vignette|Eostiged Ar Stangala - Kerfeunteun. vignette|Le Cercle Quic-en-Groigne de Saint-Malo. vignette|250x250px|Cercle Celtique Dañserien Lann Tivizio de Landivisiau. Un cercle celtique est une association qui a pour but de mettre en valeur les cultures propres à la Bretagne, notamment les danses et costumes, en utilisant éventuellement la langue bretonne ou le gallo.
Les cercles celtiques créés avant la Seconde Guerre mondiale avaient des objectifs culturels très larges, incluant la littérature, le théâtre, les chansons, le chant choral, les arts plastiques et l'apprentissage et la pratique du breton, mais pas toujours la musique et la danse, alors que ceux d'après 1945 ont généralement restreint leurs actions et ne s'occupent que de collecter, étudier, transmettre et faire connaître les arts et traditions populaires en Bretagne, en particulier les danses bretonnes en se produisant sur scène avec un statut d'amateurs.
Il en existe entre 200 et 300 dont la plupart sont localisés dans les départements de la Bretagne historique, mais il y en a aussi dans de nombreuses villes où des Bretons se sont réunis pour en créer : Toulouse, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Clermont-Ferrand, Le Havre, Paris, Trappes et en Guadeloupe, New York, Pékin, etc. Ils sont essentiellement adhérents à la Confédération Kenleur.
Historique Contexte Au début du , apparaissent les premières grandes manifestations folkloriques qui attirent les touristes qui commencent à fréquenter la péninsule armoricaine et notamment la périphérie côtière. Théodore Botrel va grandement influencer la culture bretonne ; il contribue, entre autres, à la mise en place du Pardon des Fleurs d'Ajonc à Pont-Aven, en 1905, qui est aussi l'année des premiers fêtes des Filets bleus à Concarneau, pour des raisons d'ailleurs plus sociales que folkloriques. Les premières manifestations festives, dont certaines ont perduré jusqu'à nos jours, sont des vitrines de fierté bretonne et des moments de rassemblements, autour d'une tradition variée. Le souci était alors de présenter une image typique d'une culture traditionnelle au risque de déboucher sur des clichés plus ou moins flagorneurs et trop souvent artificiels, ce que contestent certains sonneurs traditionnels, qualifiant de « mascarades » ces « grand-messes folkloriques ».
Les premiers cercles celtiques de l'entre-deux-guerres Bien qu'ils eussent l'occasion de se retrouver souvent en costumes en ce début de siècle, les Bretons n'étaient pas encore organisés en groupes. Très vite leur apparaît la nécessité de se structurer, ne serait-ce que pour les déplacements. Le premier groupe folklorique breton est fondé en 1902 par un chapelier de Bannalec ; il connaît le succès jusqu'en 1914, comme les "Fins Danseurs de l'Aven", créé à la même époque. Les périples (souvent ferroviaires) de ces danseurs en costume les amènent à se déplacer aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Bretagne, voire à l'étranger, accompagnés parfois de sonneurs locaux.
L'influence des émigrés, soucieux de compenser leur mal du pays par l'affirmation de leurs racines, va jouer aussi un rôle prépondérant dans la structuration associative de la culture bretonne. Ainsi, les Bretons de Paris, fort nombreux car l'exode est massif au début du , multiplient les grandes fêtes bretonnes dans la capitale et sa banlieue. Ce sont eux qui créent le premier Cercle celtique du nom en 1911 par Joseph JacobLe Commandant en retraite, Joseph Jacob, mobilisé comme Trésorier principal aux armées en 1914-1918, est présenté par François Jaffrennou, Grand Druide de Bretagne, dans un discours public d'ouverture du congrès des Bardes du Gorsedd de Bretagne, à la fois comme un interlocuteur plaidant la cause de la Bretagne auprès du Président Wilson en 1919, le fondateur du Cercle celtique de Paris, la même année et un des conférenciers du congrès bardique dans sa commune natale de Plestin-les-Grèves. An Oaled-Le Foyer breton, 1933, p. . Celui-ci Philippe Le Stum, Dictionnaire du patrimoine breton, Apogée, 2001, . Polig Monjarret indique que la relance de 1917 par Eugène Régnier avait pour Polig Monjarret, « Un cercle celtique..., réflexions sur le mouvement des cercles celtiques en Bretagne », Institut culturel de Bretagne - Cercle celtique Brizeux de Lorient, c. 1984, ..
