Giorgio Basta (en français Georges Basta, en allemand Georg BastaMonatsblatt der Heraldischen Gesellschaft "Adler"., Volume 4, 1896, .), comte d'Hust et du Saint Empirede Vegiano, Nobiliaire des Pays-Bas et du comté de Bourgogne, F. et E. Gyselynck, 1865, ., né le La date exacte de sa naissance est incertaine. Plusieurs auteurs donnent le . à Rocca (royaume de Naples) ou dans le Montferrat (Piémont)Certains auteurs, comme Spontini qui l'a personnellement connu, donnent comme lieu de naissance Ulpiano nel Monferra dans le Piémont (actuellement, Volpiano). Historia della Transilvania, Venetia, 1638, p. 336. et mort le à Prague (royaume de Bohême)Le 20 novembre 1607, selon l'Annuaire de la Noblesse de France, 1854, p. 302., était un général du Saint-Empire romain germanique d’origine albanaise et byzantine, gouverneur de Transylvanie de 1601 à 1604.
Au service de l'Espagne à partir de 1577, il est nommé commissaire général de la cavalerie par Alexandre Farnese, gouverneur général des Pays-Bas. A la suite du décès de celui-ci, il devient gouverneur de Gueldre. En 1598, il est nommé général de la cavalerie impériale.
Il est envoyé par l'empereur Rodolphe II du Saint-Empire romain germanique pour commander les forces des Habsbourg pendant la Longue Guerre (1591-1606) contre les Turcs et plus tard pour administrer la Transylvanie pour leur compte.
Sur ses ordres, son allié Michel le Brave, prince de Valachie et de Moldavie, fut assassiné le , parce que Basta le soupçonnait de vouloir se retourner contre Rodolphe II, quelques jours après leur victoire commune à la bataille de Goroszló (en roumain Guruslău, commune de Hereclean, dans le județ de Sălaj).
Aux Pays-Bas méridionaux, il garde la réputation d'un homme sans état d'âme mais toujours fidèle à sa parole. L'historien italien Ambrogio Merodio le décrit comme (« fu lo spavento delle armi ottomane »).
Origines
Il naît en 1544, soit à Rocca (aujourd'hui Roccaforzata), cité du royaume de Naples, soit dans le Montferrat (Piémont), dans une famille d'origine albanaiseCiro Spontoni qui l'a personnellement connu dit qu'il est né dans le Montferrat. Historia della Transilvania, op. cit., Venetia, 1638, pp. 58, 336 et 338.. Il serait apparenté à la famille Castriote, dont Skanderberg, héros national albanaisAnnuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, A. Borel d'Hauterive, Paris, 1854, p.301,.
Il reçoit une solide formation militaire dans les Pays-Bas du sud, province du Saint-Empire. Il commence sa carrière militaire au service de Philippe II, combattant principalement sur le front français, puis passe en 1578 sous les ordres d'Alexandre Farnèse (1545-1592) dans les Pays-Bas espagnols.
Bénéficiant des recommandations de Philippe II, Rodolphe II nomme Georges Basta général de sa cavalerie légère et le fait chevalier de l'ordre de l'Éperon d'or le Dr. Veress Endre, Basta György Hadvezér Levelezése és iratai (I. Kötet: 1597-1602), Budapest, 1909, p. XXXIII., après avoir déjà servi l'Autriche en 1595 et 1596. Il sert principalement en Hongrie royale et en Transylvanie, où il commande les forces des Habsbourg dans la guerre contre l'Empire ottoman et ses alliés hongrois dont Sigismond Ier Báthory.
