Tiraspol (cyrillique moldave : , russe : , ukrainien : ), en forme longue la municipalité de Tiraspol, est la capitale du régime de facto de la Transnistrie, entité sécessionniste de la Moldavie non reconnue internationalement. De jure, elle est la deuxième plus grande ville de la République de Moldavie, située sur la rive orientale (gauche) du fleuve Dniestr. La ville compte en 2004.

Tiraspol est connue pour être l'une des dernières villes arborant encore les symboles de l'ancienne Union des républiques socialistes soviétiques. De nombreuses statues datant de l'ère communiste sont toujours présentes dans les rues (notamment celles de Lénine). La ville a aussi conservé de nombreux édifices de style stalinien.

Géographie Tiraspol est située dans la plaine d'Europe orientale, à environ de Chișinău et à environ d'Odessa.

Le climat de Tiraspol est qualifié de continental humide, bien qu'il soit situé à proximité d'une zone de climat océanique et qu'il possède certaines caractéristiques d'un climat subtropical humide, dû à ses étés chauds, dont la température moyenne oscille autour de en juillet et août. Quant aux hivers, la température moyenne oscille autour de . Les précipitations sont plus fréquentes en juin et juillet et totalisent environ pour une année.

Histoire thumb|left|Timbre de Transnistrie pour le de la fondation de la ville par Souvorov (1792). Le nom de la ville vient du grec Tyras (nom grec du Dniestr) et polis (ville), selon la vogue grecque du projet de Catherine la GrandeCatherine II fit de l'Empire russe un pouvoir dominant au Moyen-Orient après la première guerre contre l'empire ottoman. Son projet visait à reconstruire l'Empire byzantin et de le donner à son petit-fils Constantin. Cet empire, qui aurait pour capitale Constantinople, aurait englobé la Grèce, la Thrace, la Macédoine et la Bulgarie, tandis que les principautés danubiennes auraient formé un « royaume de Dacie » promis à Grigori Potemkine. Le reste des Balkans, c'est-à-dire la Bosnie, la Serbie et l'Albanie, serait donné en compensation à l'Autriche. Venise obtiendrait la Morée, la Crète et Chypre : voir Georges Florovsky, Les Voies de la théologie russe, Paris, 1937, trad. et notes de J.-C. Roberti, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, . Elle est fondée en 1792 par Alexandre Souvorov. Moyen Âge : Tiraspol est une zone tampon entre les Tatars et la Moldavie. thumb|right|120px|Buste de François de Wollant à Tiraspol. Après la guerre russo-turque de 1787-1792 et la victoire russe confirmée par le traité de Jassy, les Turcs cèdent à l'Empire russe la partie située entre le Boug méridional et le Dniestr qui devient l'oblast d'Otchakov. Il fut décidé de construire des forteresses le long de la frontière du Dniestr. L'une d'entre elles, construite sous la direction du général François Sainte de Wollant (1752-1818) sur le modèle de Neuf-Brisach, est à l'origine de Tiraspol, qui accéda au statut de ville en 1795. 1808 : Tiraspol devient chef-lieu de l'ouïezd de Tiraspol, dans le gouvernement de Kherson. La ville atteint et au milieu du . 1867 : Le chemin de fer relie la ville à Odessa. 1873 : Le chemin de fer la relie à Chișinău (en russe Kichinev). Sur la voie de Chișinău à Odessa, principal débouché des produits agricoles de la Bessarabie russe, Tiraspol devient une ville commerciale importante et cosmopolite où s'épanouissent plusieurs cultures (russe, ukrainienne, juive, arménienne, grecque...). 1918-1921 : Guerre civile russe durant laquelle ont lieu les massacres d'anciens officiers et bourgeois ordonnés par président de la république soviétique d'Odessa, suivie par la Première famine soviétique. Tiraspol se dépeuple mais les victimes sont remplacées par les familles des gardes-frontières soviétiques chargés d'intercepter les personnes fuyant le bolchévisme vers la Bessarabie désormais roumaine, où les attend l'« Office international Nansen pour les réfugiés » : Russes blancs, anciens aristocrates, bourgeois, marchands (dont un grand nombre de juifs russes), soi-disant « koulaks », intellectuels, indépendantistes ukrainiens, anarchistes, paysans affamés, tous indistinctement classés comme « éléments contre-révolutionnaires »Anthony Babel, La Bessarabie, éd. Félix Alcan, Genève et Paris, 1932.. 