right|thumb| alt=Une utilisatrice d'un système de communication alternative par balayage visuel pointe du regard l'un des chiffres inscrit sur un tableau transparent, afin de former un mot|Utilisatrice d'un système de communication alternative par balayage visuel, indiquant par le regard une série de chiffres sur un tableau afin de former un mot.

La communication améliorée et alternative (CAA) est un terme générique qui englobe les méthodes de communication utilisées pour compléter ou remplacer la parole ou l'écriture pour les personnes ayant une déficience dans la production ou la compréhension du langage. La CAA est utilisée par des personnes présentant un large éventail de troubles de la parole et du langage, y compris des déficiences congénitales telles que la paralysie cérébrale, la déficience intellectuelle et l'autisme, ou des troubles acquis tels que la sclérose latérale amyotrophique la maladie de Parkinson, ou des aphasies consécutives à des accidents vasculaires cérébraux. La CAA peut être utilisée à titre permanent ou temporaire.

L'utilisation de la CAA commence dans les années 1950 avec des systèmes pour ceux qui ont perdu la capacité de parler après une intervention chirurgicale. Au cours des années 1960 et 1970, a lieu un engagement croissant en Occident pour l'intégration des personnes handicapées dans la société en général et le développement des compétences requises pour l'autonomie, en conséquence de quoi l'utilisation de la langue des signes et de la communication par symboles graphiques (pictogrammes) augmente considérablement. Il faut attendre les années 1980 pour que la CAA commence à émerger comme un domaine à part entière. Les progrès rapides de la technologie, y compris les micro-ordinateurs, les tablettes tactiles et la synthèse vocale, ouvrent la voie à des dispositifs de communication avec sortie vocale et de multiples options pour l'accès à la communication pour les personnes ayant un handicap physique.

Les systèmes de communication alternative sont variés : la communication sans assistance n'utilise pas d'équipements, et inclut la langue des signes, la communication non verbale, alors que la communication assistée utilise des outils externes, depuis des séries de photos et des tableaux de communication jusqu'à des systèmes de synthèse vocale. Les symboles utilisés en CAA peuvent être des gestes, des photographies, des dessins, des lettres et des mots, qui peuvent être utilisés seuls ou en combinaison. Des parties du corps, des pointeurs, des souris adaptées, ou le suivi des yeux peuvent être utilisés pour sélectionner directement des symboles cibles, et des techniques d'accès aux scanner:en:Switch access scanning sont souvent utilisés pour la sélection indirecte. La génération du message est généralement beaucoup plus lente que lors de la communication orale, et des techniques d'amélioration du taux de réponse peuvent être utilisées en complément pour réduire le nombre de sélections nécessaires. Ces techniques comprennent des outils « prédictifs », grâce auxquels l'utilisateur se voit proposer des suggestions pour les mots ou expressions qu'il est en train de composer, et des « codages », grâce auxquels des messages plus longs sont récupérés à l'aide d'un code préenregistré.

L'évaluation des capacités d'un utilisateur et ses besoins en communication améliorée et alternative nécessitent un bilan moteur, visuel, cognitif, ainsi qu’une évaluation de ses forces et faiblesses en matière de langage et de communication. L'évaluation nécessite la collaboration des membres de la famille, notamment en cas d'intervention précoce. Il est nécessaire de centrer l’approche sur la famille en respectant ses particularités ethniques et ses croyances. Des études démontrent que l'utilisation de la CAA n’entrave pas le développement de la parole, et peut conduire à une augmentation de la production orale. Les utilisateurs qui ont grandi en utilisant la CAA font preuve d’un niveau satisfaisant en matière relationnelle et d’activité quotidienne, mais ils peuvent avoir un faible niveau d’alphabétisation et ont une faible probabilité d’avoir un emploi.

Objet La communication améliorée et alternative est utilisée par des individus pour compenser de graves déficiences communicationnelles, qu’il s’agisse de l'expression ou de la compréhension du langage oral ou écrit. Les personnes utilisant la CAA incluent celles atteintes de diverses maladies congénitales comme la paralysie cérébrale, l'autisme, la déficience intellectuelle, ou acquises telles que la sclérose latérale amyotrophique, les lésions cérébrales traumatiques et l'aphasie. La prévalence des cas d’utilisation rencontrés dans les études sur le handicap varie selon les pays et l'âge des personnes handicapées interrogées, mais typiquement on considère qu’entre 0,1 à 1,5 % de la population présente de telles déficiences de langage et qu’elles ont de la difficulté à se faire comprendre, et qu'elles pourraient donc bénéficier de la CAA. On estime que 0,05 % des enfants et adolescents auraient besoin d’outils de haute technologie de la CAA. Des films primés tels que My Left Foot et Le Scaphandre et le papillon, basés sur des livres écrits par des utilisateurs de la CAA, respectivement Brown Christy, victime de paralysie spasmodique et Jean-Dominique Bauby, atteint du Syndrome d'enfermement, ont permis de faire connaitre à un plus large public les conditions de vie de ce type d’utilisateur.

La CAA a été dénommée à l'origine en anglais (« suppléance à la communication ») ce terme servait à indiquer que de tels systèmes de communication étaient conçus pour compléter la parole naturelle plutôt que pour la remplacer. L'ajout de la notion de vint plus tard, quand il devint évident que, pour certaines personnes, des systèmes non-vocaux étaient leur seul moyen de communication possible. Les utilisateurs recourent généralement à un éventail de stratégies de communication assistée et spontanée, selon les partenaires de la communication et du contexte.

