fonction publique, puis gardien, et sa mère, Coumba Thimbo, vendeuse d'arachidesRémi Carayol, « Sénégal : Macky Sall, Monsieur le président ? », Jeuneafrique.com, 16 mai 2011..

Alors que son père est membre du Parti socialiste sénégalais (PS), Macky Sall fréquente les maoïstes au lycée de Kaolack, par le truchement de son beau-frère, puis entre durant ses études à la faculté de Dakar, dans le mouvement marxiste-léniniste, And-Jëf, auprès de Landing Savané. Il s'en éloigne rapidement, ne partageant pas l'idée du mouvement, ni la stratégie de Savané de boycott du scrutin de 1983 contre le PS, lors duquel il vote pour le libéral Abdoulaye Wade, de même qu'en 1988.

Il poursuit sa formation, et devient ingénieur géologue, géophysicien formé à l'Institut des sciences de la terre (IST) de Dakar, puis à l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM) de l'Institut français du pétrole (IFP) de Paris.

Il est membre de plusieurs associations nationales et internationales de géologues et géophysiciens...

Carrière professionnelle De à , il est directeur général de la PETROSEN (Société des pétroles du Sénégal)..

Parcours politique

Débuts et ascension Diplômé, il adhère à la fin des années 1980 au Parti démocratique sénégalais (PDS) de Wade qui le repèreNicolas Bégasse, « Sénégal: Quand l'élève Macky Sall défie le maître Abdoulaye Wade », 20minutes.fr, 28 février 2012...

Il est secrétaire général de la Convention régionale du PDS de Fatick depuis 1998. et président de la cellule Initiatives et Stratégies de 1998 à 2008.. Il reste fidèle à son dirigeant, en devenant président des cadres du parti, et participant à ce titre à la campagne du « Sopi » de l'élection présidentielle sénégalaise de 2000, qui porte Abdoulaye Wade à la tête du pays.

Proche collaborateur du nouveau président, il espère intégrer le gouvernement, mais devient, de à , directeur général de la Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN), dans laquelle il a occupé le poste de chef de la division Banque de données pendant plusieurs années, et conseiller spécial du président de la République, chargé de l'Énergie et des Mines, d' à .

De à , il est ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique.. Il remplace le professeur Abdoulaye Bathily qui deviendra vice-président de l'Assemblée nationale.

De à , il est ministre d'État, ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique dans le gouvernement dirigé par Mame Madior Boye.

En , en réaction aux propos de Nicolas Sarkozy sur les charters, il met en œuvre l’expulsion de neuf Français du territoire..

D' à , il est ministre d'État, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement d'Idrissa Seck.. Il est remplacé au poste de ministre de l’Intérieur par Ousmane Ngom.. Parallèlement, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) en .

Premier ministre Macky Sall est nommé Premier ministre le . Il occupe cette fonction jusqu'au , lorsqu'il est remplacé par Cheikh Hadjibou Soumaré.. Il détient ainsi le record de longévité des Premiers ministres de Wade. Peu connu, il s'impose lors de son premier discours de politique générale face aux ténors de l'opposition. Puis, il met en œuvre les projets présidentiels mis en sommeil par Seck : autoroute, corniche de Dakar, nouvel aéroport.

Il conduit la campagne pour la réélection d'Abdoulaye Wade en 2007, mais voit ses relations se tendre avec le président réélu. Alors que Macky Sall avait contribué à la réussite électorale de Wade, ce dernier l’a ignoré quand un journaliste aborda la question d’un potentiel successeur..

Président de l'Assemblée nationale gauche|vignette|redresse|Macky Sall en 2009. Il n'est pas reconduit à la primature, remplacé par Cheikh Hadjibou Soumaré. Il se rabat sur l'Assemblée nationale, dont, seul candidat, il est élu le à la présidence, par 143 voix sur 146 votants..

Mais la rupture est consommée quand il cherche à convoquer à l'Assemblée nationale Karim Wade, fils du président de la République, pour une audition sur les travaux de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique (ANOCI) et sur la gestion de plusieurs centaines de milliards de francs CFA.. Face à son refus de démissionner, son poste de numéro 2 du PDS est supprimé, le mandat du président de l'Assemblée nationale est réduit de cinq à un an.

Il est cité dans une affaire de blanchiment d’argent présumée. Alioune Tine, président du Rencontre africaine pour les droits de l’homme (Raddho), affirme que ces accusations contre Macky Sall sont « grotesques et totalement fantaisistes ». Un mois plus tard, l’affaire est classée sans suite faute d'éléments....

Opposant à Abdoulaye Wade Dès lors, il entre dans l’opposition au lieu de se soumettre à Abdoulaye Wade. Le , au cours d’une déclaration en wolof et en français, il annonce quitter le PDS et abandonner tous les postes qu'il occupe grâce à ce parti.

