Yasse Tabuchi, né le à Kitakyūshū, au Japon, et mort le à Vauhallan, au sud de Paris, est un peintre aquarelliste, graveur sur cuivre, lithographe et céramiste japonais du . Il est actif en France de 1951 à sa mort.

Biographie Yasukazu Tabuchi naît le à Kitakyūshū dans la préfecture de Fukuoka, au Japon« Tabuchi, Yasukazu (1921-2009) », notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF..

Après avoir été mobilisé dans la marine et l'aviation, pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, il suit comme étudiant, des études en histoire de l'art à l'université des arts de Tokyo de 1946 à 1951, tout en ayant commencé à peindre. thumb|left|120px|21, rue Gazan, Paris En 1951, il quitte sa famille et Yokohama en bateau en direction de Marseille puis refait sa vie à Paris, s'installant au 21, rue Gazan, où est situé l'atelier de Marie-Thérèse Auffray. En 1959, il achète une ferme à Vauhallan, dans l'Essonne, afin d'avoir plus d'espace pour travailler..

Il se lie d'amitié avec Shinkichi Tajiri par qui il fait la connaissance de Friedensreich Hundertwasser et Pierre Alechinsky, rencontre également grâce à ce dernier Karel Appel, Corneille et Asger JornGérard Xuriguera, Les années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted, 1984., n'en étant pas moins reconnu comme initialement influencé par le surréalisme.. Ses œuvres tendent cependant à se rapprocher de l'abstraction, comme avec Femmes volantes..

Dans la deuxième moitié des années 1950, Tabuchi s'intéresse en particulier à l'abstraction lyrique et explore le clair-obscur pour réaliser des toiles ayant de très forts contrastes colorés.

En 1976, il écrit un article pour L'Œil intitulé « Art japonais contemporain ».

En 1988, il illustre un livre de Susanne Jorn, .

Tabuchi réalise également des décorations architecturales aux Pays-Bas et au Japon.

Yasse Tabuchi meurt le d'une bronchite dans sa propriété de Vauhallan.

Œuvre Analyse En Europe, les œuvres de sa première période sont inconnues. Dans la première année de son installation à Paris, et notamment avec la série autour des Femmes volantes, de 1953-1954, les différents éléments de ses propositions plastiques, qu'il ne s'agisse d'espace, de plans, voire de personnages, sont réduits respectivement à leur signe symbolique minimum, constituant finalement des faits picturaux purement abstraits, aux masses orthogonalement équilibrées, aux harmonies des rouges les plus diversement travaillés en matière. Si les signes graphiques symboliques qui s'y tracent et s'inscrivent, peuvent justifier l'influence surréaliste qu'allègue Tabuchi, ce ne peut être que par une certaine parenté avec l'écriture elliptique d'un Matta. Dans une nouvelle période, qui dure environ de 1956 à 1960, Tabuchi se rapproche de l'abstraction lyrique, ce qui n'est guère étonnant quand on pense à ce que l'abstraction lyrique doit à la calligraphie et aux idéogrammes extrême-orientaux.

Entretenant des rapports variables avec la réalité, jouant avec des évocations de ciels, d'eau, de vent, de collines, de vastes graphismes impétueux, travaillés dans des matières recherchées, volontiers en contre-jour sombre sur fond clair, ou au contraire en clair-obscur de blancs violents sur fond sombre, envahissent la surface de la toile, s'enroulant sur eux-mêmes jusqu'à occupation totale ; ainsi du Ruisseau, de 1960, ou de Le Nuage noir surgit, de 1961. Après cette période de clairs-obscurs romantiques, dans un retournement total, Yasse Tabuchi repart de Matisse, ou plus précisément de ce que Matisse tient lui-même des Japonais du , pour peindre, après la violence des éléments, la joie de vivre, d'être au monde et de regarder tout ce qui vit autour de soi, dans des toiles dont les titres sont révélateurs de ce changement radical de climat psychologique : Porte des femmes de 1962, La Fleur bleue de 1965, Coin intime de 1965, L'Érotique des choses de 1966, La Table abondante de 1966, La Mer et la table encore de 1966, À la mémoire des fleurs mortes de 1967.

Avec Fleurs et volcans de 1969, il divise la toile en deux, associant motifs figuratifs et abstraits. Il reprend cette structure en deux parties, l'une au-dessus de l'autre dans les séries de 1992 Émergence nocturne', Empreinte stellaire. Entretemps, il réalise les séries des Arbres (1977) où il réserve souvent une bande chromatique en bas, des Chinese Dream et de L'errance des nomades. D'entre les décorations architecturales que Tabuchi exécute, il faut citer l'important ensemble du hall du Centre Culturel Philips, à Eindhoven, Pays-Bas, le mur en céramique ( carrés) au 20th Century Art Museum d'Ikeda.

Réception critique - Georges Boudaille Georges Boudaille, « Exposition Yasse Tabuchi », Cimaise, mars-avril 1956. - Gérald Schurr Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, .

Distinctions Officier des Arts et des Lettres, 1985Galerie Louis & Sack, Paris, Yasse Tabuchi.

Hommages Tabuchi est qualifié d' ayant , selon Anne le Diberder, conservatrice du musée Foujita.

Toshio Yamanashi, directeur du Musée d'Art Moderne de Kamakura évoque l'artiste ainsi : .

