Friedeburg est une commune et station balnéaire agréée de l’arrondissement de Wittmund en Basse-Saxe. Elle borde par l'Est les contreforts du geest de Frise-orientale, dont les avancées mordent les polders du Nord-Est. Avec Friedeburg est par sa superficie la de Frise orientale. Elle compte habitants et sa densité, , est l'une des plus faibles d'Allemagne. Friedeburg offre les trois principaux paysages de la Mer du Nord : les marécages, le bocage de geest et les tourbières.

Le nom de la commune vient d'un château fort, édifié en 1359 et rasé au , qui fut tout au long de son existence la principale fortification de Frise orientale. Au Moyen Âge, la ville prospéra grâce à son abbaye et au fait qu'elle était sur la voie frisonne reliant Oldenbourg et le littoral. L’abbaye de Reepsholt, citée dans les sources dès 983 et aujourd'hui disparue, passe pour avoir été la plus ancienne de toute la Frise. Pas plus que pour le château fort, il ne subsiste de vestige du monastère. Mais les quartiers de Reepsholt et de Marx possèdent chacun une belle église.

Friedeburg tire son importance pour l’Allemagne de la présence des grottes souterraines d'Etzel, où sont stockées une bonne partie des Réserves stratégiques fédérales de pétrole. Friedeburg est une ville-dortoir de Wilhelmshaven, qui vit de son agriculture, du tourisme et de l'activité de petites entreprises. Elle est frontalière de cinq villes.

Géographie Superficie Friedeburg est la ville la plus méridionale de l'arrondissement de Wittmund, et la plus à l'est de Frise-Orientale. Avec une superficie de , elle est, derrière Wittmund, la plus grande commune de l'arrondissement et, après Wittmund et Aurich, la de Frise-Orientale. Sa densité de population () est particulièrement faible, même pour la région () et la Basse-Saxe () ou la République Fédérale (). À son plus grand diamètre, en gros selon un axe Est-Ouest, le territoire de Friedeburg s'étend sur , depuis Aurich près Wiese-der-meer jusqu'à Hof Hohemey dans la banlieue de Sande (à l'Est). Elle s'étend sur selon un axe Nord-Sud, touche à l'extrémité nord de la forêt de Knyphausen et la limite sud du littoral de Bentstreek.

La grande ville la plus proche est Oldenbourg, à en direction du sud-est. Le grand port de Wilhelmshaven est à peu près à égale distance, et procure la majorité des emplois aux habitants : les faubourgs de Wilhelmshaven ne sont qu'à du noyau urbain de Friedeburg.

Géologie et hydrographie À Friedeburg on retrouve les trois paysages typiques de Frise-Orientale, à savoir les bocages de geest, les tourbières et les poldersLes indications données dans ce § proviennent, hormis précisions complémentaires de la brochure de . C'est au Permien que se sont formés des dômes salins, comme on en trouve dans tout le Nord de l'Allemagne (mais sous une forme différente). Disséminés sous le sol de la commune de Friedeburg, ils sont surtout exploitables dans le quartier d'Etzel, à une profondeur variant entre 750 et plus de Lire . Les couches superficielles du territoire communal remontent au Pléistocène et à l’Holocène, comme ailleurs en Frise orientale. Le geest notamment date du pléistocène, les marécages et tourbières recouvrent des couches de l'holocène.

Le geest, qui recouvre la partie centrale, la plus étendue, du territoire communal, est la plus ancienne de ces trois formationsCe qui suit est tiré de la contribution de .. La régression de la glaciation de Saale a donné naissance à des dépôts morainiques de limon et de cailloux. À Friedeburg, cette couche est épaisse d'environ . On trouve dans les limons des pierres plates, dont les plus grosses furent utilisées dès la préhistoire pour construire des allées couvertes. Avec le retrait des glaciers, les galets et sables abandonnés ont formé des collines (quartier Marx) et des môles (quartier d'Etzel). La couche superficielle de sable présente une épaisseur moyenne de à .

Les tourbières se trouvent surtout aux franges ouest et sud de la commune : mises en culture depuis des siècles, elles sont largement artificialisées. Il s'agit de laisses de la grande tourbière de Frise orientale, qui s'étendait dans l'Antiquité à peu près sur les communes d'Aurich, de Großefehn, de Wiesmoor, de Friedeburg et même d'Uplengen. La flore ombrotrophe (ombrotrophie de plateau) s'est formée à la fin de la glaciation à partir des lichens décomposés. Il y a aussi de petites tourbières à la transition entre geest et marécages au centre de la commune.

Les zones marécageuses se trouvent à l'Est : il s'agit de zones asséchées d'une poche fossile de la baie de la Jade (le Schwarzes Brack). Ces marécages sont faits d'une boue noirâtre, trop lourde et trop difficile à retourner pour l'agriculture, et où le limon domine.

Friedeburg abrite aussi un chenal d'évacuation servant principalement à l'assèchement des prairies inondables. Ce chenal est orienté en gros Ouest-est et se déverse dans le chenal d'Ellenserdamm près de Dangast, dans la baie de la Jade. Le chenal de Reepsholt, plus modeste, lui est à peu près parallèle.