Pendant son séjour aux Pays-Bas, il épouse en 1589, Anne de Liedekerke, fille d'Antoine de Liedekerke, vicomte de Bailleul et seigneur de Mouscron. Par son mariage, il devint le beau-frère de plusieurs hommes de guerreLes Comtes d'Hust et du Saint-Empire, descendants du général comte Basta (1550-1607), Octave le Maire, Bruxelles, 1966, : Ferdinand de Liedekerke, baron de Moorsel et de Gracht, capitaine d'une compagnie de cavalerie légère en Hongrie et Transylvanie ; Charles-Philippe de Liedekerke, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Jacques et gentilhomme de bouche de l'archiduc Albert ; Don Juan de Robles, comte d'Annapes, colonel d'infanterie et gouverneur des villes et châtellenies de Lille-Douai et Orchies ; Don Juan d'Avalos de Zambrana, membre du Conseil suprême de guerre et lieutenant-gouverneur de Cambrai ; Don Carlos Coloma, marquis d'Espinar et d'Embid, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Jacques, vice-roi de Majorque, maître de camp général, historien et diplomate espagnolFernando Sánchez Marcos, Carlos Coloma, Real Academia de la Historia, Madrid.
Conquête de la Transylvanie
thumb|left|220px|Giorgio Basta, aquarelle du
En , à la bataille de Goroszló, Giorgio Basta et Michel le Brave défient la noblesse hongroise alliée aux Ottomans, menée par Sigismond Báthory. Michel le Brave voulut alors, selon Georges Basta, traiter en secret avec les Ottomans pour reprendre le trône transylvain, en dépit de son serment d'allégeance à Rodolphe II. Basta envoi deux compagnies de Wallons et deux compagnies d'Allemands chercher le prince roumain. Face à son refus de les suivre, ils l'exécutent. Georges Basta, victorieux, reste seul maître en Transylvanie, pour le compte de Rodolphe II.
thumb|270px|Illustration d'une exécution
La noblesse hongroise transylvaine, en grande partie protestante (la Transylvanie avait un Édit de Tolérance depuis 1568), entre alors en révolte contre les Habsbourg. Cette révolte est menée par Étienne II Bocskai (István Bocskai), ancien conseiller de Sigismond Bathory, et futur prince de Transylvanie. Avec ses , Georges Basta organise la répression contre le soulèvement et fait régner la terreur de 1601 à 1604 : ses mercenaires ravagent la région, les transylvains de toute condition sont pillés, la contre-Réforme est imposée par les armes. Basta massacre un camp de révoltés et de leurs alliés Turcs à Edelény, puis reprend Szendrő, Tokay, et plusieurs villes de la région de Zips. La Transylvanie perd un tiers de sa population et sa noblesse est réduite à l'impuissance.
Mais le manque de vivres et des émeutes internes font échouer l'attaque de Basta sur Cassovie, et l'oblige à se replier à Eperies. Profitant de l'occasion, les généraux de Bocskai s'emparent de toute la région, avec les villes de Szathmar, Hust, Neutra et Tyrnau. Le soulèvement finit par gagner et contraint Basta à se retirer.
Le , en remerciement de sa participation au rappel du général Basta par Rodolphe II, la diète hongroise désigne Étienne II Bocskai comme prince de Transylvanie.
Matthias , succédant à son frère Rodolphe II, négocie la paix de Vienne avec le nouveau prince Étienne II Bocskai le et la Paix de Zsitvatorok avec les Ottomans le de la même année.
Retrait du pouvoir et lieutenant général de la Sainte-Église
thumb|left|240px|Bataille de Kronstadt/Brașov
thumb|right|240px|Bataille Goroszló/Guruslău
Après ses défaites de Transylvanie, Georges Basta se retire à Prague et à Vienne.
Profitant de son expérience dans les guerres de l'est, il rédige plusieurs traités sur l'art de la guerre. Trois de ces traités sont traduits dans d'autres langues et sont devenus des classiques de l'enseignement militaire, utilisés encore de nombreuses années après sa mort: II maestro di campo generale de Governo della cavalliera (Venise, 1606) Il governo della cavalleria leggiera (Venise, 1612, publié à titre posthume) Del Governo dell'Artigliera (Venise, 1612, publié à titre posthume)
Mis à l'écart du pouvoir, ses revenus énormes de sont réduits à , somme déjà respectable pour l'époque, mais ne permettant plus un train de vie princier, ni l'engagement de mercenaires. Il reste dans l'attente des fiefs de Troppau et de Greiffenstein en Silésie, promis par l'Empereur, qui ne tiendra pas ses engagements.
