Larc est une arme de trait destinée à lancer des flèches. Il est constitué principalement d'une pièce courbe flexible qui emmagasine et restitue l'énergie comme un ressort, et d'une corde qui permet l'armement de l'arc (tension du « ressort »), puis la transmission de l'impulsion à la flèche lors de la détente. L'entraînement à l'usage de cette arme, à un niveau amateur ou professionnel, est appelé le tir à l'arc ou, anciennement, l'archerie. Un homme qui tire à l'arc est un archer, une femme est une archère. Le mot « archer » désignait autrefois un combattant dont l'arc était l'arme principale (il se déplaçait le plus souvent à pied, mais parfois aussi à cheval ou transporté sur un char à chevaux). L'arc a été massivement utilisé comme arme de guerre dès la Préhistoire et a conservé une grande importance en tant qu'équipement militaire jusqu'à l'époque moderne, où il est surpassé par les armes à feu. Pendant le Moyen Âge européen, la célèbre bataille de Crécy (26 août 1346) illustra l'importance du rôle des archers gallois (ou yeomen) équipés de longbow. Durant toute sa période d'utilisation, l'arc est aussi largement utilisé pour la chasse. De nos jours, le mot d'archer ou d'archère désigne des personnes pratiquant le tir à l'arc dans un but sportif et non plus militaire. Devenu ainsi un équipement de sport, l'arc reste utilisé, plus rarement, pour la chasse.
Selon les époques et les cultures, il a existé une grande variété de types d'arcs de formes, de tailles et de matériaux variés. Outre l'arme elle-même, plusieurs accessoires ont pu être utilisés pour en faciliter l'usage, le plus répandu étant le carquois, étui utilisé pour entreposer les flèches. Les techniques de tir ont également beaucoup varié. Enfin, à l'image de son importance dans la réalité historique, l'arc, le tir à l'arc et les archers sont des thèmes récurrents dans les mythes, les légendes et les fictions de tous les continents, jusqu'à nos jours.
Histoire
Il est difficile de dater l'apparition de l'arc ou de la flèche, car leur bois et leur corde se décomposent assez vite. La plus ancienne flèche trouvée date de (Stellmoor, Allemagne du Nord). Néanmoins, la petite taille de certaines pointes découvertes à Gravette fait penser que l'arc existe depuis au moins , et certains microlithes d'Afrique du Sud (datés de AP)., de la grotte de Fa Hien au Sri Lanka (datés de AP)., de Tunisie (datés de AP). et de la grotte Mandrin en France (datés de AP). font penser à des flèches.
Le plus ancien arc connu en Europe date de Pierre Cattelain, « Apparition et évolution de l'arc et des pointes de flèches dans la Préhistoire européenne », dans Bellintini et Cavulli (éds.), Catene operative dell'arco preistorico, San Lorenzo in Banale-Fiave, 2002, .. Il succède au propulseur, qui remonte à et se termine en Gwenn Rigal, Le temps sacré des cavernes, José Corti, 2016, ..
De nombreux types d'arcs ont été employés, tant pour la guerre que pour la chasse, les arcs les plus courts étant plus particulièrement destinés aux archers à cheval : type européen : arc dit « bourguignon » ou arc français, assez précis, dont les branches sont légèrement recourbées au niveau des poupées ; le « grand arc anglais » ou « longbow », aussi grand que son archer, taillé en forme de D, de plus grande portée. Tous deux sont décrits sur la tapisserie de Bayeux et dans les traités de vénerie ;
type asiatique (arcs parthes, scythes, mongols, turcs, etc.) : arcs traditionnels de chasse ou de guerre, reconnaissables à la forte courbure de leurs branches et à leur petite taille. Ce sont des arcs composites constitués de corne, de bois et de tendons ; type américain : arcs reconnaissables à leur structure en arc droit () ; type africain : l'arc en Afrique subsaharienne est généralement constitué d'une seule pièce de bois, de section ronde, mais aplatie aux extrémités, de longueur moyenne (entre et ). Il se distingue par des méthodes spécifiques d'attachement de la corde. La corde est généralement faite d'un tendon d'animal à l'Est et au Sud, mais elle est plutôt constituée de peau ou de végétaux à l'Ouest et en Afrique centraleCharles E. Grayson, Mary French et Michael J. O'Brien, Traditional Archery of the six continents, University of Missouri Press, 2007, ..
