était un officier général de la Marine impériale japonaise, pendant la guerre du Pacifique, qui a occupé plusieurs importants commandements à la mer, pendant toute la durée du conflit (flotte expéditionnaire du Sud, flotte, flotte mobile). Connu pour ses idées novatrices dans la tactique d'emploi des porte-avions, il n'a pas pu, dans ses commandements les plus importants, à partir de 1943, réussir à surmonter la supériorité de l'aviation embarquée américaine, sur le plan quantitatif et qualitatif des bâtiments et des avions, et sur le plan de la formation et de l'expérience des pilotes.

Biographie

Jisaburō Ozawa est né en 1886 dans le district de Miyazaki, région rurale du comté de Koyu, sur l'île de Kyūshū, au Japon.

Avant la guerre du Pacifique Diplômé en 1909 de l'Académie navale impériale du Japon dans la , classé sur 179 élèves, il effectue son service d'aspirant (midship, (Shōi Kōhosei), sur le croiseur protégé Soya ex-russe Varyag, sur le cuirassé pré-dreadnought , sur le croiseur cuirassé Kasuga. Nommé enseigne de (Shōi), fin 1910, et promu enseigne de classe (Chūi) fin 1912, il sert sur le destroyer Arare, le croiseur de bataille , et le croiseur Chitose. Promu lieutenant de vaisseau (Daii) fin 1915, il sert sur le cuirassé pré-Dreadnought Kawachi. Il se spécialise à l'École de torpillage, sert sur le destroyer Hinoki, obtient son diplôme de l'École de guerre navale () en 1921. Promu capitaine de corvette (Shōsa) le , il embarque sur le destroyer Take, puis rejoint l'état-major du district de garde de Mako. Il sert ensuite sur les destroyers Shimakaze et DD-3 (Asakaze). Il sert comme officier torpilleur sur le en 1925, puis rejoint l'état-major de la flotte. Il est promu capitaine de frégate (Chūsa) le . Il rejoint le district naval de Yokosuka en 1927, puis est instructeur à l'École de torpillage ou à l'École de canonnage, où il retrouve le croiseur cuirassé Kasuga en 1928-1929. Pendant un an, en 1930, il visite les États-Unis et l'Europe et est promu capitaine de vaisseau (Daisa) le . Il reçoit le commandement des , , de destroyers. Il enseigne, de 1932 à 1934, à l'École de guerre navale et à l'École de guerre de l'Armée japonaise. À la fin de 1934, il reçoit le commandement du croiseur lourd , et l'année suivante du cuirassé rapide Haruna.

Le , il est promu contre-amiral. Il enseigne à l'École de guerre navale en 1936, puis il occupe divers postes d'état-major, y compris comme chef d'état-major de la flotte combinée en 1937. Fin 1937, il prend le commandement de la division de croiseurs (les croiseurs Nagara, Sendai et Jintsu), puis, fin 1939, de la escadre aérienne, c'est-à-dire la division de porte-avions (porte-avions Akagi et Kaga). Il a été l'un des principaux concepteurs des tactiques d'emploi de l'aéronautique navale japonaise. Il a été le premier officier de haut rang à recommander que les forces de porte-avions soit rassemblées dans une flotte aérienne afin qu'elles puissent s'entraîner et combattre ensemble. Le , il prend le commandement de la division de cuirassés (les et Haruna, et Kirishima).

Il est promu vice-amiral le . En ,il est nommé directeur de l'École de guerre navale.

