La famille de Joux est une famille noble originaire du Doubs.

Ils sont à l'origine de l'édification du fort de Joux désigné pour la première fois en 1039 sous le nom latin de "Miroaltum", puis Mirual (1175), Miroaz (1227), Mirovant (1278), Mirual (1343) mais il garde son nom séquanais de Iors (Strabon en -52), castro jurensi (dès 1111), castrum Juris ou castel de Jor (1228), puis dès 1251 "fort de Joux" ou "chasteau puis château de Joux". Ils doivent leur fief aux seigneurs de Salins qui le tenait de l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune. Avec le soutien de Frédéric Barberousse, Empereur romain germanique, ils vont considérablement agrandir leur domaine d'origine, composé du château et de Saint-Pierre-de-la-Cluse (aujourd'hui le quartier Saint-Pierre), en direction de Mouthe, de Pontarlier et de Montbenoît qu'ils vont ajouter à leurs possessions d'Usie, de Cicon, de Lièvremont et de Naisey. Riches et puissants ils deviennent propriétaire des "montagnes du Jura" et se font nommer "les puissants seigneurs à bannières du Jura" ou "les sires des forêts jurassiennes".

Premiers membres Les premiers seigneurs de Joux apparaissent dans le cartulaire de Romainmôtier. Dans ce document il est cité Nardwin père de Warin/Garin père d'Aldric/Ulric père d'Amaldric/Amauri père de LandryHistoire généalogique de la maison de Joux.

Alric, seigneur de Joux. Il est cité dès 979. Aldric, Nerduin et Warin de Joux, vivaient vers l'an 1000. Amauri les appelle "sui antecessores" dans un traité signé vers 1060 avec le monastère Saint-Pierre de Romain-Môtier, dans lequel il est nommé "Amaldicus de Juranis saltibus", Amauri des monts Jura. Son épouse est inconnue, il a Warin/Garin qui suit.

Warin/Garin seigneur de Joux. Son épouse est inconnue, il a Aldric/Ulrich qui suit.

Aldric/Ulric, seigneur de Joux. Son épouse est inconnue, il a Amauri.

Branche aînée Une charte de Rodolphe III dernier roi de Bourgogne et de son demi-frère Burchard est paraphée par les témoins Lambert, Rodolphe, Uldoric et Adalbert. Elle est datée de l'an XVII du règne de ce monarque, donc de 1010 ou 1011 puisque ce personnage a succédé à son père Conrad III en 993. Il est possible qu'Uldoric soit un sire de Joux et le père d'Amauri, ce dernier prénom est particulier à cette maison et déjà en 856 un Almaric est témoin du diplôme d'Hartmannus publié à Échallens sous le règne de Louis II empereur d'Occident et le même nom est retrouvé dans une charte datée de 886 de Rodolphe III lorsque ce dernier était comte et marquis.

Les armoiries sont d'or frettées de sable et timbrées d'un bœuf naissant d'or sur un casque ouvert entre deux ailes d'azur. 100px|thumb|armes de la maison de Joux

Devise : « Au bœuf », symbole d'une ville municipale romaine, à noter qu'un bœuf et une vache tirant ensemble une charrue étaient symbole d'une colonieEsquisse historique, légendaire et descriptive de la ville de Pontarlier, du fort de Joux et de leurs environs.

Adage : Lasciveté de Joux.

Amauri de Joux, (Amaldricus de Juranis saltibus), (1057 - 1083), seigneur de Joux. Il est sans cesse en conflit avec le prieuré de Romainmôtier qui possède des terres à Bannans et Bretzendans (Sainte-Colombe). En effet Amauri veut soumettre les religieux aux travaux d'entretien et de réparation de son château de La Cluse s'appuyant pour justifier son droit sur le fait que ses prédécesseurs Narduin, Warin et Uldric en avait toujours exigés de même : « Les hommes de Bannans et de Sainte-Colombe doivent contribuer par des corvées aux réparations et à l'entretien de la Cluse, quand elle en a besoin, ou payer, en équivalent, une certaine somme, comme ils avaient coutume de le faire au temps de mes prédécesseurs, Narduin, Warin et Uldric. Ces hommes doivent, se joindre à moi et à mes chevaliers, lorsque l'on est à la poursuite des voleurs relégués dans ces villages et quand je faits la guerre à mes ennemis. Ne sont-ils pas obligés d'enlever les bois qui obstruent les passages, les chemins ? ». Amauri est traduit devant le tribunal de Besançon devant lequel il reconnait ses fautes. Avant 1083 il donne à l'abbaye de Baume l'église Saint-Étienne de Pontarlier. Son épouse est inconnue, il a : Landri qui suit ; Falcon (ou Gui) ; Hugues, chanoine de Besançon de 1110 à 1118. Premier prieur de l'abbaye de Montbenoit.

