L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique située à Haravilliers, en France. De dimensions généreuses par rapport à l'importance du village, elle se distingue au premier regard pas son haut clocher-tour précédant la façade méridionale, mais il n'est pas d'un grand intérêt architectural. L'élément le plus remarquable est la tourelle d'escalier romane à l'angle sud-ouest de l'édifice, coiffé par un lanternon richement décoré. L'organisation et le plan de l'église sont difficiles à comprendre, car presque chaque siècle a laissé ses traces (sauf le et le ), et tous les styles architecturaux du roman tardif jusqu'au classicisme sont représentés, hormis le gothique flamboyant. En même temps, les différentes parties de l'église réunissent souvent des éléments provenant d'époques différentes. L'édifice est classé monument historique depuis 1915.

Localisation

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise et dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune d'Haravilliers, rue de l'Église, près du carrefour avec la rue du Colombier. Cette position est à la fois centrale, car près du principal carrefour du village, et périphérique, car le village s'arrête derrière l'église : ceci est dû aux dimensions restreintes du chef-lieu de la commune, sachant que celle-ci se compose de nombreux hameaux. La façade occidentale se rapproche de la rue, et toute l'élévation méridionale est également bien visible depuis la rue. Le cimetière entoure toujours l'église, et l'on peut donc faire le tour de l'édifice.

Historique thumb|upright|left|Vue depuis le sud.

L'histoire de l'église ne peut qu'être déduite de ses différents composants et de leur analyse archéologique. Les parties les plus anciennes sont romanes et datent du milieu du , à savoir la façade occidentale (sauf le portail) et la façade méridionale de la nef, ou plus précisément de son collatéral sud. L'église a dû être agrandie dès le siècle suivant, époque à laquelle remonte le croisillon nord du transept, qui, lui, a disparu. Cette église devait être de plan cruciforme conventionnel et comporter un clocher central. Au , le chœur et son collatéral ont été retouchés, mais cette partie de l'église devrait elle aussi remonter au . Comme dans la plupart des communes du Vexin français, la guerre de Cent Ans occasionne d'importants dégâts pendant le second quart du . C'est sans doute en raison de la destruction du clocher central primitif que le clocher actuel est édifié vers la fin de ce même siècle. Ensuite, la nef et le collatéral nord sont retouchés au , et toutes les voûtes sont refaites. Une grande chapelle de deux travées est ajoutée au nord du chœur, affichant clairement le style Renaissance. Rien n'est apparemment entrepris au , mais le voit la construction d'un nouveau portail occidental dans le style classique. Finalement, d'importantes restaurations sont entreprises au .. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du .

Description Aperçu général thumb|upright|left|Plan de l'église.

Orientée irrégulièrement sud-nord-ouest - nord-sud-est, l'église présente un plan fort irrégulier et dissymétrique, qui permet toutefois de décerner le plan cruciforme d'origine, articulé autour de l'ancienne croisée du transept. Le vaisseau central compte six travées barlongues, dont les trois premières correspondent à la nef, la quatrième à l'ancienne croisée du transept et les deux dernières au chœur. La hauteur du vaisseau central reste invariable sur toute sa longueur, mais la largeur augmente légèrement à partir de l'ancienne croisée, car les grandes arcades du nord s'écartent de la ligne droite observée encore au niveau de la nef. La profondeur des travées diffère selon les parties : les travées de la nef, de dimensions identiques, sont assez courtes ; l'ancienne croisée est carrée ; la première travée du chœur est nettement plus profonde que large, et la dernière travée a la même profondeur que la croisée du transept, tout en étant nettement plus large. Tout le vaisseau central est bordé au sud d'un étroit collatéral qui compte donc également six travées, dont la largeur et la hauteur restent invariables sur toute la longueur. La hauteur est par ailleurs identique à celle du vaisseau central. Un collatéral semblable borde la nef au nord. Suivent l'ancien croisillon nord du transept et deux chapelles latérales du chœur. Ces travées sont environ deux fois plus larges que les collatéraux. Puisque le mur du nord est parallèle aux grandes arcades du sud et au mur sud, la largeur des trois travées diminue successivement vers l'est, en même temps que la largeur du vaisseau central augmente. À cet ensemble, s'ajoute le clocher-tour devant la quatrième travée au sud, contenant dans sa base une chapelle aujourd'hui utilisée comme débarras. Une sacristie a été accolée au chevet, dans la prolongation du vaisseau central. L'ensemble de l'église est voûté sur croisées d'ogives, sauf la première travée de la nef et des collatéraux. L'église possède deux portails : le portail occidental et un portail latéral dans la seconde travée du collatéral sud de la nef. La structure des toitures est complexe : la nef et ses collatéraux sont couverts ensemble par un haut toit à deux rampants, alors que le chœur est couvert ensemble avec le collatéral sud seulement. Les deux chapelles au nord du chœur possèdent un toit en bâtière indépendant parallèle à l'axe de l'édifice. L'ancien croisillon nord est quant à lui pourvu d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe du vaisseau central. C'est également le cas du clocher, contrairement à l'usage, sans doute afin d'obtenir un pignon vers le sud, car l'élévation sud est la plus exposée aux regards.

Extérieur Clocher thumb|Vue en élévation depuis le sud.