Seconde Guerre mondiale

Pendant l'offensive japonaise en Asie du Sud-Est

Le vice-amiral Ozawa est nommé, le , commandant en chef de la flotte expéditionnaire du Sud, ce qui lui donne la responsabilité des opérations navales dans la mer de Chine du Sud. Il couvre, dans cette position, après l'attaque de Pearl Harbor, l'invasion de la Malaisie. De janvier à , sa flotte est impliquée dans l'invasion de Java et de Sumatra. Le , la flotte expéditionnaire du Sud est rebaptisée flotte expéditionnaire du Sud. Début , au moment où le vice-amiral Nagumo va lancer le raid sur Ceylan contre la flotte britannique d'Orient (Eastern Fleet), le vice-amiral Ozawa, qui a mis sa marque sur le Chokai, a commandé un raid contre le trafic commercial allié dans le golfe du Bengale. Avec la participation des quatre croiseurs lourds de la division de croiseurs (la classe Mogami) aux ordres du vice-amiral Kurita, du porte-avions Ryūjō, d'un croiseur léger et de quatre destroyers, plus de vingt transports, totalisant plus de sont arraisonnés et coulés. Ce résultat obtenu, en trois jours, est du même ordre de grandeur que celui qu'a obtenu l'amiral Lütjens dans l'océan Atlantique (opération Berlin) en , lorsque les circonstances étaient semblables, c'est-à-dire contre des navires ne naviguant pas en convois escortés de grands bâtiments. Le , le vice-amiral Ozawa a quitté la flotte expéditionnaire du Sud, et rejoint l'état-major général de la Marine impériale.

À la tête de la Flotte (novembre 1942-mars 1944)

Quatre mois plus tard, le , le vice-amiral Ozawa a été nommé à la tête de la flotte japonaise, en remplacement du vice-amiral Nagumo appelé à des commandements à terre.

La flotte rassemblait alors : les grands porte-avions rapides, Shōkaku et Zuikaku, qui en constituaient la division de porte-avions, et n'avaient pas été présents à la bataille de Midway ; le porte-avions léger Zuihō, qui, présent à la bataille de Midway, n'avait pas participé à l'affrontement, désastreux pour les Japonais, du 4 juin 1942 ; les deux porte-avions de la classe Hiyō, issus de la transformation de paquebots, qui avaient rejoint la flotte à la mi-1942, et constituaient la division de porte-avions, avec le porte-avions Ryūhō. vignette|300px|L'amiral Yamamoto (à gauche) avec le vice-amiral Kusaka (au centre) à Rabaul lors de l'opération I-Go en avril 1943 La priorité pour la Marine impériale japonaise était la construction de nouveaux porte-avions, et la formation de nouveaux pilotes, sous l'autorité de l'amiral Koga, alors commandant en chef du district naval de Yokosuka, pour remplacer les pertes subies à Midway et à la bataille des îles Santa Cruz. La flotte n'a donc pas été engagée à fond, au cours de la première bataille de Guadalcanal, alors que l', qui avait été endommagé aux îles Santa Cruz, a été rapidement réparé et a pu contribuer le à la destruction du cuirassé rapide et le lendemain à celle du croiseur lourd Kinugasa. La flotte a cependant participé à la couverture de l'évacuation des forces japonaises de Guadalcanal, en . En , sur ordre de l'amiral Yamamoto, commandant en chef de la flotte combinée, de nombreux appareils de la flotte ont été momentanément transférés à terre, pour participer à des bombardements depuis Rabaul, Bougainville et les îles Shortland (opération I-Go), sur Guadalcanal, Port Moresby, la baie d'Oro (devant Buna) et la baie de Milne. Les pertes y ont été sévères pour l'aviation embarquée japonaise face à l'aviation de chasse américaine.

En septembre-, la flotte est sortie pour tenter, en vain, d'intercepter les forces américaines qui avaient effectué des raids aériens sur Tarawa, Makin, l'île de Wake et les îles Marshall. Après les bombardements américains sur Rabaul, en , puis sur Truk, en , la Flotte s'est repliée sur le mouillage des îles Lingga, dans les eaux de Sumatra, à proximité de Singapour. Les porte-avions légers de la , issus de la transformation de deux transports d'hydravions, ont rallié la flotte, à la fin de 1943 pour le Chiyoda, et début 1944 pour le . Ils ont constitué, avec le Zuihō, la division de porte-avions.

