Nicole Belloubet, née le à Paris, est une juriste, haute fonctionnaire et femme politique française.

Professeure des universités, elle enseigne le droit, avant de devenir rectrice de l'académie de Limoges, puis de celle de Toulouse. En tant que femme politique, elle est adjointe au maire de Toulouse, Pierre Cohen, puis vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées.

Elle est membre du Conseil constitutionnel de 2013 à 2017, année où elle est nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le second gouvernement Philippe, sous la présidence d'Emmanuel Macron. Elle n’est pas reconduite dans le gouvernement Castex, en 2020.

Elle est présidente du Conseil des maisons de vente de à sa re-nomination au gouvernement..

Elle est ministre de l’Éducation nationale, dans le gouvernement de Gabriel Attal, du au , en remplacement d'Amélie Oudéa-Castéra.

Situation personnelle Famille Descendante d'Aveyronnais installés à Paris, elle est la fille de Georges Belloubet, ingénieur issu d'une famille d'agriculteurs modestes et d'une gérante d'un petit hôtel parisienMariana Grépinet, « Nicolas Belloubet, le calme après la tempête », Paris Match, semaine du au 7 février 2018, p. 24-25..

Formation En 1978, Nicole Belloubet obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit public à l'université Panthéon-Assas. Dès son premier cours, elle est inspirée dans sa future vocation de professeur de droit par Arlette Lebigre, sa professeure d'histoire du droit. L'année suivante et toujours au sein de la même université, elle passe un DEA d'histoire du droit portant sur les décisions rendues par le garde des Sceaux en 1777. Docteure en droit en 1990 à l'université Panthéon-Sorbonne, avec une thèse intitulée Pouvoirs et relations hiérarchiques dans l'administration française, elle est reçue deuxième au concours de l'agrégation de droit public en 1992.

Vie familiale Veuve en 2005 de Pierre-Laurent Frier, professeur de droit public à l'université Panthéon-Sorbonne, elle a repris une vie de couple.. Elle est mère de trois garçons.

Carrière professionnelle Elle est professeure des universités et exerce la fonction de rectrice de l'académie de Limoges de 1997 à 2000 puis de celle de Toulouse entre 2000 et 2005Curriculum vitae sur le site de Sciences Po Toulouse.. Elle démissionne de ce dernier poste pour protester contre les décisions du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin de diminuer le nombre d'enseignants et de supprimer les travaux personnels encadrés..

De 2000 à 2005, elle est présidente du Comité interministériel de pilotage pour la promotion de l'égalité des sexes dans les systèmes éducatifs. En 2001, à la demande de Jack Lang, alors ministre de l'Éducation nationale, elle rédige un rapport intitulé Trente mesures pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements scolaires puis en 2002, un second rapport présentant trente mesures pour l'avenir du lycéeNicole Belloubet nommée au Conseil Constitutionnel sur le site tempsreel.nouvelobs.com.

Professeur de droit communautaire à l'Institut d'études politiques de Toulouse à partir du , Nicole Belloubet en est également membre du conseil d'administration et chercheuse au Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP).. Elle préside le conseil d'administration de Sciences Po Toulouse jusqu'à sa nomination au gouvernement. Elle est remplacée par Philippe Bélaval, conseiller d'État..

Parcours politique Débuts thumb|180px|left|Nicole Belloubet lors d'un meeting de Pierre Cohen à Toulouse pour les élections municipales de 2008. Nicole Belloubet adhère au PS en 1983. Elle se présente aux élections municipales de 1989 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, perdant à quelques voix près.

À la suite des élections municipales de 2008 (pour lesquelles elle avait été initialement candidate à la candidature PS), elle devient première adjointe chargée de la culture de la ville de Toulouse dans l'équipe du maire Pierre Cohen. Élue au conseil régional de Midi-Pyrénées le sur la liste socialiste de Martin Malvy, elle y occupe le poste de première vice-présidente, chargée de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, et quitte sa fonction d'adjointe au maire de Toulouse tout en restant conseillère municipale.

Membre du Conseil constitutionnel Le , elle est désignée par Jean-Pierre Bel, président du Sénat, pour siéger au Conseil constitutionnel pour un mandat de neuf ansQui est Nicole Belloubet, la nouvelle garde des Sceaux ?, lepoint.fr, 22 juin 2017. Elle remplace Jacqueline de Guillenchmidt, nommée en 2004« Nicole Maestracci et Nicole Belloubet nommées au Conseil constitutionnel », Le Monde du ..

Le suivant, elle prête serment devant le président de la République« Les trois nouveaux membres du Conseil constitutionnel ont prêté serment », Le Monde du 14 mars 2013..

Elle devient la première femme professeur de droit nommée membre du Conseil constitutionnel, et la septième femme membre de l'institution. Elle abandonne tous ses mandats électifs.

Le , elle participe à la délibération d'une décision sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ayant pour effet d'augmenter significativement le temps de parole alloué dans les médias aux candidats à la députation du parti LREM..

Ministre de la Justice vignette|Nicole Belloubet en novembre 2019. Le , elle est nommée ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement Philippe II, en remplacement de François Bayrou. Elle quitte en conséquence le Conseil constitutionnel..

Elle porte les projets de lois pour la confiance dans la vie politique.

