La forêt de Montmorency est un massif forestier de dont de forêt domaniale, situé dans le département français du Val-d'Oise, en Île-de-France. Elle forme avec les forêts de L'Isle-Adam et de Carnelle, au nord, l'un des trois principaux massifs forestiers domaniaux du Val-d'Oise. Située sur un ensemble de collines, elle domine Paris situé à quinze kilomètres au sud. Le massif est péri-urbain tant par sa position géographique que dans son rôle social : il est le cinquième plus fréquenté de la région Île-de-France avec quatre à cinq millions de visiteurs par anMagazine Vivre en Val-d'Oise, , juillet-août 2007, ..
Géographie physique La forêt située entre la vallée de Montmorency et la plaine de France est profondément vallonnée et possède des bas-fonds très humides. Située sur une vaste butte-témoin de douze kilomètres de long et quatre kilomètres de large, elle est composée de trois collines atteignant d'altitude (près de la butte sableuse des Pins Brûlés). Plusieurs ruisseaux s'en échappent pour former le ru d'Enghien qui alimente les étangs à proximité du château de la Chasse et le lac d'Enghien, ainsi que l'Oise. Cernée par l'urbanisation de l'agglomération parisienne, elle ne possède plus que de lisière naturelle sur sa limite septentrionale en contact avec l'espace rural.
Géographie administrative thumb|right|upright=1.5|Forêt de Montmorency - Carte de Cassini, vers 1780
La forêt de Montmorency s'étend sur treize communes du Val-d'Oise : Andilly Bessancourt Béthemont-la-Forêt Bouffémont Chauvry Domont Montlignon Montmorency Piscop Saint-Brice-sous-Forêt Saint-Leu-la-Forêt Saint-Prix Taverny
Géologie En surface, la butte-témoin est couverte de pierre meulière. En profondeur, se trouve la plus grande réserve de gypse d'Europe. Celle-ci est actuellement exploitée en souterrain par Lafarge et Placoplatre (Ex SAMC, Société anonyme de matériel de construction) et constitue la plus importante carrière souterraine de France, avec un million de tonnes exploitées par anSociété Française de Chimie - Situation française en 1996.. Cette exploitation ne va pas sans danger, ni sans contestation de la part d'associations environnementalistesLes Verts Val-d'Oise - Commentaires pour l'enquête publique sur l'exploitation du gypse sous la forêt de Montmorency (2000), à cause des risques liés d'effondrements en surface. On estimait en 2005 à plus de dix millions de mètres cubes le volume de galeries exploitées à remblayer sous la forêtDDE du Val-d'Oise - Les déchets du BTP, chapitre 2 bis. Le Val-d'Oise est en effet le premier département producteur de gypse avec 50 % de la production nationale française.
La SAMC a dû procéder à la construction d'un accès souterrain à grand gabarit à partir de la Francilienne à Baillet-en-France, qui en fait le plus long tunnel routier privé de FranceIntervention d’Yves Cochet, alors ministre en poste, le 23 octobre 2001. (document RTF).
La base aérienne et Centre de conduite des opérations aériennes (CCOA), quartier général des Forces aériennes stratégiques (FAS) de la dissuasion nucléaire aérienne française, est installé sous la forêt à Taverny depuis 1957 dans d'anciennes carrières de gypse.
Histoire La forêt recèle plusieurs sites attestant une occupation durant la préhistoireAndré Bogard in Bulletin de la Société préhistorique française - Un faciès nouveau de la Forêt de Montmorency, 1944.
Alors que la plupart des forêts d'Île-de-France étaient constituées de chênes à la fin du Moyen Âge, la forêt de Montmorency fut, elle, plantée de châtaigniers nécessaires à la confection d'échalas pour les nombreux vignobles des environs (le châtaignier fournit un bois quasi-imputrescible, idéal pour cet usage).
Le bois était également utilisé pour le chauffage ou encore la confection de cerclages de tonneaux.
Au début du , des forestiers vivaient encore avec leurs familles dans des huttes aménagées.
