André Dubonnet, né le à Paris et mort le à Maule dans les YvelinesRelevé des fichiers de l'Insee, est un industriel, pilote de chasse, athlète, coureur automobile et inventeur français.
Biographie Famille Origines André Dubonnet est né le dans le . dans un milieu particulièrement fortuné.
Il est le fils de Marius Aimé Joseph Dubonnet (1855-1910), producteur de vin de quinquina, fondateur de la Société nautique de la Basse-Seine, trésorier de l'Académie des sports, et de Flore Leblanc (1862-1945), et le petit-fils et héritier de Joseph Dubonnet (1818-1871), inventeur du célèbre apéritif Dubonnet, un vin tonique au quinquina qui a fait la fortune de la famille.. André et son frère aîné Émile, passent leurs vacances en Normandie, dans la villa Les Mouettes à Houlgate, élégante station balnéaire proche de Cabourg..
Descendance En , André Dubonnet épouse Claude Sampieri (1903-1995), fille du comte Charles Sampieri (1863-1930) et d'Irène Cahen d'AnversIrène Cahen d'Anvers épouse en premières noces le banquier et collectionneur Moïse de Camondo (1860-1935), dont deux enfants : Nissim (1892-1917, mort pour la France en combat aérien), et Béatrice (1894-1944, en déportation), épouse de Léon Reinach (1893-1943, également en déportation), musicien.Auguste Renoir en fera un tableau mondialement connu, dit le Portrait d'Irène Cahen d'Anvers, huile sur toile 64 × encore appelé Portrait de Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers ou La Petite fille au ruban bleu. (1872-1963), et petite-fille du banquier Louis Cahen d'Anvers, et dont il aura deux filles, France (épouse de Pierre Midy, président des Laboratoires Midy, puis d'Alain Danet) et Lorraine (fondatrice de l'agence de mannequins Association Model Ideal, décoratrice d'intérieur).
En , il se marie en secondes noces avec Xenia Howard-Johnston (divorcée de et sœur de ). Veuf, il épouse Ruth Obre (divorcée du peintre Walter Dean Goldbeck et de Paul Manca-Amat de Vallombrosa) en , dont il divorce en . Enfin en , il épouse en quatrièmes noces Élise Curtis à Neuilly-sur-Seine.
D'une autre relation, André Dubonnet laisse également un fils naturelVoir sa descendance sur la Base de Roglo..
Adolescence Leur père, passionné de sport, pousse ses enfants à se dépasser. Disposant de considérables moyens et, pour assurer la publicité de sa société, il sponsorise de nombreuses manifestations sportives. Il se passionne pour les bateaux de course qu'il pilote à Monaco, jusqu'à son décès qui survient en . Les affaires de la société sont alors prises en main par le mari de sa fille aînée, René Lalou, par ailleurs avocat à la cour d'appel de Paris. Les affaires sont florissantes, et permettent à Émile de pratiquer de nombreux sports : football, escrime, cyclisme, patinage sur glace, baseball, course automobile... et également l'aérostation. Émile réalise sa première ascension en ballon en 1906, puis participe à la Coupe aéronautique Gordon Bennett 1907, 1908 (Berlin), 1909 (Zurich) et 1911 (Kansas City). Le , il bat le record du monde de distance parcourue en ballon, en couvrant une distance de entre Lamotte-Beuvron en France et Sokolowska en Russie.
Grands amis de Roland Garros, ils se passionnent pour l’aviation. Émile sera l’un des premiers aviateurs à survoler Paris en avion : il réalise dans le sillage du comte de Lambert, le deuxième survol de la capitale, entre Draveil et Bagatelle, à une altitude variant entre . Le jeune André, suivant les traces de son frère aîné, apprend très tôt à conduire une automobile et assiste aux meetings d'aviation auxquels participe Émile. Il réalise son premier vol à l'âge de , en 1910, comme passager sur l'avion de son frère.