thumb|Landry de Joux Landri de Joux, (Landricus de Jure ou Castro Jurensi ou Castri Jurensi possessor), (1086 - 1110), seigneur de Joux et d'Usie. Aux alentours de 1086 il donne la terre de Sainte-Colombe au monastère de Romainmôtier et sur la demande de son prieur Lambert, il renonce aux prétentions qu'il avait élevé sur les propriétés du couvent à Bursins et à Bougé dans le pays de Vaud. Il fonde en 1100 l'abbaye de Montbenoît de l'ordre de Saint Augustin et lui donne le Val du Sauget ainsi que des droits dans la terre de JouxHistoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne. La charte de donation de 1169 explique que Landry avait donné « tout ce qu'il possédait dans le lieu de Montbenoît, en forêts, pâturages, eaux et prairies, et autres choses nécessaires aux besoins des serviteurs de Dieu qui y sont établis », dans celle de 1228 Henri de Joux précise que ses droits s'étendent depuis « la combe de la première Oye » jusqu'à « la fontaine de Chadgeslir » puis depuis ce lieu sur l'autre rive du Doubs jusqu'à « la fontaine ronde » et depuis le sommet du « Mont d'Arc » jusqu'à celui du « Mont-de-Say »"". Son épouse est inconnue, il a : Amauri II qui suit, Louis (?-vers 1100) Landri, (? - vers 1109).

Amaury II de Joux, (filius Landrici de Castro Jurensi), (? - après 1140), seigneur de Joux (Mirua) , de La Cluse et d'Usie. À l'image de son ancêtre il commet des exactions sur les biens du monastère de Romainmôtier à Bannans et va jusqu'à tuer le prévôt ce qui lui vaut de comparaitre devant le comte de Bourgogne Renaud II à un plaid qui se tenait à Jougne. Il plaide coupable et en réparation donne au prieur du monastère la terre nommée "vers l'Épine" et une autre à Chaffois, afin de garantir sa conduite il doit envoyer à Pontarlier huit otages. Il accorde aux religieux de l'abbaye de Montbenoît l'exemption du péage de La Cluse et ses droits sur l'hôpital de Pontarlier entre autres dons. Son épouse est inconnue, il a : Hugues qui suit, Odon, témoin en 1166 de la donation des terres de Quingey et de Liesle à Odon de Champagne de la part de Frédéric Barberousse.

Hugues de Joux, seigneur de Joux (Mirua), de La Cluse et d'Usie. Il confirme les donations de ses prédécesseurs et permet aux religieux de l'abbaye de Montbenoît de chasser dans ses forêts du Mont-Jura, de pêcher dans ses rivières et leur cède tous ses droits sur leurs sujets. Il confirme aussi la possession des eaux du Doubs depuis le "moulin Frambert" jusqu'à la source des "Brennes" et leur accorde la libre jouissance du bois voisin du four à poix de l'abbaye. Son épouse est inconnue, il a : Amaury III qui suit, N..., elle épouse Humbert de Scey.

Amaury III de Joux, (Emmandricus Jurensis, Domini Hugonis filius), (avant 1166 - ?), seigneur de Joux (Mirual), de La Cluse et d'Usie. Il donne à l'abbaye de Montbenoît la moitié des dîmes qu'il a sur les héritages des étrangers habitant Usie et les exempte du droit de banvin. Il est témoin du don du comte de Bourgogne à l'église Saint-Étienne de Besançon en 1170 et se croise la même année pour la troisième croisade. Il épouse Berthe, (1170 - après 1228), de qui il a Henri qui suit.

