Saint-Martin-de-Crau est une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Saint-Martinois. ou les Cravens .

Créée par distraction de la commune d'Arles en 1925 et dotée d'une superficie de , Saint-Martin-de-Crau est la treizième commune la plus étendue de France métropolitaine (donnée Insee), la quatrième des Bouches-du-Rhône, après Arles, Saintes-Maries-de-la-Mer et Marseille. Au recensement de 2017, la commune comptait une population de , ce qui en fait la par ordre de population dans les Bouches-du-Rhône.

Au cours du , et particulièrement depuis les années 1970, la population de la commune s'est considérablement accrue. Le développement industriel de Saint-Martin-de-Crau et sa région en est l'explication. L'installation de l'entreprise sidérurgique Solmer, à Fos-sur-Mer, a provoqué l'arrivée d'une importante population, originaire notamment de Lorraine, sur le territoire de Saint-Martin-de-Crau. Plus , le développement rapide de la principale zone industrielle de la commune, créant en quelques années plus de , a généré aussi l'arrivée de nombreuses familles. Le développement urbain de Saint-Martin se poursuit donc avec la création de plusieurs lotissements d'habitations et d'infrastructures liées à cette évolution.

Géographie

Localisation vignette|Rond-point d'entrée de la ville par le sud. vignette|alt=|Plan d'eau de l'Arborétum

Saint-Martin-de-Crau se situe dans la partie nord de la Crau, à mi-chemin entre Salon-de-Provence et Arles. La commune dont elle est la plus proche, Mouriès, se situe à sept kilomètres. Maussane-les-Alpilles et Paradou, au nord, se trouvent à neuf kilomètres, tandis que les Baux-de-Provence sont à douze kilomètres du centre de Saint-Martin.

La lisière nord de la commune peut être considérée comme une partie des Alpilles, notamment le massif de Santa Fé et de Chambremont, aussi dénommé massif des Costières, qui marque la frontière entre Saint-Martin-de-Crau et les anciens marais des Baux. C'est la seule partie du territoire de Saint-Martin ne faisant pas partie de la Crau.. À l'est, le Grand Brahis marque la frontière avec les communes d'Aureille et d'Eyguières

La plus grande partie de la commune de Saint-Martin se situe en Crau. Cette Crau est divisée en deux, la Crau sèche et la Crau humide, où est cultivé le foin de Crau. La Crau est une zone étendue de steppe aride constituant le seul biome steppique d'Europe occidentale. Cette zone immense fait de Saint-Martin-de-Crau la cinquième commune de France métropolitaine pour ce qui est de la superficie. Seule l'extrême partie nord de la commune, le plateau des Costières, appartient au massif des Alpilles, ce qui permet à Saint-Martin-de-Crau d'être une des seize communes du Parc naturel régional des Alpilles. La ville est une ville fleurie (niveau trois fleurs) par le Conseil National des villes et villages fleuries de France..

Communes limitrophes

Villes voisines

Géologie Les premières glaciations provoquent, depuis Lamanon, la survenue d'un delta qui s'étend jusqu'à Arles et Fos-sur-Mer. Dans le même temps, des roches venues des Alpes sont déposées par la Durance sur la Crau... L'ouverture d'une faille entre les Alpilles et le Luberon lors de la glaciation du Würm permet l'évacuation des eaux de la Crau. La Durance va faire son lit plus au nord, sur son emplacement actuel« Quand la Durance laisse place à la steppe », réserve naturelle des coussouls de Crau.. Il reste, aujourd'hui encore, cinquante centimètres de galets de la Durance à la surface du sol de la Crau, donnant au territoire de Saint-Martin-de-Crau une originalité sans équivalent. La couleur rouge du sol provient de la ferrugination de ces terres non calcaires« Les sols », réserve naturelle des coussouls de Crau.. Passés ces cinquante centimètres de galets apparaît sur plusieurs mètres une couche de poudingue (ou taparas« La plaine de la Crau », ceep.asso.fr.), cimentée par les écoulements calcaires. Cette couche est quasi imperméable et les racines de végétaux ne peuvent généralement la passer« Sous les galets, la dalle », réserve naturelle des coussouls de Crau., ce qui explique la présence d'une steppe aride en surface, malgré l'abondance des nappes phréatiques peu profondes alimentées par les eaux d'irrigation des prairies de foin de Crau.