Le , le pape Paul V prononce un interdit contre la république de Venise. Le , Georges Basta est nommé lieutenant général de la Sainte ÉgliseDr. Veress Endre, Basta György, Hadvezér Levelezése és Iratai (1602—1607), T. 2, Budapest, 1913, pp. 779 et 782. Voir aussi, Ciro Spontoni, Historia della Transilvania, 1638, p. 338.. L'interdit vénitien s'étant résolu le à l'intervention d'Henry IV, Basta ne prendra jamais son commandement de manière effective. Giorgio Basta meurt la même année, le , dans son domaine de Prague. Il est inhumé en l'église de Sainte-Croix à Vienne.
Son épouse, Anne de Liedekerke, meurt à Courtrai le . Elle est inhumée dans la Chapelle des comtes de Flandre de l'église Notre-Dame de Courtrai. Son mausolée a disparu pendant la Révolution françaiseChanoine F. Van De Putte, La Chapelle des Comtes de Flandre à Courtrai, Bruges 1875, .
Comte d'Hust et du Saint-Empire thumb|left|240px|Armoiries (1605)Nicolas-Ferdinand Basta (1627-1682), dernier comte de Mouscron a autorisé la ville de Mouscron (1676) à reprendre les armoiries de la famille Basta. Ces armoiries ne reprennent cependant pas les ornements octroyées par l'empereur Rodolphe II.Par diplôme de l'empereur Rodolphe II donné à Prague le , Giorgio Basta reçut le titre de comte d'Hust et du Saint-Empire, avec le privilège exceptionnel que ce titre est transmissible « à tous ses enfants et descendants légitimes de l'un et de l'autre sexe »Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1854, page 301., et l'ajout à ses armes d'un écusson brochant en cœur aux armes du Saint-Empire (Giorgio Basta est souvent cité comme comte de Hust et de Waewmosch, mais si Hust est une ville connue de Ruthénie subcarpathique, en revanche Waewmosch ne correspond à aucun toponyme connu, et peut-être est-ce seulement une erreur de transcription de Marmarosch, nom allemand du comitat hongrois de Máramaros où se trouve Hust).
Gustave Chaix d'Est-Ange -généalogiste autodidacte- a indiqué que des familles issues en ligne féminine de Georges Basta ont prétendu au titre de comte d'Hust et du Saint-Empire en vertu d'une interprétation « tout à fait abusive et erronée » donnée au bref concédé à leur ancêtreGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome VI, 1907, page 26..
Octave Le Maire cite, lui, le cas de la famille d'EsclaibesOctave Le Maire, Les Comtes d'Hust et du Saint-Empire, descendants du général comte Basta (1550-1607), Bruxelles, 1966, , descendant en ligne féminine de la famille Basta, qui obtint deux arrêts de la chambre des comptes du duché de Bar du et du parlement de Metz du , « lui reconnaissant « les titres et qualités de chevalier et comte » sans que la qualification « d’ Hust » ait été ajoutée à ce titre »Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1974, page 641..
Par lettres patentes du ., un membre de la famille d'Ennetières (éteinte), descendant de la fille aînée du dernier membre masculin de la famille Basta, obtint de l'Empereur Joseph II la faveur d'entourer ses armes d'un manteau et d'une couronne fermée de duc. Dans ces lettres, était mentionné le titre de comte d'Hust et du Saint Empire. De nombreuses familles descendant par les femmes de Giorgio Basta (d'Ennetières, d'Esclaibes, Bouchelet de Neuville et de Vendegies, Buretel de Chassey, de Bryas, Jochaud du Plessix, de L' Anglois de Montry, de La Broue de Vareilles, Marotte du Coudray, Masson de Joinville, Lefebvre de Maurepas, Prevot-Sansac de Touchimbert etc.) se qualifient de « comte d'Hust » selon cette interprétation verbatim du diplôme de 1605Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1854, page 304 et suivantes.André de Royer, Le Gotha français, 1901, page 89..