La communication améliorée et alternative est l'un des éléments de communication définis par l'article 2 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, aux côtés des langues, de l'affichage de texte, du braille, de la communication tactile, de l'utilisation de gros caractères et des technologies de l'information et de la communication accessiblesConvention relative aux droits des personnes handicapées, Article 2, Définitions.

Formes de la CAA CAA sans assistance technique vignette|alt=Photo de mains représentant le mot «interprète» en langue des signes québécoise : les pouces et index des mains forment deux pinces fermées, qui se rejoignent.|Représentation du mot «interprète» en langue des signes québécoise Les systèmes de CAA sans assistance technique sont ceux qui ne nécessitent pas d’outil externemais qui peuvent nécessiter l’assistance d’autres humains, appelés « interfaces » humaines, tels que : traducteurs de la langue des signes, spécialistes en lecture labiale, etc.. Ils comprennent notamment l'expression du visage, les vocalisations, les gestes, les langues des signes et autres systèmes de signes. Les vocalisations informelles et des mouvements comme le langage corporel et les expressions faciales font partie de la communication naturelle, et ces signaux peuvent être utilisés par les personnes handicapées profondes.

Il existe des codes gestuels plus formalisés qui comblent l’absence de structuration de la communication spontanée. Par exemple, le code Amer-Ind est basé sur la langue des signes des Indiens des Plaines ; il a été utilisé avec des enfants souffrant de handicaps profonds, et des adultes présentant une grande variété de diagnostics, y compris la démence, l'aphasie et la dysarthrie. Les avantages des gestes et de la pantomime est qu'ils sont toujours disponibles pour l'utilisateur, généralement compris par un interlocuteur avisé, et constituent des moyens efficaces de communication.

En revanche, les langues des signes ont une base linguistique qui permet l'expression d'un nombre illimité de messages. Il existe deux approches sur la façon de « signer » : la première consiste à coder une langue existante, la seconde constitue une langue à part entière. Signing Exact English (Langue des signes en anglais exact) peut être considérée comme l'exemple le plus largement utilisé de la première et la langue des signes américaine comme un exemple classique de la seconde. « Signer »« Signer » est le verbe utilisé au sens de « communiquer en langue des signes » est utilisé seul ou en conjonction avec la parole pour soutenir la communication avec des personnes ayant une variété des troubles. Les formes précises des mains et les mouvements de signe et le geste exigent que l’utilisateur dispose de suffisamment de motricité fine et de capacités de planification motrice. Les langues des signes exigeant une coordination motrice plus fine, elles sont moins transparentes que les codes gestuels tels que l'Amer-Ind ; ce facteur limite le nombre de personnes capables de comprendre sans formation les messages émis.

CAA techniquement assistée vignette|upright=0.8|alt=Tableau de quatre lignes et cinq colonnes, comportant un mot imprimé et une icône dans chaque cellule.|Exemple d'aide basse technologie : carte de communication, montrant différentes catégories d'aliments.

vignette|upright=0.8|alt=Dispositif électronique d'environ de diagonale, avec écran tactile montrant des symboles de communication, mais sans clavier.|Exemple d'aide haute technologie : dispositif de génération de discours, avec affichage en grille des catégories disponibles

Une aide technique à la CAA est un dispositif, qu’il soit électronique ou non, utilisé pour transmettre ou recevoir des messages. Il en existe une large gamme, depuis les livres de communication jusqu’aux systèmes générateurs de synthèse vocale. Compte tenu de la grande variété des compétences, des difficultés et des besoins de communication des utilisateurs de CAA, il est nécessaire d’avoir une gamme tout aussi variée de supports et de systèmes de communication.

Basses technologies Les aides à la communication basse technologie ou low-tech sont définies comme n'ayant pas besoin de piles, d’électricité ou d'électronique. Ce sont souvent des cartes de communication très simples ou des livres, à partir desquels l'utilisateur sélectionne des lettres, des mots, des phrases, des images et/ou des symboles pour communiquer un message. Selon leurs capacités physiques et leurs limites, les utilisateurs peuvent indiquer le message approprié avec une partie du corps, un pointeur lumineux, la direction du regard, ou encore grâce à une baguette frontale ou pilotée par la bouche. Ils peuvent aussi indiquer « oui » ou « non » alors qu'un auditeur parcourt les options possibles.

High-tech Les aides High-tech en CAA permettent le stockage et la récupération de messages électroniques, la plupart permettant à l'utilisateur de communiquer en utilisant la synthèse vocale. De tels dispositifs sont connus en tant que « « (SGD - dispositifs générateurs de parole) ou de (VOCA - aide à la communication par sortie vocale). Les émissions d'un tel dispositif ou périphérique peuvent être numérisées et/ou de synthèse : les systèmes numérisés restituent des mots ou des phrases généralement plus intelligibles, tandis que les discours synthétisés, qui font appel à des logiciels de conversion du texte en discours oral, peuvent être plus durs à comprendre, mais ils permettent à l'utilisateur d'épeler des mots et d’émettre de nouveaux messages.