vignette|Nouveau lumineux taxi en position libre. Les taxis parisiens sont soumis, comme ceux de province, à une réglementation nationale et sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et non de celui des Transports. Leur nombre atteint en 2013 pour d'habitants à Paris selon l'Insee. Ils assurent 0,5 % des déplacements parisiens.. La zone qu'ils desservent couvre Paris intra-muros, les départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), le parc des expositions de Villepinte, les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly. Le préfet de police de Paris est chargé de leur administration en fixant le nombre de leurs licences et en veillant au respect de la réglementation qu'il fait évoluer en concertation avec les représentants syndicaux.

Pour exercer leur profession, les chauffeurs de taxi doivent passer un examen pour obtenir une carte professionnelle, se soumettre régulièrement à une visite médicale et présenter périodiquement leur véhicule à un contrôle technique. Ils sont limités à onze heures de travail quotidien..

Historique

De 1898 à 1950 : création des premiers taxis et guerres mondiales 1898 : Débuts de l'ancêtre du taxi parisien dont les premiers véhicules étaient des fiacres électriques, concurrents directs des cochers. 1903 : Disparition du forfait et apparition du compteur dont les tarifs sont libres et fixés par les sociétés. 1905 : Création de la « Compagnie française des automobiles de places » qui deviendra la G7 par André Walewski, arrière-petit-fils de Napoléon Bonaparte. 1906 : Le nombre des taxis parisiens appelés alors « Autotax » était de 300. 1907 : Les banques et les constructeurs investissent via des compagnies comme les Taxis G7 dans le taxi qui passe alors de 300 à 1070. Certains constructeurs créent leurs propres compagnies, car les voitures coûtaient extrêmement cher. vignette|Renault AG-Fiacre. 1910 : Une réglementation des tarifs est mise en place. Les conditions de travail de cette époque sont comparables à celles du locataire-salarié d'aujourd’hui ; le chauffeur supporte le prix du carburant, et doit reverser un pourcentage de sa recette, voire ses pourboires, à sa compagnie. 1911 : Première grève des chauffeurs pour dénoncer les sociétés et leurs conditions de travail, grève qui dura en vain. Cet événement est relaté en toile de fond dans le roman de Louis Aragon Les Cloches de Bâle. 1913 : La Compagnie française des automobiles de places est rachetée par la banque Mirabaud & Cie et devient la G7. Elle détient alors plus de 85 % du marché des de la capitale. 1914 : Une réquisition de parisiens de type AG-1 est décidée par le général Gallieni pour conduire les fantassins de la d'infanterie. Ils partirent de l'esplanade des Invalides vers une commune de l’Oise. La progression des Allemands vers Paris est stoppée. Ceux qu'on a appelés les taxis de la Marne ne feront jamais partie des commémorations de la Grande Guerre 1914-1918, et le dernier d'entre eux, Kléber Berrier meurt en 1985. 1918 : La profession se structure et les chauffeurs doivent désormais passer des examens de conduite au sein de leurs compagnies. Ils portent des uniformes. vignette|Action de 100 francs Taxis-Citroën émise en 1924. 1920 : Un concurrent sérieux de la G7 fait son entrée, les taxis Citroën. Les véhicules sont plus confortables pour les chauffeurs qui passent alors de l’extérieur à l'intérieur et ne sont plus soumis aux intempéries. Les taxis Citroën mettent en vente des actions que certains chauffeurs arrivent à acheter. 1921 : Les sociétés disposent d'une commission disciplinaire de la compagnie où les clients mécontents pouvaient faire leurs doléances. Il en résultait le plus souvent un licenciement du chauffeur. 1927 : Renault rachète la G7. 1930 : Le chômage explose et l'économie est en berne à cause de la Grande Dépression de 1929 ; beaucoup se tournent vers le taxi pour survivre. Ils seront plus de l'année suivante. 1931 : La baisse des recettes pousse les sociétés à créer la location ; le locataire devait ramener le taxi au bout de . 1932 : Les chauffeurs doivent signaler l'heure de fin de service et sont limités à de travail par jour. 1933 : Guerres, révolutions et famine secouant l'URSS, beaucoup de Russes immigrent en France. Ils formeront la première composante d'immigrés dans cette profession. Cette même année, les veuves d'artisans peuvent louer le taxi de leur défunt mari pour assurer les charges familiales. 1934 : La profession s'organise avec une majorité d'artisans, les premiers syndicats voient le jour, et pour la première fois les taxis ont une place dans les tables de négociation. 1935 : Peugeot s'intéresse au marché et propose des véhicules robustes, chauffés et équipés de postes radio TSF à des prix compétitifs. La marque restera pendant longtemps l’incontournable pour les artisans. 1936 : La colère des taxis gronde et la crise fait encore des ravages. Des accords sont signés pour améliorer les conditions de travail : de travail pour les artisans et pour les autres statuts, de repos par semaine et de congé par an, redéfinition du tarif de nuit qui commencera à , le pourcentage des salariés et fixé à 25 %. 1937 : À la suite des accords signés l'année précédente, le numerus clausus est instauré par décret préfectoral, faisant passer le nombre de taxis de à . 1938 : La préfecture de police crée une brigade spécialisée dans le contrôle des taxis dont les membres sont surnommés « Les Boers ». Son origine remonte à 1917 avec l'arrivée en France, pour y exercer la profession de cocher, des premiers Russes blancs chassés de Russie par la révolution Pourquoi la police des taxis s'appelle les «boers», sur leparisien.fr, article du septembre 2009. Consulté le 26 mars 2013.. 1939 : Au début de la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup de taxis sont appelés au front et l'activité pour ceux qui restent est faible ; certains exercent le métier de porteur de valises dans les gares ou transporteur occasionnel pour les contrebandiers. Le film La Traversée de Paris relate cette période. 1945 : Après six ans de guerre, les taxis parisiens sont passés de à 100, et les occasionnels de la guerre deviennent les premiers taxis clandestins. 1946 : Tout est à reconstruire. Trois mois après la fin de la guerre, la G7 renait. C'est l'âge d'or de toutes les industries dont celle des taxis parisiens ; les communes de la banlieue de Paris s'ouvrent à eux. 1948 : La profession souffre d'une pénurie de chauffeurs, sur plus de autorisés seuls sont en service. Les chauffeurs en fin de carrière doivent rendre leurs licences à la préfecture. 1950 : En raison de la pénurie de chauffeurs, les syndicats d'artisans font pression pour baisser le numerus clausus qui passe à .

