Kakha Avtandilovitch Bendoukidze ou plus souvent Kakha Bendoukidze (, ), né le à Tbilissi en URSS et mort le à Londres[grani.ru/Society/m.234957.html], est un homme d'affaires d'origine géorgienne, oligarque russe, ayant acquis la nationalité géorgienne en 2004. C'est aussi un ancien politicien géorgien (après la révolution des Roses, il a été ministre de l'Économie de Géorgie (de juin à ), puis ministre de la Coordination des réformes ( à ) puis chef de la chancellerie du cabinet du Gouvernement de la Géorgie (de à ).
Biographie Après des études générales puis de biologie, K. Bendoukidze est diplômé du département de biologie de l'université d'État de Tbilissi en 1977 puis de l'École doctorale de l'université d'État de Moscou en 1980.
Il entre dans la vie professionnelle en s'intéressant d'abord à la biologie moléculaire et au génie génétique en travaillant de 1981 à 1985 pour le Laboratoire de génétique moléculaire de l' Institute de Biotechnologie l' Institut de Biologie et de Physiologie des micro-organismesInstitute of Biology and Physiology of Microorganisms, Puschino à Puschino. De 1985 à 1988 il a été directeur du Laboratoire de génétique moléculaire de l'Institut de biotechnologie.
Ensuite, il s'est surtout fait connaître comme homme d'affaires et durant quelques années comme homme politique.
Homme d'affaires en Russie
Alors que la Russie s'ouvre au commerce international et à une certaine libéralisation, Bendoukidze ambitionne de devenir l'un des vingt premiers oligarques russes. Il veut aussi devenir une voix influente de la politique économique. Dans le cadre de la restauration d'un capitalisme russe, il s'enthousiasme alors pour les processus de privatisation de sociétés nationales ou coopératives.
En 1988, profitant de la Pérestroïka, il entre dans une entreprise coopérative “Inter” où il est invité par Mikhail Yuriev (futur vice-président de la Douma et par Michael Mogutov (avec lequel il créera bientôt « Bioprocess » puis « Bioprocess-NIPEK ». Bendoukidze se lance alors dans le domaine de la production pharmaceutique de produits biotechnologiques pour le diagnostic médical et scientifique.
Un an plus tard (1989), en collaboration avec un cabinet spécialisé (« Astarta ») il fonde une coentreprise soviéto-libanaise « Madzhess ». Cette entreprise sera bientôt soupçonnée de pratiques douteuses, mafieuses et criminelles, avec la vente de pétrole tchétchène à très bas prix à l'étranger, via un contrat douteux pour la fourniture de pétrole tchétchène à l'Angleterre et à la Bulgarie; le pétrole a été vendu à un prix inférieur, et le fournisseur « Chechenneftegazprodukt » n'a rien obtenu, après quoi (en ) le tchétchène Ruslan Utsiev (conseiller du président Johar Dudayev), et son frère Nazarbek Utsiev ainsi que Gennady Sanko (assistant de Yaragi Mamadaev) ont été assassinés. Les deux premiers auraient pu être impliqués dans des affaires criminelles liées à « Madzhess » et le troisième simplement en avoir été informéDatabase SB Group "Most" ("Kommersant": №8 from 02.1992, № 21 from 05.1993, "Kommersant-daily (en anaglais)" ou (http://www.kommersant.ru/ en russe]) from 19.03.1993, 20.03.1993, 30.03.1993, " Delovoy Mir" from 23.07.1992).
L'année suivante (1990) et avec le même cabinet Astarta, Bendoukidze crée une autre joint-venture, russo-Hong-Kongaise cette fois, baptisée « Web Technology » (enregistrée en 1990) dont il occupe le poste de directeur.
En novembre 1991, Bendoukidze investit dans l'industrie pétrolière euro-asiatique en créant le groupe NIPEK (People's oil investment industrial Euro-Asian corporation), avec une part importante du capital fixe apporté par ses entreprises « Bioprocess » et « Madzhess », ce qui lui permet d'en être membre du conseil d'administration. Malgré l'absence de statut officiel dans la direction du groupe, Bendoukidze semble avoir eu un impact considérable au sein de NIPEK, prenant même la parole au nom de la société dans la presse, et faisant par exemple un exposé lors de la réunion des actionnaires en 1993. Il prépare une souscription d'actions de NIPEK, qui sera accompagnée d'une campagne publicitaire présentant la société sous son meilleur jour. En 1992, le fonds statutaire de NIPEK est annoncé et présenté comme le plus grand parmi les sociétés d'investissement. La presse économique salue l'opération comme économiquement très intéressante pour les administrateurs et actionnairesThe database SB Group "Most" ("Kommersant": №8 from 02.1992, № 21 from 05.1993,"Kommersant-daily" from 03.19.1993, 20.03.1993, 30.03.1993, "Delovoy Mir" from 23.07.1992). Cependant, dès , les comptes d'exploitation de NIPEK et le contrôle des investissements s'avèrent décevants et NIPEK manque même de fonds pour payer ses dividendes. L'entreprise décide finalement de ne pas les payer en proposant de racheter les parts des actionnaires minoritaires au taux de 2,5-3 %. Bendoukidze a néanmoins ainsi pu étendre les parts acquises par « Bioprocess » dans différentes sociétés (dont au sein d' Uralmash)"The database SB Group "Most" ("Kommersant": №8 from 02.1992, № 21 from 05.1993,"Kommersant-daily" from 03.19.1993, 20.03.1993, 30.03.1993, "Delovoy Mir" from 23.07.1992).