1924 : Staline crée la République socialiste soviétique autonome moldave en Ukraine, avec Balta comme capitale et Tiraspol comme ville principale. Le roumain est la langue officielle, avec un alphabet latin. 1929 : Tiraspol devient la capitale de la République socialiste soviétique autonome moldave, jusqu'en 1940. 1931-1936 : Deuxième famine soviétique, suivie par les Grandes Purges. Tiraspol est un centre de tri où les fuyards qui tentent de passer en Roumanie et qui sont capturés par les garde-frontières sont regroupés pour être envoyés par trains au GoulagAnatol Petrencu, Les déportations staliniennes, Journal de Chisinau, du 2 juillet 2004.. 1940 : Tiraspol est intégrée à la nouvelle République socialiste soviétique moldave formée par la fusion de la République socialiste soviétique autonome moldave et des deux-tiers de la Bessarabie prise à la Roumanie. 1941 : Tiraspol est occupée par l'Allemagne nazie, puis administrée par les fascistes roumains qui y commettent des crimes contre l'humanité envers les Juifs, accusés en bloc d'être bolchéviks. 1944 : Tiraspol est libérée par l'Armée rouge et réintégrée à la République socialiste soviétique moldave. thumb|right|Vue de la place Souvorov après la parade du de la création de la république moldave du Dniestr en 2011. 1946-1947 : Troisième famine soviétique ; jusqu'en 1955 Tiraspol est à nouveau un centre de tri où les dissidents et les Moldaves accusés de s'opposer au pouvoir soviétique ou à la collectivisation sont regroupés pour être envoyés au Goulag par voie ferréeNikolaï Théodorovitch Bougaï: Informations des rapports de Béria et de Krouglov à Staline, éd. de l'Acad. de sciences de Moldavie n° 1, Chișinău, 1991 (Н.Ф. Бугай «Выселение произвести по распоряжению Берии…» О депортации населения из Молдавской ССР в 40-50- е годы – Исторические науки в Молдавии. № 1. Кишинев, 1991. 1.0), Déportation des peuples de Biélorussie, Ukraine et Moldavie, éd. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999, (Депортация народов из Украины, Белоруссии и Молдавии : Лагеря, принудительный труд и депортация. Германия. Эссен. 1999. 1.3).. 1955-1990 : l'industrialisation de la république de Moldavie est regroupée à Tiraspol. thumb|Symboles soviétiques dans une rue de Tiraspol. : pendant que les Moldaves réclament leur autonomie au sein de l'URSS et le statut de langue officielle du pays pour leur langue, les russophones majoritaires à Tiraspol et Tighina (en russe Bendery) organisent un référendum pour maintenir le russe comme langue officielle, pour déclarer leurs territoires indépendants de la Moldavie et pour réclamer leur maintien au sein de l'URSS. Ils contrôlent 80 % du potentiel industriel moldave et la voie ferrée reliant le nord et le sud du pays ainsi que son débouché vers Odessa. : Après la proclamation par la république de Moldavie du roumain comme langue officielle, les russophones et ukrainiens vivant à l'est du Dniestr et dans la ville de Bendery déclarent leur indépendance face à la Moldavie en tant que république moldave du Dniestr (que les russes appellent « Pridniestrie » et les étrangers « Transnistrie »), avec Tiraspol comme capitale. Le Soviet suprême de l'URSS ne reconnaît pas officiellement cette nouvelle république soviétique autoproclamée, mais le maintien de la armée russe en garnison à Tiraspol empêche le gouvernement de Chișinău d'établir son autorité sur la Transnistrie. Lors de la dislocation de l'URSS, les autorités de Tiraspol proclament l'indépendance de la Transnistrie, mais celle-ci n'est pas reconnue internationalement (à l'exception d'autres républiques sécessionnistes autoproclamées comme l'Abkhazie ou l'Ossétie du Sud). Le pays conserve le système du parti unique, une armée très forte par rapport à sa taille (les forces armées transnistriennes sont aussi importantes que celles de la Moldavie), l'écriture cyrillique pour la langue moldave, l'ancien drapeau soviétique de la Moldavie et les symboles soviétiques, mais passe à l'économie de marché et accorde la liberté religieuse.

