Le département de l'Ain (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.) est un département français de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le nom vient de l'Ain, rivière qui le traverse du nord au sud. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 01. Sa préfecture est Bourg-en-Bresse.

Le département est composé de plusieurs entités culturelles et historiques : la Bresse savoyarde, la Dombes, le Bugey et le pays de Gex en sont les principales.

Histoire

Préhistoire Les premières traces de peuplement de la région sont attestées dès le Paléolithique moyen avec les industries moustériennes. Quelques éléments d'industrie lithique plus ancienne (bifaces) ont été rapportés mais sans datation précise. Vers av. J.-C., on constate une occupation plus importante du territoire à la suite du recul du glacier du Rhône qui libéra des terres. Ce peuplement semblait se constituer principalement de chasseurs et de pêcheurs, qui ont aussi laissé un important mobilier et des œuvres d'art réputées comme à la grotte de la ColombièreR. Desbrosse, 1980. Le Paléolithique du Jura méridional. Bulletin de l'Association française pour l'étude du Quaternaire, 17-3. Le Paléolithique du Jura méridional..

Des traces d'habitats datant du mésolithique (abris de Sous-Sac à Craz près d'Injoux, de Thol, et de Sous-Vargonne en vallée du Suran, grottes du Pelat à Andert-Condon, de Souhait à Montagnieu, de Mopart à Glandieu) et du néolithique (abri du Roseau dans la vallée du Suran, grotte des Batteries Basses à Virignin ont été retrouvées.

Des découvertes de l'âge du bronze (saumons de cuivre de Seyssel, poteries, bracelets et armes décorées à Saint-Bernard, Peyzieux-sur-Saône, Beynost, Lompnas, Brégnier-Cordon) témoignent des activités de l'époque.

Les cultures de Halstatt et de La Tène exercèrent plus tard leurs influences dans le domaine de la transformation du fer.

Période gauloise et conquête romaine En Gaule, cinq peuples se partageaient la région : les Séquanes, les Ambarres, les Éduens, les Ségusiaves et les Allobroges. Mais les déplacements des Helvètes, à la suite des pressions exercées par les peuples germains, provoquent des tensions. C'est à cette même période que Jules César entame sa conquête de la Gaule. Au , deux grands ensembles divisent alors l'Ain : la Grande Séquanaise et la Lyonnaise. Parmi les vestiges de l'époque romaine se trouvent le temple romain d'Izernore et l'aqueduc de Vieu.

Moyen Âge vignette|Voie de communication majeure, la cluse des Hôpitaux est une vallée qui permettait aux commerçants de voyager entre la Champagne et le Piémont.

La fin de l'Empire romain vers 450, à la suite des invasions barbares, entraîne le passage du pays de l'Ain au cœur du royaume burgonde puis plus tard au royaume franc. Au début du , le diocèse de Belley est créé en conséquence des progrès de la christianisation dans la région.

L'époque carolingienne se caractérise par une subdivision de l'Ain en plusieurs « pagi » (pays) gouvernés par des comtes qui constitueront plus tard les grands fiefs qui apparaîtront à la fin du .

En 843, le traité de Verdun aboutit au partage du royaume entre les trois fils de Louis le Pieux. L'Ain fait partie du royaume de alors que la Bresse revient à Charles II le Chauve. Les frontières ouest (la Saône) et nord du futur département sont alors fixées et ont constitué une limite culturelle entre le nord (langue d'oïl) et le sud (francoprovençal).

États de Savoie vignette|Les états savoyards entre le et le .

Au , les comtes de Savoie s'installent dans la région de Belley et en Valromey. Ils vont peu à peu s'étendre jusqu'au début du , permettant ainsi d'unifier progressivement les différents pays de l'Ain. En 1272, la Bresse leur est donnée en dot, puis le Revermont est cédé par le duc de Bourgogne. Cette volonté expansionniste se heurte au Dauphiné qui convoite les mêmes régions, et, au début du , la guerre entre la Savoie et le Dauphiné éclate. Cette guerre prend fin avec le traité de Paris en 1355. Le château de Pont-d'Ain est l'une des résidences favorites des princes. Louise de Savoie, mère de , y naît en 1476.

