Jacques Jaujard, né le à Asnières-sur-SeineDictionnaire Malraux, CNRS Éditions, 2011. et mort le à Paris (14 arrondissementArchives de Paris Acte de décès du 22/06/1967, vue 20 / 31), est un haut fonctionnaire français de l'administration des Beaux-Arts.
Biographie Le journaliste Jacques Jaujard naît dans une famille protestante, fils d'Henri Jaujard et de Marie-Denise Delieux. Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il est engagé volontaire au mois d'. Réformé en pour maladie contractée au service, il devient journaliste en 1917 et collabore à L'Intransigeant puis à L'Œuvre, où il s'occupe successivement de la rubrique économique puis de la grande information. Il travaille également pour L'Ère nouvelle et Bonsoir.
Dans les cabinets ministériels Secrétaire de Paul Painlevé en 1922, il est, en 1924, chef adjoint du cabinet du président de la Chambre des députés, puis, en 1925, chef de cabinet du président du Conseil, ministre de la Guerre.
Au service des musées nationaux Secrétaire général des Musées nationaux en 1925, sous-directeur des Musées nationaux en 1933, il est nommé directeur des Musées nationaux et de l'École du Louvre en 1940. Il met notamment en œuvre la réorganisation de l’École du Louvre, la réforme du statut des musées nationaux et communaux, la création de l’Inspection générale des musées de province, première étape de la décentralisation artistique, et anime les expositions officielles qui se tiennent à Paris dans les années 1930 à 1950.
La sauvegarde des collections du musée du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale
Pendant la guerre civile espagnole, il veille à l’évacuation des collections du musée du Prado et d’autres trésors menacés. Durant l'Occupation il tente sans succès de faire accepter aux Allemands l'établissement d'un inventaire des œuvres en partanceClaude Lorentz, La France et les restitutions allemandes au lendemain de la seconde guerre mondiale (1943-1954), note 4 Direction des archives et de la documentation . Avec René Huyghe et Maurice Sérullaz, il organise, contre les injonctions du gouvernement de Vichy, le déménagement et la mise en sûreté en province (Chambord, château de Sourches, Midi, château de Saint-Blancard (Gers), abbaye de Loc-Dieu (Aveyron), etc.) des œuvres d'art du musée du Louvre, en lien avec les conservateurs Germain Bazin, André Chamson et René Huyghe. Il contribue à la sauvegarde des collections d'art publiques et privées (collection Maurice de Rothschild), et encourage l'action de Rose Valland au musée du Jeu de Paume.
Le comte Franz von Wolff-Metternich qui dirige la Kunstschutz en France occupée de 1940 à 1942 ferme les yeux sur ses activitésAlain Pélissier, « Jacques Jaujard (1895-1967) : patrimoine », site de la Presse régionale protestante, mis en ligne le 23 février 2017, consulté le 9 décembre 2017.. Toutefois dans la deuxième partie de la guerre, Jacques Jaujard doit se cacher et se réfugie en LozèreCité dans la Revue Causses et Cévennes, 1968, , ..
Préparer l'après-guerre Membre de la Résistance et du Grand Orient de France, il fait la rencontre de l’actrice Jeanne Boitel qui, espionne sous le nom de « Mozart », lui a été envoyée par la Résistance, pour discuter du sort des œuvres qu’il a dissimulées. Ils tombent amoureux l'un de l'autre.
À la Libération il est accusé d'avoir caché des soldats allemands au Louvre, il est sauvé par le témoignage de Robert Rey conservateur et également membre du NAP.
Directeur des Arts et Lettres En , à la Libération, il est nommé directeur général des Beaux-Arts, puis, en décembre, directeur général des Arts et des Lettres. Il réforme les théâtres nationaux, crée la Caisse nationale des lettres et les centres dramatiques de province.
