Bruno Foucart, né à Cambrai le et mort à Courbevoie le , est un historien de l’art et universitaire français. Par ses publications, son enseignement et ses diverses responsabilités, il est une figure essentielle des recherches sur l’art et l’architecture du et de la première moitié du .
Biographie
Carrière universitaire Né à Cambrai le , Bruno Foucart grandit à Dijon où son père, Jacques Foucart-Borville, est nommé magistrat. Après des études au lycée Carnot, il intègre l’École normale supérieure de Paris en 1959. Une fois accompli son service militaire en Algérie, il obtient l’agrégation de lettres classiques en 1963, puis entre au CNRS en 1965, où il travaille à l’Inventaire général.
Il s’oriente alors vers des études d’histoire de l’art à l’université de la Sorbonne. Inscrit en doctorat sous la direction de René Jullian puis, après la retraite de ce dernier, sous celle d’Yves Bottineau, il soutient sa thèse sur « Le renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860) » en 1980. Publiée en 1987 chez Arthena, cette étude est alors à contre-courant des opinions et des goûts de l’époque : mettant en lumière l’œuvre des disciples d’Ingres, elle constitue le premier volet de sa réhabilitation du mal aimé.
Assistant à la Sorbonne durant son doctorat, il enseigne ensuite aux universités de Bourgogne, Paris-Nanterre et Sorbonne Université (1983-2006) ainsi qu’à l’École nationale supérieure des beaux-arts et à l’École de Chaillot. Ce long magistère, durant lequel il dirige quelque cent cinquante thèses et de très nombreux masters, lui permet de former plusieurs générations d’historiens de l’art et de conservateursComme en témoigne unanimement la quarantaine de contributeurs des Mélanges en l’honneur de Bruno Foucart, Paris, Norma éditions, 2008..
Responsabilités politiques et administratives
Dans les cabinets ministériels Parallèlement à ses activités de chercheur et d’enseignant, Bruno Foucart a des responsabilités dans divers cabinets ministériels. Il fait ainsi partie, de à , de l’équipe de Xavier Deniau, secrétaire d’État chargé des Départements et des Territoires d’outre-mer, avant de rejoindre, de février à , le cabinet d’Alain Peyrefitte, ministre des Affaires culturelles, puis, de à , celui de son successeur Michel Guy, secrétaire d’État à la Culture de Valéry Giscard d’Estaing, en tant que conseiller technique chargé de l'architecture et du patrimoine. Il prend part à l'inscription de la gare d’Orsay à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le – ce qui permettra au bâtiment de devenir le musée du même nom –, ainsi qu’à la transformation de l’hôtel Salé en musée Picasso en 1974–1975. Comme l’écrit Jean-Jacques Aillagon, il aura « marqué l’histoire du ministère de la Culture et l’histoire des politiques en faveur du patrimoine de façon éclatante et déterminante, comme peu de conseillers auront pu le faire au sein d’un cabinet, en si peu de temps ».vignette|L’École normale supérieure (Paris).
Organismes et sociétés savantes gauche|vignette|La galerie Colbert accueillant le Centre André-Chastel.|250x250px Parrainé par André Chastel et Jacques Thuillier, Bruno Foucart devient membre de la Société de l’histoire de l’art français en 1969, avant d'en devenir le secrétaire général de 1977 à 2004. Y faisant entrer un grand nombre de nouveaux adhérents issus de l'université comme du monde des musées, il contribue à élargir le champ d’étude de la SHAF à la seconde moitié du et même au . Sur un temps encore plus long, de 1973 à sa mort, il est également le secrétaire général de l’Institut Napoléon.
Des années 1990 aux années 2000, il est directeur de l’UFR d’Art et Archéologie de Sorbonne Universitéqui siège au Centre Michelet, période durant laquelle il favorise l’essor du département des arts décoratifs, et directeur du CRHAAM (Centre de recherche sur l’histoire de l’art et l’architecture moderne), devenu depuis 2004 le Centre André-Chastel. Enfin, en 2006, il est nommé président du Comité du patrimoine cultuel au ministère de la Culture.
Donations aux musées En 2021, trois ans après sa mort, son frère Jacques Foucart et l'épouse de celui-ci, Élisabeth Foucart-Walter, donnent à plusieurs musées français des œuvres qu'il avait collectionnées de son vivant. C'est ainsi que le musée d'Orsay – dont la Société des amis avait été administrée par Bruno Foucart – hérite de quatre dessins, un pastel (Bonaparte d'Henri de Groux) et deux huiles. Six autres établissements bénéficient de ces dons : le musée des beaux-arts de Caen, le musée des Avelines de Saint-Cloud (Le Zouave trappiste d'Horace Vernet), le musée Ingres-Bourdelle de Montauban, le musée d'art et d'archéologie de Senlis, le musée des beaux-arts de Rennes et le Petit Palais de Paris.
Axes de recherche vignette|Basilique Saint-Nicolas de Nantes, un exemple d'architecture néo-gothique défendu par Bruno Foucart.|253x253px Avant même sa thèse sur la peinture religieuse, Bruno Foucart publie en 1974 l’article « Comment peut-on aimer une église du ? Ou de la réhabilitation du pastiche », texte pionnier et fondateur qui lance les recherches sur l’art religieux du .