Climat Friedeburg appartient à la zone tempérée. Le climat est sous influence de l'anticyclone des Açores. Selon la classification de Köppen, Friedeburg appartient à la catégorie Cfb, la lettre Cf désignant un climat tempéré chaud sans saison sèche, où la température moyenne du mois le plus froid est comprise entre et et celle du mois le plus chaud est supérieure à . Les précipitations d'un climat de type Cf: climat océanique sont mensuelles et le mois le plus sec présente au moins un volume de précipitations minimum de . Le sous-type b (étés tempéré) est caractérisé par une température moyenne du mois le plus chaud inférieure à , avec au moins quatre mois à plus de en moyenne. Ainsi l'été les températurees sont moins élevées que dans l'arrière-pays, et l’hiver elles sont plus élevées.

Il y a des conditions climatiques particulières aux tourbières ombrotrophes présentes au sud et à l'ouest de la commune. Compte tenu de leurs particularités biologiques, les différences de température jour-nuit sur une tourbière ombrotrophe sont extrêmes. L'été, la température du substrat peut s'élever au point de provoquer l'ignition du végétal. L'exploitation de la tourbe et le drainage qui l'accompagne font que ces contrastes thermiques sont désormais presque insensibles. Mais le nombre de jours de gel dans les tourbières est nettement plus élevé qu'ailleurs : on assiste fréquemment à des épisodes de gel prématuré et tardifD'après .. Comme toutes les tourbières, celles-ci sont en outre régulièrement couvertes de brume.

Zones protégées vignette|La tourbière de Kollrungen, zone naturelle protégée. vignette|Panorama sur le lac de Lengen depuis le Nord-est ; le boulevard à droite marque la limite avec la commune d’Uplengen La commune, très vaste, abrite plusieurs espaces naturels et spécimens remarquables. La Zone naturelle protégée de la tourbière de Kollrungen dans le quartier de Wiesedermeer (empiétant sur le quartier de Brockzetel à Aurich) possède une superficie de ; comme la tourbière de Sumpfmoor Dose (d'une superficie totale de , classée depuis 1994), que Friedeburg partage avec sa voisine Schortens dans l’Arrondissement de Frise, c'est une ancienne exploitation de tourbe. La tourbière abandonnée a été colonisée par une forêt de bouleaux, mais certains secteurs ont pu être remis en eau. Le Lac de Schwarzes Meer près du quartier Marx est le seul lac de moraine de Frise Orientale, et la zone de protection alentour recouvre quelque . En outre, si une petite partie de la Zone Naturelle du Lac de Lengen se trouve à Friedeburg, le lac de tourbière de Hochmoor et l'essentiel de la Zone se trouve à Uplengen, et c'est la raison pour laquelle c'est l'arrondissement de Leer qui gère ces espaces. Le reste dépend de l'arrondissement de Wittmund.

La zone naturelle protégée de Stroot à Friedeburg s'étend sur . Sa forêt est zone protégée depuis 1966, et le grand espace boisé de Bült () près de Horsten depuis 1957. Un chêne ancien du quartier de Dose a été classé en 1939, ainsi que deux vieux hêtres entre Friedeburg et Marx (1976)Cf. l’éco-carte de Basse-Saxe..

Histoire Préhistoire vignette|Une tombe mégalithique près d’Etzel Les fouilles archéologiques menées dans la région montrent qu'elle était habitée dès la préhistoire. Les tumulus de Rispel sont les vestiges les plus visibles de l'Âge du bronze ancien (vers 2000 av. J.-Chr.). Des quelque 100 tumulus historiquement attestés, seuls trois ont été conservés. L’allée couverte des environs d'Etzel, une tombe comportant quatre piliers et deux dalles de couvertureCf. la monographie de ., remonte aussi au Bronze Ancien. Non loin d'Horsten, on a dégagé en 1963 un bloc erratique de 1 m de hauteur, surnommé « Pierre du Soleil » parce qu'on a retrouvé sur sa face inférieure 17 cercles concentriques gravés. Un croquis de ces dessins figure sur un panneau à proximité du lieu de la découverte ; la pierre elle-même est conservée à l'école primaire de Horsten.

On présume qu'il exista dès cette époque des chemins dont la Voie frisonne reprit plus tard le tracé. Ils permettaient de rallier la région d'Oldenbourg en longeant les geest par la côte, évitant ainsi les tourbières impraticables. Ce n'étaient guère des chemins au sens moderne, mais plutôt des clairières assez larges. La Voie frisonne, dans le sens de Neuenburg, suivait à peu près le tracé de l'actuelle Bundesstraße 437 et continuait vers le Nord. À peu près à hauteur de Rispel il y avait un carrefour vers Aurich, Wittmund et JeverCf. ..

Haut Moyen Âge vignette|Stèle commémorative marquant l'emplacement de l'ancienne abbaye de Reepsholt On trouve à Friedeburg les cercles mégalithiques médiévaux d’Oll Gries et du Chien le long de la Voie frisonne, la vieille route reliant Oldenbourg à la Frise orientale.