L'église Saint-Jean-Baptiste est une église catholique paroissiale située à Chaumont-en-Vexin, en France. Elle est bâtie un peu à l'écart du centre du bourg sur le flanc oriental de la butte du vieux château, et l'on peut uniquement y accéder par des escaliers. L'église Saint Jean-Baptiste représente le principal édifice religieux du Vexin français qui date entièrement du . C'est un édifice très homogène de style gothique flamboyant, construit sous une seule campagne entre 1530 environ et 1554. Seules les clés de voûte, certains éléments du décor du portail du croisillon nord et le clocher affichent le style de la Renaissance ; cependant, le clocher est resté inachevé, et le second clocher et la première travée de la nef avec la façade occidentale n'ont jamais été construits. À l'extérieur, le portail du croisillon nord avec son élégant décor flamboyant constitue l'élément le plus remarquable. L'intérieur est vaste et lumineux, et la modénature s'avère complexe et original. Malgré la période avancée, l'on identifie toujours de nombreuses références à l'architecture des , dont le transept nettement débordant, la forme des piliers dérivé des piliers fasciculés gothiques, et surtout les chapiteaux de feuillages. Mais contrairement à l'usage à l'apogée de la période gothique, il n'y a pas de triforium, et les élévations du vaisseau central ne comptent que deux niveaux. Quant au plan à déambulatoire sans chapelles rayonnantes, il est propre à un petit nombre d'églises d'Île-de-France, et dérive de la première cathédrale Notre-Dame de Paris. Sinon, c'est de la collégiale de Gisors que vient l'inspiration, et le maître-maçon qui fournit le plan est un proche collaborateur de Jean Grappin. Parmi le mobilier, les stalles du méritent surtout l'attention ; elles proviennent par ailleurs de la collégiale de Gisors. Certains vitraux subsistent d'origine et sont également intéressants ; il s'agit de fragments répartis sur plusieurs verrières et six verrières du transept et du déambulatoire qui comportent encore en majeure partie des éléments de la Renaissance. L'église a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du ., et n'a pas nécessité de restaurations importantes depuis. Elle est aujourd'hui au centre de la paroisse saint François d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes, et les messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche à 11 h.

Localisation thumb|upright|Les grimpettes de la rue de l'église. thumb|upright|Niche à statue en haut de l'escalier.

L'église Saint-Jean-Baptiste est localisée en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, sur la commune de Chaumont-en-Vexin, à l'ouest de la ville, à mi-pente sur le flanc oriental de la butte du vieux château, au bout d'une impasse arrivant depuis le nord, et desservie par la rue du Château (depuis le sud) et le chemin de la Fontaine Salée (depuis le nord). L'intersection entre les trois chemins se situe à une altitude supérieure à celle de l'église, et après avoir monté la colline, il faut donc redescendre un peu pour s'approcher l'église. L'impasse aboutit sur une petite place qui surplombe l'église, que l'on aperçoit en bas d'une pente raide, et pour accéder au portail, il faut encore descendre un long escalier. Du fait de son implantation particulière, qui s'explique par la volonté de vouloir construire l'église dans le périmètre de l'enceinte du château qui abritait aussi un prieuré jouissant de l'exemption., l'on a dû aménager une terrasse pour accueillir l'édifice. Pour faciliter les travaux de terrassement, l'axe de l'édifice est perpendiculaire à la pente, ce qui explique son orientation irrégulière vers le nord-est du côté du chevet.

La terrasse est à peine plus grande que l'édifice lui-même, et au sud et à l'est, elle domine les jardins privés avoisinants grâce à des murs de soutènement. Il n'y a pas de différence de niveau à l'ouest, mais ici, un haut mur de clôture passe devant le clocher et la façade. De ce fait, l'on ne peut guère contempler l'église en prenant du recul, sauf depuis certains endroits de la rue de l'Hôtel de Ville, au fond de la vallée. En raison de ces contraintes, le portail principal se trouve dans le croisillon nord, et il n'y a même aucun portail tourné vers la ville. Une rue-escalier quitte la terrasse de l'église vers le nord-est, la rue de l'Église aménagée au . Elle permet la liaison la plus courte avec le centre-ville et la rue de la République. Le chemin qui descend depuis le milieu de la terrasse et aboutit près du carrefour rue de l'Hôtel de Ville / rue de la Foulerie est condamné et fermé par des portes. Cette liaison serait encore plus courte. Il y a, enfin, un troisième chemin qui relie la rue de l'Hôtel de Ville à la rue du Château. Il permet un raccourci, mais n'est plus entretenu par la commune, et se trouve en mauvais état.