Secrétaire général du ministère des Affaires culturelles En , à la création du Ministère d'État chargé des Affaires culturelles confié à André Malraux, Jaujard en devient le secrétaire général. Il a pour mission de coordonner les différents services placés sous l’autorité du ministre : Arts et Lettres, Théâtres nationaux, Monuments historiques, Cinémas, Propagande touristique, Éducation populaire. Il fait valoir ses droits à la retraite en mais devient conseiller d’État en service extraordinaire et directeur général honoraire des Arts et Lettres. Il préside parallèlement l'Association française d'action artistique (AFAA) jusqu'en 1967. À partir de 1962, il est chargé de l'organisation de toutes les expositions en France et à l'étranger, avec le concours des services dépendant du ministère des Affaires culturelles.
En , il devient membre du comité d'étude pour la préparation du second plan quinquennal d’expansion culturelle du ministère des Affaires étrangères. En , il est membre du Conseil économique et social, au sein de la section de l’adaptation à la recherche technique et de l’information économique, au titre des personnalités qualifiées dans le domaine économique, social, scientifique ou culturel. Fin 1966, il est brusquement débarqué par Malraux qui lui promet un nouveau poste qui n’arrivera jamais. Dix mois plus tard, il meurt le à Paris d’une embolie pulmonaire.
Vie privée Né dans une famille protestante, il est déjà marié lorsqu’il fait la connaissance de Jeanne Boitel, célèbre comédienne française engagée dans la Résistance, avec qui il doit travailler à répertorier les œuvres volées par les Allemands et celles qu’il a dissimulées. Jacques Jaujard tombe amoureux de l'actrice et il divorcera plusieurs années après leur rencontre pour pouvoir l'épouser. Ils eurent un fils, François-Xavier Jaujard (1946-1996), qui fut traducteur et éditeur.
Distinctions et hommages vignette|La porte Jaujard de l'École du Louvre. (1958) (1946) (1957) de plein droit en tant que membre du conseil de l'ordre des Arts et des Lettres sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre de l'Économie nationale en qualité de « conseiller d'État en service extraordinaire » (1963) La de l'IRA de Lille porte les noms de Jacques Jaujard et Rose Valland Il est élu, en , à l'académie des Beaux-Arts, au fauteuil de Lucien Lacaze L'entrée principale de l'École du Louvre porte le nom de Jacques Jaujard
La Revue des musées de France publie en 1967 un hommage d'André Chamson à Jacques Jaujard qui se conclut ainsi :
Dans les arts et la culture populaire
Filmographie
Cinéma 2015 : Francofonia d'Alexandre Sokourov, évoque également, en utilisant des images d'archives, le rôle qu'il a joué dans la sauvegarde du patrimoine artistique du Louvre ; 2026 : Les Héros du Louvre d'Élie Chouraqui, où Jacques Jaujard est interprété par Bernard Le Coq.
Documentaires 2014 Jean-Pierre Devillers et Pierre Pochard : Illustre et Inconnu. Comment Jacques Jaujard a sauvé le Louvre
Jeux Jacques Jaujard est le personnage principal du Serious Game Sauvons le Louvre ! réalisé en partenariat avec France Télévision, qui propose de revivre les enjeux de la conservation du patrimoine culturel en temps d’occupation Nazie.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Gaston Palewski, Notice sur la vie et les travaux de Jacques Jaujard (1895-1967), Paris, Institut de France, Académie des Beaux-Arts, séance du , 27 p. Jacques Jaujard, Feuilles, Paris, A. Blaizot, 1974, 64 p. Françoise des Varennes, Jacques Jaujard : un bienfaiteur de la culture, Paris, Institut de France, 1984, 16 p. Guillaume Fonkenell, Le Louvre pendant la guerre. Regards photographiques, 1938-1947, catalogue de l’exposition organisée au Musée du Louvre, Paris, Musée du Louvre-Éd. Passage, 2009, 165 p.
Liens externes
Notice biographique sur monumentsmenfoundation.org
Sources Aux Archives nationales : Dossier de documentation de la direction des Renseignements généraux, sous la cote F/7/15530/B, . Dossier de pension, sous la cote F/17/27852. Dossier de Légion d'honneur, sous la cote 19800035/875, dossier 2725 Archives du secrétariat du directeur général des Arts et des Lettres (DGAL) (1944-1955) F/21/8457-F/21/8647.
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