Henri de Joux, (avant 1196 - 1243), seigneur de Joux (Jurensis, Jor, Miroaz), de La Cluse et d'Usie. En 1196 il donne aux religieux de l'abbaye de Mont-Sainte-Marie le "droit de parcours sur le territoire d'Usie ainsi que l'usage des forêts" et trois ans plus tard il confirme la donation de son père à celle de abbaye de Montbenoît de la moitié de ses dîmes d'Usie, en 1216 il les exemptera du péage de la Cluse. Dans une charte de 1227, où il se dit seigneur du château de Joux également nommé Miroaz, il "accorde à perpétuité, à toutes les personnes portant l'habit et la tonsure de l'ordre de Cîteaux, à leurs voitures et autres choses quelconques, le libre passage dans sa terre pour le remède de son âme et celle de ses prédécesseurs" et l'année suivante, après un pèlerinage à "Saint-Jacques en Galicie" (Saint-Jacques-de-Compostelle), il confirme les dons de ses ancêtres aux religieux de l'abbaye de Montbenoît en les augmentant d'un cens sur les seigneuries de Liévremont, de La Cluse, de la moitié des dîmes sur ses héritages et de l'autorisation qu'il accorde aux sujets de Montbenoit de trouver une épouse sur ces terres. Après sa mort en 1243 il est inhumé dans le chœur de l'église de Montbenoit, à côté de son tombeau, sur une plaque de marbre, il est représenté à cheval armé de toutes pièces et la masse au bras avec ses armes "d'or frettées de sable, timbrées d'un cheval ailé" ; l'écu est supporté par deux anges tenant chacun un écusson, sur l'un est gravé : Da gloriam Deo, sur l'autre : Serva mandata et au-dessus : R.D. vota D.Henrici de Joux, qui hanc abbatiam dotavit, et donationes predecessorum suorum confirmavit MCCXXVIIIque l'on peut toujours admirer dans la nef de l'abbaye de Montbenoit au-dessus de la porte de la sacristie ou il a été placé lors de la réfection de cette dernière. Il épouse Clémence, (? - 1228), de qui il a : Amaury IV qui suit, Hugues , (1225 - 1268), il fonde la branche d'Usie et prendra le nom d'Hugues d'Usie.

Amaury IV de Joux, (? - après 1292), chevalier, seigneur de Joux (Mirovant) et de La Cluse. Il entre en conflit avec Jean de Chalon, comte de Bourgogne et sire de Salins, en refusant d'entrer dans son hommage et exige un droit de péage important à ceux qui traversent ses terres pour aller chercher du sel à Salins. Dans le même temps il a des ennuis avec Amédée III de Montfaucon, frère du comte de Montbéliard, car celui-ci lui reproche d'avoir acquis d'Odon d'Arguel le fief de Morteau qui releve des Montfaucon. En représailles les deux seigneurs apportent la désolation sur les terres d'Amaury qui doit reconnaitre ses torts. Dans le traité de paix de 1250 il renonce au fief de Morteau, reconnait que son château de Joux et le "rocher" de La Cluse, qui avait été fortifié par le comte Étienne II d'Auxonne, mais aussi les terres de Bouverans, de Courvières, d'Houtaud, de Bonnevaux et de Dommartin relèvent de la mouvance des seigneurs de Salins et renonce à prélever des droits sur ceux qui traversent ses terres pour aller à Salins. Dans le même temps il engage ses terres de Bouverans et de Courvières auprès du comte de Bourgogne pour la somme de mille livres couvrant les frais de guerre. En 1251 il assiste Guillaume II de la Tour, archevêque de Besançon, dans sa reconnaissance des droits de l'abbaye de Montbenoît sur le Val du Saugeois et deux ans plus tard il reçoit la confirmation de l'accroissement de son fief sur le puits de Salins que Jocerand de Brancion lui avait fait. Il épouse en premières noces Luquette, fille d'Étienne de Neublans et de Pétronelle, puis en secondes noces Huguette, dame de Bonnevaux. Du premier mariage il a : Henri II qui suit, Jean qui fait la branche de Naisey, Marguerite, elle épouse Gérard II de Durnes, (? - après 1275), Lionnette, Anne, elle épouse en 1276 Guillaume de Scey, Marguerite, elle épouse en premières noces à Jean de La Sarraz puis en secondes noces Étienne de Vienne, seigneur de Berthelange.

Henri II de Joux, (? - 1294), seigneur de Joux et de La Cluse. En 1250 il jure se conformer aux clauses du traité fait entre son père et les sire de Salins et de Montfaucon, c'est pourquoi il engage le fief d'Usie à la comtesse Laure de Commercy en 1266. En 1282 il participe à l'expédition du comte de Bourgogne pour venger le massacre des français aux Vêpres siciliennes. En il fait son testament au château de Joux et choisit sa sépulture au cimetière de l'église de Montbenoit.