Publications Yasse Tabuchi a publié plusieurs ouvrages : thumb|200px|Kenneth White L'origine de l'image des Européens, 1976, L'Occident à nu. Le cœur de l'Europe, 1979, Le miroir à deux faces, 1982, L'enclos des idées, 1994, Kenneth White, Premières esquisses des îles de l'Amérique, poèmes enrichis de 5 lithographies originales de Yasse Tabuchi, 45 exemplaires numérités, Gazan, Paris, 1994, Bretagne des silences et du vent, 1996, Edmond Jabès, L'instant d'après, 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 70 exemplaiires numérotés, &ditions Folle Avoine, Bédée, 1997. Alain Kervern, Le livre des âmes abandonnées, poèmes enrichis de 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 50 exemplaires numérotés, éditions Folle avoine, Bédée, 1997, Yasse Tabuchi (traduction d'Alain Kervera), Ce grand vide lumineux, collection « L'univers et l'intime », La Part commune, 2006.

Expositions Expositions collectives

Expositions individuelles

Collections publiques Une grande partie de son œuvre a été léguée au musée de Kamakura, au Japon. Sa peinture est par ailleurs présente dans plusieurs collections publiques, dont : Allemagne Leverkusen, Stadtmuseum. Belgique Bruxelles (Musées royaux des beaux-arts de Belgique) : Une légende d'origine, huile sur toile 114x146cm, 1955Musées royaux des beaux-arts de Belgique, "Une légende d'origine" dans les collections ; Au loin de la mer, lithographie 48,5x66cmMusées royaux des beaux-arts de Belgique, "Au loin de la mer" dans les collections ; L'été hilare, lithographie 48,5x66cmMusées royaux des beaux-arts de Belgique, "L'été hilare" dans les collections. 2 Suite PrisunicClaire Rosset, « Les suites Prisunic, une tentative de diffusion grand public de l'estampe d'artiste », L'estampe à la portée de tous ? Sophie Raux / Presses universitaires du Septentrion, 2008, , lithographies de Pierre Alechinsky, Jean Dewasne, Jean Messagier, Yasse Tabuchi, Pierre Tal Coat, Bram van VeldeMusées royaux des beaux-arts de Belgique, "2 Suite Prisunic" dans les collections. Verviers, musée municipal.

Danemark Silkeborg, Musée Jorn.

France Paris : Assemblée nationale, La cataracte, huile sur toile 201x201cm, 1981 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "La cataracte" dans les collections. Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Fonds d'art contemporain - Paris Collections, L'été sauvage, lithographie 42x51cmFonds d'art contemporain - Paris Collections, "L'été hilare" dans les collections. Musée d'art moderne de la ville de Paris : L'été hilare, lithographie 49x66,5cmMusée d'art moderne de la ville de Paris, "L'été hilare" dans les collections ; Au loin la mer n°2, lithographie 49x66,2cmMusée d'art moderne de la ville de Paris, "Au loin la mer n°2" dans les collections. Musée national d'art moderne. Puteaux, Fonds national d'art contemporain, L'apparition de l'ombre, huile sur toile 195x130cm, avant 1960Fonds national d'art contemporain, "L'apparition de l'ombre" dans les collections. Toulouse, Les Abattoirs, Les trois songes, huile sur toile 99x99cm (dépôt du Musée des Augustins)Les Abattoirs, "Les trois songes" dans les collections. Vitry-sur-Seine, Musée d'Art contemporain du Val-de-Marne.

Japon thumb|redresse|Musée des beaux-arts de Gifu thumb|redresse|Open-Air Museum, Hakone thumb|redresse|Musée national d'art, Osaka

Pays-Bas Eindhoven, Philips Museum.

Suisse Lausanne, Musée olympiqueMusée olympique, Yasse Tabuchi.

Collections privées Jean PollakArtcurial, Collection Jean Pollak, catalogue du 25 octobre 2011.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Catalogues

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. Kenneth White, Yasse Tabuchi - Itinéraires croisés, éditions du Centre culturel Le Quartz, Brest, 1992. Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz - Estampes et livres d'artistes, B.N.F., 1992. . . . Laurent Guillaut (sous la direction de), Jean Pollak, Lydia Harambourg, Claude Postel, Cinquante ans de peinture en France : une galerie, une collection, éditions du Musée de Cahors Henri-Martin, 2005.

Monographies et ouvrages généralistes . . Hans Vollmer, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, vol.4, Seeman, Leipzig, 1958, . . Gérard Xuriguera, Les années 50 - Peintures, sculptures, témoignages, Arted, 1984. . Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996. . Éric Tabuchi, Kristen et Yasse, éditions Poursuite, 2025 (présentation en ligne).

Bibliophilie , L'avant-garde internationale de la gravure, trois volumes sous étui, soixante artistes contributeurs, chaque volume contenant vingt eaux-fortes originales (dont Yasse Tabuchi dans le troisième volume), cent exemplaires numérotés, édité par la galerie Schwarz, Milan, 1962.

Articles Rita Régnier, « L'art japonais contemporain », Le Courrier graphique, n°79, 1955, . :article traitant des artistes suivant : Hubert Dietrich, Horst Egon Kalinowski, Boris Kleint, John Koenig, Eduard Micus, Yasse Tabuchi, Alberto Burri, Pierre Courtin, Horia Damian, Luis Feito, Claude Georges, James Guitet, Horst Egon Kalinowski, Boris Kleint, Eduard Micus, Louis Armand Nallard, Gabriel Pellon, August Puig, Emil Schumacher, Antoni Tàpies, Wilhelm Wessel. Alain Kervern, « Lecture d'un hokku de Buson par le peintre contemporain Yasse Tabuchi », Japon Pluriel 3 - Actes du 3 colloque de la Société française des études japonaines, éditions Pixquier, Arles, 1999, (lire en ligne).

Liens externes

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