vignette|redresse=1.5|La « confession de Saint-Pierre » est une chapelle de la basilique Saint-Pierre qui est, selon la tradition, édifiée sur le tombeau de l'apôtre Pierre. Construite et décorée de 1615 à 1617 par les architectes Carlo Maderno et , cette pièce comporte au fond une niche aux pallia (structure excentrée correspondant à la partie antérieure du « trophée de Gaïus », comme l'atteste une bande de marbre verticale supplémentaire à droite). Cette niche est encadrée par la grille dorée de la porte centrale (placée par Innocent III), et masquée par une mosaïque qui date probablement du (don selon la tradition des saints Cyrille et Méthode), représentant un Christ pantocrator bénissant Maurice & Eloise Howard, The Confessio, sur stpetersbasilica.info. vignette|redresse=1.5|L'autel papal et le baldaquin qui l'abrite reposent sur la confessio, exèdre couvert de marbres dans lequel certains privilégiés peuvent descendre grâce à deux rampes d'escaliers semi-circulaires de 17 marches en marbre blanc, qu'entoure une balustrade en hémicycle (chargée de 90 lampes éternelles votives en bronze doré soutenues par des cornes d'abondance, œuvres de Mattia de Rossi) et dont les deux bras sont fermés par deux battants de porte en bronze. vignette|Infographie des autels emboîtés : de la tombe de saint Pierre à l'autel construit par le pape Clément VIII dit « autel papal » dans la basilique Saint-Pierre (Vatican), vue en coupe Selon la tradition catholique, la tombe de saint Pierre, découverte dans la nécropole du Vatican, se trouverait sous la basilique Saint-Pierre au Vatican. Elle comprend plusieurs tombes et un emplacement construit pour commémorer l'emplacement supposé de la tombe de l'apôtre Pierre. Le tombeau de saint Pierre se situerait près de l'extrémité ouest d'un complexe de mausolées qui remontent à 130 après Jésus-Christ et l'an 300. Le complexe a été partiellement démoli et comblé de terre pour fournir une base pour la construction de la précédente basilique, également appelée basilique de Constantin, sous le règne de Constantin , commencée entre 326 et 333 : elle nécessite la démolition du Circus Vaticanus ou Cirque de Caligula et de Néron qui s'étendait sur la partie sud du chantier. Constantin décide de raser les sépultures de la nécropole alignées le long d'un sentier car la tradition y fixait la tombe de saint Pierre.

L'empereur pensait ainsi construire l'autel de sa basilique au-dessus de cette tombe. Bien que de nombreux ossements eussent été trouvés sur le site du sanctuaire au cours du , à la suite de deux campagnes de fouilles archéologiques, le pape Pie XII déclare en , que nul ne peut confirmer qu'ils appartiennent à saint Pierre avec une certitude absolue. Cependant, après la découverte d'ossements supplémentaires ainsi qu'une inscription, le , le pape Paul VI annonce que les reliques de saint Pierre sont identifiéesAudience générale de Paul VI, le 'Identification des reliques de saint Pierre - site du Vatican.

La tombe présentée par l'Église comme étant celle de saint Pierre se trouve au pied de l'édicule sous le sol. Les dépouilles de quatre personnes, ainsi que ceux d'animaux de la ferme, sont trouvés dans cette tombe. En 1953, après avoir achevé les premiers travaux archéologiques, un autre ensemble d'os est trouvé : ceux-ci auraient été enlevés à l'insu des archéologues à partir d'une niche (loculus) du côté nord d'un mur (le mur de graffiti) qui vient buter contre le mur rouge sur la droite de l'édicule. Des tests ultérieurs indiquent que ce sont les ossements d'un homme de 60 à 70 ans The Bones of St. Peter : Walsh John Evangelist - éditeur = Doubleday & Co. Margherita Guarducci fait valoir que ce sont les restes de saint Pierre et qu'ils auraient été transférés dans une niche, dans le mur de graffiti de la tombe sous l'édicule, à l'époque de Constantin , après la paix de l'Église (en 313) The Remains of Peter : Guarducci Margherita. Antonio Ferrua, l'archéologue qui a dirigé les fouilles de ce qui est connu comme la tombe de saint Pierre, déclare qu'il n'est pas convaincu que les os trouvés sont ceux de saint Pierre Antonio Ferrua, 102; Archeologist Credited as Finding St. Peter's Tomb - Los Angeles Times (13.02.2012.

