Lamanon est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle fait partie de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Ses habitants sont appelés les Lamanonais..
Géographie
Accès, voies de communication et transports
Réseau routier
Routes nationales et départementales : la route départementale 538 traverse la commune selon un axe nord-sud. Les routes départementales 72 et 72f réalisent la liaison entre celle-ci et le village à l'ouest. La route départementale 17d traverse la commune sur un axe est-ouest. Autoroute : l'autoroute la plus proche est l'autoroute A7. Dans le sens nord-sud, la sortie se fait via l'échangeur Salon-Nord ou, dans les deux sens, l'échangeur Sénas, puis la route départementale 538 vers Salon-de-Provence. La commune possède une aire d'autoroute : l'aire de repos de Lamanon.
Chemin de fer Lamanon possède une gare SNCF. Initialement construite par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée en 1873, elle est située au point kilométrique 48,964 sur la ligne d'Avignon à Miramas.
En 1889 s'ouvre la ligne d'Eyguières à Meyrargues, gérée par une compagnie différente, la Compagnie des chemins de fer régionaux des Bouches-du-Rhône. Ainsi, jusqu'à la fermeture de cette ligne en 1950, Lamanon possédait deux gares distinctes..
Aujourd'hui, la ville est desservie par la ligne 9 des trains Zou! (Marseille - Avignon, par Salon-de-Provence et CavaillonSite de TER PACA.).
Transport en commun
Réseau La Métropole Mobilité (Salon Etang Côte Bleue) : ligne 13.
Communes limitrophes
Relief et géologie À l'ouest de la commune, on trouve le défens d'Eyguières, partie du « Défends », élévation septentrionale du massif des Alpilles. Au nord-est, on trouve le défens d'Alleins et, au sud-est, les collines de Roquerousse et le point le plus haut de la commune... Entre les trois, la plaine et le bourg.
À l'époque du Miocène, 12 millions d’années avant notre ère, la Durance ne se jetait pas dans le Rhône, mais dans la Méditerranée. Elle passait le seuil de LamanonJean-Paul Clébert et Jean-Pierre Rouyer, La Durance, Privat, Toulouse, 1991, dans la collection Rivières et vallées de France, , p. 11, puis faisait un large delta dont l'étang de Berre et la plaine de la Crau et ses galets sont les restes. La plaine de Lamanon est donc constituée de l'ancienne vallée de la Durance et de ses alluvions.
Encore aujourd'hui, le col de Lamanon creusé par la Durance est un moyen très prisé de franchissement entre la vallée de la Durance et l'étang de Berre. On l'a utilisé notamment pour l'autoroute A7 et surtout pour le canal EDF, qui s'éloigne de la Durance à Mallemort et se jette dans l'étang de Berre.
Sismicité
À la suite du décret du définissant le zonage sismique de la France, les Bouches-du-Rhône ont été découpés de la manière suivanteLa sismicité des Bouches-du-Rhône : Zone II, zone qui correspond à une « sismicité moyenne » : les cantons de Lambesc, Peyrolles-en-Provence et Salon-de-Provence, tous trois de l'arrondissement d’Aix-en-Provence ; Zone Ib, zone qui correspond à une « sismicité faible » : les cantons d'Aix-en-Provence et Trets de l'arrondissement d’Aix-en-Provence, les cantons d'Eyguières et Orgon de l'arrondissement d'Arles et les cantons de Berre-l'Etang, Istres-Nord et Istres-Sud de l'arrondissement d'Istres ; Zone Ia, zone qui correspond à une « sismicité très faible » : tous les autres cantons de l'arrondissement d’Aix-en-Provence, les cantons d'Arles-Est, Châteaurenard et Saint-Rémy-de-Provence de l'arrondissement d'Arles, les cantons de Marignane, Martigues-Est et Martigues-Ouest de l'arrondissement d'Istres, et enfin le canton de Roquevaire de l'arrondissement de Marseille ; Zone 0, zone qui correspond à une « sismicité négligeable » : tous les autres.
Hydrographie
Plusieurs canaux de tailles et débits variables passent sur la commune : Le canal commun Boisgelin-Craponne, le canal d'Alleins, le canal septentrional des Alpilles, le canal du vallat de Madame... et le plus important, le canal EDF de la Durance qui dessert la centrale électrique de Saint-Chamas, en bordure de l'étang de Berre.
Au nord du bourg, on trouve une source, la source Saint-Denis.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Salon-de-Provence à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Lamanon est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Salon-de-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (52,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (23,1 %), zones agricoles hétérogènes (19,8 %), prairies (17,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,1 %), cultures permanentes (13,4 %), zones urbanisées (5,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,1 %), terres arables (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La forme la plus ancienne est Alamannon, attestée vers 1031. Elle dérive ensuite en de Lamanone (1253). Ce toponyme suggère le nom d'un homme germain, Alaman, marquant une origine ethnique, auquel a été ajouté le suffixe -onem, le a initial pris pour la préposition à ayant disparu par aphérèseAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1822..
En provençal, « Lamanon » s'écrit « Lamanoun » selon la graphie mistralienne et ̇« Lamanon » en graphie classique, et se prononce .
Histoire Préhistoire et Antiquité
Au nord du village moderne, le site archéologique présente des habitats préhistoriques et médiévaux. Jusqu'au les grottes de Calès sont habitées. Ce site constitue un oppidum comme il en existe beaucoup dans les Alpilles durant la Protohistoire. Des chemins relient alors les différents villages ; ainsi une voie directe relie alors Lamanon au castrum d'AureilleY. Marcadal, « Les oppida des Alpilles », in Les Alpilles, op. cit, p. 146.. Lors de la seconde partie du premier âge du Fer (), la population se sédentarise et se met à construire en dur. Le castrum se structure à la manière d'un village avec ses rues et ses maisons adossées. Le processus d'installation permanente est à mettre en parallèle avec l'intensification des échanges économiques avec les commerçants méditerranéens. En échange de produits de luxe, les habitants des Alpilles produisent des céréales et passent d'un état d'autarcie à une véritable économie d'échange. Au cours des siècles suivants, la population des Alpilles diminue de façon importante : le comptoir grec d'Arles attire de nombreux habitants venus de toute la région. Mais dès la fin de l'Âge du fer (), plusieurs sites sont occupés à nouveau.
Les oppida des Alpilles, dont celui de Lamanon, sont démantelés avec l'installation romaine en Provence. Certains subsistent et deviennent des lieux de culte, comme la chapelle Saint-JeanChapelle Saint-Jean, sur Patrimages Drac PacaY. Marcadal, « À la périphérie de la chaîne », in Les Alpilles, op. cit., p. 147..
Moyen Âge vignette|Blason de la famille de Lamanon À la fin du , Pons de Brugérias seigneur catalan, reçoit du comte de Provence la seigneurie de Lamanon et construit un château sur l'oppidum et devient seigneur d'Alamanon. Ses deux fils, Pons d'Alamanon, futur seigneur de Rognes et son frère, Bertrand d'Alamanon, seigneur troubadour, ainsi que leur descendance marqueront l'histoire de la Provence jusqu'au . La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le roi de France, Charles VI, intervient et envoie le sénéchal de Beaucaire, Enguerrand d'Eudin, qui fait la conquête de Lamanon à l’été 1383. Lorsque Louis meurt et que sa veuve, Marie de Blois, arrive en Provence pour défendre les droits de son fils Louis II, elle réclame que le sénéchal lui cède la ville, ce qu’il refuse par instruction du roi de FranceGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 407 et 413 (note 61)..
Période moderne