Le , dans un entretien au journal Le Parisien, reprenant ce qu'elle avait dit sur RTL le ., Nicole Belloubet revient sur l'une des principales mesures du projet de loi sur les femmes et les mineurs victimes de violences sexuelles : la « présomption de non-consentement ». La ministre déclare qu'elle est favorable à l'âge de 13 ans. . Portée par Marlène Schiappa et adoptée début août, la loi ne pose finalement pas de limite d'âge au niveau du consentement sexuel, laissant une large marge d'interprétation au juge, bien que la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes affirme l'inverse, mettant en avant son article 2, qui dispose Hugo Wintrebert, « Consentement sexuel : la loi ne pose pas de limite d'âge », Le Figaro, 4-, p. 7..

vignette|Grève de bon nombre d'avocats en France pour protester contre la réforme pour la justice. En , elle est confrontée à un mouvement du personnel pénitentiaire, protestant contre ses conditions de travail. Il s'agit de la crise la plus aiguë qu'aient connue les prisons depuis les années 1990Paule Gonzales, « Prisons : vers une délicate sortie de crise », Le Figaro, 27-, p. 9.. Par la suite, un accord est conclu entre le syndicat majoritaire et le gouvernement, portant sur la création de 1100 emplois et du déblocage de 30 millions d'euros pour les indemnités. L'objectif des places de prison supplémentaires promises par Emmanuel Macron pendant sa campagne (pour lutter contre la surpopulation carcérale, la France ayant détenus pour places) est par ailleurs confirmé. Finalement, il s'agit de 7000 places supplémentaires prévues pour 2022« Les grandes lignes du plan prison de Nicole Belloubet », lefigaro.fr, ..

Elle prépare pour le printemps 2018 le projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, avec un budget en hausse de 3,9 % par rapport à l'année précédente. Elle présente notamment une réforme de la carte judiciaire, des mesures pour réduire les délais de la justice civile et la création d'un tribunal criminelPaule Gonzales, « Carte judiciaire : une réforme prudente », Le Figaro, 10-11 mars 2018, p. 7.Paule Gonzales, « Six mesures pour réduire les délais de la justice civile », Le Figaro, 10-, p. 7.Paule Gonzales, « L'annonce surprise de la création d'un tribunal criminel », Le Figaro, 10-, p. 7. (ce dernier projet étant finalement abandonné).

Dans le cadre de l'affaire Benalla, elle remet en cause dans une tribune publiée en dans le journal Le Monde le fonctionnement de la commission d'enquête sénatoriale présidée par le sénateur Philippe Bas, qui, selon elle, empiéterait sur le domaine judiciaireNicole Belloubet : « Le Parlement ne peut pas empiéter sur le domaine judiciaire », tribune, lemonde.fr, . Plusieurs juristes rappellent au contraire que la commission du Sénat ne fait qu'appliquer la loiAffaire Benalla : "Nicole Belloubet instrumentalise la séparation des pouvoirs", entretien avec Paul Cassia, marianne.net, 12 septembre 2018Pierre Brunet,Affaire Benalla : « Empiéter, dites-vous, Madame la Garde des sceaux ? », lemonde.fr, 19 septembre 2018. En , elle fustige les recommandations émises par la commission des Lois du SénatBenalla: Belloubet fustige les recommandations du Sénat, boursorama.com, .

Le , à la suite de la démission de François de Rugy, elle devient numéro deux du gouvernement dans l'ordre protocolaire.

Elle est au cœur d'une polémique en , après la publication par Le Canard enchaîné d'une note confidentielle dans laquelle son ministère envisage de maintenir ou supprimer des postes de juges d’instruction en fonction des résultats allant être obtenus par La République en marche aux élections municipales de 2020..

Le , au sujet de l'affaire Mila, relative à des menaces de mort adressées à une jeune fille de 16 ans ayant tenu des propos injurieux sur l’islam, elle indique qu'une insulte à une religion est une atteinte à la liberté de conscience://www.lavoixdunord.fr/702381/article/2020-01-29/critique-des-religions-tolle-apres-les-declarations-de-nicole-belloubet-qui. Elle est accusée de chercher à rétablir le délit de blasphème et critiquée pour s'être exprimée sur une affaire judiciaire en cours, quelques jours après avoir exprimé sa position dans l’affaire Sarah Halimi..

En , pendant la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, elle prend plusieurs mesures pour adapter les conditions de détention. Elle annonce inciter à la libération de plusieurs milliers de détenus, notamment ceux qui sont en fin de peine et suspend la mise à exécution des peines de courte durée. Cependant, elle refuse de procéder à un mouvement de libération général des écroués en détention provisoire, allant à l'encontre de plusieurs recommandations associatives et institutionnelles. Le , elle annonce que dix détenus sont atteints du coronavirus.

Ministre de l'Éducation nationale Elle est nommée ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse le . Sa nomination est critiquée par la droite et le Rassemblement national en raison de sa politique comme garde des Sceaux, entre 2017 et 2020, qu'ils jugent « trop laxiste », ainsi que de ses propos polémiques sur la jeune Mila début 2020.

En , elle écarte Alain Policar du Conseil des Sages de la laïcité et des valeurs de la République pour ses critiques de la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école et sa déclaration sur le voile comme possible « vecteur d’émancipation pour les jeunes filles par rapport à leurs milieux ». Sur les questions scolaires, elle poursuit la politique initiée par Gabriel Attal, notamment sa réforme du « choc des savoirs ». Les groupes de niveau au collège sont rebaptisés groupes de besoin et elle réfute toute volonté de tri socialGroupes de niveau au collège : "Ma volonté, c'est de faire réussir tous les élèves", affirme Nicole Belloubet, ministre de l'Éducation nationale, francetvinfo.fr, . Sa tâche est rendue délicate par la décision du gouvernement de supprimer d'euros du budget de l'Éducation nationale.

Engagement associatif Nicole Belloubet est en tant que rectrice présidente de droit de l'Association régionale des œuvres éducatives et de vacances de l'Éducation nationale (Aroéven) de Toulouse puis présidente élue jusqu'à sa nomination au Conseil constitutionnel en 2013..