Nostang est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.
Géographie vignette|center|Carte de Nostang et des communes limitrophes. Communes limitrophes
Géographie physique
Le finage de Nostang occupe une presqu'île de confluence qui se termine au sud par la pointe du Gouarde, entre deux bras de mer de la rivière d'Étel : le Goah Guillerm à l'ouest et la Rivière de Landévant (et l'une de ses branches le ruisseau du Pont du Palais) à l'est. Le tracé du littoral, très sinueux est, ou du moins était, parfois indécis, tant terre et mer tendent à se confondre en raison des nombreux schorres (principalement côté sud-ouest de la pointe du Gouarde et côté est de cette même pointe, au niveau de l'anse du Cosquer), mais a été, principalement sur le pourtour de la pointe du Gouarde, consolidé au par des murets de pierres sèches ou des talus..
Trois cours d'eau principaux, coulant vers le sud et se jetant dans divers bras de la rivière d'Étel, concernent Nostang : le ruisseau du Moulin de Saint-Georges limite la commune à l'ouest, la séparant de Kervignac et de Merlevenez ; le ruisseau du Pont du Roc'h traverse la partie centrale de la commune (le bourg de Nostang est situé dans la presqu'île de confluence formée par ces deux cours d'eau) ; le ruisseau du Moulin du Palais borde le territoire communal à l'est, séparant Nostang de Landévant.
Les altitudes varient de 54 mètres (à Leïn er Mané, dans la partie nord-ouest de la commune, à l'ouest du hameau de Saint-Symphorien) au niveau de la mer. Une butte boisée atteint 42 mètres entre Palivarc'h et Talvern, dans la partie nord-est du territoire communal. Lebourg est vers une dizaine de mètres d'altitude en moyenne, s'étageant en fait de 19 mètres au niveau de la mer.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Goah Guillerm, la Demi-Ville, le Patais, le Moulin Saint-Georges, le Lézévry et divers autres petits cours d'eau..
Le Goah Guillerm, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Languidic et se jette dans le ria d'Étel en limite de Plouhinec et d'Erdeven, après avoir traversé .
La Demi-Ville, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Pluvigner et se jette dans le ria d'Étel à Sainte-Hélène, après avoir traversé .
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Coëtrivas, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Quéven à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages et habitat
Nostang présente un paysage agraire traditionnel de bocage et un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (dénommés localement "villages") et fermes isolées. Le bourg est excentré au sud-ouest du finage communal, mais le vieux bourg était encore plus à l'ouest.
Urbanisme Typologie Au , Nostang est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lorient, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (63,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (65,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (39,1 %), forêts (30,6 %), terres arables (17 %), prairies (7,6 %), zones urbanisées (3,8 %), zones humides côtières (1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Anciennement le territoire de Nostang (Lausting), fondé primitivement par les Romains.. Le nom de la localité est mentionné sous les formes Lausteing ; Laustenc ou Laustang au ; Laustanc en 1160 en 1427, en 1460 et en 1481 ; Nostanc en 1536.
En breton Lostenk, provient du breton Lost, « le bout, l'extrémité, la queue » et Stang, l'étang. La situation de Nostang, près de la Gwazh an Intel, la ria d'Étel, explique ce toponyme. Une explication récente de ce toponyme donne culée d'étang
Histoire Préhistoire vignette|Polissoir néolithique de Kergoh. Joseph-Marie Le Méné évoque en 1891 un alignement de 19 menhirs, les uns debout, les autres tombés, au sud du bourg, près de la rivière d'Étel ; il signale aussi l'existence de quatre autres menhirs, ainsi que, en 1848, d'un tumulus dont le dolmen était à nu et de quatre autres tumuli à peu près intacts à cette date comme l'indique l'abbé Luco., mais trois d'entre eux étaient rasés et avaient été pillés en 1881 ; la Société polymathique du Morbihan fouilla celui qui était resté intact à cette date ..
