, parfois connu sous le titre Le Dieu d'osier, est un film britannique réalisé par Robin Hardy, sorti en 1973.
C'est une adaptation du roman Ritual de David Pinner, paru en 1967.
Synopsis Le sergent de police Neil Howie (Edward Woodward) se rend à Summerisle., une île éloignée des Hébrides, pour enquêter sur la disparition d'une jeune fille, Rowan Morrison (), à propos de laquelle il a reçu une lettre anonyme. Howie, chrétien dévot, est troublé de voir les habitants de l'île rendre hommage aux dieux païens celtes. Ils copulent ouvertement dans les champs, incluent des enfants dans des célébrations du (Beltaine), leur enseignent l'association phallique de l’arbre de mai, placent des crapauds dans leur bouche pour soigner les maux de gorge. Les insulaires, y compris la mère de Rowan (), semblent tenter de contrecarrer son enquête en affirmant que Rowan n’a jamais existé.
Pendant son séjour au Green Man Inn, Howie remarque une série de photographies de la fête des récoltes annuelles, montrant chacune une jeune fille sous le nom de May Queen. La photo de la fête la plus récente manque étrangement ; l'aubergiste (Lindsay Kemp) affirme que le cadre est cassé. Sa fille, Willow (Britt Ekland), tente de séduire Howie, mais il refuse ses avances.
Howie va à l'école locale et s'informe de Rowan parmi les élèves, mais tous nient son existence. Il vérifie le registre de l'école et y trouve le nom de Rowan. Il interroge l'institutrice, qui lui parle de sa tombe. Après avoir vu la sépulture de Rowan, Howie va rencontrer le maître de l'île, Lord Summerisle (Christopher Lee), pour obtenir l'autorisation d'exhumation. Summerisle lui explique que son grand-père, un agronome de l'époque victorienne, a développé des souches d'arbres fruitiers qui prospèrent sous le climat écossais, et a encouragé la conviction chez les insulaires que les anciens dieux protégeraient les nouvelles souches pour apporter la prospérité à l'île. Les générations suivantes ont adopté ces croyances néo-païennes, où la réincarnation remplace la résurrection de la foi chrétienne.
Howie trouve la photographie manquante, qui montre Rowan debout au milieu de caisses vides : la récolte avait été désastreuse. Ses recherches révèlent que, lorsqu'il y a une mauvaise récolte, les habitants de l'île font un sacrifice humain pour que la récolte suivante soit abondante. Il en arrive à la conclusion que Rowan est en vie et a été choisie pour être sacrifiée.
Lors de la célébration du , Howie assomme l’aubergiste afin de lui voler son costume (celui de Punch, le fou) et de s’infiltrer dans le défilé. Quand, au terme de la procession, il semble que les villageois sont sur le point de sacrifier Rowan, il la libère et s'enfuit avec elle dans une caverne. À la sortie, ils sont accueillis par les habitants de l'île auprès de qui Rowan retourne joyeusement.
Lord Summerisle explique à Howie que Rowan n’a jamais été la victime choisie pour le sacrifice et que c'est lui, Howie, qui a été choisi. Il répond aux quatre exigences des dieux : il est venu de son plein gré, avec (en représentant la loi), il est vierge et c'est un imbécile. Howie tente de convaincre Summerisle et les habitants que les arbres fruitiers sont définitivement morts et promet à Summerisle que les villageois se retourneront contre lui et le sacrifieront l'été prochain avec la prochaine mauvaise récolte. Summerisle clame de façon véhémente que le sacrifice du sera accepté et que la prochaine récolte sera bonne.
Les villageois enferment Howie à l'intérieur d'une statue géante d'un , l'enflamment et, en formant un cercle autour du bûcher, chantent la chanson folklorique Sumer Is Icumen In. Howie, terrifié, entouré par les flammes, récite le psaume 23 et prie le Christ. Il maudit les insulaires avant de mourir. La tête de l' s'effondre, révélant le soleil couchant.
Fiche technique thumb|Affiche américaine du film. Titre français : ou Le Dieu d'osier Titre original : Réalisation : Robin Hardy, assisté de Jake Wright et Brian W. Cook (non crédité) Scénario : Anthony Shaffer, d'après le roman de David Pinner, Ritual (non crédité) Production : Peter Snell Photographie : Harry Waxman Musique : Paul Giovanni Montage : Eric Boyd-Perkins Décors : Seamus Flannery Costumes : Sue Yelland Société de production : British Lion Film Corporation Sociétés de distribution : British Lion Film Corporation (UK), Warner Bros. (USA) Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleur (Eastmancolor) — — 1,85:1 — son mono Genre : policier, fantastique, drame, folk horror Durée : 94 minutes Dates de sortie : Royaume-Uni : France :
Distribution vignette|L'actrice suédoise Britt Ekland en 1972. Edward Woodward : le sergent Neil Howie Christopher Lee : Lord Summerisle : Rowan Morrison Diane Cilento : Miss Rose Ingrid Pitt : la bibliothécaire Britt Ekland : Willow Lindsay Kemp : Alder MacGreagor : le capitaine du port Aubrey Morris : le vieux jardinier/ le fossoyeur : May Morrison Walter Carr : le maître d'école Fiona Kennedy : Holly John Hallam : l'agent McTaggert (version longue) John Sharp : le docteur Ewan (version longue) Paul Giovanni : un des musiciens (non crédité) Robin Hardy : le pasteur (non crédité) Annie Ross : doublage voix de Britt Ekland (non créditée)
Production Les producteurs ont obligé le réalisateur à tourner d'octobre à décembre en pleine Écosse, ce qui ne fut pas sans mal pour les acteurs, alors que le film se déroule dans une ambiance printanière, cadre des réjouissances et rituels païens de la fête du .