En 1992 Bendoukidze adhère à l'association « Entrepreneurial political initiative-92 », qui comprenait également Mikhaïl KhodorkovskiDatabase SB Group "Most" ("Kommersant": №8 from 02.1992, № 21 from 05.1993, "Kommersant-daily" from 19.03.1993, 20.03.1993, 30.03.1993, " Delovoy Mir" from 23.07.1992), chimiste devenu banquier et oligarque (réputé être l'homme le plus riche de Russie, emprisonné depuis 2004 pour « vol par escroquerie à grande échelle » et « évasion fiscale » ; deux accusations qu'il conteste).
En 1993, lors de la campagne de privatisation par coupons, il accroît sa fortune et son influence en achetant un grand nombre d'actions de la société industrielle russe Uralmash (Complexe industriel de construction mécanique lourde, dont militaire, basée à IekaterinbourgPortail internet officiel du groupe Uralmash et parfois nommé « l'usine des usines », lieu stratégique qui en 2000 produira encore outre des alliages stratégiques pour le pays et l'armée, 90 % de l'équipement minier russe, de 50 % du matériel industriel de l'équipement nucléaire et 70 % du matériel de forage du pays). Ce complexe industrialo-métallurgique après avoir été transformé en en société anonyme vendait alors 18 % de ses parts pour retrouver du capital (La société était présentée comme au bord de la faillite, en réalité à la suite d'une chute des commandes de l'État qui a conduit à faire chuter le prix de ces 18 % à 1/2 million de dollars, une somme somme d'argent très petite pour une entreprise qui comptait quelques mois avant parmi les géants de l'industrie et qui le redeviendra ensuite) Kakha Bendukidze - General Director of OMZ Среда, 16 Марта 2011]. Ceci permet à Bendoukidze d'entrer dans le conseil d'administration de l'entreprise, d'en devenir copropriétaire pour un peu plus tard en devenir le directeur général. Il partage ses parts de l'entreprise avec Alan Kazbekov, que Bendoukidze retrouvera comme directeur d'AlmazAlmaz Shipbuilding Company JSC, qui sera bientôt dirigée par Kazbekov (de 2005 à 2012, année où il sera remplacé par Leonid Grabovets, selon Investing Businessweek : Machinery Company Overview of Almaz Shipbuilding Company JSC, 03, 2013-01-03, consulté 2013-02-03, un chantier naval civil et militaire qu'il achètera l'année suivante). Le groupe local de la mafia également nommé « Uralmach » (du nom de la zone industrielle et du quartier) cherche à prendre le contrôle de l'usine et la ville déjà considérée comme la probable « capitale de la mafia russe », tout en générant une sanglante guerre des gangs (de 1992 à 1993). Le gang "Ouralmach" contrôlerait aussi les réseaux de distribution d'autres entreprises de la ville qui est l'une des zones de Russie où la criminalité se serait le plus développée. Il aurait en selon la presse locale fait assassiner le général Oleg Belonenko alors directeur général d'Uralmach qui cherchait à réduire l'influence de la mafia locale. Le Gouverneur régional de Sverdlovsk Edouard Rossel (qui a plusieurs fois mis en doute l'existence de la mafia) a immédiatement annoncé prendre l'enquête en main, mais V Poutine précisera que les autorités fédérales reprendraient ou suivraient aussi l'enquête. Belonenko était à ce moment considéré comme une « étoile montante » de l'économie industrielle russe pour avoir réussi à regarnir le carnet de commande de l'usine Uralmashzavod, accroitre la productivité de 58 % et les ventes de 90 %. Il s'apprêtait à rencontrer V. Poutine le à l'occasion d'une exposition d'armement russeCentral Asia/Russia ; Russia's mafia and the struggle for power STRATFOR.COM's Global Intelligence, mis à jour 2000-07-12, consulté 2013-01-03.
En mai 1995 NIPEK prend le contrôle de JSC "Tomsk Petrochemical Plant (TNHK) (usine pétrochimique de Tomsk) pour en 1997 se séparer de l'usine que Bendoukidze cherche à vendre à Gazprom, mais à la suite d'un manque d'entente sur les prix la participation majoritaire de la société est vendue au combinat Sibhimkombinat (SHK, l'une des principales unités industrielles du groupe russe MinatomSource: "Kommersant Vlast-" le 09/11/2001.
En 1994, il entre dans le conseil d'administration de la société de construction navale « Almaz », un chantier naval située sur l'île Petrovsky (Saint-Pétersbourg), près du golfe de Finlande, qui conçoit des navires civils et militaires sur une zone d'environ .
Bendoukidze encourage de investisseurs étrangers à entrer dans le capital d'Uralmash qu'il fait fusionner en 1996 avec le groupe Izhora créant la holding « Ural Heavy Machinery Plants » (Usines de machinerie lourde de l'Oural). Il devient PDG de la société fusionnée Objedinennie Mashinostroitelnie Zavody (OMZSite Web offiiel de l'entreprise OMZ).
En 2000, la coopérative cofondée par K Bendoukidze - 12 ans après sa création - est transformée en entreprise privée (JSC “Bioprocess”) alors que les partenaires se séparent et que Yuriev se retire de l'affaire. Cette même année, selon le journal "Nezavissimaïa Gazeta" après l'arrestation de Vladimir Gusinsky (le président de “Media-Most”), Bendoukidze se réunit avec d'autres oligarques dont le directeur général de "Media-Most" Dzhavanfar Zamani, le président de "Alfa-Bank" et Piotr Aven (président du conseil d'administration d'Alfa-Bank), Mikhail Fridman, président du conseil d'administration de la Banque ONEKSIM, Prokhorov Mikhaïl, le vice-président de Ioukos, et Vassili Shakhnovsky pour discuter des menaces qui pourraient peser sur leurs propres entreprisesSource: "Nezavissimaïa Gazeta" de 15/06/2000.