Henri Petiot, dit Daniel-Rops, né le à Épinal (Vosges) et mort le à Tresserve (département de la Savoie), est un écrivain et un historien français.
En 1955, il est reçu au septième fauteuil de l'Académie française.
Biographie Jules Charles Henri Petiot est issu d'une famille originaire de Franche-Comté.
Son père, Charles-Eugène Petiot, est né en 1869 à Besançon (Doubs) et mort en 1953 à La Mure (Isère). D'abord employé de banque, il effectue son service militaire au sein du 4e régiment d'artillerie. En 1899, il épouse Luce Odile Julie Grosperrin, fille d'un menuisier.
Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 1er régiment d'artillerie de montagne ; il est cité à l'ordre du jour de son régiment à deux reprises et, en 1921, est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur.
Henri Petiot effectue ses études supérieures à l'université de Grenoble où il est l'élève du géographe Raoul Blanchart. En 1921, il rédige un mémoire, Briançon, esquisse de géographie urbaine. En 1922, il est reçu, le deuxième derrière Jacques Madaule, à l'agrégation d'histoire et géographie.
Il est successivement professeur d’histoire à Chambéry, Amiens et Paris, puis au lycée Pasteur de Neuilly. Dès les années 1920, il débute dans la carrière littéraire : de 1918 à 1922, Pierre Coutras publie des poèmes et nouvelles de son ami Henry Petiot. En 1923, il fonde avec Georges Gimel la revue littéraire trimestrielle Tentatives, qui paraîtra jusqu'en 1924. Outre des synthèses sur de grands écrivains, un numéro spécial est consacré à Stendhal. La revue se fait le relais des publications de la NRF et propose des passages traduits de livres en langue étrangère.
Le , il épouse à Chambéry Madeleine Marie Bouvier et le couple adopte Francis.. Dès son premier volume d’essais, Notre inquiétude (1926 - Prix Paul-Flat), il adopte le nom de plume Daniel-RopsL'adoption de ce pseudonyme serait inspirée par Félicien Rops, graveur et illustrateur belge. Voir ., qu’il utilisera tout au long de sa prolifique carrière littérairePlus de 70 livres, dont 20 romans, comprenant des études historiques ou artistiques, et des livres de poésie ou pour enfants. Un roman est publié en 1929, L'Âme obscure, et de nombreux articles paraissent dans diverses publications périodiques, dont Le Correspondant, Notre temps, La Revue des vivants.
À partir de 1931, alors qu'il revient au catholicisme., sous l'influence, notamment, de dom Alexis Presse, abbé cistercien de Tamié (Savoie) puis de Notre-Dame de Boquen (aujourd'hui Côtes-d'Armor), il participe, sur le conseil de Gabriel Marcel, aux activités de l'Ordre nouveau, dont il partage les orientations personnalistes. Il contribue activement à en diffuser les idées, dans des livres où il est parfois difficile de faire le partage entre sa réflexion personnelle et la doctrine du mouvement auquel il se rattache, livres qui font de lui un des représentants de l'effervescence intellectuelle des non-conformistes des années 30 : Le Monde sans âme, Les Années tournantes, Éléments de notre destin.
Après 1935, ses liens avec l'Ordre nouveau se distendent quelque peu et il collabore aux hebdomadaires catholiques Sept, puis Temps présent. Jusqu'en 1940, il publie plusieurs romans (L’Âme obscure en 1929, Mort, où est ta victoire ? en 1934, L’Épée de feu en 1939), des biographies et des essais (Psichari en 1922, Notre inquiétude en 1927, Le Monde sans âme en 1930, Rimbaud, le drame spirituel en 1935, Pascal et notre cœur, Par-delà notre nuit, Réflexions sur la volonté), dirigeant chez Plon la collection « Présences », dans laquelle il édite l'ouvrage La France et son armée de Charles de Gaulle, dont il devient l'ami.
Durant l'Occupation, afin de protester contre les mesures antisémites, Daniel-Rops commence la rédaction d'un livre sur l'histoire du peuple Juif. L'auteur cherche à y concilier les découvertes archéologiques les plus récentes de son époque tout en gardant une lecture religieuse et surnaturelle de la Bible. Ce travail aboutit à la publication de l'ouvrage Le Peuple de la Bible le .. Quelques semaines plus tard, le livre est interdit par les autorités allemandes notamment parce que l'auteur met en avant les racines bibliques de la civilisation occidentale et affirme l'indestructibilité d'Israël. L'auteur et l'éditeur rééditent clandestinement le livre, et quelque temps après la Libération paraît la suite : Jésus en son tempsPublié en 1945, Jésus en son temps fut peut-être le plus grand succès de librairie de Daniel-Rops. Traduit en plus de quatorze langues, il fut vendu à ., début d'une œuvre d'histoire religieuse qui se poursuivra avec la monumentale Histoire de l'Église du Christ interrompue par sa mort en 1965 (14 volumes publiés).
Après la Libération, il abandonne l'enseignement pour se consacrer à son travail d'historien et d'écrivain chrétien, assurant la direction de la revue Ecclesia et de la collection encyclopédique « Je sais, je crois », chez Fayard. En 1946, il reçoit le Grand prix de littérature de l'Académie française . Pie XII, qui se dit fervent lecteur de Daniel-Rops, le fait commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire en 1949, et la grand-croix du même ordre lui est conférée en 1956. Il est élu en 1951 à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, avec pour titre académique Effectif (titulaire) et ..