Sismicité À la suite du décret du définissant le zonage sismique de la France, les Bouches-du-Rhône ont été découpés de la manière suivanteLa sismicité des Bouches-du-Rhône. : zone II, zone qui correspond à une « sismicité moyenne » : les cantons de Lambesc, Peyrolles-en-Provence et Salon-de-Provence, tous trois de l'arrondissement d’Aix-en-Provence ; zone Ib, zone qui correspond à une « sismicité faible » : les cantons d'Aix-en-Provence et Trets de l'arrondissement d’Aix-en-Provence, les cantons d'Eyguières et Orgon de l'arrondissement d'Arles et les cantons de Berre-l'Etang, Istres-Nord et Istres-Sud de l'arrondissement d'Istres ; zone Ia, zone qui correspond à une « sismicité très faible » : tous les autres cantons de l'arrondissement d’Aix-en-Provence, les cantons d'Arles-Est, Châteaurenard et Saint-Rémy-de-Provence de l'arrondissement d'Arles, les cantons de Marignane, Martigues-Est et Martigues-Ouest de l'arrondissement d'Istres, et enfin le canton de Roquevaire de l'arrondissement de Marseille ; zone 0, zone qui correspond à une « sismicité négligeable » : tous les autres.

Hydrographie vignette|redresse=1.4|Réseau hydrographique de Saint-Martin-de-Crau. vignette|Entrée de l'arboretum « Le Jardin de Gaston ». Saint-Martin-de-Crau est situé sur d'anciennes zones marécageuses. L'urbanisation a permis de gagner sur les marais, Le Petit Saint Martin,la ZAC du Cabrau, la ZAC de la Chapelette et les Ferrades en sont les principaux exemples. La commune est traversée par la Chapelette, cours d'eau qui prend sa source au Petit Mas de Paul et à la Lieutenante et qui se jette dans les marais de Meyranne sur la commune d'Arles. On note également la présence de deux étangs situés au sud de la commune, l'étang des Aulnes, le plus réputé, et l'étang de la Dynamite situé dans l'enceinte d'EPC, ils sont d'importantes réserves ornithologiques.

L'étang des Aulnes. L'étang des Aulnes est un des trois sites du Néolithique recensés en CrauAvec le site de la Carougnade et celui de l'étang d'Entressen.« Arles avant Arles : préhistoire de la région », Gérard Sauzade, in Arles – Histoire, territoires et cultures, Imprimerie nationale éditions, Paris, 2008, .. Sur les rives de l'étang des Aulnes se trouve un domaine de trois cents hectares appartenant depuis 1988 au Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône« Domaine de l’Etang des Aulnes », site officiel de la mairie. et dont la construction remonte à 1213. L'étang de la Baisse-de-Raillon. À l'ouest, l'étang de la Baisse-de-Raillon est visible depuis la RN113. Les lacs artificiels. Dans la ville de Saint-Martin-de-Crau coexistent deux lacs artificiels qui, outre l'agrément qu'ils procurent aux riverains, servent aussi de déversoir en cas de fortes précipitations. Le lac du Domaine-du-Lac est le plus ancien. Il est alimenté par un cours d'eau et appartient au domaine public de la commune depuis 2007« Domaine du Lac », site officiel de la mairie.. L'autre, le lac de l'arboretum « Le jardin de Gaston », a été créé en « Arboretum "Le Jardin de Gaston" », site officiel de la mairie.. Canal de Craponne. En 1554, un arrêté du Parlement de Provence, confère à Adam de Craponne le droit de détourner les eaux de la Durance jusqu'à Salon, et de là, jusqu'à la mer. Adam de Craponne construisit entre 1557 et 1558 le canal qui porte son nom, qui permit d'irriguer la Crau avec de l'eau provenant de la Durance. Craponne finança personnellement les travaux, mais dut également faire des emprunts, notamment auprès de Nostradamus. C'est grâce à l'irrigation gravitaire issue du canal de Craponne, que la Crau devient au un espace de conquête agricole la Crau humide. Les productions fourragères, maraîchères et l'arboriculture se développent dans la partie nord de la commune, contrastant avec les coussouls de Crau sèche.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arles à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Flore et faune vignette|Paysage de coussoul, sur le territoire de Saint-Martin-de-Crau. vignette|Coussoul de Crau La flore de la plaine de la Crau se rapproche de celle des étendues steppiques que l'on observe en Afrique du Nord et dans les montagnes d'Espagne, dont le climat et surtout les conditions de pâturage sont assez similaires « La Crau sèche », Inventaire du Patrimoine Naturel de Provence-Alpes Côte d'Azur.. Les plantes les plus caractéristiques sont l'asphodèle (Asphodelus ayardii) et la stipe (Stipa capillata) qui s'associent harmonieusement. est très bien développée et constitue en Crau sèche une association particulière appelé l'asphodeletum fistulosi.

L'ensemble de la flore cravine associée à son sol est dénommé « coussoul ». On note des variations de flore entre le nord de la Crau (limite méridionale de Saint-Martin-de-Crau), plus humide, et le sud, plus sec et aride. Les plantes annuelles y sont très présentes (50 % de plantes à graines).

Dans les zones où le sol n'est pas constitué de poudingue affleurant, le chêne vert est caractéristique du paysage saint-martinois. Il abonde d'autant plus qu'il a quasiment cessé d'être utilisé comme bois de chauffage« La chênaie de coustière », réserve naturelle des coussouls de Crau.. Typologie Au , Saint-Martin-de-Crau est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022..