Population En 2004, la ville comptait dont 41,6 % de Russes, 33 % d'Ukrainiens et 15,2 % de Moldaves, pour 54,6 % de femmes et 45,4 % d'hommes.

Le tableau suivant fait état de l'évolution démographique de Tiraspol en fonction des recensements ou d'estimations de la population :

Transports Trolleybus thumb|200px|Тrolleybus AKSM-321 à Tiraspol.

Les lignes de trolleybus apparaissent à Tiraspol en 1967. En 1993, Tiraspol est reliée à Bendery (Tighina) par trolleybus, par une ligne de . Les lignes de trolleybus en 2012 atteignent plus de de longueur au total selon neuf itinéraires en ville et une ligne extérieure. Vingt-sept trolleybus sont en fonction de type ZiOu-682, dix de type AKSM-321, cinq de type МАZ-103Т et deux de type АКSМ-420 Les trolleybus de Tiraspol. Un trolleybus équipé de Wi-Fi a été lancé en Les Nouvelles de Tiraspol: Lancement d'un trolleybus avec «Wi-Fi».

Taxis Les taxis collectifs constituent un moyen ordinaire (et commun à plusieurs pays de l'Est) pour relier les différents quartiers (micro-raions) de la ville entre eux. Il existe ainsi 28 lignes intérieures et 80 lignes extérieures qui relient les quartiers de la ville et de sa banlieue. Ce sont pour la plupart des compagnies privées qui les gèrent. Treize compagnies privées exploitent 24 heures sur 24 des taxis par réservation.

Autobus 200px|thumb|Autobus МАZ-206 sur la ligne Tiraspol - Bendery. Lorsque le trolleybus est inauguré en 1967, il remplace plusieurs lignes d'autobus. Au début des années 1990, il existait six lignes , 4, 6, 7, 9, 11. Dix ans plus tard, elles cessent de fonctionner. En 2012, l'administration municipale décide de remettre en fonction de nouvelles lignes avec un matériel nouveau.

Elles sont équipées d'autobus de type МАZ-103 et МАZ-104, qui fonctionnent sur la ligne (Tirotex — microraïon Zapadny, de l'Ouest) et (Тirotex — Blijny Khoutor), ainsi que du type МАZ-206 sur la ligne entre Tiraspol (Tirotex) et la ville de Bendery Dina Leonidova, in Novy Region: Début de la mise en marche de lignes d'autobus à Tiraspol, 10-01-2013. En , la ligne est suspendue et les autobus МАZ-206 sont mis en fonctionnement pour la ligne de la ville de Bendery (centre-microraïon Severny, du Nord) Kira Bolchakova, in Novy Region, ''Sur la ligne Tiraspol-Bendery le nombre de trolleybus augmente, 26-07-2013, Une nouvelle ligne d'autobus ouvre à Bendery, 31-07-2013.

Autocars Il est possible de se rendre de Tiraspol par autocar vers Grigoriopol et les autres villes du nord de la Transnistrie, vers Chișinău, et vers Comrat en Gagaouzie.

Gare ferroviaire 250px|vignette|Locomotive 2ТE10М-2650 sur la ligne Moscou - Chișinău. vignette|droite|Gare de Tiraspol. C'est en 1846 que l'ingénieur belge Züber commence à planifier une ligne de chemin de fer entre Odessa, Tiraspol et Parcani, mais ce n'est qu'au début des années 1860 qu'elle est construite jusqu'à Tiraspol. La gare de Razdelnaïa est reliée en 1867 à celle de Tiraspol, ce qui en fait la première ville de la région à permettre d'atteindre Odessa directement en chemin de fer. La gare est terminée à la fin de 1867 Dina Leonidova et Olga Kouryliova, in Novy Region, Tiraspol accueille l'empereur de Russie. La ligne de chemin de fer jusqu'à Parcani est construite en 1870 Un chemin difficile par rail.