En , il crée, avec une trentaine de cadres du PDS, le parti politique Alliance pour la République (APR) autour de trois priorités pour le Sénégal rural : l’accès à l’eau, à l’électricité et à des routes praticables. Lors des élections locales du , son parti remporte toutes les localités de Fatick, son fief., la ville de Gossas, douze collectivités locales au Nord du pays, trois au Sud. Aussi toutes les grandes villes du pays dans le cadre d’une coalition formée avec les autres partis membres de Bennoo Siggil Senegaal.

Le parti est inauguré à Thiès.. Au cours des années, l’APR met en place des alliances avec d’autres mouvements à la faveur de la coalition de la majorité présidentielle.. Le logo du parti comprend 15 étoiles, représentant les 14 régions du Sénégal plus la diaspora, et sa devise est « travail, solidarité, dignité »...

En vue de l'élection présidentielle de 2012, il sillonne les campagnes sénégalaises et va à la rencontre de la diaspora dans les grandes villes mondiales. Il prend conseil auprès de Jean-Pierre Pierre-Bloch, ancien député centriste français, également proche d'Abdoulaye WadeMaria Malagardis, « La victoire du fils politique, Macky Sall », Libération, 28 février 2012..vignette|Macky Sall en 2012.

Élection présidentielle de 2012 Candidat de la coalition « Macky 2012 », avec pour slogan « La voie du véritable développement » (Yoonu Yookuté en wolof), il mène campagne à travers le pays sans couper avec le mouvement d'opposition du (M23), tout en se positionnant comme la nouvelle alternance du pays., qui se contente de manifester à Dakar en faveur de l'invalidation de la candidature d'Abdoulaye Wade à un troisième mandat. Il arrive en deuxième position du premier tour, avec 26,58 % des voix, contre 34,81 % au président sortant. Dans l'entre-deux-tours, il réunit tous les candidats battus dans la coalition Benno Bokk Yakkar (« Unis pour le même espoir », en wolof) et remporte le second tour, le , face à celui qui a été son mentor, celui-ci l'appelant le soir même pour le féliciter., avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel (avec 65,80 % des voix, contre 34,20 % pour le président sortant). L’invalidation de certaines candidatures, dont celle de l’artiste Youssou Ndour, font polémique.

Président de la République

Premier mandat Quatrième président de la république du Sénégal, il prête serment le à l'hôtel King Fahd PalaceSénégal : Macky Sall a prêté serment, Le Figaro, 2 avril 2012.. Le lendemain, il nomme le banquier Abdoul Mbaye au poste de Premier ministre qui prend la tête d'un gouvernement restreint à , et annonce sa volonté de dissoudre l'Assemblée nationale pour organiser des élections législatives le « Au Sénégal, Abdoul Mbaye nommé Premier ministre », RFI, 04/04/2012.

Deux polémiques marquent ses premiers jours : sa visite à son homologue français, Nicolas Sarkozy, à quelques jours de sa défaite à la présidentielle française, et la publication de son patrimoine, dont les 1,3 milliard de Francs CFA, soit l’équivalent de deux millions d’euros., étonnentRémi Carayol, « Sénégal : Macky Sall, président équilibriste », Jeuneafrique.com, 4 juin 2012.

Dans l'attente des législatives de juillet, pour lesquelles il est parvenu à préserver l'unité de la coalition Benno Bokk Yakaar, il multiplie les gestes symboliques. Fidèle à sa promesse de réduire le train de vie de l'État, il revient sur certains privilèges ministériels, supprime 59 commissions et directions jugées sans objet parmi lesquelles l'Agence nationale des nouveaux ports du Sénégal, la Direction de la construction de petits aéronefs, l'Agence nationale de la haute autorité du désert, l'Office sénégalais pour la propriété industrielle et l'innovation technologique doublonnant avec l'Agence sénégalaise pour la propriété et industrielle et l'innovation technologique, et annonce des audits sur la gestion de son prédécesseur. Il rompt plusieurs contrats au sein du palais présidentiel et limite les salaires des directeurs d'agences, mais multiplie aussi les ministres-conseillers. Il relance la Cour de répression de l'enrichissement illicite et annonce la création d'un Office national anticorruption et d'une Commission nationale de restitution des biens et de recouvrement des avoirs mal acquis, alors qu'il annule certains des derniers décrets et contrats signés par Wade. Pour réduire le coût de la vie, le gouvernement Abdoul Mbaye annonce la baisse des prix de l'huile, du riz et du sucre. Les pensions de retraite sont revalorisées, les paysans subventionnés en urgence face à la menace, les 29 permis octroyés par le précédent gouvernement à des chalutiers de haute mer étrangers annulés. Pour sauver l'année scolaire, des assises nationales sur l'éducation sont programmées.

Dans le domaine de la politique étrangère, il charge Alioune Badara Cissé de renouer les alliances traditionnelles (Maroc, la Mauritanie et la Gambie…) et de faire recouvrer au Sénégal un rôle diplomatique important en Afrique.

vignette|gauche|Rencontre entre Macky Sall et le Premier ministre indien Narendra Modi, le 23 mai 2017.