Des élections législatives ont lieu aux Fidji du 18 au , pour renouveler l'ensemble des soixante-et-onze sièges de la Chambre des Représentants, chambre basse du Parlement.

Les députés sont élus avec un mandat de cinq ans. Le gouvernement (Premier ministre et ministres) émane de sa majorité.

Contexte et partis politiques Le Premier ministre sortant, le général Sitiveni Rabuka, avait pris le pouvoir par un coup d'État militaire en 1987, renversant le gouvernement travailliste du Premier ministre Timoci Bavadra. Alléguant la nécessité de sauvegarder la suprématie de la population autochtone, Rabuka avait restreint les droits politiques des Indo-Fidjiens, descendants de migrants venus d'Inde à la fin du et au début du . En particulier, une nouvelle Constitution en 1990 garantissait une majorité de sièges au Parlement pour les autochtones. Sous cette Constitution (abrogée par la suite en 1997), les électeurs catégorisés comme autochtones élisent trente-huit députés, nécessairement autochtones, et les électeurs catégorisés comme 'Indiens' élisent vingt-sept députés issus de leur communauté, malgré la quasi-parité démographique entre ces deux principales communautés. Un siège revient aux autochtones polynésiens de Rotuma, et les cinq autres sièges sont réservés aux représentants des autres minorités, confondues - c'est-à-dire notamment les citoyens d'origine ethnique 'européenne' ou 'asiatique' (autre qu'indienne). En outre, la tête du gouvernement est réservée aux Fidjiens autochtonesAdrien Rodd, "Relations interethniques aux Îles Fidji : deux 'minorités' face à face ?", in Lucienne Germain et Didier Lassalle (éds.), Les Relations interethniques dans l'aire anglophone, entre collaboration(s) et rejet(s), L'Harmattan, 2009, ..

Les élections précédentes ont eu lieu en 1992, produisant une législature mandatée jusqu'en 1997. Le scrutin de 1994 est donc une élection anticipée. Elle est provoquée par un rejet du budget par le Parlement, synonyme d'un retrait de confiance en l'exécutif par le législatif. Ce rejet du budget est lui-même provoqué par une scission dans le principal parti du gouvernement Rabuka, le Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei ("Parti politique autochtone", en fidjien ; SVT), parti conservateur et nationaliste autochtone Résultat des élections législatives de 1994, Union inter-parlementaire.

Le gouvernement sortant est une coalition du SVT autochtone et du Parti des Électeurs généraux (GVP), représentant les intérêts des petites minorités ethniques (électeurs blancs, asiatiques, métis... dits « électeurs généraux »), tout en soutenant le SVT. Face à lui, trois principales forces d'opposition : le Parti de la Fédération nationale (NFP), représentant principalement la population rurale indo-fidjienne ; le Parti travailliste fidjien (FLP), principal mouvement de centre-gauche, multi-ethnique et issu des forces syndicales, mais soutenu surtout par des Indo-Fidjiens ; et le Parti de l'Association fidjienne (FAP), autochtone, issu d'une scission dans le SVT, et davantage disposé à s'entendre avec les représentants politiques indo-fidjiens.

Résultats + Résultats nationauxElections in Asia II, Nohlen et al. Parti Voix % +/- Sièges +/- Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei 40,91 31 Parti de la fédération nationale 17,79 20 Parti travailliste 14,65 7 Parti de l'Association fidjienne 9,86 5 Congrès national 6,15 1 Parti nationaliste fidjien 4,07 0 Soqosoqo ni Taukei ni Vanua 1,81 0 Parti des Électeurs généraux 1,22 4 Indépendants 3,54 2 Votes valides 99,06 Votes blancs et nuls 0,94 Total 100 – 70 Abstentions 27,42 Inscrits / participation 72,58

Analyse L'élection est une déconvenue pour la nouvelle formation politique qu'est l'Association fidjienne. Le SVT de Sitiveni Rabuka, soutenu par la majeure partie de la population autochtone, obtient trente-deux sièges, soit quatre de moins que la majorité absolue. Le Parti des Électeurs généraux, avec quatre députés, lui renouvelle son soutien, lui permettant ainsi de gouverner, et il conforte sa majorité parlementaire grâce à la confiance des deux députés sans étiquette. La communauté indo-fidjienne, pour sa part, a majoritairement porté ses suffrages sur le NFP, qui connaît là sa dernière bonne performance électorale ; il s'effondrera aux élections de 1999.

Fort de ses soutiens, Rabuka constitue à nouveau un gouvernement exclusivement autochtone.

Références

Fidji 1994 Fidgi Catégorie:1994 aux Fidji