La (en occitan : plaça dels Carmes) est une voie de Toulouse, en France. Le côté est de la place est occupé par le parvis Françoise-Hébrard-de-Veyrinas (en occitan : plaça Francesca Hebrard de Veyrinas).
Situation et accès Description La place des Carmes et le parvis Françoise-Hébrard-de-Veyrinas sont deux voies publiques. Elles se situent au cœur du quartier des Carmes, auquel la place donne son nom, dans le secteur 1 - Centre.
Voies rencontrées La place des Carmes rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :
Rue des Prêtres Rue des Polinaires Rue des Filatiers Rue du Languedoc Rue du Canard Rue Théodore-Ozenne Rue José-Félix Rue du Languedoc Rue Pharaon
Transports vignette|gauche|Entrée de la station de métro Carmes. La place des Carmes est desservie par les transports en commun Tisséo. À l'est, au niveau du parvis Françoise-Hébrard-de-Veyrinas, se trouve l'entrée de la station Carmes, sur la ligne de métro . À proximité immédiate, à l'angle de la rue du Languedoc, se trouvent également les arrêts de la navette et de la ligne de bus . Plus au nord, sur la place Étienne-Esquirol, se trouvent la station Esquirol, sur la ligne de métro , et les arrêts de la ligne de bus .
La place des Carmes est équipée d'une station de vélos en libre-service VélôToulouse, la station (1 place des Carmes).
Odonymie Le nom de la place des Carmes lui vient du couvent des religieux de ce nom, qui occupait tout l'espace de la place actuelle. Ce n'est qu'en 1808 que le couvent fut démoli et la place dégagée. Elle prit alors naturellement le nom des Carmes, mais elle en changea cependant plusieurs fois au cours du , au gré des changements de régime politique. Avec la Restauration des Bourbons et le retour de Louis XVIII sur le trône de France en 1815, elle devint la place Bourbon. En 1831, peu après la Révolution de 1830, le renversement de Charles X et l'arrivée sur le trône de Louis-Philippe d'Orléans, elle devint la place d'Orléans. Le , comme la Révolution de 1848 avait renversé Louis-Philippe à son tour et amené la proclamation de la Deuxième République, elle fut renommée place de la République. En 1852, après la fondation du Second Empire, elle redevint la place des Carmes. Enfin, en 1871, elle fut de nouveau la place de la République, en l'honneur de la Troisième République, mais elle ne conserva cette appellation que peu de tempsChalande 1917, ..
Jusqu'à la création de la place, le couvent des Carmes était bordé de quatre rues. Celle qui longeait le côté ouest du couvent, entre la rue Pharaon et la rue des Filatiers, était déjà connue au comme la Grand-rue, dont elle était une partie. Comme elle se trouvait devant le portail de l'église du couvent des Carmes, elle porta plus particulièrement, au début du , le nom de rue des Carmes ou, au , de rue du Couvent-des-Carmes. La rue qui longeait le couvent au nord, prit dès l'origine, au du moins, le nom de l'église conventuelle, rue de Sainte-Marie-du-Mont-Carmel, ou simplement rue du Carmel. Au milieu du , elle prit aussi le nom de rue des Jouglars, d'une riche famille toulousaine de ce nom, comme l'actuelle rue du Canard, qui en était le prolongement. Du côté est, le couvent était longé par la rue de Guilhem-Bernard-Paraire, d'un pareur (paraire en occitan) de draps de ce nom. Mais comme les Carmes avaient construit un arceau au-dessus de la rue pour faire communiquer leur couvent avec des immeubles qu'ils possédaient de l'autre côté, elle prit, au , le nom de rue de l'Arc-des-Carmes. La rue qui longeait le cloître sur le côté sud s'appela, à la fin du , la rue du Juif-Provençal, puis, simplement, la rue du Provençal au . Au siècle suivant, elle devint la rue du Crucifix, car une chapelle de ce nom, dépendant du couvent des Carmes, s'y trouvait. Au , on commença à la désigner également comme la rue de la Petite-Porte-des-Carmes ou comme la rue du Cloître-des-CarmesChalande 1917, ..