Pour son scénario, le scénariste Anthony Shaffer et le réalisateur Robin Hardy se documentèrent abondamment sur les croyances et les rituels païens, dont le film, qui mêle thriller, film fantastique, film d'horreur et film documentaire (Hardy est originellement documentariste), s'inspire librement.
Une fois le film terminé, il a été amputé de plusieurs scènes, et aucune copie intégrale de la version originale n'a pu être préservée.
Réception Les coupures et une mauvaise distribution du film à sa sortie au Royaume-Uni n'empêchèrent pas les louanges des critiques et du public.
The Wicker Man est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs films britanniques ; il est classé par le British Film Institute en dans sa liste des 100 meilleurs films jamais produits au Royaume-UniVoir sur bfi.org.uk..
Christopher Lee, qui accepta de jouer gratuitement, considère que c'est le meilleur film de sa carrière.
Par son mélange des genres, le film est vu comme l'un des premiers représentants du folk horror...
Distinctions Récompenses 1979 : Saturn Awards du meilleur film d'horreur 1974 : Licorne d'or au festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris
Nominations 1979 : Saturn Awards « meilleur acteur » pour Christopher Lee « meilleur réalisateur » pour Robin Hardy « meilleure musique » pour Paul Giovanni « meilleur scénario » pour Anthony Shaffer 2006 : des Satellite Awards, catégorie « meilleur dvd classique »
Restauration Dès le tournage terminé, Christopher Lee n'a eu de cesse de dénoncer l'opération de sabotage de l'exploitation du film par les membres de la direction fraîchement installés à la tête de la production. Sa durée initiale de plus de 100 minutes fut en effet ramenée à un peu moins de 90 pour une sortie sans promotion dans le circuit des salles à doubles programmes, d'ordinaire réservé aux petites productions bâclées et aux titres en fin de carrière.
Quand une démarche de restauration du montage initial fut envisagée, plus personne ne sut localiser les bobines de négatifs, supposées mises au rebut et détruites. Une copie de travail du premier montage resurgit néanmoins des années plus tard dans les archives de Roger Corman qui avait un temps envisagé de le distribuer sur le territoire américainChristopher Lee, Le Seigneur du désordre, Camion noir, 2013..
Postérité Le chanteur Rod Stewart racheta les copies du film car Britt Ekland, sa compagne de l'époque, y apparaît nueInformations tirées du documentaire The Wicker Man Enigma (DVD, édition Studio Canal, 2003) avec des interviews du réalisateur, du scénariste et des acteurs.. Ironiquement, la plupart des plans de nus (notamment intégraux) furent effectués par une doublure. Un remake, également intitulé , réalisé par Neil LaBute avec Nicolas Cage est sorti en 2006.
Hommages
Film culte, tant par son sujet que par sa bande-son folk psychedelic, ce film a influencé de nombreuses œuvres. Il a notamment inspiré la chanson The Wicker Man de l'album Brave New World (2000) au groupe Iron Maiden et, en 2016, le clip vidéo de la chanson Burn The Witch du groupe Radiohead. Larry Harvey, initiateur du festival Burning Man, prétend n'avoir pas vu le film avant sa création, et qu'il n'y a donc aucun rapport entre les deux. Le groupe Nature And Organisation (Michael Cashmore et David Tibet de Current 93), dans l'album Beauty Reaps The Blood Of Solitude (1994) reprend la chanson Wicker Man Song créditée comme provenant d'une œuvre traditionnelle. Ce morceau est aussi l'ouverture du EP A Dozen Summers Against The World (1994), chantée par Rose McDowall. La fin l'épisode de South Park Le Nouveau Look de Britney est une parodie de la fin du film.
Notes et références
Voir aussi Vidéographie 25px zone 2 : The Wicker Man, StudioCanal , 2003
Articles connexes Cinéma britannique The Wicker Man (film, 2006), remake réalisé par Neil LaBute avec Nicolas Cage
Liens externes
DVDClassik Chronique sur le film Les différentes versions de The Wicker Man Les lieux de tournage du film
Catégorie:Film britannique sorti en 1973 Catégorie:Film policier britannique Catégorie:Thriller (film) britannique Catégorie:Film d'horreur britannique Catégorie:Film de folk horror Catégorie:Film distribué par Warner Bros. Catégorie:Film tourné en Eastmancolor Catégorie:Film se déroulant en Écosse Catégorie:Film se déroulant sur une île fictive Catégorie:Film sur le sacrifice humain Catégorie:Film sur les sectes Catégorie:Adaptation d'un roman britannique au cinéma Catégorie:Premier long métrage sorti en 1973