Du rattachement à la France à la Révolution La guerre qui oppose et prend fin au traité de Lyon de 1601, négocié par René de Lucinge, seigneur des Allymes. La France cède le marquisat de Saluces et reçoit en contrepartie les provinces savoyardes de la rive droite du Rhône, qui sont rattachées à la province de Bourgogne. Seule la vallée de la Valserine reste au duché de Savoie jusqu'en 1760. Demeurée hors du royaume, la principauté de Dombes est quant à elle finalement cédée par son souverain au roi de France en 1762. Le département de l'Ain est créé en 1790 suivant des frontières définies depuis le Moyen Âge. L'Ain est alors divisé en 9 districts, 49 cantons et 501 communes-paroisses.

Révolution et création du département

vignette|L'Ain et les provinces et pays qui occupaient son territoire avant 1790. vignette|Carte de l'Ain en 1790. vignette|220px|Localisation des zones franches après les traités de Paris de 1815, de Turin de 1816 et de 1860.

Le département de l'Ain a été l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir de quatre provinces : la Bresse, le Bugey, la Dombes, le pays de Gex et une partie de la province de Franc-Lyonnais.

La Bresse, le Bugey et le pays de Gex étaient administrés selon les coutumes de la Bourgogne depuis leur cession par les ducs de Savoie à la France en 1601.

Initialement dénommé « département de Bresse » dans les documents de travail, le territoire s'appelle « département de l'Ain » dès sa créationCf. Le décret de l'Assemblée du . en mars 1790. Toutefois, « département de Bresse » concurrence parfois le nom officiel jusqu'en 1791 avant de s'effacer totalement dans le cadre de l'éradication des références toponymiques de l'Ancien Régime durant la Révolution françaiseCarte du département de l'Ain sur patrimoines.ain.frCollection générale des décrets rendus par l'Assemblée Nationale sur books.google.com.

De 1791 à 1793, les neuf districts (Pont-de-Vaux, Bourg, Nantua, Gex, Belley, Saint-Rambert, Montluel, Trévoux et Châtillon-les-Dombes) du département de l'Ain fournirent douze bataillons de volontaires nationauxIl n'y a pas de .

Par décret du ., les deux Seyssel sont fusionnés à l'intérieur du département de l'Ain.. Cette situation durera jusqu'en 1815 ; le traité de Paris fixera la frontière internationale à nouveau sur le Rhône. En 1860, la frontière ne sera plus que départementale.

Le pays de Gex en fut séparé de 1798 à 1814 quand fut créé le département du Léman.

Du à aujourd'hui Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes autrichiennes de à (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). En 1815, afin de relier Genève à la Suisse, six communes de l'Ain (Collex-Bossy, Le Grand-Saconnex, Pregny, Vernier, Meyrin et Versoix) ainsi qu'une partie de Sauverny sont cédées au canton de Genève.

Une zone franche est constituée à la signature du traité de Paris de 1815, le long de la frontière suisse.

Après le coup d'État du de Napoléon III, l'Ain fait partie des départements placés en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif. Moins d'une centaine d'opposants sont arrêtésJacques Olivier Boudon, « Les Bonaparte : regards sur la France impériale ». La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, (carte de Gilles Pécout).

Six communes du Sud-Ouest du département, dans la banlieue lyonnaise, ont été rattachées au département du Rhône en 1967 lors de la création de la communauté urbaine de Lyon : Rillieux y compris le hameau de Vancia détaché de Miribel, Crépieux-la-Pape, Genay, Montanay, Sathonay-Camp, Sathonay-Village. Selon une proposition de loi datant de 1965, il était prévu de faire de même avec les communes de Tramoyes, Mionnay, Neyron, Miribel, Saint-Maurice-de-Beynost, Beynost et Thil..

