Le temps des sucres ou saison des sucres est une période de 4 à 6 semaines de la mi-mars à la fin avril qui correspond à la mise en exploitation des érablières ayant une signification culturelle particulière dans le nord-est de l'Amérique du nord, particulièrement dans la culture québécoise.
Description Le temps des sucres désigne un ensemble de pratiques culturelles liées à l’exploitation des érablières et à la production de produits dérivés de l’érable, marquant la fin de l’hiver. Héritées en partie des savoirs autochtones, ces pratiques ont évolué au fil du temps, passant de techniques artisanales à des méthodes plus mécanisées, tout en conservant certaines traditions.
Au Québec particulièrement, au-delà de l’aspect économique, le temps des sucres est aussi associé à des activités sociales et festives, notamment les repas traditionnels en cabane à sucre et la dégustation de tire d'érable. Il s’accompagne également d’un riche patrimoine matériel et architectural. Ces traditions ont été reconnues comme élément du patrimoine immatériel en 2021.
Histoire Bien avant la venue des Européens en Amérique du Nord, les autochtones recueillaient déjà l'eau d'érable. Dès leur installation permanente sur le continent au début du , les Français se métissèrent avec les premiers habitants du pays et commencent à faire de la cueillette de l’eau d’érable une pratique courante, facilitée par l’usage de raquette à neige permettant de marcher sur la neige, un autre apport de la culture autochtone.
Originellement, l'eau d'érable à sucre était récoltée en faisant une entaille dans le tronc de l'arbre et en y fixant un morceau de bois appelé goutterelle, goudrille ou coin. L'eau s'écoulait dans un cassot d'écorce de bouleau, suivant les pratiques amérindiennes, remplacé plus tard par un seau de bois. Au , un trou est percé et des chalumeaux en bois y sont insérés.
Au , le procédé s’est raffiné : un trou est d’abord percé dans le tronc d’un arbre au moyen d’une mèche ou gouge de forme arrondie. Ensuite, des chalumeaux de bois sont insérés dans l’entaille pour favoriser l’écoulement de la sève. L'eau récoltée était recueillie dans des seaux et transportée sur des traîneaux tirés par des chevaux. Jusqu'à la fin du , l'eau d'érable était bouillie dans des chaudrons de fer suspendus à des troncs d’arbres sur de gros feux en extérieur. La cuisson se faisait donc à l’extérieur, sans abri.
Plus tard, en construisant des abris pour protéger la cuisson et éviter les pertes de chaleur, les premières cabanes à sucre apparaissent. Au début du , elles se sont généralisées dans le paysage québécois.
Notes et références
Annexe Articles connexes Acériculture Cabane à sucre Érable à sucre Sirop d'érable
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