Au-dessus de la tombe de saint Pierre, dans la basilique, est érigé le baldaquin de saint Pierre, réalisé par Le Bernin, de 1624 à 1633.

La mort de Pierre sur la colline du Vatican vignette|gauche|Le Crucifiement de saint Pierre par Le Caravage La première référence à la mort de Pierre, en dehors du Nouveau Testament, se trouve dans la Première épître de Clément, écrite vers 95.

Dans cette lettre, Clément Ier, ( évêque de Rome, déclare,

Le martyre de Pierre est traditionnellement représenté, dans l'iconographie chrétienne, crucifié avec la tête dirigée vers le bas : Eusèbe de Césarée, contemporain de Constantin , écrit que saint Pierre Histoire ecclésiastique : Eusèbe de Césarée - Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes » : texte grec et traduction par Émile Grapin, tome I (1905), tome II (1911) et tome III (1913), Gallica ] mais il attribue cette information à Origène, un théologien mort en 254.

Le lieu et la manière de la mort de Pierre sont également mentionnés par Tertullien dans le scorpiâqueLe scorpiâque, antidote contre la morsure des scorpions. Trad. A.-E. de Genoude version en ligne où le décès est déclaré avoir lieu pendant les persécutions chrétiennes par Néron. Tacite décrit la persécution des chrétiens dans ses Annales, mais il ne mentionne pas spécifiquement saint Pierre. En outre, Tertullien affirme que ces événements ont lieu dans les jardins impériaux près du cirque de Néron. Aucun autre endroit n'aurait été disponible pour les persécutions publiques après le grand incendie de Rome qui détruit le Circus Maximus et la plupart du reste de la ville en l'an 64.

Ce récit est confirmé par d'autres sources. Dans La Passion de Pierre et Paul, datant du , le crucifiement de Pierre est raconté. Puis il est précisé St. Peter in Rome and His Tomb on the Vatican Hill Arthur Barnes - édition : Kessinger Publishing (2006). Le lieu-dit Naumachia est un lac artificiel dans le cirque de Néron, où les batailles navales sont reproduites pour le public. Le lieu-dit du Vatican était à l'époque une colline à côté du complexe et également à côté du Tibre, avec un cimetière composé de tombes à la fois chrétiennes et païennes.

La recherche de la tombe

Dionysius, évêque de Corinthe mentionne le lieu de sépulture de Pierre comme étant Rome quand il écrit à l'Église de Rome, à l'époque du Pape Soter (mort en 174), remerciant les Romains pour leur aide financière A select library of Nicene and post-Nicene fathers of the Christian church : Schaff Philip - édition : The Christian literature company (1904).

La tradition catholique soutient que les chrétiens endeuillés suivent leur habitude dans l'enterrement, le plus près possible du lieu de sa souffrance. Selon cette tradition, saint Pierre est mis en terre dans une propriété chrétienne, en bordure d'une route bien connue menant hors de la ville, la (site d'un païen connu et cimetière chrétien) sur la colline appelée . Le tombeau réel est une voûte souterraine, relié à la route par un escalier : le corps repose dans un sarcophage de pierre au centre de cette voûte.

Le Livre des Papes mentionne que le pape Anaclet construit un sur la tombe souterraine de saint Pierre, peu de temps après sa mort. Il s'agit d'une petite chambre ou d'un oratoire, où trois ou quatre personnes peuvent se mettre à genoux et prier sur la tombe. L'empereur romain païen, Julien, mentionne en 363, dans ses écrits Contre les Galiléens que le tombeau de saint Pierre est un lieu de culte secretJulien, Libri tres contra Galileos.

Il existe des preuves de l'existence de la tombe : des trophoea, c'est-à-dire, des trophées, sorte de signes ou monuments commémoratifs de victoire. Au début du , le prêtre Caius réfute les traditions montanistes d'un certain Proclus .