Antiquité
Les Romains construisirent un fort (nommé désormais Castel-Mané-er-Hoet) d'environ 100 mètres de tour, et dont les parapets ont 5 mètres de haut, entouré d'un village dont il reste des ruines, au Vieux-Bourg ; cette station gallo-romaine était protége par un système de défense composé de bras de mer et de trois étangs, et de divers postes avancés dont celui de Mané Hastel, près de Kerfresec. On trouve aussi des briques romaines en divers endroits, notamment à la chapelle de Saint-Bieuzy et près du moulin à vent de Saint-Georges. Au sud du Vieux-Bourg, on traverse le bras de mer sur une digue antique qui a été probablement construite par les Romains pour retenir les eaux et former un étang qui servait de défense à un camp situé sur la colline, à l'extrémité de la digue..
Benjamin Girard écrit en 1889 que près du bourg de Nostang « se trouvent les traces d'un établissement gallo-romain très remarquable ; mais c'est surtout auprès du vieux bourg, ou vieux Nostang, que l'on en voit les vestiges les plus considérables. Ce bourg est construit sur des ruines et environné de décombres et d'anciens fossés ; il est placé à l'extrémité du bras de mer d'Étel, entre ce bras de mer, un ancien étang et le nouveau bourg. (...) Près de là se trouve un fort nommé Castel-Mané-er-Houed, et dont les parapets ont 5 mètres d'élévation »..
Moyen-Âge
Une charte de 1160 signale l'aumônerie de Nostang (Eleemosina de Laustanc) appartenant alors aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. On croit que cet établissement se trouvait au village actuel de Locmaria où la tradition rapporte que la chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle était une succursale de l'église des Templiers de Merlevenez..
Nostang était le siège d'une châtellenie qui s'étendait sur 13 paroisses (dont, outre Nostang, les grandes paroisses de Kervignac, Merlevenez, Plouhinec et Riantec) tout autour de la ria d'Étel ; au le chef-lieu en fut transféré à Hennebont..
Temps Modernes vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Nostang et ses environs (1789). La paroisse de Nostang était divisée en 7 frairies (bourg, Locmaria, Légevin, Saint-Thomin, Saint-Symphorien, Saint-Cado et Saint-Bieuzy) correspondant à autant de chapelles en plus de l'église paroissiale pour le bourg. Une seule chapellenie est connue : celle de Thomas Talhoet, citée dans un pouillé de 1516.
En 1759 une ordonnance du roi Louis XV impose à la paroisse de Nostang de fournir 18 hommes et de payer 118 livres pour la défense de la côte et pourvoir aux besoins des garde-côtes..
En 1774 un véritable combat eut lieu près de Nostang à l'occasion d'un arrivage considérable de tabac entre les employés des Devoirs (Agents du fisc) et des fraudeurs contrebandiers venus de communes avoisinantes. Il y eut mort d'homme..
Nostang est ainsi décrit par Jean-Baptiste Ogée en 1778 :
Révolution française
Jean-Thomas Le Beller, originaire de Baud, fut nommé recteur de Nostang le ; il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et devint donc prêtre réfractaire et remplacé par un prêtre constitutionnel, mais se tint caché dans la paroisse avant de devoir s'exiler ; il redevint après la Révolution recteur de Nostang jusqu'à sa mort survenue le ..
Claude-Nicolas JérômeClaude-Nicolas Jérôme, né en mai 1749 à Reims, marié le à Kervignac avec Jeanne-Therèse Gardie de la Chapelle, dont il eût 5 enfants., riche propriétaire et agriculteur, domicilié à Hennebont, mais possédant une maison de campagne à Nostang, fut dénoncé et emprisonné pour cause d'aristocratie marquée sous la Terreur le et resta sous les verrous jusqu'en . Il devint ensuite pour la Chouannerie chef de paroisse de Nostang et de Branderion et, lors de l'expédition de Quiberon il marcha sur Carnac avec un détachement de campagnards armés. Fait prisonnier le 3 thermidor an III (), il fut condamné à mort et fusillé près de Saint-Pierre-Quiberon le 18 thermidor an III ()..