Une réorganisation des forces navales japonaises est intervenue au début de 1944, la flotte combinée étant remplacée, comme unité opérationnelle, par la flotte mobile dont le vice-amiral Ozawa a reçu le commandement. C'est aussi le moment où a été armé le grand porte-avions qui a rejoint la division de porte-avions, le . Le , le vice-amiral Ozawa y a transféré sa marque.

À la tête de la flotte mobile en mer des Philippines

La Marine impériale japonaise est alors capable d'aligner neuf porte-avions dans une même formation opérationnelle, plus qu'elle n'en avait jamais aligné auparavant, et ils sont dotés de près de 500 appareils, certains améliorés tels que le "Zero" modèle A6M5, d'autres récents, comme le bombardier en piqué D4Y "Judy" ou le bombardier-torpilleur B6N "Jill", cependant certains bâtiments, notamment les porte-avions légers, étaient trop lents pour mettre en œuvre les "Judy".

Toutefois la puissance industrielle des États-Unis était telle que les forces navales américaines du Pacifique central (la “grande flotte bleue”) alignaient, pour leur part, dans leur principale Task Force, la TF 58 du vice-amiral Mitscher, sept porte-avions d'escadre, huit porte-avions légers, sept cuirassés modernes et seize grands croiseursOrdre de bataille Opération A-Gô, et embarquant des appareils aussi performants, voire plus, que les plus récents appareils japonais, comme le chasseur Grumman F6F “Hellcat”.

Mais la supériorité américaine tenait surtout à la qualité de la formation du personnel de l'aviation embarquée, qui bénéficiait, depuis 1942-43, pour la formation à l'appontage et la formation des équipes de pont, de deux vapeurs d'excursion à roues à aubes, transformés en « porte-avions école », opérant dans les eaux protégées des Grands Lacs américains, alors que les sorties d'entrainement japonaises en haute mer se faisaient sous la menace des sous-marins de l'U.S. Navy. Ainsi, après que la flotte mobile japonaise eut gagné le mouillage de Tawi-Tawi, le vice-amiral Ozawa se vit contraint d'interdire, fin , les sorties d'entrainement en haute mer, après que le eut échappé au naufrage, ayant été frappé de deux torpilles qui n'ont pas explosé.

La flotte mobile était organisée en trois Forces, assez semblables aux Task Forces américaines, rassemblant porte-avions et grands navires porte-canons, une force “A”, commandée par le vice-amiral Ozawa personnellement, avec la division de porte-avions, deux croiseurs lourds de la division de croiseurs, ( et ), un croiseur léger et six destroyers, une force “B”, commandée par le contre-amiral Joshima, avec la division de porte-avions, le cuirassé et le croiseur lourd et dix destroyers, une force “C”, commandée par le vice-amiral Kurita, avec la division de porte-avions, les et divisions de cuirassés ( et , et Haruna), les quatre croiseurs lourds de la division (la classe Takao), et les quatre de la division de croiseurs (deux de la et les deux de la ), un croiseur léger et sept destroyers.

Le , la division de cuirassés, aux ordres du vice-amiral Ugaki appareille de Tawi-Tawi, pour aller renforcer la défense de l'île de Biak, attaquée par les forces du général Douglas MacArthur au nord-ouest de la Nouvelle-Guinée. Parvenue à Batjan, le 12, elle est rejointe par les deux croiseurs de la division. Mais les bombardements américains ont commencé sur les îles Mariannes, ce qui a déclenché le Plan A-Go, et le vice-amiral Ugaki reçoit l'ordre de rallier la flotte mobile, qui est en route pour se porter à l'ouest de Saipan, en mer des Philippines. La jonction a lieu le . vignette|gauche|300px|Le 19 juin 1944, la chasse embarquée américaine a constitué un écran très protecteur contre les assaillants japonais, vue prise de l'