As de l'aviation Quand éclate la Première Guerre mondiale, le , André Dubonnet, jeune homme sportif et élevé dans une ambiance patriote, brûle d'aller se battre. Mais il n'est encore âgé que de , vient tout juste d'obtenir son baccalauréat, et n'a pas encore accompli son service militaire. Mineur, il a besoin d'une autorisation parentale pour pouvoir s'engager. Son père étant décédé, seule sa mère peut l'autoriser. Morte d'inquiétude, elle refuse de voir partir son jeune fils. André Dubonnet doit la menacer d'aller s'engager à la Légion étrangère pour obtenir sa signature.
Engagé volontaire le , il est affecté successivement au 41e régiment d'artillerie lourde, comme simple soldat de et conducteur automobile. Il demande sa mutation dans l'aviation et l'obtient le , alors qu'il vient d'être muté au 103e régiment d'artillerie lourde. Il passe à l'école de Buc (Yvelines) le , mais n'entame pas le circuit des écoles de pilotage. Il est rappelé le au 117e régiment d'artillerie. Après avoir été instruit à l’école d’artillerie de Bourges au maniement du « Crapouillot » (obusier de tranchée) il passe le au 41e régiment d'artillerie de Douai, qui est stationné à Pontavert face au Chemin des Dames. Après avoir combattu à Verdun, il revient dans l'aéronautique le en étant muté à la du Groupe d'aérostation à Saint-Cyr-l'École. Son frère Émile y sert comme sous-lieutenant observateur aérien sur ballon captif, et devient le commandant de l'unité le , ce qui peut expliquer cette affectation privilégiée.
André Dubonnet passe dans l'aviation en et rejoint le premier groupe d'aviation le . Après avoir suivi des cours théoriques à l'école d'aviation militaire de Dijon, il obtient le , son brevet de pilote militaire à l'école d'aviation militaire d'Ambérieu. Après des stages de perfectionnement et de Haute école aux écoles d’aviation militaire d’Avord et de Pau, il est nommé brigadier en , et affecté au Groupe des divisions d'entraînement au Plessis-Belleville dans l'attente de son affectation dans une unité opérationnelle. Il devient pilote au sein de l’escadrille française de Venise en Italie. Basée sur l'île du Lido, l'escadrille N 561 est chargée de protéger la ville contre les attaques de l'aviation autrichienne. Mais celle-ci se révèle peu combative, et les rencontres avec l'ennemi sont rares. Cette affectation convient parfaitement à certains pilotes. Ce n'est pas le cas d'André Dubonnet, qui brûle d'affronter l'ennemi dans le ciel. Il profite de sa première permission à Paris pour faire jouer ses relations et se faire muter dans une escadrille sur le front français. Grâce aux relations de son père dans le monde politique, il réussit au-delà de ses espérances, et il obtient la plus prestigieuse : il est affecté à la célèbre escadrille N3/SPA 3 du groupe de dite « des Cigognes » le . Il la trouve en grand deuil : l'as des as Georges Guynemer vient de tomber au combat six jours plus tôt. Il effectue sa première patrouille le dans le secteur de Champagne où est stationnée l'escadrille. Le , il est promu maréchal des Logis.
Il effectue un dernier vol le , avant que se produise un regrettable incident : profitant du mauvais temps qui réduit l'activité aérienne, il quitte son unité sans permission pour aller faire la fête dans la capitale. Pratique courante chez les pilotes, et tolérée, mais à condition de rester discret et de ne pas croiser un supérieur. C'est précisément ce qui lui arrive : probablement pour avoir trop fait la fête, il est ramassé par une patrouille de gendarmerie et reconduit dans son escadrille. Son supérieur, le capitaine Georges Raymond, le dégrade et le renvoie dans son arme d'origine. Redevenu officiellement brigadier le , il est renvoyé le au d'artillerie et passe l'hiver dans les tranchées.
Son régiment se retrouve exposé en première ligne lors de la grande offensive allemande de printemps sur la Somme, au cours de laquelle les troupes britanniques qui tiennent le secteur sont anéanties. Alors que son unité bat en retraite, de Guiscard à Noyon, le brigadier Dubonnet se distingue par son courage, recevant le la citation suivante à l'Ordre du régiment :
Profitant de la reconnaissance de son colonel pour avoir sauvé deux précieuses pièces d'artillerie, il retrouve son grade de maréchal des Logis et obtient de revenir dans l'aviation le . Il revient à la . L'ambiance est glaciale avec son chef d'escadrille, le capitaine Raymond. Elle se réchauffe avec les premiers succès aériens que ramène André Dubonnet, qui ne sont pas un luxe pour la qui a perdu ses plus grands as.