vignette|upright|Eugène Régnier. Sous la présidence du Docteur Eugène Régnier (barde Bleiz Gouez), le cercle celtique de Paris va s'étoffer dans les années 1920-1930 . Celui-ci explique en 1932 que « le but des cercles celtiques est de faire prendre conscience aux Bretons de leur valeur et de la place qu'ils ont à remplir au sein de la Civilisation Occidentale ». À sa création, le cercle propose les cours de breton donnés par Jules Gros [SOURCES ?]. En 1923, il suscite la chorale Kanerien Breiz (« Les chanteurs de la Bretagne ») et dispose en 1930 de deux troupes mixtes d'acteurs pour du théâtre en français ou en bretonAn Oaled-Le Foyer breton, T. 6, , 1930, .. À partir de 1924, le cercle organise autour du la « Fête Nationale de la Saint-Yves ». Enfin, une bibliothèque bretonne, avec prêt de livres et mise à disposition des journaux bretons, est ouverte en 1931.
Ces prémisses associatifs du début du siècle vont connaître un essor considérable. Après la guerre de 1914-1918, les cercles celtiques naissent un peu partout : Rennes, Lorient, Saint-Brieuc, Perros-Guirec, Plouha... Sous l'influence du mouvement régionaliste, les regroupements de Bretons de Paris, Nantes et Angers pour les plus grandes villes, ainsi qu'à Pont-l'Abbé et Guingamp, leur donnent une définition plus large. Un autre but des cercles est de révéler au public, en général et aux Bretons, en particulier, la richesse de leur patrimoine : « Folklore poétique, les Barzaz Breiz, l'Anthologie des Poètes Nationaux, de Le Mercier d'Erm et les Breiziz de Taldir forment, à eux seuls, un résumé puissamment évocateur [...] Nous sommes convaincus que l'Art est l'un des puissants facteurs du réveil breton. »E. Régnier, « L'action des cercles celtiques », An Oaled-Le Foyer breton, , 1932, On peut estimer que la structuration du mouvement entre les deux guerres constitue une réaction contre l'utilisation souvent caricaturale de la culture bretonne, une volonté de l'assainir.
En 1921 est organisée en Bretagne la première « Assemblée bretonne ». 1923 est l'année de naissance de la fête des Reines de Cornouaille à Quimper. En 1926, le cercle celtique de Nantes est fondé par le professeur de pharmacie, Édouard Guéguen (ovate Ieot Mor), le chef d'orchestre et compositeur de renom Paul Ladmirault (ovate Oriaf), qui dirige la chorale du cercle et Alfred Lajat (druide Mab an Argoat), qui donne des cours d'Histoire de la Bretagne à l'Institut des Lettres de Nantes, sous le patronage de l'association. Une fédération d'étudiants y est affiliée. En 1930, Jos Aurélien Sanséau crée, à Paris, un groupe indépendant consacré à la danse bretonne, "Korollerien Breiz Izel" (Les danseurs de Basse-Bretagne), qui a déjà le souci d'offrir un spectacle élaboré de qualité. Il se transforme en amicale en An Oaled-Le Foyer breton, , 1935, ..
Le cercle celtique de Rennes reprend ses activités en 1933, grâce à l'établissement dans cette ville du Docteur Régnier. En 1935, le cercle celtique Danserien Kemperle, qui est centré sur la musique et la danse bretonnes, est créé avec l'appui d'Émile Cueff, connu pour ses tournées de chansons bretonnes en Bretagne et à l'étranger. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, une quinzaine de cercles sont en activité.