En 1794, durant la Révolution française, les noms des rues de la ville furent changés. La Grand-rue, de la place du Salin à la place du Capitole, devint la rue de la Liberté. Le nouveau nom de la rue des Jouglars rendit hommage au législateur athénien Solon. La rue de l'Arc-des-Carmes devint quant à elle la rue de l'Émile, en l'honneur du célèbre ouvrage du philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau. La rue du Cloître-des-Carmes fut la rue de l'Agilité. Cependant, aucun de ces noms ne subsistaChalande 1917, ..
En 2010, le côté est de la place face à la rue du Languedoc et à la rue Théodore-Ozenne prend le nom de Françoise Hébrard de Veyrinas (1943-2008), femme politique toulousaine engagée au centre-droit (UDF, puis UMP), élue municipale de la ville entre 1983 et 2008, première adjointe de Dominique Baudis, puis de Philippe Douste-Blazy et de Jean-Luc Moudenc entre 1995 et 2008. Elle fut également conseillère régionale de Midi-Pyrénées entre 1986 et 1992, puis conseillère générale de la Haute-Garonne entre 1992 et 1998, et députée du même département entre 1993 et 1995, et enfin députée européenne entre 2002 et 2004. Secrétaire d'État aux Quartiers en difficulté dans le gouvernement Juppé en 1995, elle resta proche des questions sociales et fut présidente du Conseil national des missions locales entre 2003 et 2008Dépêche, « Toulouse. Carmes : un parvis pour Françoise de Veyrinas », La Dépêche du Midi, 7 juin 2010..
Histoire Antiquité Dans la Tolosa antique, aménagée à la fin du , le cardo maximus relie la Porte narbonnaise, au sud, à la Porte du Bélier, au nord. Son tracé correspond approximativement à l'axe formé par la rue Pharaon, le côté ouest de l'actuelle place des Carmes et la rue des Filatiers. Un cardo secondaire, à l'est, parallèle au cardo maximus, passait sur le côté est de la place actuelle. La largeur de cette rue était de plus de 20 mètres, la chaussée de circulation pour les charrettes et les chevaux de 9 mètres. La chaussée, en galets et graviers de Garonne, fut régulièrement entretenue par les autorités municipales durant l'Antiquité. Sous le cardo se trouvait un grand collecteur d'eaux usées, de 2,6 mètres de haut pour 2,16 mètres de large, avec une pente de 2 %. Dans la seconde moitié du , les maisons qui bordaient la rue furent détruites pour faire place à un grand bâtiment : il s'agissait peut-être d'un nymphée ou le portique de thermes publicsINRAP, 2003.Arramond, Boudartchouk et Catalo, 2007..
Moyen Âge Au milieu du Moyen Âge, l'espace de l'actuelle place des Carmes est occupé par diverses maisons, probablement au cœur du quartier juif de la ville, qui s'étend jusqu'à la rue Joutx-AiguesSalies 1989, vol. 2, .. Entre la Grand-rue (côté ouest de l'actuelle place des Carmes) et la rue Guilhem-Bernard-Parador (actuelle rue du Languedoc) s'étend d'ailleurs une rue du Juif-Provençal (carraria Judei Provincialis en latin médiéval)Salies 1989, vol. 2, .. Mais les difficultés que connaît la communauté juive de la ville à partir du favorise l'implantation du couvent des Carmes. Ceux-ci s'étaient d'abord installés, dans la première moitié du , près du faubourg Saint-Michel, à la chapelle Notre-Dame-du-Férétra. Plusieurs habitants de la ville avaient cependant obtenu en 1242 du comte de Toulouse, Raimond VII, qu'il leur accorde l'autorisation d'acheter à des juifs certaines maisons de la rue Joutx-Aigues. En 1264, grâce à un attestatoire des capitouls, les religieux reçoivent finalement du pape Clément IV la permission de s'installer en ville et font construire leur couvent le long de la Grand-rue. L'église, placée sous le vocable de Sainte-Marie-du-Mont-Carmel, est consacrée en 1270Chalande 1917, ..