Parallèlement, retrouvant dans cet engagement certains de ses anciens compagnons d'Ordre nouveau, il participe aux travaux de plusieurs mouvements fédéralistes européens, adhérant au groupe La Fédération, puis au Mouvement fédéraliste français. Il est, de 1957 à 1963, l'un des cinquante gouverneurs de la Fondation européenne de la culture fondée par Denis de Rougemont.
Il est élu membre de l'Académie française le au fauteuil d’Édouard Le Roy., le même jour que Jean Cocteau et François Albert-Buisson. Il a 54 ans et, au moment de son élection, est le plus jeune membre de l’Académie. Il aura ce mot : « Immortel, on ne l'est que pour la vie. »
Par décision du tribunal d’Épinal du a lieu une modification de son acte de naissance : il s'appellera désormais .
En août 1962, accompagné de Gaston Monnerville, le président du Sénat, il procède à l'inauguration du buste de Lamartine réalisé par David d’Angers, dans le village de Tresserve, en Savoie, situé sur les hauteurs du lac du Bourget, cher au poète, à côté d'Aix-les-Bains.
De 1962 à 1965, il préside l'Association des amis de Jean de La Varende.
C’est à Tresserve qu’il réside habituellement. Il y possède une bibliothèque contenant dix mille livres.
Il meurt à son domicile le . Jacques Rueff révèle lors d'un discours d'hommage prononcé à l'Académie française le , que Daniel-Rops se savait depuis plus de vingt ans atteint d'un mal inguérissable "dont il observait le progrès avec une sérénité bouleversante"..
Son épouse meurt en 1975.
Daniel-Rops, auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages sur l'histoire du christianisme, est sans doute l'écrivain le plus lu dans les milieux catholiques de la France d'après-guerre.
L'abondance de son œuvre, ainsi que ses multiples activités annexes (conférencier, chroniqueur, directeur de revues) a un temps interrogé sur les conditions d'élaboration de ses ouvrages. Daniel-Rops explique la fécondité de sa plume par sa rigueur personnelle acquise lors de la préparation de l'agrégation. Chaque jour, il consacre la matinée au livre en cours dont la production suit trois étapes principales : collecte des d'informations, réalisation de fiches pour chaque chapitre, rédaction.
Daniel-Rops était reçu et estimé par les papes de Pie XII à Paul VI. De sensibilité plutôt conservatrice, plaçant son travail d'historien religieux dans une fidélité totale au magistère de l'Eglise catholique, il use toutefois de son influence auprès de Rome pour défendre des théologiens controversés dans un esprit d'ouverture afin que les diverses tendances puissent s'exprimer. Dans la collection qu'il dirige "Je sais, je crois" publiées aux Editions du Cerf, ont peut aussi bien lire des théologiens modernistes comme Yves Congar ou Marie-Dominique Chenu que des théologiens thomistes traditionnels comme Philippe de la Trinité.
Décorations (1962 ; officier en 1954 ; chevalier en 1946). (Vatican)
Œuvres
Adaptations et références filmographiques En 1964 sort le film Mort, où est ta victoire ? adapté de son roman. Réalisé par Hervé Bromberger, le film est joué par Philippe Noiret, Laurent Terzieff, Michel Auclair, Pascale Audret, Gabriele Ferzetti, Alfred Adam, Jacques Monod, Madeleine Cheminat, Jean-Paul Moulinot et Arlette Balkis. Toujours au cinéma, dans le film Le Tonnerre de Dieu (1965) le personnage du curé, joué par Daniel Ceccaldi, évoque brièvement le nom de Daniel-Rops dans un échange avec le vétérinaire, incarné par Jean Gabin.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes David Feuerwerker Georges Gimel Pierre Coutras
Liens externes
Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Romancier français du XXe siècle Catégorie:Historien français du XXe siècle Catégorie:Historien de l'Église catholique Catégorie:Essayiste français du XXe siècle Catégorie:Critique littéraire français Catégorie:Écrivain catholique français Catégorie:Collaborateur de la Revue de Paris Catégorie:Collaborateur de Carrefour (hebdomadaire) Catégorie:Le Petit Journal (quotidien) Catégorie:Membre de l'Académie française Catégorie:Membre titulaire de l'Académie de Savoie Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1962 Catégorie:Commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand Catégorie:Enseignant au lycée Pasteur (Neuilly-sur-Seine) Catégorie:Étudiant de l'université de Grenoble Catégorie:Étudiant de l'université de Lyon Catégorie:Agrégé d'histoire et géographie Catégorie:Nom de plume Catégorie:Personnalité liée à Aix-les-Bains Catégorie:Membre de l'Académie delphinale Catégorie:Lauréat du prix Paul-Flat Catégorie:Naissance en janvier 1901 Catégorie:Naissance à Épinal Catégorie:Décès en juillet 1965 Catégorie:Décès à Chambéry Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Lauréat du grand prix de littérature de l'Académie française Catégorie:Auteur publié par les éditions Plon