Certaines civilisations utilisaient des dispositifs dits de réduction d'allonge permettant d'utiliser des flèches plus courtes et donc plus légères avec une portée supérieure : c'est le cas des archers ottomans, qui se servirent du siper à partir du .
L'arc a été modifié avec une puissance développée, pour donner par exemple l'arbalète ou les balistes, puis des arcs surpuissants grâce à l'utilisation de poulies à axe décentré.
Anathème L'arc et l'arbalète étaient des armes si redoutables par leur force et si dangereuses par la facilité à s'en servir que le deuxième concile du Latran, tenu en 1139, les anathématisa dans le cas des guerres entre chrétiens.
Types d'arcs
On peut différencier les arcs d'après leur forme, mais aussi d'après leur apparition historique ou géographique. On les tire en droitier ou en gaucher, c'est-à-dire en tenant l'arc de la main gauche (droitier) ou de la main droite (gaucher), suivant que l'œil directeur est celui de droite ou de gauche.
Actuellement, les arcs les plus courants sont : l'arc long ou longbow ; l'arc classique ou recurve (type retenu pour les Jeux olympiques) ; l'arc à poulies ou arc compound. Son avantage est de réduire l'effort de maintien de l'arc bandé let-off, sans pour autant diminuer la puissance de l'arme, tout en optimisant l'accélération de la flèche ; l'arc traditionnel (recourbé) coréen et mongol : l'arc composite ; l'arc traditionnel japonais : le yumi.
La « puissance » d'un arc (en réalité la force nécessaire pour le maintenir armé pour un arc classique ou la force maximale nécessaire pour l'armer pour un arc à poulies) est indiquée sur la branche du bas en livres-force. Plus précisément, il s'agit d'une force nominale, qui correspond à la réaction de l'arc pour un armement à une allonge de (). Si l'allonge de l'archer est plus petite, la force de réaction sera plus petite (comme un ressort mais non linéaire). Par exemple, un arc de n'aura qu'une réaction réelle de si l'archer a une allonge de (ces chiffres varient d'un type de branches à l'autre).
L'énergie transmise à la flèche est le produit de la force exercée par la distance parcourue pendant qu'elle est appliquée (encore l'allonge de l'archer, à laquelle il faut retrancher le band de l'arc, soit la distance séparant la corde de la poignée au repos, la flèche parcourant cette distance après avoir quitté la corde. La force de réaction de l'arc varie avec la distance parcourue par la flèche, globalement en diminuant, au cours du départ de celle-ci). La force exercée est elle-même un peu moindre que celle qui a été nécessaire pour armer l'arme, du fait des pertes de rendement (une partie de l'énergie sera absorbée par l'arc et le tireur, sous forme de vibrations et mouvements parasites).
Longbow
Le longbow anglais, dit le Grand Arc en français, est en fait d'origine galloise. Sa forme est droite et il mesurait plus de au Moyen Âge lorsqu'il était destiné à un homme de taille moyenne (environ ).
Sa forme transversale en D est caractéristique. La partie plate se positionne côté cible (c'est le dos de l'arc), la partie arrondie face au tireur (c'est le ventre de l'arc).
Comme la quasi-totalité des arcs avant 1950, il ne possède pas de repose-flèche. On pose la flèche sur la main, d'où l'obligation de ne tirer que des flèches « ligaturées » (on enroule un fil autour du fût et de la base des plumes afin que leurs pennes ne risquent pas de pénétrer sous la peau lors du tir).