Historique

Sous l'Ancien Régime, Chaumont-en-Vexin est un doyenné de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, au sein de l'archidiocèse de Rouen. La ville compte deux paroisses, à savoir la paroisse Saint-Jean-Baptiste et la paroisse Saint-Martin, qui est réunie à la première en 1790. Il y a en outre quatre monastères : celui des Frères mineurs récollets, celui des Trinitaires ou Mathurins, celui des Cordelières, et le prieuré Saint-Pierre. Ce dernier est l'établissement le plus ancien dans la ville, et remplace peut-être un chapitre de chanoines fondé par les premiers comtes de Chaumont, à moins qu'il ne succède à une ancienne abbaye. Il est établi au sommet de la butte, dans l'enceinte du château, dans le voisinage d'une chapelle Notre-Dame. C'est en 1146 qu'il aurait été donné à l'abbaye de Saint-Denis par le roi Louis VII le Jeune. Le prieuré bénéficie, avec toute une partie de la ville de Chaumont, de l'exemption, c'est-à-dire qu'il dépend directement du Saint-Siège et n'a pas de compte à rendre à l'archevêque de Rouen. Il dispose de ce fait de sa propre officialité, et même d'un vicaire général. Ce privilège fondé sur les termes de la charte de donation de 1146 lui est plusieurs fois contesté par l'archevêque, mais sans succès. L'église Saint-Jean-Baptiste est comprise dans la juridiction spéciale du prieuré, et le prieur est le collateur de la cure. Un mémoire adressé à l'archevêque en 1654 fait état des négligences résultant de la liberté dans laquelle évolue la paroisse : les ornements liturgiques sont chétifs, sales et en mauvais état ; les statues et tableaux faits depuis trente ans n'ont jamais été bénits ; des confréries ont été établies sans l'approbation d'aucun supérieur ; et plus aucun registre des baptêmes, mariages et obsèques n'a été tenu depuis quarante ans. Ils ne sont consignés que sur des brouillons dispersés un peu partout.. Depuis la Révolution française, Chaumont fait partie du diocèse de Beauvais avec l'ensemble des paroisses du département de l'Oise. thumb|left|Vue depuis la ville basse. thumb|left|Vue depuis le sud-est.

L'église Saint-Jean-Baptiste est la seule église importante du Vexin français édifiée tout entière au . (sachant que la collégiale de Gisors se situe dans le Vexin normand). Elle est édifiée en une bonne vingtaine d'années à partir de 1530 environ, dans le style gothique flamboyant. Le financement est en grande partie assurée par les d'Estouteville, et surtout par les Bourbon-Vendôme, qui avaient reçu le comté de Chaumont en héritage. Pour les années 1533 / 1534, l'on sait que le chantier est dirigé par le maître-maçon Nicolas Jouette, qui habite alors à Gisors. Contrairement à la collégiale de Gisors, dont la construction se fait par échelons successifs, l'on dispose manifestement d'un projet d'ensemble dès les débuts de la construction, que l'on peut attribuer à Jouette.. Le type de piliers utilisés pour tout le vaisseau central a été conçu par Robert Grappin pour le croisillon nord et la nef de Gisors. On le trouve également au sud de la nef de Parnes, mais faute de textes, il est difficile d'attribuer les nefs de Chaumont et Parnes à Grappin. Si ce n'est pas lui-même qui dirige alors les travaux, c'est certainement un maître-maçon qui avait travaillé avec lui à Gisors. (sans doute toujours Nicolas Jouette, à moins qu'il ne quitte sa fonction très tôt). Au moins le déambulatoire est terminé dès 1547, date qui se lit sur un vitrail de la quatrième travée. Hormis le clocher et le portail, l'église entière est achevée au début de l'année 1554, comme l'indique la consécration de ses six autels et la bénédiction de ses « sous-ailes » et du cimetière en date du par Étienne Paris. Pour Maryse Bideault et Claudine Lautier, le tympan Renaissance du portail septentrional justifie de situer son achèvement à une date postérieure, vers 1560 environ, bien que le portail soit calqué sur son homologue de Gisors, œuvre de Robert Grappin achevée dès 1523.. Les clés de voûte sont également de style Renaissance, comme fréquemment à partir des années 1540, mais la plupart des chapiteaux du déambulatoire affichent tout au contraire des feuillages gothiques évoquant le siècle précédent. Quant au clocher, qui est d'un style Renaissance bien affirmé, Louis Régnier suppose qu'il ait été bâti sous le règne de Henri II (1547-1559). Il reste à noter que la première travée de la nef n'est jamais construite, et le clocher du nord, à gauche de cette même travée, s'élève sur seulement quatre à cinq mètres de hauteur. Ces murets sont supprimés vers 1838..

D'après Maryse Bideault et Claudine Lautier, l'utilisation d'une pierre d'un grain très fin et d'une excellente qualité, extraite des carrières voisines, a contribué au bon état général de l'édifice. Il est classé au titre des monuments historiques par arrêté du . Seulement des restaurations mineures ont été nécessaires depuis. En 1928, l'architecte en chef des monuments historiques André Jules Collin dresse un devis pour des interventions sur les toitures, qui sont effectuées de 1930 à 1934. En 1961, les chéneaux des arcs-boutants sont refaits, et en 1965, Jean-Pierre Paquet assure la réfection du mur de soutènement du chevet. L'église Saint-Jean-Baptiste est aujourd'hui au centre de la très vaste paroisse saint François d'Assise du Vexin, qui s'étend sur quarante-huit communes. C'est la seule église de la paroisse où les messes dominicales sont encore assurées chaque dimanche, à 11 h. Les messes de semaine sont célébrées à la maison paroissiale, qui ne se situe pas à côté de l'église, mais au centre-ville, 6 rue de la Foulerie..

Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.