La forêt est restée entièrement privée jusqu'en 1933, et morcelée entre diverses propriétés de dimensions très variables. Elle est devenue presque entièrement forêt domaniale en 1980.
Jean-Jacques Rousseau la fréquenta assidûment de 1756 à 1762, tel qu'il l'indique dans le livre 9 des Confessions : .
La forêt de Montmorency reçoit entre 3,7 et 6,0 millions de visiteurs annuels (chiffres 1998-99), ce qui la place au cinquième rang des forêts d'Île-de-France en termes de fréquentation La fréquentation des forêts publiques en Île-de-France, CREDOC, 33.
Faune et flore thumb|right|Une série de résineux de la forêt.
Flore
Composée à 90 % de taillis de châtaigniers, plantés massivement au cours du , surexploitée durant le , la forêt n'a été acquise par l'État qu'entre 1970 et 1980. Au vu du vieillissement général des peuplements, elle fait depuis cette date l'objet d'un vaste programme de réaménagement à très long terme (180 ans) par l'Office national des forêts (ONF) afin de créer une futaie plus propice à la promenade, et d'améliorer l'accueil d'un public très nombreux. Elle constitue en effet le premier massif boisé d'importance au nord de Paris.
On y retrouve les principales essences présentes en Île-de-France : le châtaignier (90 %), le chêne, le hêtre, le bouleau, le pin sylvestre et quelques autres résineux.
Des essences spécifiques à certains milieux ont également été plantées par l'ONF : le merisier ou encore l'érable sycomore dans les bas-fonds humides. La forêt abrite également l'osmonde royale, fougère protégée pour sa rareté.
thumb|La tourbière de la Cailleuse, à l'ouest du massif.
La forêt abrite de nombreux milieux humides. La tourbière de la Cailleuse a fait l'objet d'un inventaire écologique révélant de nombreuses espèces de coléoptères et lépidoptères remarquables, ce qui a entraîné sa préservation.
L'ONF procède au renouvellement progressif des peuplements par l'utilisation d'une technique sylvicole de régénération respectant les classes d'âge. elle permet de maintenir un équilibre entre arbres jeunes et âgés. Les châtaigniers, surreprésentés et avec une durée de vie moyenne de soixante-dix ans, sont en partie remplacés par des chênes, qui peuvent atteindre cent cinquante à deux cent cinquante ans.
La régénération des châtaigniers se déroule selon deux méthodes différentes. La première est celle de la régénération naturelle, par la germination des graines (châtaignes) puis par l'élimination des autres essences qui gêneraient les jeunes châtaigniers. La seconde consiste à couper les châtaigniers qui poussent par cépée, c'est-à-dire en taillis. Une cépée coupée repousse naturellement, fournissant un bois de grande qualité. Le nombre de chênes étant insuffisant, contrairement aux massifs de L'Isle-Adam et Carnelle, les jeunes chênes implantés proviennent de pépinières. Des coupes d'éclaircie sont également pratiquées ; elles permettent aux arbres les plus beaux de prospérer par l'élimination des moins beaux sujets alentour. Pour cela, la technique du martelage est utilisée. Elle consiste à marquer de coups de marteau les arbres à abattre. Certains arbres morts sont conservés pour favoriser des milieux écologiques spécifiques, présentant un intérêt en vue de l'habitat : ils accueillent de nombreux oiseaux et insectes.
La régénération du massif nécessite parfois des coupes importantes, qui restent incomprises du public par la nudité radicale de parcelles qu'elles entraînent. Ainsi début 2007, une coupe massive de seize hectares d'arbres vieillissants s'est déroulée à proximité du domaine de Bois-Corbon, entre la route de la Croix-Blanche et la route des Parquets. Cette superficie est replantée de quatre hectares de chênes tandis que six hectares sont destinés à la régénération naturelle de châtaigniers et six autres à la repousse de cépéesMagazine Vivre en Val-d'Oise, op. cit., p. 19..