La notoriété du longbow vient du fait qu'il est directement responsable des victoires anglaises pendant la guerre de Cent Ans. En effet, les rois anglais engageaient les archers de façon massive ( à Azincourt, à Crécy) tandis que les rois français préféraient engager un plus petit nombre d'arbalétriers mercenaires étrangers (500 à Azincourt). Or un bon arbalétrier tire difficilement plus de 4 carreaux en une minute alors qu'un bon archer tire . À Azincourt, à la minute ne purent rivaliser avec à la minute.
Par contre, l'arbalète est plus appropriée pour la défense des châteaux : elle utilise moins d'espace, le tireur est à l'abri des flèches ennemies et peut prendre le temps de viser et la petite taille des carreaux permet d'en stocker deux fois plus que de flèches dans un château. Le longbow est plutôt une arme offensive, l'arbalète plutôt une arme défensive.
Avec un longbow puissant (plus de ), la portée maximum avoisine , à une flèche peut pénétrer une cotte de mailles, à une armure.
Les meilleurs longbows sont en if (Taxus baccata). La propriété de cet arbre est d'avoir un cœur qui accepte la compression (donc on le positionne au ventre de l'arc), et un aubier qui accepte l'extension (donc on en laisse une partie au dos de l'arc). Ainsi, l'arc est plus souple, casse moins et autorise une plus grande allonge, donc une plus grande puissance et une plus grande portée.
Comme tous les arcs en bois épais, il nécessite un rodage progressif avant de pouvoir supporter une grande allonge. On doit le cirer régulièrement pour le protéger du soleil, de la pluie et des insectes xylophages (aujourd'hui, on le vernit).
La quantité d'if disponible en Angleterre devenant vite insuffisante pendant la guerre de Cent Ans, on le réservait en priorité aux nobles anglais (certains appréciaient l'arc pour la chasse et les loisirs) et on en importait d'Espagne et d'Italie. Les hommes plus ordinaires utilisaient plutôt des longbows en orme (meilleur second choix de bois) et les archers de guerre se contentaient souvent de frêne. Aujourd'hui, les longbows peuvent être faits en composite tel que le carbone.
Arc classique ou recurve (à double courbure)
L'arc à double courbure est parfois appelé par le terme anglais recurve signifiant « recourbé ». En français, on l'appelle aussi arc classique, probablement parce que c'est le modèle le plus utilisé actuellement, bien qu'il n'existe que depuis les années 1950 dans sa forme actuelle. Il reprend la courbure de l'arc composite.
L'arc classique, utilisé aux Jeux olympiques, comporte des éléments améliorant la stabilité et la précision du tir : repose-flèche mobile, berger-button, clicker, viseur et cannes de stabilisation.
Le même arc sans viseur, clicker et stabilisation est appelé barebow (arc nu).
L'arc de chasse, souvent équipé d'une poignée en bois, n'a aucun accessoire : la flèche repose sur un tapis collé sur la poignée. Il existe des modèles non-démontables (monobloc) et des modèles démontables.
Arc à poulies ou compound
Le compound a été développé aux États-Unis pour la chasse au gros gibier. Le premier brevet fut déposé en 1969 par Holless Wilbur Allen. Les compounds sont en aluminium ou en matériaux composites. Au bout de chaque branche se trouve une poulie où passent des câbles. L'avantage consiste dans le fait que, environ à la moitié de l'armement, la force nécessaire diminue de 40 % à 60 %, voire plus, ce qui permet à l'archer de tenir longtemps à plein armement sans fatigue, tandis qu'un arc traditionnel, une fois bandé, doit être lâché rapidement, sinon le bras de l'archer fatigue, tremble et la précision du tir diminue. La corde accélère la flèche après le lâcher, ce qui lui donne plus de force. La vitesse au lâcher peut atteindre . Le vol a très peu de parabole, ce qui accroît la précision du tir.
Yumi
Au Japon, l'arc yumi long est nommé Daikyū et l'arc court hankyū. Le Kyūdō, « voie de l'arc », désigne l'art martial consacré à l'arc.
Les accessoires de l'arc thumb|upright=0.5|Cliqueur. La corde La corde relie les deux extrémités de chaque branche de l'arc. Elle est un composant de l'arc. De nos jours, la corde est constituée de fibres synthétiques qui sont :