André Bessière, né le à Paris et mort le à Vias, à l'âge de , est un résistant, déporté, ingénieur, président d'associations et mémorialiste.
Biographie Né le « Bessière, André (1926-....) », ., André Bessière a en 1940 lorsque sa famille quitte Paris à l'approche des troupes allemandes. De retour de « l'exode », il découvre Paris occupé.
Jeune résistant, déporté Il s'engage dans la Résistance à en , dans le mouvement de résistance Front nationalLynda Khayat, « Compte rendu de André Bessière, Revivre après. L’impossible oubli de la déportation, 2006 », Le Mouvement Social .. Il devient rapidement chef de groupe tout en étant élève au collège Rollin. Mais sa section est découverte en . Il fuit Paris vers le Sud. Il est arrêté à la frontière espagnole. Il est incarcéré à la Citadelle de Perpignan puis au camp de Royallieu à Compiègne. Il fait la connaissance du poète Robert Desnos avec qui il partagera l'épreuve de la déportation jusqu'à la mort de ce dernier en .
Il est déporté par un convoi de parti de Compiègne le (convoi I.206). L'histoire du convoi est particulièrement bien connue. Le plus jeune des déportés a , le plus vieux . 46 % des déportés sont des ouvriers. Aucun d'entre eux n'a été arrêté comme juif. Il semble que ce soit une erreur de la bureaucratie allemande qui soit à l'origine du départ du convoi vers le centre de mise à mort des Juifs d'Europe. Après avoir reçu une miche de pain et un saucisson, les prisonniers sont entassés dans des wagons à bestiaux. L'air devient vite irrespirable à l'intérieur des wagons. Les détenus commencent vite à se battre pour accéder aux lucarnes et respirer un peu. Le voyage dure quatre jours et trois nuits. Poussés à bout par la faim, la soif et la promiscuité, des détenus deviennent fous. Certains se battent et veulent s'entretuer. Les plus costauds et les plus résistants moralement essaient d'établir un semblant de discipline. Le , le train s'arrête et les détenus peuvent enfin descendre. sont morts pendant le voyage. Une dizaine, incapable de se maitriser, s'éloigne du quai et est immédiatement abattue par les SS.
Auschwitz Les autres détenus forment une colonne et se mettent en marche sous les coups des SS. Au bout de deux kilomètres, ils entrent dans le camp d'Auschwitz. Ils sont parqués entre 24 et 48 heures dans deux écuries. Ils sont ensuite tatoués, fouillés à corps, tondus, douchés et doivent revêtir les tenues rayées des déportés. Ils connaissent pour quelques jours le quotidien des esclaves d'Auschwitz à l'ombre des fours crématoires. Puis le , ils sont placés de nouveau dans un train pour Buchenwald. du convoi sont morts à Auschwitz.
Buchenwald Le convoi de déportés français arrive à Buchenwald le . Les détenus revivent les mêmes scènes « d'accueil » qu'à Auschwitz. Ils sont ensuite parqués dans le petit camp, une sorte de mouroir où sont entassés les déportés trop faibles pour travailler. Mais un millier d'entre eux repart le pour Flossenbürg. André Bessière reste à Buchenwald avec Robert Desnos. Début juin, ils sont affectés dans le même commando de travail à Flöha, en Saxe, dans une usine de production des fuselages d'avions. En , Buchenwald et ses camps satellites sont en grande partie évacués devant l'avance américaine. Sur à Buchenwald début avril, il n'en restait plus que à l'arrivée des Américains le . Les déportés déjà affaiblis par la faim et les mauvais traitements entament trois semaines d'une marche épuisante, surnommée marche de la mort. Les trainards et les malades sont impitoyables exécutés par les SS. Le , le convoi de Bessière épuisé arrive au camp de Theresienstadt. Le camp est libéré par les Soviétiques le lendemain Mais une épidémie de typhus ravage alors le camp. André Bessière survit à l'épidémie mais Robert Desnos en meurt. Il est rapatrié en France le . 51 % des membres du convoi sont morts (en une année).
Carrière, engagement associatif, mémoires Après la Seconde Guerre mondiale, André Bessière s'engage dans l'armée, mais est réformé pour raison de santé en 1948. Il reprend alors ses études, devient ingénieur et chef d'entreprise. C'est un militant actif des associations de déportés. Il a été président de l'Amicale des Déportés Tatoués du et président du Cercle Austerlitz.
Dans les années 1990, il commence à écrire ses mémoires en plusieurs volumes. Le premier tome, L'engrenage : « Ils avaient une certaine idée de la France », est consacré au début de la Seconde Guerre mondiale et à son entrée dans la Résistance, ainsi qu'à l'histoire des résistants déportés du même convoi. Il s'arrête le jour de son départ en déportation. Le second tome, D'un enfer à l'autre : ils étaient d'un convoi pour Auschwitz, commence le jour où le convoi quitte Paris pour les camps, le et raconte une année de déportation. Le troisième, Revivre après : l'impossible oubli de la déportation, publié en 2006, retrace les morts et les souffrances ayant suivi la libération des camps, et la difficile réinsertion ; cette approche centrée sur l'après déportation lui donne un caractère novateur. Dans ces différents récits, il mêle ses souvenirs à ceux de ses camarades, en une large « biographie collective ».
Il meurt le à Vias.
Œuvres
L'engrenage : « Ils avaient une certaine idée de la France », Paris, Buchet-Chastel, 1991, 508 p. . D'un enfer à l'autre : ils étaient d'un convoi pour Auschwitz, préface de Jacques Chaban-Delmas, Paris, Buchet-Chastel, 1997, 428 p. . Destination Auschwitz avec Robert Desnos, Paris, L'Harmattan, 2001, 303 p. . Revivre après : l'impossible oubli de la déportation, Paris, Éditions du Félin, 2006, 286 p. . Il était une fois la Légion d'honneur : de la croix des braves au ruban rouge, Paris, L'Harmattan, 2008, 270 p. . Lycéen, résistant : 1942-1944, Compiègne, Mémorial de l'internement et de la déportation, 2012, 149 p. . Préface du livre Au service de la Mémoire, Edilivre, 2017 de l'auteur Bryan Dietz
Distinctions (2011, JO du janvier 2009) ; chevalier du 17 février 1984.
avec palmes
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Résistant français Catégorie:Prisonnier au camp de Royallieu Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant d'Auschwitz Catégorie:Survivant de Buchenwald Catégorie:Personnalité liée au monde associatif Catégorie:Président d'une association Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Mémorialiste français du XXe siècle Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 2011 Catégorie:Naissance en décembre 1926 Catégorie:Naissance dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en janvier 2017 Catégorie:Décès dans l'Hérault Catégorie:Décès à 90 ans Catégorie:Élève du collège-lycée Jacques-Decour Catégorie:Titulaire de la médaille militaire Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance Catégorie:Titulaire de la croix du combattant Catégorie:Chevalier des Palmes académiques