La silhouette de l'église est dominée par son massif clocher-tour flamboyant de la fin du , remplaçant le clocher central au-dessus de la croisée du transept sous la guerre de Cent Ans. La différence de hauteur très importante entre vaisseau et clocher suggère une tour très élevée, dont l'envergure évoque une église importante. En réalité, la hauteur de la tour n'a rien d'exceptionnel, mais l'église est assez basse et de dimensions tout à fait modestes, adaptées à la taille du village. Le clocher est particulièrement austère et pratiquement dépourvue d'ornementation. Il ne porte presque pas les marques de l'architecture de son époque, où une décoration exubérante à l'extérieur de l'église était fréquente. La base du clocher est percée d'une fenêtre en tiers-point à lancette simple sur chacune des trois faces libres. Celle de l'ouest est entièrement obturée, et celle du sud l'est plus grande partie. Seulement la petite baie côté est reste intacte. Le premier étage du clocher est aveugle, si l'on fait abstraction de quelques trous d'aération. Le second étage est l'étage de beffroi et ajouré de deux baies abat-son gémelées par face. Elles sont en arc brisé et surmontées d'un bandeau en forme de sourcil, qui retombe sur trois têtes grimaçantes. Chaque angle du clocher est épaulé par deux contreforts orthogonaux strictement verticaux. Ils sont scandés par de multiples larmiers, qui sont appliqués sur la face extérieure seulement au niveau du rez-de-chaussée, et qui vont tout autour sur les niveaux supérieurs. Une discrète ornementation a été réservée à l'étage de beffroi, où les segments supérieurs des contreforts présentent deux arcatures aveugles en cintre surbaissé par face, ce qui ne cadre pas avec le style flamboyant. Les segments en dessous présentent des accolades réduites à leur plus simple expression, et seulement sur les faces extérieurs. Des bandeaux séparent visuellement l'étage de beffroi du premier étage et des pignons. — L'on note que le clocher occupe le milieu de l'élévation méridionale de l'église, bien que la nef, à sa gauche, soit subdivisée en trois travées, et le chœur seulement en deux travées.

Façade occidentale et élévation sud thumb|Façade occidentale.

La façade occidentale et le mur du collatéral sud sont les parties les plus anciennes de l'église et de style roman tardif. On peut les dater du milieu du . Le portail occidental ne remonte toutefois qu'au et est de style classique. La porte en anse de panier est cantonnée de pilastres et surmonté d'un entablement puis d'un fronton circulaire brisé, laissant la place à une baie plein cintre s'ouvrant sous une arcade romane. Cette baie est décorée d'un cordon en fleurs de violette retombant sur deux mascarons. Une croix en pierre se dresse devant la fenêtre. Hormis ce détail et la coquille Saint-Jacques au milieu d'une guirlande au-dessus de la porte, le portail est très sobre. En haut du pignon, subsiste une baie romane non décorée, donnant sur les combles. L'angle sud-ouest est de l'église est flanqué d'une tourelle d'escalier octogonale desservant les combles. Comme particularité, elle se termine par un lanternon coiffé d'un toit en pierre, comme sur l'église Saint-Lucien de Bury. À ses extrémités inférieure et supérieure, courent des corniches en pointe-de-diamant. Chacune des faces est percée d'une ouverture plein cintre cantonnée de deux colonnes ayant en grande partie perdu leurs chapiteaux, et surmontée de deux tores et d'un cordon en pointe-de-diamant. Les impostes sont également formées de pointes de diamant.

La façade méridionale de la nef conserve trois baies romanes semblables à celle au-dessus du portail occidental. Les dimensions relativement généreuses de ces baies indiquent la fin de la période romane. Le portail latéral en dessous de la seconde fenêtre n'est pas décorée. La corniche qui termine les murs est gravé d'un simple rang de dents de scie. Les deux contreforts entre la première et la seconde, ainsi qu'entre la seconde et la troisième travée, sont identiques à ceux du clocher, mais se prolongent au-delà de la gouttière du toit et sont coiffés d'un chaperon au gâble orienté vers le sud, ce qui paraît comme une référence au toit du clocher. — À droite du clocher, les deux dernières baies de la façade sud, particulièrement grandes, sont en tiers-point mais pourvues d'un remplage caractéristique du . Il se compose de deux lancettes en tiers-point surmontées d'un oculus, chacune des lancettes étant subdivisées en deux petites lancettes surmontées également d'un oculus. Des têtes trilobées s'inscrivent dans les petites lancettes. Le seuil des fenêtres est formé par un glacis qui se prolonge sur les murs et qui court autour des contreforts. Au-dessus, les contreforts sont scandés par des larmiers plus rapprochés que sur le collatéral sud de la nef et le clocher.

Autres élévations

Du côté du chevet, le collatéral sud et le vaisseau central se partagent un même pignon, avoisinant celui plus petit de la chapelle nord. Les murs est couronné d'une corniche de feuilles d'acanthe recourbées, assez espacées les unes des autres La sacristie obture la fenêtre du vaisseau central, du même modèle que celles du sud, alors que la baie correspondant au chevet du collatéral est une lancette simple sans remplage. Elle indique, tout comme les contreforts à ressauts régnant sur cette partie de l'édifice, le style gothique primitif : le chœur date effectivement du premier tiers du , contrairement à ce que suggèrent les grandes fenêtres du .

La chapelle du nord apporte un nouveau contraste, avec des baies plein cintre sans remplage mais entourées de moulures, contrairement aux autres fenêtres de l'église. Les contreforts strictement verticaux et entrecoupés de larmiers très saillants, alliés à l'austérité du décor, indiquent le et la Renaissance tardive. Le contrefort entre la première et la seconde chapelle est même sommé d'un enroulement, qui traduit une influence baroque. Avec la corniche déjà citée, c'est le seul élément décoratif des parties orientales de l'église.