De 1951 à 2000 : bornes d'appel et appellation Taxi 1951 : Mise en service des premières bornes d'appel. 1956 : Le nombre de taxis passe à et le premier standard radio est mis en place. 1960 : Le client peut demander au chauffeur une facture, dite « bulletin de voiture ». 1962 : La préfecture de police distribue des licences aux rapatriés de la guerre d’Algérie. Depuis cette année, elle prend également en charge l'examen des chauffeurs et le contrôle technique des véhicules. Les taxis pouvaient alors emprunter les couloirs de bus. Cinq ans d’exercice sont obligatoires pour les chauffeurs dans une société avant de pouvoir prétendre à l'artisanat 1964 : Le lumineux taxi doit indiquer les tarifs appliqués pendant la course. 1966 : L'administration permet à l'artisan moyennant finance de céder son autorisation à un successeur, procédé qui suscite une grande controverse dans la profession. 1968 : Les « événements de Mai 68 » et leur lot de revendications sociales font revoir les tarifs qui stagnaient depuis des années. Les chauffeurs ont le droit de faire une pause ; le doublage est autorisé pour les sociétés. La mesure phare est la détaxe sur le carburant qui est accordée. Le taxi est désormais un métier à part entière. 1974 : Le prix moyen de la licence, pourtant fournie gratuitement par l'administration, est de soit un peu plus de , sur le marché privé de revente entre chauffeurs. vignette|Taxi parisien en 1978. 1980 : Le nombre des taxis est limité à et le « tarif C » fait son apparition sur le lumineux. Les tarifs seront revus chaque début d'année en fonction de l'inflation. 1990 : La Guerre du Golfe a causé un choc pétrolier qui a eu de nombreuses répercussions ; le prix de la licence des taxis parisiens chute après avoir stagné autour de () durant la dernière décennie. 1992 : Le prix de la licence ne cessera plus d'augmenter, compte tenu d'une offre qui ne progresse pas, face à une demande croissante de services de transports. 1994 : Amadou Diallo, chauffeur de taxi de est assassiné près de la place de la Nation ; le lendemain une manifestation est organisée par la profession qui lui rend hommage. C'est l'Affaire Rey-Maupin. 1995 : L'appellation « TAXI » est exclusivement réservée aux taxis. 1997 : Les pouvoirs publics reconnaissent à l'industrie du taxi le droit de transporter des malades assis. 2000 : Les taxis parisiens sont au nombre de et desservent Paris et des départements limitrophes.

De 2001 à 2009 : pénurie de chauffeur et rapport Attali 2001 : Les taxis doivent désormais être équipés d'un badge pour accéder à la base arrière de Roissy et pouvoir charger aux terminaux 1 et 3 où le temps d'attente est en moyenne de . Considérées comme des concurrentes déloyales, les premières motos font leur apparition. vignette|Barrières de sortie de la zone d'attente des taxis parisien à Roissy CDG. 2002 : Une nouvelle pénurie de chauffeurs frappe les sociétés de taxis. Certaines commencent à organiser des campagnes de recrutement et, pour trouver des candidats, passent par l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE). 2003 : La licence coûte plus de neuf fois sa valeur de 1990, soit environ et il fallait pour devenir actionnaire. 2005 : L'expansion des navettes, qui se basent sur la Loi d'orientation des transports intérieurs (LOTI), débute. Pour la première fois, les sociétés de location ont des listes d'attente de locataires. En 2006, alors que la capitale compte , la mairie de Paris et la préfecture de police de Paris s’accordent sur le besoin de moderniser la profession afin de répondre à la pénurie de taxis aux heures de pointe à Paris.. Le nombre de taxis a augmenté de 5 %, mais cela « reste toutefois insuffisant au regard des besoins exprimés » selon le maire de Paris. En parallèle, Le Parisien publie en une enquête selon laquelle certains concierges d’hôtels de luxe de la capitale s’entendraient avec des chauffeurs de taxi afin de leur apporter des clients de l’hôtel en échange d’une rémunération en liquide gagnée sur le dos du client.. 2007 : La détaxe carburant est supprimée et le système de vélos en libre-service Vélib' est en place. La concurrence des motos et des Navettes est très visible. 2008 : Le rapport Attali propose notamment la déréglementation de la profession des taxis et l’abandon des licences, en réponse au dysfonctionnement du secteur observé par le Gouvernement, lequel déclare vouloir faire évoluer la profession afin qu’elle « réponde mieux aux besoins des usagers ».. Les chauffeurs de taxi, effrayés de voir leur monopole et l’argent qu’ils ont investi dans leur licence s’envoler, organisent plusieurs manifestations en France et obtiennent une audience auprès de Nicolas Sarkozy.. Le gouvernement décidera alors d’enterrer les propositions de Jacques Attali. Les taxis obtiennent également une revalorisation tarifaire comprise entre 3 et 4 % et un système de compensation de la détaxe carburant.. 2009 : Le prix de la licence franchit pour la première fois la barre des , soit sa valeur en 1973.

À partir de 2010 : fin du monopole