vignette|Portrait de l'antipape Alexandre V.
Un antipape est une personne qui a exercé la fonction et porté le titre de pape, mais dont l'avènement à cette charge n'est pas ou plus reconnu aujourd'hui comme régulier et valable par l'Église catholique.
Papes et antipapes Lors de certaines périodes turbulentes de l'histoire de l'Église, des élections irrégulières ont porté sur le trône pontifical des prétendants alors que l'église catholique romaine était déjà dirigée par un pape. D'autres antipapes ont été élus de façon irrégulière pendant une vacance du trône. Enfin, il est arrivé que les électeurs se divisent en factions rivales et élisent deux papes différents le même jour. Beaucoup de ces antipapes ont été simplement nommés par des souverains pour servir leur intérêt propre.
Si le statut de la plupart des antipapes est facile à déterminer, les chaos de l'histoire de l'Église ne permettent pas toujours d'établir avec certitude qui était régulièrement pape et qui était antipape. Certains cas ont été tranchés bien plus tard. D'autres font encore débat (lire à ce sujet l'introduction de l'article Liste détaillée des papes). La régularité d'une élection n'est pas toujours le seul facteur pris en compte pour décider : parfois la rivalité entre deux papes ennemis a perduré parce qu'il était impossible de dire lequel était légitime. Dans le cas de la rivalité entre et , par exemple, l'histoire a tranché pour le premier après la mort naturelle du second. Dans le cas du grand schisme d'Occident, un concile a déposé les deux papes rivaux, en a élu un troisième, et c'est après coup qu'il a été décidé que seuls seraient considérés comme légitimes les papes de Rome et illégitimes ceux d'Avignon et de Pise, alors même que ce concile avait été initialement convoqué par le pape de Pise. Enfin, dans le cas de la rivalité entre et , la liste de l’ n'a pas tranché et les reconnaît légitimes tous les deux.
La reconnaissance de certains papes et l'exclusion d'autres ont occasionné des anomalies dans la numérotation des noms des papes.
En principe, on ne retient comme antipapes que ceux qui ont connu une certaine audience et qui ont été soutenus par des souverains ou des États. Cela exclut en général des gens comme les deux et tous les « antipapes » contemporains qui n'ont qu'une poignée de fidèles et qui, bien sûr, ne se revendiquent pas comme antipapes, mais comme seuls papes légitimes (voir Clément XV ou Grégoire XVII, parmi de nombreux autres).
Antipapes de l'Antiquité D'après la tradition catholique, le premier des antipapes, Hippolyte de Rome fut élu en opposition au pape par un groupe divergent à Rome au . Hippolyte termina toutefois sa vie en exil dans les mines de Sardaigne, à la suite des persécutions impériales, en compagnie du successeur officiel de , Pontien, et se réconcilia avec ses pairs. Il est ainsi le seul antipape honoré par l’Église.
antipape saint Hippolyte de Rome, pontificat de 217 à 235 antipape Novatien, pontificat de 251 à 258 (?) antipape , pontificat de 355 à 365 antipape Ursin, pontificat de 366 à 367 antipape Eulalien, pontificat de 418 à 419
Antipapes du Moyen Âge Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Grand schisme d'Occident
En 1378, la papauté se divisa en deux lignées rivales : celle de Rome et celle d'Avignon. Celle de Rome se divisa en 1409 avec l'apparition des papes de Pise. Après bien des vicissitudes, le concile de Constance déposa les trois papes et élut en 1417 un pape unique : . Les papes de Rome sont aujourd'hui les seuls considérés comme légitimes. Si ceux d'Avignon ont tôt été déclarés antipapes, ceux de Pise ont longtemps été sujets à débat.
Papes de Rome (légitimes selon la tradition catholique) , pontificat de 1378 à 1389 , pontificat de 1389 à 1404 , pontificat de 1404 à 1406 , pontificat de 1406 à 1415
Papes d'Avignon (antipapes selon la tradition catholique) antipape , pontificat de 1378 à 1394 antipape , pontificat de 1394 à 1423 antipape , pontificat de 1423 à 1429 antipape , pontificat de 1425 à 1430
Papes de Pise (antipapes selon la tradition catholique) antipape , pontificat de 1409 à 1410 antipape , pontificat de 1410 à 1415
Après le grand schisme d'Occident antipape , pontificat de 1439 à 1449
L'affaire du grand schisme d'Occident avait considérablement affaibli le prestige de la papauté. Dorénavant, l'opposition au pape s'exprima de moins en moins par la recherche d'un autre candidat pour le poste, et de plus en plus par la négation de la fonction de pape elle-même. Les obédiences issues de schismes ultérieurs se passèrent de pape : ce fut la fin des antipapes et le début de la Réforme protestante au tournant du .
Antipapes contemporains Si l’ ne recense plus d'antipape après 1449, les traditionalistes sédévacantistes considèrent la forme du rite romain qui a remplacé la forme tridentine après le concile Vatican comme hérétique. Ils citent la bulle de Paul du qui déclare nulle et non avenue la nomination d'un prélat coupable d'hérésie. Ils définissent donc Jean , Paul , Jean-Paul , Jean-Paul , Benoît , François et Léon XIV comme antipapes. Le sédévacantisme est une doctrine qui affirme la vacance du pouvoir pontifical. Certains groupes s'en réclamant ont cependant nommé leur propre pape, comme les papes de l'Église catholique palmarienne ou le pape autoproclamé Clément XV.
Antipapes de fiction
Les antipapes imaginaires sont la dernière réminiscence du Grand Schisme d'Occident et désignent la lignée d'antipapes qui auraient succédé à . Le point de départ de cette lignée correspond à la mort de Jean Carrier, successeur de (mais non reconnu par l'Église).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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