En , toujours sur décoré du chat publicitaire des apéritifs Dubonnet, il remporte trois victoires aériennes successives, dont deux partagées avec l’as américain Franck Baylies qui sera abattu quelques semaines plus tard. Il remporte son premier succès le : en patrouille avec Baylies dans la région de Montdidier, ils attaquent ensemble un avion biplace allemand qui s'écrase au sol et brûle entre Montdidier et Faverolles. Il reçoit pour cela une citation le Le , il obtient une seconde victoire lors d'une patrouille avec Baylies et le sergent Clément. Dubonnet et Baylies abattent chacun un biplace, qui tombent entre Faverolles et Piennes. Le , toujours en patrouille avec Baylies, ils interceptent deux biplaces ennemis entre Montdidier et Faverolles. Un avion allemand est vu tomber à l'ouest du bois Notre-Dame et la victoire sera homologuée en commun à Baylies (sa victoire) et Dubonnet.
André Dubonnet détruit un ballon d'observation ennemi le , conjointement avec le sergent Fernand Chavannes, au prix d'une forte frayeur : au moment où il tire le Drachen, six Pfalz surgissent. Chavanne conserve de l'altitude pour empêcher les Pfalz de tirer Dubonnet, qui rentre en rase-mottes.
Le est une journée tragique pour André Dubonnet. Il décolle pour une patrouille avec Baylies et le sergent Macari. Ils aperçoivent trois triplans, mais hésitent à les attaquer, les prenant pour des appareils amis (les Britanniques mettent en effet en ligne le Sopwith Triplan). Mais ce sont des Fokker Dr.I. André Dubonnet reçoit une balle dans le bouchon du réservoir d'essence au-dessus de sa tête, et deux entre les jambes. Baylies n'a pas autant de chance. Posté au-dessus de lui à plus haute altitude dans un nuage, un quatrième Fokker resté inaperçu pique sur lui et l'abat dans le secteur de Rollot. Il s'agit du Leutnant Rudolf Rienau (1898-1921) de la , futur as. C'est la deuxième des six victoires qu'il remportera durant la guerre. La perte de l'as Franck Baylies est durement ressentie par la , particulièrement par André Dubonnet qui gardera longtemps des photos du pilote américain dans ses affaires personnelles.
Épuisé par deux mois de combats intenses durant les offensives allemandes de printemps, il bénéficie d'une permission du 8 au . Après son retour à la , il remporte une double victoire le , partagée avec deux autres pilotes de chasse. En début de matinée, il participe à une patrouille de six SPAD, réduite à cinq par une panne. Ils se retrouvent pris dans un combat contre plusieurs chasseurs allemands et mélangés avec des appareils anglais. Il tire sur un Fokker et pense le toucher, mais le perd de vue. Quittant la mêlée, il remarque un biplace ennemi visé par la DCA au-dessus de Ribeaucourt. Il le tire et le voit s'écraser à près de Roye-Champien-Balâtre, mais la victoire lui sera homologuée en commun avec le capitaine Joseph Battle, chef de la , qui revendique à la même heure un biplace qui s'écrase à Carrépuis, à proximité du lieu de revendication de Dubonnet. Ce dernier redécolle à avec pour équipier le sergent Brière. Il repère un biplace Rumpler qui tente de regagner ses lignes, poursuivi par quatre SPAD de la , dont le capitaine Joseph de Sevin chef d'escadrille. Tout le monde le tire : de Sevin, Brière et Dubonnet. L'avion tombe près de Balâtre-Gruny. Il sera homologué à Dubonnet et De Sevin.
Hospitalisé à l'hôpital complémentaire du Val-de-Grâce du 9 au , il termine la Grande Guerre avec à son actif six victoires et six citations Norman L. R. Franks, Frank W. Bailey, Over the Front, May 1992, .
Il est décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre 14-18.
Pilote de course