Le couvent des Carmes occupe au un quadrilatère de 90 mètres de long sur 75 mètres de large. À l'ouest, la Grand-rue ou rue du Couvent-des-Carmes (côté ouest de l'actuelle place des Carmes) longe l'église conventuelle Sainte-Marie-du-Mont-Carmel, dont l'entrée se fait par un grand porche de 10 mètres de large (face à l'actuel ). On trouve, près de la porte de l'église, une recluse. Au nord, la rue de Sainte-Marie-du-Mont-Carmel (côté nord de l'actuelle place des Carmes) longe une partie de l'église. La chapelle du Mont-Carmel, sur le côté nord de l'église, y a également son entrée (face à l'actuel ). À l'est, la rue Guilhem-Bernard-Paraire (actuelle rue du Languedoc) borde les bâtiments conventuels. Elle sépare également le couvent de plusieurs dépendances, occupées par les communs et par les trois maisons d'obit des religieux carmes (face à l'actuel rue Théodore-Ozenne). Elles sont réunies au couvent par un arc jeté au-dessus de la rue, qui prend également le nom de rue de l'Arc-des-Carmes. Au sud enfin, la rue du Juif-Provençal, ou rue du Cloître-des-Carmes (côté sud de l'actuelle place des Carmes), borde justement le cloître, qui y a une petite porte (face à l'actuel )Chalande 1917, .. Les pèlerins sont également nombreux, qui affluent au couvent à cause des miracles accomplis par la Vierge du Mont-Carmel de Toulouse Pilgrim badge - Our Lady of Mount Carmel, Collections online, Museum of London, consulté le 26 juin 2017..
À la fin du Moyen Âge, la population du quartier est composée de petits marchands et d'artisans, pour la plupart des lanassiers – artisans de la laine (lanaires ou lanassièrs en occitan) – et des drapiers, particulièrement du côté de la Grand-rueChalande 1917, .. Ils ont d'ailleurs le siège de leurs confréries, celle de la Fraternité de Saint-Crépin et celle de Notre-Dame de l'Espérance, dans l'église des CarmesChalande 1917, .. Dans les autres rues, on trouve également des gens de lois, liés aux parlementaires qu'on trouve en grand nombre dans les rues voisines. La population bénéficie de l'activité liée à la présence du couvent des Carmes. Il y a également un puits publicSalies 1989, vol. 2, ., et même un pilori, à l'angle de la rue Pharaon, permet d'exposer les voleurs au regard de la population qui fréquente le quartier des CarmesSalies 1989, vol. 2, ..
Période moderne À la période moderne, le quartier des Carmes conserve ses caractéristiques. À l'est, la rue de l'Arc-des-Carmes abrite à la même époque une auberge, le logis du Chapeau NoirSalies 1989, vol. 1, .. On remarque cependant que, parmi les artisans de la rue des Carmes, les orfèvres se font plus nombreux à partir du , comme dans la rue des Filatiers voisine. Certains de ces orfèvres connaissent une grande réussite sociale, tel le marchand orfèvre Jean Bollé, capitoul en 1547-1548 et en 1571-1572, qui tient boutique dans la rue des Carmes (emplacement de l'actuel ). En 1642, c'est le maître orfèvre Bernard Bruchon, auteur de la châsse d'argent de sainte Catherine de l'église de la Dalbade, qui habite la maison voisine (emplacement de l'actuel )Chalande 1917, ..
On retrouve également des personnages issus de l'élite aristocratique locale. La famille de Mondran occupe au et au un hôtel de la rue des Carmes (emplacement de l'actuel ) : en 1658, Jacques-François de Mondran, trésorier général de France, puis Guillaume de Mondran, également trésorier général, et, en 1744, Louis de Mondran. Dans la rue du Cloître-des-Carmes (emplacement de l'actuel ), on trouve au des membres de la famille Comynihan : en 1729, Joseph de Comynihan, avocat, capitoul en 1719, chef du consistoire en 1728, 1729 et 1740, et subdélégué de l'intendant du Languedoc en 1729. Un peu plus loin, on trouve au Raymond Sabatier, puis son fils Gabriel, tous deux conseillers au Parlement et seigneurs de Roquerlan, puis, en 1695, François d'Aldéguier, trésorier général de France, qui fait construire son hôtel particulier en 1725 (actuel )Chalande 1917, ..