Ces tombes sont l'objet de pèlerinages pendant des siècles de persécution et sont enregistrées dans certains actes des Martyrs qui ont été capturés alors qu'ils priaient sur les tombes des apôtres La tombe de saint Pierre - Catholic Encyclopedia (1913) - Vol. 13 - (Arthur Stapylton Barnes).

Pendant le règne de l'empereur romain Valérien, la persécution des chrétiens est particulièrement sévère. Les restes des morts et en particulier ceux des chrétiens, perdent leurs protections usuelles au regard du droit romain. Les restes de Pierre et Paul sont retirés temporairement de leurs tombes originales afin de les préserver de la profanation par les Romains. Ils sont déposés en secret, de nuit, et cachés dans les catacombes de Saint-Sébastien en l'an 258 puis retournent dans leurs tombes originales en 260, quand le règne de Valérien s'achève.

La basilique de Constantin

vignette|gauche|Situation de la basilique constantinienne, par rapport au Circus Vaticanus et la basilique actuelle

Quand l'Église est enfin en paix sous Constantin le Grand, les chrétiens peuvent enfin construire des édifices appropriés pour la célébration de leur messe. Les lieux de repos des reliques des apôtres sont naturellement parmi les premiers à être choisis comme sites de grandes basiliques. L'empereur fournit les fonds pour ces bâtiments, dans son désir d'honorer la mémoire des deux apôtres.

Une grande partie de la colline du Vatican est nivelée afin d'obtenir une base solide pour la première basilique Saint-Pierre. L'autel de la basilique est prévu d'être situé directement au-dessus de la tombe. Toutefois, l'affaire est compliquée par la chambre supérieure, ou memoria, au-dessus de la voûte (monument sépulcral). Cette chambre supérieure était devenue chère aux Romains au fil des siècles de persécution et ils ne sont pas disposés à ce qu'elle soit détruite. La memoria est transformée en chapelle de la confession. Au-dessus, à l'étage principal de la basilique, l'autel est dressé directement sur la chapelle de la confession. Le respect de l'endroit conduit à cette disposition restant pratiquement inchangée de nos jours.

Le livre des Papes détaille certaines parures que Constantin a apparemment ajoutées à la tombe de Saint-Pierre. Le sarcophage lui-même aurait été scellé de bronze. De plus une croix d'or, aurait pu y être ajoutée. Celle-ci pesait 68 kilos150 livres avec pour inscription, traduite du latin, . Cependant, tous les trésors qui auraient pu être présents dans la tombe sont supposés avoir été pillés par les Sarrasins lors du sac de Rome en 846 The destruction of ancient Rome Rodolfo Amedeo Lanciani - édition Macmillan company (1899).

Il est affirmé que le crâne de saint Pierre réside dans la basilique Saint-Jean-de-Latran depuis au moins le auprès du crâne de saint Paul Notes on a group of reliquaries : H. Syer Cuming - (J. British Archeological) (décembre 1870).

Les fouilles modernes

Les premières fouilles de la nécropole sont entreprises à la demande de Pie XI qui voulait être enterré dans un lieu des grottes vaticanes aussi proches que possible de la tombe de saint Pierre. Elles débutent sous le pontificat de Pie XII, entre 1940 et 1949. L'équipe archéologique du Vatican dirigée et supervisé par Ludwig Kaas, qui avait autorité sur le projet Archaeology and the Great Churches of the World (La basilique St Pierre), met au jour un complexe de mausolées païens sous les fondations de la basilique Saint-Pierre (la nécropole du Vatican), datant des -. Les fouilles s'arrêtent avant d'avoir creusé plus profond pour tenter de retrouver des tombes, sans doute modestes, d’époques antérieuresGérard Nauroy, La nécropole vaticane et le tombeau de saint Pierre : une description en forme d’état de la question, Académie à Rome, 2011, p. 443. L'abbé Kaas proposa au réalisateur allemand Veit Harlan, qui était à Rome pour les besoins d'un tournage, de filmer en couleur ces fouilles. Le Ministre de la Propagande Joseph Goebbels, averti de ce projet, refusa.