Au , la région Rhône-Alpes, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Auvergne pour devenir la nouvelle région administrative Auvergne-Rhône-Alpes.

Politique

vignette|Préfecture à Bourg-en-Bresse.

Géographie

vignette|redresse=1.0|Situation approximative des régions naturelles de l'Ain.

L'Ain est caractérisé par la dualité de son relief. La rivière homonyme le traverse du nord au sud. On peut donc dire que la partie ouest est un pays de plaines (Bresse, Plaine de l'Ain-Côtière, Val de Saône) ou de bas plateau (Dombes), à l'exception du Revermont qui annonce les premiers contreforts du Jura, contrastant avec l'est (pays de Gex, Bugey) constitué de cluses, vallées et montagnes de type jurassien, dont les sommets du massif du Jura. Le point culminant du massif du Jura et du département est le crêt de la Neige ().

Remarque : le traitement usuel apporté au Revermont ne satisfait pas à la réalité géographique. À cheval verticalement sur l'Ain et le Jura, cette région qui s'étend horizontalement entre la Bresse et le Bugey ne fait vraisemblablement partie ni de l'un ni de l'autre : la première, région de plaine, s'arrête aux premières montagnes du Jura ; la seconde est historiquement délimitée à l'ouest par la rivière d'Ain.

Entre les deux se trouve le Revermont, dont la devise est « Entre Ain et Suran, ni Bugiste, ni Bressan »

Départements et cantons limitrophes

Climat

Le climat est tempéré dans l'ensemble. Les hivers sont froids, de type montagnard sur les hauteurs du Haut-Bugey et du pays de Gex, et plus modérés, voire semi-continentaux sur le reste du département. Les étés sont très chauds, voire étouffants dans le bas Bugey, la région ambarroise et le sud du département. La plaine de l'Ain est souvent balayée par des vents et des bises plus ou moins forts.

Transports

Économie

Agriculture L'Ain est souvent représenté comme un département rural ; pourtant l'agriculture n'est plus depuis longtemps l'activité prépondérante. Les productions les plus fameuses concernent : l'élevage : volailles de Bresse (AOP) ; pisciculture (Dombes) ; les fromages : crème et beurre de Bresse (AOP), bleu de Gex (AOP), Comté (AOC), Clon, bleu de Bresse, ramequin ; le vignoble : vins du Bugey (AOC), manicle (AOC), cerdon (AOC).

La culture céréalière est importante en Dombes et en Bresse.

Industrie C'est surtout l'industrie légère qui est présente dans l'Ain, avec des bassins spécialisés (plasturgie à Oyonnax), des constructions automobiles.

Le « PIPA », le Parc industriel de la Plaine de l'Ain, implanté depuis une trentaine d'années sur les communes de Saint-Vulbas et Blyes et s'étendant sur , représente un bassin d'emploi en pleine croissance, notamment dans la logistique et les industries de transformation..

La centrale nucléaire du Bugey est implantée à Saint-Vulbas, dans le Bas-Bugey, à d'Ambérieu-en-Bugey.

La construction de véhicules., les fabrications de câbles électriques. et mécaniques., l'agroalimentaire. sont fortement présents dans le bassin d'emploi de Bourg-en-Bresse.

Services Bourg-en-Bresse, préfecture du département, est dotée de nombreux services liés à sa situation administrative et de sites d'enseignement supérieur (Centre d'Études Universitaires de Bourg-en-Bresse et de l'Ain., IUT Lyon1.).

L'Ain compte quelques stations de ski dans les Monts Jura et le Bugey (Hauteville, Plan d'Hotonnes) où se pratiquent le ski alpin, le ski de fond et la randonnée. Le réchauffement climatique compromet cependant le bon fonctionnement de ces stations de moyenne altitude.

Population et société Gentilé Depuis 2018, « Aindinois » est le gentilé pour les habitants du département de l'Ain de façon générale..