La première fédération des cercles celtiques Le est fondée à Guingamp la Fédération des cercles celtiques Kevredigez ar C'helziou Keltiek, qui regroupe ceux de Paris, Nantes, Angers, Pont-l'Abbé et Guingamp. Elle prend pour devise Me a zalc'ho (Je maintiendrai) et a pour organe Youl Breiz (La volonté de la Bretagne)An Oaled-Le Foyer breton, T. 6, , 1930, .. Le , elle se réunit à Nantes avec la Gorsedd de Bretagne (ou collège des bardes de Bretagne) pour un congrès commun où sont débattues des questions concernant l'autonomisme. Parmi les vœux adoptées en commun, on trouve : La fixation de la Fête nationale de la Bretagne au , fête de saint Yves L'unification orthographique du breton L'introduction du breton dans l'enseignement public Le vote des femmes Le refus de célébrer le quatrième centenaire du rattachement de la Bretagne à la France au vu des injustices passées L'acceptation de l'état de fait qui place la Bretagne dans la communauté française et la réprobation de toute idée séparatiste Du fait qu'Eugène Régnier (barde Bleiz Gouez) s'installe à Rennes, le cercle celtique de la ville reprend vie sous sa houlette et il amène avec lui le siège social de la fédération. L'examen de la liste des bureaux pour 1933 des cercles celtiques de Paris et de Nantes montrent que le Gorsedd de Bretagne, fer de lance de l'autonomisme breton, y est très influentAn Oaled-Le Foyer breton, , 1933, p. . Raymond Delaporte donne alors des cours de breton au Cercle de Rennes en compagnie de la jeune (20 ans) indépendantiste Meavenn..
La Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre Le régime de Vichy, instauré le , tente de récupérer des mouvements folkloristes et prône le provincialisme et le repli des régions : il devient possible d'enseigner la langue et la culture bretonnes. Malheureusement, les actes de collaboration de quelques extrémistes servent aussi de prétexte au gouvernement français de la Libération pour discréditer le mouvement breton dans son ensembleJoseph Martray, article dans Le Peuple breton, mars 1948. Polig Monjarret, lui même engagé dans les unités de combat du Parti national breton, parti nazi, estime qu'aux yeux des comités d'épuration, Polig Monjarret, « Un cercle celtique..., réflexions sur le mouvement des cercles celtiques en Bretagne », Institut culturel de Bretagne - Cercle celtique Brizeux de Lorient, 1984, .. vignette|Le défilé du Festival interceltique de Lorient est le rendez-vous annuel de nombreux cercles celtiques (ci-dessus celui de Mûr-de-Bretagne) Après la naissance de la Bodadeg Ar Sonerion (« Assemblée des Sonneurs ») en 1946, à l'initiative de Polig Monjarret, les années 1950 marquent un tournant pour la musique et la danse. La centaine de groupes locaux créés spontanément nécessite une organisation empirique. Cependant, aux dires de Polig Monjarret, dès 1946, une fédération des cercles celtiques est reconstituée, sous la présidence de Xavier de Langlais, avec l'aide d'Yvonne Galbrun, et se structure en « Amicales de pays » qui restent très indépendantes, la Cornouaille se taillant la part du lion avec les deux-tiers des cercles. Par ailleurs, le renouveau des Fêtes de Cornouaille en 1948 joue un rôle majeur dans ce développement et sa nouvelle organisation autour des cercles (les bagadoù n'existaient pas encore) apaise les réticences, du clergé notamment.
Le , la confédération culturelle Kendalc'h est constituée, présidée par Pierre Mocaër, Polig Monjarret en devenant le secrétaire général. Yvonig Gicquel, président de Kendalc'h dans les années 1970, considère l'année 1950 comme une année-charnière : C'est l'apogée des cercles celtiques (90 en 1955), que le second souffle du revivalisme en 1970 finira d'installercollectif, Musique bretonne: histoire des sonneurs de tradition, Le Chasse-Marée / ArMen, 1996, . Roparz Omnès, président de Kendalc'h de 1961 à 1964, explique cet engouement au sein des cercles celtiques par « le désir que partageaient alors de nombreux jeunes Bretons de retrouver leur identité. Le costume qu'ils portaient fièrement lors des fêtes (et parfois dans la rue) était un symbole : il signifiait le refus de l'uniformisation, l'attachement à une tradition qui semblait plus que jamais menacée »Un Cercle Celtique: 1948-1983 : Réflexions sur le Mouvement des Cercles en Bretagne, .