Faune La faune est pour l'essentiel constituée de chevreuils, sangliers, renards et blaireaux. Le sanglier est en forte recrudescence ; il laboure chaque parcelle et peut être fréquemment aperçu hors de la forêt, provoquant de nombreux dégâts dans les terrains cultivés. Les divers petits massifs forestiers privés autour de la forêt domaniale seraient de véritables viviers à sangliers, car exempts de chasse. On l'aperçoit parfois même à proximité des zones habitées. À titre anecdotique, un sanglier, probablement traqué par des chasseurs, est même entré dans un bar de Taverny au printemps 2007Le parisien - Le sanglier égaré s'engouffre dans le restaurant, article du 28 février 2007.
La forêt compte également des oiseaux endémiques en Île-de-France et des batraciens.
La chasse La chasse en forêt est directement gérée par l'ONF. L'organisation de la chasse est placée sous la responsabilité d'un technicien qui doit mettre en œuvre d'importants dispositifs de sécurité. Une estimation du nombre d'animaux du massif est réalisée annuellement. Elle permet de réaliser un plan de chasse, qui doit ensuite être agréé par le ministère de tutelle. Douze jeudis de chasse ont eu lieu en 2007, permettant l'abattage d'environ cinquante chevreuils et deux-cents sangliers. Ce nombre ne fait que limiter l'accroissement de cette dernière espèce. Le renard est également en forte progression mais demeure peu chassé.
Les accotements sont régulièrement élagués afin de préserver la faune entomologique et de mieux sécuriser les lignes de tirs lors des chassesMagazine Vivre en Val-d'Oise, op. cit., p 20-21..
Gestion forestière La gestion de la forêt par l'ONF s'inscrit dans un plan d'aménagement de 2004 à 2023, élaboré à la suite d'une vaste étude qui a permis un état des lieux exhaustif des peuplements du massif. L'ONF a pour mission d'assurer la pérennité du massif grâce à son entretien tout en garantissant un développement durable. Elle se doit de concilier l'intérêt sylvicole avec l'intérêt du public. Son principal objectif est l'accueil du public, comme toutes les forêts dites périurbaines. Elle assure par ailleurs une mission de production de bois, dont la vente aux exploitants forestiers couvre partiellement le financement de l'entretien et de la préservation du massif.
Le plan d'aménagement de la forêt voisine de L'Isle-Adam s'est achevé en 2006, celui de Carnelle s'est achevé fin 2007Magazine Vivre en Val-d'Oise, op. cit., p 17-18..
La gestion forestière prend aujourd'hui en compte le développement durable, c'est-à-dire les enjeux biologiques et écologiques, ce qui n'était pas le cas il y a seulement trente ans. Plus spécifiquement dans le massif, les milieux écologiques spécifiques comme les tourbières sont protégées. Le débardage à cheval fait partie des méthodes naturelles employées pour l'entretien du massif, en partenariat avec les haras nationaux.
Seuls trois agents patrimoniaux de l'ONF sont basés en permanence en forêt, occupant des fonctions plutôt transversales. Avec cinq autres fonctionnaires du département, ils assurent à la demande l'entretien des forêts privées ou dépendant de collectivités du Val-d'Oise. Ils interviennent par ailleurs sur trois massifs propriété de l'agence des espaces verts de la région, la forêt d'Écouen, la Butte-Pinson et le massif forestier des Buttes du ParisisMagazine Vivre en Val-d'Oise, op. cit., p 21..
Maladie de l'encre La réapparition dans les années / de la maladie de l'encre, qui entraîne le dépérissement des populations de châtaigniers, a conduit le Ministère de l'agriculture à placer le massif forestier en état de crise sanitaire en 2018. L'ONF, chargé de la gestion forestière, a procédé par la suite à des coupes massives de parcelles et à la plantation d'autres espèces considérées plus adaptées comme des chênes sessile, des érables, ou encore des merisiers, des cèdres et des pins. Ces coupes massives entraînent bien souvent des plaintes et des interrogations de la part des nombreux usagers de la forêt mais aussi des communes environnantes.
Gestion administrative thumb|Le chemin de l'Entonnoir, aménagé à proximité du château de la Chasse.