Très attaché à cette période, il joue également un rôle décisif dans la protection de son patrimoine architectural – qu’il soit sacré, civil ou industriel –, notamment en faisant inscrire ou classer plusieurs monuments au titre des Monuments historiques, et réhabilite avec éclat l’œuvre de l’architecte-restaurateur Eugène Viollet-le-Duc à l’occasion de l’exposition monographique au Grand Palais en 1980.
Se voyant confier, à partir de 1968, la direction scientifique de la bibliothèque Marmottan à Boulogne, il profite de ses nouvelles responsabilités pour organiser de nombreuses expositions sur Napoléon et l’Empire, mais aussi – preuve de l’éclectisme de ses goûts (notion qui lui était chèreVoir sa préface « Une histoire d’amour » à son anthologie personnelle publiée dans Deux Siècles précurseurs (Paris, Norma éditions, 2008, p. 13-21). Dans un article de L’Œil de juin 2008, Jean-Christophe Castelain décrit Bruno Foucart comme le laudateur d'un « qui accorde autant d’importance à Delacroix et Manet qu’aux “pompiers” et se libère de la perspective moderniste » (https://www.lejournaldesarts.fr/medias/bruno-foucart-essais-et-melanges-en-lhonneur-90928 ; consulté le 1er février 2013).) – pour développer l’intérêt du public pour l’architecture Art déco, très représentée dans la ville. Élu conseiller municipal de Boulogne, chargé de la culture, il joue également un rôle très important dans la création du musée des Années Trente et défend avec vigueur le patrimoine de la première moitié du . gauche|vignette|Eugène Viollet-le-Duc, photographié par Nadar.|255x255px
Publications Si sa thèse devient un livre en 1987, Bruno Foucart publie finalement peu d’ouvrages (voir la liste ci-dessous). En revanche, il est l’auteur d’un très grand nombre d’articles, essais et préfaces puisque sa bibliographie totalise quelque 400 entrées à la fin de sa vieVoir la bibliographie à la fin de l’anthologie Deux Siècles précurseurs (Paris, Norma éditions, 2008, p. 738-751) qui comptabilise 393 publications à la date de 2008.. Il écrit également régulièrement pour la presse, d’abord pour Le Quotidien de Paris (1981–1985), puis pour Beaux-Arts Magazine, Connaissance des arts et enfin Le Figaro littéraire. vignette|229x229px|Salle nommée en l'honneur de Bruno Foucart à l'université de Picardie Jules-Verne le 14 juin 2022.
Ouvrages
Préfaces et postfaces
Pierre-François-Léonard Fontaine, Journal :1799-1853, (préf. Bruno Foucart, Jean-Pierre Epron et Maurice Culot, texte établi par Marguerite David-Roy), Paris, École supérieure nationale des beaux-arts, Institut national d'architecture : Société de l'art français, 1987, ,
Articles
Bruno Foucart, « Victor Mottez et les fresques du salon Bertin », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1969, p. 153-173
Bruno Foucart, « Questel et la bibliothèque-musée de Grenoble (1862-1872) », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1975, p. 281-301 Bruno Foucart et Didier Rykner, « L'Ange et l'Enfant, iconographique d'un thème romantique sous l'inspiration de Jean Reboul », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 2004, p. 257-282
Catalogues d'exposition
Commissariat d'expositions « 20 ans d’architecture à Boulogne-Billancourt, 1920–1940 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « Amaury-Duval, 1808–1885 », Montrouge, salon, – « Le sculpteur Max Blondat, 1872–1925, du modern style à l'art déco », Beauvais, musée départemental de l'Oise, 1979 « Viollet-le-Duc », Paris, Galeries nationales du Grand Palais, – « Job, Napoléon mis en images », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « La tradition et l'innovation dans l'art français par les peintres des salons », Fukuoka, musée municipal, – « Raffet, 1804–1860 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « Un peintre de l’épopée napoléonienne : le colonel Langlois, 1789–1870 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan – « Camille de Tournon, le préfet de la Rome napoléonienne, 1809–1814 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « Scènes d’intérieur, aquarelles des collections Mario Praz et Chigi », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « Tapis d’Empire, maquettes de la collection Marmottan », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – Cette exposition a également été présentée à Roubaix, à La Piscine-musée d’Art et d’Industrie André Diligent, du 19 mars au 16 mai 2004. « Les clémences de Napoléon, l’image au service du mythe », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – « Brésil panoramique, papiers peints du », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – , avec Bernard Jacqué « Charles Meynier, 1763–1832 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – Cette exposition a également été présentée à Dijon, au musée Magnin, du 11 juillet au 12 octobre 2008. « Charlet. Aux origines de la légende napoléonienne, 1792–1845 », Boulogne-Billancourt, bibliothèque Marmottan, – , avec Nathalie BocherCette exposition a également été présenté au musée municipal de La Roche-sur-Yon, du 11 octobre 2008 au 17 janvier 2009.
Décorations Parmi les décorations françaises, Bruno Foucart est récipiendaire de : Il est chevalier du , et est promu officier le ; Il est chevalier du , et est promu officier le ;
Il est fait commandeur lors de la promotion du Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres..
Le , le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand remet à Bruno Foucart les insignes d’officier de l’ordre de la Légion d’honneur. À cette occasion, il salue comme « décisive » son action en faveur du patrimoine, ajoutant que ses travaux ont permis de révéler « au grand public l’intérêt des hôtels de ville, des palais de justice et des églises d’un siècle jusque-là décrié par les historiens de l’art ».
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Centre André-Chastel Bibliothèque Marmottan
Bibliographie
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Liens externes .
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